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La guerre de Sécession (3/3)

flagsDernière partie de notre série sur la guerre de sécession. 1864, le Nord conduit par le Général Grant est proche de la victoire. Dans le même temps, Lee était bien incapable de contre-attaquer : non seulement il avait lui aussi subi des pertes terribles, mais il avait également dû envoyer une partie de son armée, sous le général Early, contrer l’avancée d’une force nordiste qui menaçait de prendre Richmond à revers, par l’ouest. Les Confédérés remportèrent une importante victoire à Lynchburg (17-18 juin 1864), obligeant leurs ennemis à se replier en Virginie occidentale.

Victoires décisives

Ce succès rouvrit aux Confédérés les portes de la Shenandoah, une vallée fertile à l’importance stratégique, aussi bien comme voie de communication qu’en tant que source de ravitaillement. Early s’y engouffra, et Lee lui ordonna d’aller menacer directement Washington, dans l’espoir d’obliger Grant à y envoyer des renforts pour la défendre. Les Sudistes butèrent sur les puissantes fortifications de la capitale fédérale, mais ils contraignirent effectivement leurs ennemis à lancer contre eux une force importante, confiée au général Sheridan.

Ce dernier livra à Early, à partir d’août, une course-poursuite de deux mois qui s’acheva par un triomphe nordiste à Cedar Creek (19 octobre) selon un scénario à présent familier : succès initial d’une attaque-surprise confédérée, mal exploité ensuite, puis ralliement, contre-attaque et victoire des Fédéraux. Quasiment détruite, la force d’Early ne représentait plus une menace, et l’Union pouvait désormais se concentrer sur le siège de Petersburg… où l’armée de Lee souffrait de plus en plus de la faim.

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Dans l’Ouest, où les Nordistes étaient désormais commandés par Sherman, l’objectif principal était la ville d’Atlanta, un des rares centres industriels du Sud et nœud ferroviaire stratégique. Plus prudent que Grant, Sherman évita dans l’ensemble les attaques frontales, préférant obliger son adversaire, Joseph E. Johnston, à quitter ses retranchements pour ne pas être pris à revers. Sa campagne débuta le 7 mai, et fin juin les Nordistes étaient en vue d’Atlanta.

À l’instar de ce qui se passait sur le front Est, il s’ensuivit de longues semaines de guerre de siège autour de la ville, désormais enserrée par de complexes réseaux de tranchées. Critiqué pour sa propension à battre en retraite un peu trop tôt au goût des politiciens sudistes, et son apparente passivité, Johnston fut remplacé par le très agressif Hood. Ce dernier passa aussitôt à l’attaque, mais en vain (bataille d’Atlanta, 22 juillet 1864).

Ayant gardé l’initiative, Sherman se livra durant les cinq semaines qui suivirent à une série de manœuvres et de batailles autour d’Atlanta, toujours dans le but d’éviter une sanglante confrontation directe. Après avoir tenté sans succès de déborder l’aile droite confédérée, il parvint à contourner la gauche de l’armée ennemie le 31 août à Jonesborough. Hood dût évacuer Atlanta pour ne pas y être pris au piège, et la ville fut livrée à l’incendie le lendemain.

La chute d’Atlanta isolait de fait Richmond et les Carolines du « Bas Sud », un succès stratégique de plus mais qui, conjugué aux victoires de Sheridan dans la vallée de la Shenandoah, eut une influence décisive sur l’élection présidentielle de 1864. McClellan et les démocrates partisans de la paix furent battus, et le 8 novembre, Lincoln fut réélu président des Etats-Unis. Désormais, plus rien ne pourrait sauver la Confédération.

Le coup de grâce

Alors que se poursuivait le siège de Petersburg, Sherman se prépara à exploiter sa victoire d’Atlanta en fondant sur la Géorgie et les Carolines. De fait, sur les ordres de Grant, sa campagne à venir allait ressembler beaucoup plus à un raid qu’à une véritable conquête : le but était de briser la résistance du Sud en anéantissant son économie, mais aussi en lui ôtant toute volonté de combattre. Le 15 novembre 1864, les forces de Sherman quittèrent Atlanta en direction de Savannah, sur l’océan Atlantique.

De là découle le nom de « Marche à la mer » donné à cette campagne. Un mois durant, les troupes nordistes n’allaient rencontrer qu’une résistance mineure, seulement constituée d’écrans de cavalerie et d’unités de miliciens. Ce faisant, elles allaient impitoyablement dévaster la Géorgie, brûlant les plantations, détruisant les voies ferrées, et tout ce qui pouvait servir à l’effort de guerre sudiste. Sherman prit Savannah, abandonnée par les Confédérés, le 21 décembre.

Dans le même temps, son adversaire Hood se désintéressa totalement de lui. De fait, son armée était désormais incapable de s’opposer efficacement à celle de Sherman, et le président Davis préféra l’envoyer menacer les positions nordistes loin, très loin sur ses arrières, dans le Tennessee. Cette offensive – la dernière de la Confédération – fut menée dans le vain espoir de perturber la progression de Sherman à travers la Géorgie, en coupant ses lignes de ravitaillement. Mais comme Sherman vivait sur le pays en pillant tout ce qu’il trouvait sur son passage, elle fut inutile.

L’avancée de Hood commença pourtant sous de bons auspices, puisque les Sudistes acculèrent leurs ennemis à la défensive et menacèrent Nashville, la capitale du Tennessee. Ils remportèrent même une victoire qui redonna un peu de moral à leur nation aux abois. Mais cette bataille de Franklin (30 novembre 1864) fut une victoire à la Pyrrhus : l’armée de Hood fut saignée à blanc pour un succès tactique insignifiant.

BradyLe « vainqueur » était à ce point affaibli qu’il ne put rien faire de plus que bloquer Nashville. Mais lorsque des renforts nordistes arrivèrent, puis passèrent à l’offensive, son armée essuya une défaite cinglante dont elle ne se remit jamais (bataille de Nashville, 15-16 décembre 1864). Ses restes se replièrent sur les Carolines pour tenter d’en assurer la défense, et Johnston reprit le commandement qu’il avait perdu six mois plus tôt.

Une fois ses arrières assurés par la prise de Savannah, Sherman réédita dans les Carolines sa stratégie de la « terre brûlée », débutant sa marche le 1er février 1865. Le 17, Charleston, la ville où tout avait commencé par le bombardement du fort Sumter, tomba aux mains des Fédéraux. Johnston tenta de regrouper ses forces pour bloquer l’inexorable avancée des Nordistes, mais il fut battu à Bentonville (19-21 mars). Il reçut alors de Lee, nouvellement érigé en commandant en chef des troupes confédérées, l’ordre de se porter vers le nord pour fusionner leurs deux armées.

De son côté, Lee essaya de gagner le temps nécessaire en prenant l’initiative d’une attaque. Celle-ci se brisa contre les défenses du fort Stedman (25 mars), signalant à Grant qu’il était temps de donner le coup de grâce. Le général nordiste avait passé l’automne et l’hiver précédents à faire jouer sa supériorité numérique. Plutôt que de tenter de nouveaux assauts, il avait étendu patiemment ses lignes vers l’ouest, obligeant les Sudistes à faire de même jusqu’à ce qu’ils soient incapables de tenir un front si long.

Les Nordistes passèrent à l’attaque le 29 mars, coupant la dernière voie ferrée qui reliait encore Petersburg à la Caroline du Nord. Incapable de tenir plus longtemps et risquant d’être pris au piège, Lee n’eut d’autre choix que de se retirer. Le gouvernement confédéré évacua Richmond, devenue indéfendable, et les Fédéraux s’emparèrent de la capitale sudiste le 3 avril.

Grant se lança aussitôt à la poursuite de Lee, craignant qu’il ne parvienne à faire sa jonction avec Johnston. À ce jeu, les Nordistes furent les plus prompts et coupèrent la route de leurs ennemis à Appomattox Court House. Lee lança un ultime assaut pour les en déloger, au matin du 9 avril 1865, mais ce fut un échec. Il signa la capitulation de son armée l’après-midi même.

La fin de la guerre de sécession

Johnston l’imita le 26 avril ; quant à Jefferson Davis, qui avait officiellement dissout le gouvernement sudiste le 5 mai, il fut capturé le 10 après avoir tenté de gagner la clandestinité. Il y eut encore d’autres escarmouches mineures et, ironie du sort, la dernière d’entre elle fut une victoire sudiste à Palmito Ranch, au Texas (12-13 mai). La dernière force terrestre confédérée, celle du chef cherokee Stand Watie, déposa les armes le 23 juin. Ultime avatar de la guerre de Sécession, le navire corsaire CSS Shenandoah amena définitivement le pavillon confédéré dans le port de Liverpool, le 6 novembre 1865 – mais il avait tiré son dernier coup de feu longtemps avant, le 22 juin.

abraham-lincoln-625Abraham Lincoln, toutefois, ne put qu’entrevoir ce dénouement : il fut assassiné le 14 avril 1865 par John Wilkes Booth, acteur et sympathisant sudiste qui avait d’abord imaginé l’enlever. Sa mort divisa plus encore un pays pourtant en passe d’être réunifié : les partisans d’un traitement sans ménagement à l’égard des États sudistes prirent l’ascendant sur les plus modérés. La politique de « Reconstruction » menée par le gouvernement fédéral allait l’être au détriment des Sudistes, et la réaction qui s’ensuivit allait enraciner, plus encore que la guerre civile elle-même, des divisions sociales profondes qui se ressentiront tout au long du siècle et demi suivant, de la ségrégation raciale à la lutte pour les droits civiques des Noirs, en passant par la paupérisation du Sud ou les groupuscules nationalistes nés dans le sillage du Ku Klux Klan.

Bibliographie

Comparativement à la littérature foisonnante sur le sujet aux Etats-Unis, relativement peu de livres sur la guerre de Sécession ont été écrits ou traduits en français. Deux "incontournables" sont l'oeuvre d'historiens américains et ont tout deux pour titre La guerre de Sécession. Le premier est l'oeuvre de Bruce Catton : il s'agit du condensé, en un volume, de sa trilogie écrite pour le centenaire du conflit, entre 1961 et 1965. Le second est l'oeuvre de James McPherson (titre original Battlecry of Freedom), qui remporta avec ce livre le prix Pulitzer en 1988. En France, l'un des rares auteurs à écrire sur le sujet est André Kaspi, auteur notamment de La guerre de Sécession : les États désunis.
La guerre de Sécession, 1861-1865 de James M. McPherson. Robbert laffont, 1991.
La guerre de Sécession de Farid Ameur. PUF, 2004.
La Guerre de Sécession de Bruce Catton. Payot, 2002.

Pour aller plus loin

- The Civil War (la guerre de Sécession), Coffret 4 DVD Arte Editions.

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