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Accueil Histoire de France Le Dauphin François (1518-1536) : un prince méconnu

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Le Dauphin François (1518-1536) : un prince méconnu

Dauphin François Corneille de Lyon 1536Le 28 février 1518, la reine Claude de France met au monde son premier fils. Prénommé François comme son père, l'enfant est titré dauphin de France et c'est sur lui que reposent les espoirs de la dynastie. De par la mort de sa mère en 1524, François hérite du duché de Bretagne et est couronné à Rennes en 1532 par l'évêque Yves Mahyeuc, il est alors connu comme François III de Bretagne.

 

Son Enfance

La bataille de Pavie (1525)

À la suite de l'échec des troupes impériales de Charles Quint en Provence en 1523, François Ier veut pousser l'avantage pour tenter de reprendre Milan perdu en 1521, contre l'avis de ses conseillers. Fin octobre 1524, Milan tombe aux mains des Français qui décident alors de poursuivre sur Pavie, l'ancienne capitale de Lombardie, assiégée à partir du 27 octobre 1524. Après plusieurs mois de siège, les renforts impériaux ouvrent une brèche dans l'enceinte française dans la nuit du 23 au 24 février 1525. La déroute est totale. Les Français perdent environ 10 000 hommes, dont une grande partie de cadres de l'armée. François Ier est fait prisonnier par un chevalier italien, César Hercolani, surnommé le vainqueur de Pavie. Le roi de France est embarqué à Villefranche (près de Nice) et est détenu en Espagne par Charles Quint pendant un an en attendant le versement d'une rançon par la France et la signature du traité de Madrid (le 14 janvier 1526) qui l'engage à restituer le duché de Bourgogne et le comté de Charolais, mais aussi abandonner les revendications de l'Artois et de la Flandre ainsi que les prétentions sur la péninsule italienne. Libéré, François Ier laisse à Charles Quint son épée et ses deux fils, François le dauphin et le petit Henri (futur Henri II).

La détention en Espagne (1526-1530)

Dauphin François Jean Clouet 1520En gage de l'exécution du traité de Madrid, signé le 14 janvier 1526, François 1er a accepté de livrer à Charles Quint ses deux fils aînés. Le 17 mars 1526, deux barques sont amarrées de part et d'autre de la Bidassoa. Sur la rive espagnole, celle de François 1er. Du côté français, celle du dauphin François et de son frère Henri d'Orléans, le futur Henri II. Au signal, les embarcations gagnent un ponton, au milieu de la rivière. C'est là qu'a lieu l'échange. Le roi, en larmes, embrasse ses fils, qu'il laisse en gage de l'exécution du traité de Madrid, signé le 14 janvier. Les garçons voient leur père s'éloigner vers la France, tandis qu'ils gagnent l'Espagne. Ils sont bien jeunes pour comprendre. Le dauphin a tout juste huit ans et Henri fêtera dans quelques jours, le 31 mars, son septième anniversaire. Ils ont perdu leur mère, Claude de France, deux ans auparavant. C'est leur grand-mère, Louise de Savoie, qui les a accompagnés jusqu'à Bayonne. Sans doute leur a-t-elle expliqué qu'ils partent en Espagne pour que le roi puisse recouvrer la liberté. Sans doute leur a-t-elle aussi promis qu'ils seront heureux là-bas et qu'ils reviendront bientôt.

À leur arrivée, les petits princes sont confiés au duc de Frias, connétable de Castille. Ils sont magnifiquement traités, aux frais, il est vrai, du roi de France. D'Irún, ils gagnent Vitoria, où Éléonore d'Autriche, la soeur de l'Empereur, s'apprête à partir pour la France afin d'épouser François 1er, conformément au traité de Madrid. Charles Quint, lui, attend la ratification du traité pour donner l'ordre du départ.

Les semaines passent, et François 1er ne s'exécute pas. Il n'a jamais eu l'intention de respecter un accord qui ampute son royaume de la Bourgogne. En constituant une coalition européenne, il veut amener Charles Quint à négocier les termes du traité. Les petits otages devront attendre.

Aux émissaires de Venise et du Saint-Siège, qui veulent se liguer contre l'Empereur, le roi se dit prêt à laisser ses fils encore deux ou trois ans en Espagne. Ceux-ci seront bien traités, ajoute-t-il, pourront apprendre l'espagnol et nouer des amitiés utiles. François 1er espère pouvoir récupérer ses fils contre une rançon en espèces, mais Charles Quint, furieux d'avoir été berné, refuse. Quand, en juillet 1526, les alliés italiens de la France entrent en campagne pour chasser les Impériaux de la Péninsule, Charles Quint ordonne au duc de Frias d'enfermer les petits princes dans son château de Villalba. La situation des enfants va se détériorer à mesure que les relations entre le roi et l'Empereur se dégraderont. Au début, le dauphin François et son frère vivent au large dans la vaste forteresse, entourés d'une suite de soixante-dix seigneurs et officiers, et de cent cinquante serviteurs subalternes. Leur train est encore digne de leur rang royal même si, les finances s'épuisant, leur Gouverneur commence à économiser sur tout.

À l'été 1527, l'armée de Lautrec entre en Lombardie, et Charles Quint fait resserrer la surveillance autour des otages. Visites et communication avec l'extérieur sont désormais interdites. Six mois plus tard, les conditions de détention s'aggravent brutalement.

En représailles à la déclaration de guerre officielle de la France et de l'Angleterre, Charles Quint fait transférer les otages au château de Villalpando, près de Zamora. Leurs serviteurs français, emprisonnés ou assignés à résidence, sont remplacés par un entourage exclusivement espagnol. François 1er a parfois des nouvelles de ses fils par des espions. On les a aperçus alors qu'ils se rendaient à l'église ou qu'ils chassaient à l'oiseau. Henri semble donner du fil à retordre à ses geôliers : "Il ne fait jamais que frapper et il n'y a homme qui en puisse être maître, disant en espagnol toutes les vilenies du monde, ainsi qu'on le rapportait par toute la ville". Pour prévenir toute tentative d'enlèvement, la surveillance se resserre. On transfère les enfants d'un château à l'autre. On leur interdit de sortir et même de communiquer avec Eléonor, qui s'efforce d'adoucir leur sort. Ils sont finalement emprisonnés au château de Pedrazza, dans la province de Ségovie, une vieille forteresse médiévale isolée dans la montagne, humide et glaciale en hiver. Grilles aux fenêtres, mobilier rudimentaire, nourriture grossière, surveillance permanente, geôliers soupçonneux. Au dénuement et à l'ennui s'ajoute, sans doute, le terrible sentiment d'avoir été abandonnés. Le 3 août 1529, la paix de Cambrai, ou paix des Dames est finalement signée et Charles Quint accepte enfin de libérer ses otages contre une énorme rançon de 2 millions d'écus d'or, mais il faut encore des mois pour réunir l'argent. Mais il faut encore des mois pour réunir la somme.
C'est seulement le 1er juillet 1530, sur la Bidassoa, que l'argent est remis à l'Empereur en échange des petits princes et de leur future belle-mère, Eléonor d'Autriche.

La Mort du Dauphin

La Huitième guerre d'Italie (1536-1538)

À la mort du duc de Milan François II Sforza, le 24 octobre 1535, Philippe, fils de Charles Quint, hérite du duché, mais François Ier revendique également la possession. Au début de l'année 1536, le roi de France envahit le duché de Savoie et s'empare de Turin. En réponse, Charles Quint envahit la Provence et prend Aix-en-Provence. Afin de stopper Charles Quint, le dauphin part avec son père en direction de la Provence.

Une partie de Jeu de Paume à Lyon

Dauphin François François Clouet 1535Au début du mois d'août 1536, le roi et le dauphin sont à Lyon. Le 2 août, avant de quitter Lyon, le dauphin veut disputer une dernière partie au jeu de paume dans la salle d'Ainay. Malgré une chaleur orageuse et étouffante, le prince ne se dissuade pas et son adversaire ne le ménage pas non plus. À la fin de la partie, le Dauphin bois un verre d'eau glacée apportée par son échanson le comte Sébastien de Montecucculli. Il éprouve alors une grande faiblesse, est brulant de fièvre et respire avec difficulté. Il trouve cependant la force de suivre son père et ses frères.

Le jeudi 3 août, le roi et ses fils sont à Vienne. Le cortège royal assiste à une bénédiction dans la cathédrale de Vienne et tous les chroniqueurs notent la pâleur et la faiblesse du dauphin. Ses médecins l'entourent et le Cardinal de Tournon, inquiet, lui donne son propre médecin Jean Champier. Les médecins sont d'avis que le prince ne peut continuer le voyage à cheval jusqu'à Valence et préconisent la descente en bateau sur le Rhône. Les bateaux partent le samedi 5 août au matin. Après un arrêt à St Vallier chez les Poitiers, le dauphin est au plus mal et le Cardinal de Tournon propose au cortège de s'arrêter au château de Tournon.

L'arrêt et la mort à Tournon

Les médecins s'affairent autour du dauphin François qui est de plus en plus malade et l'on fait une halte à Tournon selon l'invitation du Cardinal. Le roi et son escorte sont vraisemblablement accueillis le 7 août par la dame de Vissac, comtesse de Tournon, douairière veuve depuis 11 ans, avec son fils Just II et sa femme Claude de la Tour Turenne. Just II laisse sa chambre du rez-de-chaussée au dauphin, dont les fenêtres donnent vers le nord et qui est mitoyenne de la tour Beauregard.

Le roi quitte Tournon le lendemain (8 août), probablement rassuré sur la santé du dauphin, et s'installe à Valence où il reste jusqu'au 10 septembre. Le nouvel enfant d'honneur du dauphin, Pierre de Ronsard, rejoint également à cette époque son père, Loys de Ronsard au chevet du malade.

L'état du dauphin s'aggrave rapidement, il souffre de terribles douleurs du côté droit avec une fièvre intense. Les médecins ont peu d'espoir de le sauver de cette maladie qui devrait être une pleurésie pleurale. Entre sept et huit heure du matin, après une nuit d'agonie, le dauphin rend son dernier souffle le 10 août 1536.

La dépouille du dauphin sera entreposée pendant 11 ans dans l'église St Julien avant de rejoindre celle de son père en 1547 dans la basilique Saint Denis à Paris.

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