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La guerre de Sécession (2/3)

flags_usa2la guerre de sécession 2e partie. Les troupes nordistes ne restèrent pas pour autant inactives sur le front principal : les deux capitales étaient séparées par moins de 200 kilomètres, et Richmond constituait pour les Fédéraux un objectif symbolique de premier choix. Au lendemain de la défaite de Bull Run, le général McClellan prit le commandement des vaincus, et passa l’automne et l’hiver suivants à en faire une force digne de ce nom, l’armée du Potomac. Malheureusement, si McClellan était un brillant organisateur, c’était en revanche un combattant timoré, et il fallut toute l’insistance de Lincoln pour qu’il consentît à passer à l’offensive.

Bains de sang sur le front Est

Mal renseigné sur la puissance réelle de son adversaire et de ses fortifications autour de Manassas, McClellan tenta de profiter de la supériorité navale de l’Union en débarquant son armée à l’est de Richmond, tout au bout d’une péninsule, en mars 1862. Mais il ne saura pas exploiter cet avantage, perdant un temps précieux à assiéger précautionneusement la ville de Yorktown, puis avançant à tâtons vers l’intérieur des terres. Pendant ce temps, le terrain marécageux et les conditions sanitaires critiques coûtèrent à son armée des milliers de morts de maladie. Cette «campagne de la péninsule» traîna en longueur, et les Sudistes avaient eu tout le temps de se redéployer lorsque les Nordistes approchèrent enfin de Richmond.

Le commandant sudiste, Joseph E. Johnston, tenta de profiter de l’attentisme de McClellan pour l’attaquer. La bataille de Seven Pines/Fair Oaks, livrée les 31 mai et 1er juin 1862, reproduisit quelque peu celle de Shiloh : les succès initiaux des Sudistes furent contrariés par la blessure de leur commandant, avant que l’arrivée de renforts nordistes ne leur permette de rester maîtres du terrain. La bataille eut cependant une conséquence majeure puisque Johnston blessé fut remplacé par Lee, jusque-là peu heureux dans ses commandements successifs.

McClellan-General
McClellan, loin d’avoir repris confiance, avait plutôt été échaudé par l’attaque sudiste et demeurait circonspect. Lee décida donc de l’attaquer de nouveau, en profitant du fait que l’armée nordiste se trouvait déployée de part et d’autre d’une rivière en crue. Il passa à l’offensive le 25 juin. Ses attaques furent coûteuses et leurs résultats mitigés, mais McClellan perdit son sang froid et ordonna la retraite, le 1er juillet, après sept jours de bataille.

Acclamé comme le sauveur de Richmond, Lee acquit par cette victoire un prestige immense qui lui permit d’imposer sa vision stratégique : obtenir la reconnaissance des grandes puissances européennes, et leur intervention en faveur de la Confédération, en remportant une grande bataille contre les Nordistes sur leur propre sol. De là naîtra la «triple offensive» du président Davis, où Lee aura pour mission d’envahir le Maryland.

Le général sudiste remportera une nouvelle victoire, éclatante cette fois, à l’endroit même où les Nordistes avaient été battus un an plus tôt : Manassas. Disputée les 29 et 30 août 1862, cette bataille sema la panique à Washington, où l’on craignit que la capitale fût menacée. L’armée du Potomac fut ramenée de Virginie en toute hâte, et se lança à la poursuite de Lee. Informé par un concours de circonstances des véritables intentions de son adversaire, McClellan agit pour une fois de manière décidée, attaquant Lee et lui infligeant une sanglante défaite à Antietam, le 17 septembre 1862.

Cette victoire remportée sur le sol de l’Union fut décisive sur le plan politique. La menace représentée par l’invasion sudiste du Maryland accrut la résolution des Nordistes de vaincre le Sud. Mais surtout, elle permit à Lincoln de transformer les buts de guerre de l’Union. Il publia peu après une proclamation d’émancipation, qui libérait légalement les esclaves à compter du 1er janvier 1863. Le Nord ne se battait plus seulement pour vaincre la rébellion, mais également pour l’abolition d’une institution barbare, l’esclavage.

En revanche, la bataille d’Antietam coûta son commandement à McClellan, coupable de ne pas avoir su poursuivre l’ennemi après sa victoire. Il fut remplacé par le général Burnside, qui s’efforça tant bien que mal de maintenir la pression sur les armées ennemies. Son attaque frontale à Fredericksburg, le 13 décembre 1862, s’acheva par une cuisante défaite, et une tentative ultérieure pour contourner les positions sudistes fut avortée à cause du mauvais temps (mars 1863), poussant Lincoln à le remplacer par Hooker.

1863 : le tournant de la guerre de Sécession

Le nouveau commandant de l’armée du Potomac attendit le printemps pour reprendre l’offensive. Mais sa tentative pour prendre à revers l’armée ennemie fut déjouée par Lee, qui le prit de vitesse et remporta une nouvelle victoire à Chancellorsville, les 2 et 3 mai 1863. Un succès assombri par la perte du meilleur lieutenant de Lee, « Stonewall » Jackson, qui fut mortellement blessé. Jackson et son talent offensif allait cruellement manquer à l’armée sudiste lors de la campagne suivante : Lee allait en effet réitérer sa stratégie de l’année précédente en envahissant le Nord.

Cette fois, il s’en prend à la Pennsylvanie, un État riche qu’il espère bien piller pour pallier au manque de ravitaillement de ses propres troupes. Hooker le suit mais, incapable de localiser précisément son adversaire pour l’attaquer en force, il se voit remplacé au pied levé par le général Meade. Peu après, les deux armées se rencontrent fortuitement à Gettysburg, le 1er juillet. La bataille, âprement disputée, durera trois jours.

gettysburg_printElle fera, en tout, 8.000 tués et 27.000 blessés. Elle sera décisive à tous points de vue : Lee, galvanisé par ses succès précédents, multipliera les attaques pour remporter la victoire sur le sol ennemi qu’il espère tant. Mais les assauts de ses hommes échoueront, et il devra se retirer vers la Virginie. Ayant porté autant de coups qu’elle en a reçus, l’armée sudiste ne sera que mollement poursuivie, mais elle n’a plus les moyens humains et matériels de supporter de telles pertes, et ne pourra plus jamais entreprendre d’opérations offensives d’envergure. L’initiative est passée pour de bon dans le camp nordiste.

L’année 1863 sera tout aussi cruciale dans l’Ouest. Grant reprend dès le mois d’avril son offensive contre Vicksburg, qu’il isole d’abord, à l’issue d’une série de batailles victorieuses. Puis il l’assiège, après plusieurs assauts infructueux, à partir du 25 mai. La ville, sans espoir de secours, capitulera finalement le 4 juillet 1863. Quatre jours plus tard, Port Hudson tombe à son tour : la Confédération est coupée en deux et l’Union contrôle entièrement le cours du Mississippi.

« L’Anaconda » imaginé par le général Scott au début de la guerre enserre désormais complètement le Sud. Il ne reste plus au Nord qu’à resserrer ses anneaux pour étouffer sa proie. Mais celle-ci se débat : l’offensive d’été qui permet aux Nordistes de prendre le contrôle du Tennessee oriental est brutalement interrompue par une contre-offensive sudiste. Battus à Chickamauga (19-20 septembre), les Fédéraux sont contraints de se replier sur Chattanooga, où ils seront bloqués pendant deux mois.

La situation est suffisamment sérieuse pour que Grant, qui devait initialement envahir l’Alabama, soit envoyé à la rescousse. Il préparera son attaque avec soin, et la déclenchera le 24 novembre. Contre toute attente, l’assaut frontal contre la principale position confédérée, initialement prévu comme une simple diversion, réussira le lendemain : la bataille de Chattanooga est un triomphe pour les Nordistes.

Une guerre qui n'en finit pas

C’est dans une situation critique que la Confédération entame l’année 1864, coupée en deux, asphyxiée par le blocus nordiste et acculée à une stratégie défensive apparemment sans issue. Pourtant, tout espoir n’est pas encore perdu pour le Sud. Les Nordistes sont las de la guerre, des sacrifices financiers et des pertes humaines : beaucoup sont prêts à faire la paix, même s’il faudrait pour cela reconnaître l’indépendance de la Confédération. Et des élections présidentielles sont prévues en novembre 1864. Pour peu que les armées confédérées tiennent jusque-là, un candidat pacifiste pourrait bien être élu.

À ce jeu, c’est McClellan qui allait s’avérer le « meilleur ennemi » des Sudistes. L’ambitieux général n’avait toujours pas digéré son limogeage à l’issue de la bataille d’Antietam, et les adversaires de la guerre allaient miser sur sa popularité, encore en grande partie intacte, pour contrer ceux qui, à l’instar de Lincoln, voulaient mener la guerre jusqu’au bout.

Le gouvernement anticipa cette menace politique interne : pendant que McClellan faisait campagne pour être le futur candidat démocrate à l’élection présidentielle, Grant, récemment promu commandant en chef des armées nordistes, reçut l’ordre d’obtenir coûte que coûte des succès décisifs. Il allait appliquer cet ordre avec zèle, impitoyablement : durant toute l’année, les forces de l’Union attaquèrent tous azimuts, malgré des pertes considérables.

Ces offensives eurent notamment pour but de prendre ou de bloquer les derniers grands ports encore contrôlés par les Confédérés. Néanmoins, la cible principale restait Richmond. Grant lança son offensive contre cette ville en rééditant la manœuvre tentée par Hooker en 1863, au même endroit. Cette fois, ce fut un succès : la bataille de la Wilderness (du nom de l’épaisse forêt qui couvre la région) obligea Lee, en passe d’être débordé sur sa gauche, à abandonner Fredericksburg et à se replier (5-7 mai 1864).

300px-Robert_Edward_LeeS’engagea alors une course vers le Sud, Lee cherchant une position défensive où s’établir pendant que Grant tentait de le prendre de vitesse pour le déborder. Ce scénario devint récurrent : à chaque fois que les Sudistes s’établissaient sur une nouvelle ligne de défense, les Nordistes tentaient de l’enlever de force, étaient repoussés tant bien que mal, et manoeuvraient alors pour en contourner le flanc.

Les deux armées s’affrontèrent de la sorte du 8 au 21 mai autour de Spotsylvania Court House, faisant au passage un usage intensif de fortifications de campagne – autrement dit de tranchées, une pratique qui allait devenir elle aussi omniprésente en cette fin de conflit, et préfigurer les combats de la Première guerre mondiale. Cette bataille ne fit que rallonger la liste des pertes, et Grant tenta à nouveau de manœuvrer pour se placer entre l’armée sudiste et sa capitale.

Ce petit jeu se reproduisit sur la rivière North Anna (23-26 mai), où Lee tenta en vain de reprendre l’initiative en tendant à Grant un piège qui ne fonctionna pas correctement, puis à Cold Harbor (31 mai-12 juin), directement face à Richmond, où un nouvel assaut frontal des Nordistes fut repoussé avec des pertes particulièrement élevées pour les assaillants. Ne pouvant enlever de vive force la capitale sudiste, Grant changea de cible et se porta vers Petersburg.

Situé au sud de Richmond, c’était un nœud ferroviaire crucial, puisqu’il reliait la capitale au reste de la Confédération. C’était par là que transitait le peu de ravitaillement qui arrivait encore à l’armée de Lee. Une première tentative pour enlever la ville d’assaut en juin échoua, puis une autre en juillet. Les deux armées étaient alors exsangues, et Grant se résolut à faire le siège de Petersburg. Il opéra des attaques ponctuelles lui permettant, peu à peu, de couper les différentes lignes de chemin de fer autour de la ville, mais même s’il était parvenu plus près de Richmond qu’aucun autre général nordiste avant lui, il n’obtint plus de résultats significatifs d’ici à la fin de l’année.

Lire la suite : la guerre de Sécession 3/3

Bibliographie

La guerre de Sécession, 1861-1865 de James M. McPherson. Robbert laffont, 1991.
La guerre de Sécession de Farid Ameur. PUF, 2004.
La Guerre de Sécession de Bruce Catton. Payot, 2002.

Pour aller plus loin

The Civil War, la guerre de sécession : coffret 4 DVD. Arte Video, 2009.

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