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Accueil Civilisations et Empires La Chine impériale (XIVe-XIXe siècle)

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La Chine impériale (XIVe-XIXe siècle)

muraille-chineTout au long de son histoire, la Chine dut affronter des envahisseurs venus du nord. La dynastie Ming, qui chassa les mongols et régna sur l’empire du milieu de 1368 à 1644, entreprit d’édifier les 5000 kilomètres de la grande muraille afin de défendre ses frontières. En vain. En 1644, profitant d’une guerre civile qui ravageait la Chine, les mandchous des régions septentrionales envahirent le pays et s’emparèrent de Pékin. Fondateurs de la dynastie Qing, ils furent les derniers souverains de la Chine impériale.


 

Au XIVe siècle, les empereurs Ming inaugurèrent une période de paix et de stabilité gouvernementale. La sphère d’influence chinoise atteignit alors une ampleur sans précédent, englobant le Vietnam et la Birmanie au sud, la Mongolie et la Corée au nord. Toutefois cet empire demeurait replié sur lui-même. Au début du XVe siècle, à la tête d’une armada de jonques, l’amiral Zhang He longea l’Asie du sud est puis accosta en Afrique orientale. Mais sa mort en 1433 mit un terme à l’expansion maritime de la Chine. En 1557, les portugais fondèrent un comptoir commercial à Macao, tandis que les hollandais s’établissaient à Taïwan en 1622. Cependant les relations entre les Ming et les marchands européens demeurèrent très distantes.

Les mandchous au pouvoir

Au début du XVIe siècle, l’autorité de la dynastie Ming commença à s’effriter. La péninsule du Liadong, une enclave chinoise située au nord-est de la grande muraille, était protégée par une ligne de défense en bois jalonnée de portes surmontées de Tours. Elle ne suffit pas à arrêter la nouvelle puissance rivale, les mandchous, une tribu venue du nord, qui pénétra en Chine à la faveur d’une guerre civile. Un chef mandchou, Dorgun, qui régna de 1628 à 1650, prit le contrôle de Pékin en 1644, puis gouverna en qualité de régent pour le compte de son neveu, qui deviendra le premier empereur Qing.

Une fois leur pouvoir fermement établi en Chine, les Qing partirent à la conquête de la Mongolie, du Turkestan et du Tibet. Grâce à cette politique expansionniste, l’empire atteignit alors le plus vaste développement territorial de son histoire. Le Népal, le Bhoutan, le Laos, la Birmanie et l’Annam étaient des vassaux de la Chine, soumis au paiement de tribus réguliers. Au nord, l’expansion chinoise fut stoppée par la progression de la Russie en Asie centrale et de l’est, mais obtint des droits sur la région de l’Amour, en échange d’un traité commercial.

Stabilité et explosion démographique

Empire_QingAprès une rébellion de cinq ans, écrasée en 1680, la Chine dominée par les mandchous connut une période de paix et de prospérité qui se prolongea plus d’un siècle sous la houlette des Qing. Le catogan ou la tresse, attribut traditionnel des mandchous fut un moyen pour la nouvelle dynastie d’affirmer son autorité en l’imposant à ses sujets chinois (les Han). Les mariages entre mandchous et chinois furent cependant interdits, tandis que l’armée et l’administration demeuraient des secteurs d’activité accessibles à ces derniers.

Si ils dynamisèrent les affaires politiques et militaires de la Chine, les mandchous renoncèrent à réformer un pesant système bureaucratique en place depuis un millénaire. Les révoltes paysannes de la fin de l’ère Ming avaient pratiquement mis un terme au servage, mais des millions de métayers parvenaient tout juste à survivre. N’ayant pas les moyens de suivre les études permettant d’accéder à la bureaucratie impériale, ils devaient assumer la plus grande partie la charge fiscale.

Entre 1650 et 1800, la population de l’empire du milieu passa de 100 à 300 millions d’habitants. Le surpeuplement des terres agricoles centrales, dans le bassin du Yangzi Jiang et au sud-est, contraignit de nombreux paysans à émigrer en direction des provinces occidentales, moins peuplées. C’est pour la Chine le début d’un dérapage démographique incontrôlé, l’empire du milieu ne connaissant pas la révolution démographique de l’Europe.

Des contacts difficiles avec l’extérieur

Si les Qing poursuivaient leur politique expansionniste en Asie, ils se montrèrent tout aussi réticents que leurs prédécesseurs Ming à traiter d’égal à égal avec les commerçants européens. Cependant, le commerce des fourrures avec la Russie battait son plein. L’Europe du XVIIe siècle se prit de passion pour tout ce qui venait de Chine, notamment la porcelaine, le coton, la soie et le thé. Les marchands européens n’ayant aucun produit à proposer en échange, ils payaient les objets exportés avec l’argent prélevé dans le nouveau monde, ce qui revenait fort cher. Canton dans le sud fut déclaré seul port accessible aux commerçants européens.

Parvenus jusqu’en Chine au XVIIe siècle, les jésuites y étaient tolérés pour leurs connaissances de la physique et de l’astronomie, même s’ils faisaient pâle figure à côté des scientifiques de l’empire du milieu. Les conversions en revanche restèrent rares. Par la suite, le christianisme fut tout simplement banni car considéré comme incompatible avec le culte des ancêtres pratiqué par les chinois.

L’inexorable agonie de la Chine impériale

Empereur_QianlongL’empereur Qianlong, qui régna de 1735 à 1796, connut le plus long règne de l’histoire chinoise. Erudit et protecteur des arts, il considérait son immense empire comme le seul pays civilisé du monde. Il reçut avec dédain une délégation de commerçants britanniques dirigée par lord Mccartney. Arguant que ceux-ci avaient refusé de se prosterner devant le souverain, conformément à la tradition, Il mit fin aux relations commerciales avec les anglais. Toutefois, la mission britannique avait pu observer les méthodes chinoises de fabrication du thé et de la soie. Elles furent transmises à la compagnie britannique des indes orientales, qui organisa rapidement des circuits de production parallèle.

À la fin du règne de Qianlong, la Chine accuse déjà des signes manifestes de déclin. L’administration était rongée par la corruption, tandis que des augmentations d’impôts soulèvent de nouvelles vagues de révoltes paysannes. Nul ne pouvait plus ignorer la supériorité des technologies européennes, mais les Qinq demeuraient trop conservateurs pour envisager une quelconque modernisation. À la fin du XIXe siècle la Chine était au bord du gouffre, sombrant dans l’anarchie. L’occident en profita pour lui imposer des traités commerciaux ainsi que d’humiliantes concessions portuaires, accélérant la décomposition de l’empire du milieu. En 1912 le dernier empereur mandchou, Pu Yi, est déposé par des révolutionnaires qui proclament la république.

Bibliographie

- La Chine impériale de Denys Lombard. PUF, 2001.

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