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La guerre des Boxers (Chine, 1900-1901)

revolte_boxers20 Juin 1900, Pékin résonne des cris de haine de milliers de personnes à l’encontre des étrangers. L’ambassadeur allemand Clemens von Ketteler vient d’être assassiné, les légations étrangères vont subir un siège de 55 jours. La Guerre des Boxers entre dans sa dernière phase, la plus cruelle et la plus dévastatrice.

 

 

 

 

Origines de la guerre des Boxers

La Chine du tournant du siècle, dirigée par la dynastie Mandchoue (Qing) est devenue depuis longtemps la proie des puissances étrangères, au premier rang desquelles le Royaume-Uni, le Japon, la Russie, la France et l’Allemagne. Ces dernières ont imposé, souvent par la force armée, toute une série de traités humiliants forçant l’ouverture du marché chinois à l’influence étrangère. Culturellement, le pays doit faire face à l’activisme des missionnaires chrétiens et à une profonde remise en cause du vieux système impérial. L’émergence d’une élite bourgeoise, libérale mais aussi nationaliste agite les grandes villes.

Le gouvernement de l’impératrice douairière Cixi s’est réfugié dans un conservatisme frileux, et joue de la frustration et de la xénophobie grandissante des chinois pour assurer le pouvoir qu’il a obtenu de manière brutale (coup d’état de 1898). Les autorités de Pékin accordent notamment leur soutien à une société secrète, la Milice de la justice et de la concorde, dont les membres pratiquants des arts martiaux sont surnommés « Boxers » par les Occidentaux. Les Boxers sont les héritiers d’une longue tradition de fraternités occultes et armées. Farouchement nationalistes, ils ont d’abord, comme leurs devanciers, condamné la dynastie Mandchoue comme étrangère avant de s’y rallier face à l’ennemi commun : les puissances coloniales et leurs missionnaires.

Les Boxers recrutent leurs membres dans les classes populaires et sont organisés de manière militaire. Cela leur vaut d’être constitués en milice par le gouvernement de Cixi. A partir de juin 1900, officiellement sous le commandement de la cour, ils vont commettre toute une série de meurtres et d’exactions à l’encontre des étrangers. Ceux ci n’ont d’autre choix que de se réfugier dans les quartiers des légations.

L'intervention européenne

Boxer_RebellionLes évènements de juin vont pousser les puissances étrangères à intervenir militairement en Chine. Il s’agit tout autant de sauver les civils pris au piège dans les légations assiégées, que d’exercer une pression écrasante sur le régime impérial. Une alliance de huit états (Japon, Royaume-Uni, Etats-Unis, Italie, France, Russie, Autriche-Hongrie) dite «Alliance des Huit Nations» est formée dans le but de constituer un corps expéditionnaire. Celui-ci se atteindra un effectif de 100 000 hommes à son apogée. Libérant les légations de Pékin le 14 août, les soldats étrangers découvrent un spectacle d’épouvante. Les civils capturés par les Boxers ont souvent été atrocement torturés, tout comme les chrétiens chinois. Les cours d’eau sont remplis de cadavres, on trouve des pyramides de têtes coupées en divers endroits, voire des corps empaillés en divers endroits de la ville etc..

La vengeance des puissances coloniales va être terrible. Comme l’a demandé l’empereur Guillaume II à ses troupes il s’agit de terroriser la population chinoise. Les exécutions sommaires, les meurtres et les viols vont se succéder pendant des mois. Comble de l’humiliation pour les chinois, les soldats étrangers se font photographier au sein de la Cité Interdite.

L’impératrice qui a fui à Xi’an finit par se désolidariser des Boxers. Abandonnés par l’armée impériale, ceux-ci n’en continuent pas moins de résister aux étrangers. Il faudra que les troupes chinoises se joignent aux huit nations (nouvelle humiliation) pour qu’ils soient tous supprimés. Lorsque le 7 septembre 1901, le conflit prend fin par le traité de Xinchou, plus de 50 000 chinois (civils et Boxers) ont perdu la vie. La Chine est contrainte de payer d’importantes indemnités (alors que l’état des finances est catastrophique), de constituer deux «missions de repentance» et d’accepter l’occupation militaire de plusieurs régions.

La dynastie Qing vient de subir l’une des pires de la longue série d’humiliation qui marqua son dernier siècle. Elle n’y survivra plus que 10 ans, 10 ans pendant lesquelles de nombreuses réformes prépareront l’émergence d’une Chine républicaine et moderne.

Pour aller plus loin

- La guerre des Boxers (1900-1901) de Raymond Bourgerie. Economica, 1998.

- Les 55 jours de Pékin, de Nicholas Ray. Fiction, DVD, 2008.

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