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Anne de Bretagne (1477-1514), reine de France - Biographie

duchesse anne en priereL'année 2014 marque les 500 ans de la disparition d'Anne de Bretagne,  reine de France à deux reprises : 1491-1498 puis 1499-1514. Alors que le débat sur le re-découpage territorial fait rage, qui se souvient de l'histoire agitée (longtemps seulement bercée par les sons des armures qui s'entrechoquent, des hennissements des chevaux qui s'approchent, des épées qui se trouvent), de cette héritière dont la riche dot - la Bretagne - excitait toutes les convoitises ?

 Anne de Bretagne, une main en or

Dernière représentante d'une Bretagne souveraine et indépendante, nulle duchesse ne fut, dès son plus jeune âge, promise en mariage à autant de beaux partis. Fille unique de François II (1435-1488), duc de Bretagne et éternel rival de ses puissants voisins les rois de France (Louis XI et Charles VIII), la demoiselle reçoit dès sa naissance (1477), au château historique des Ducs Bretons, celui de Nantes, une éducation soignée (grâce à sa gouvernante Françoise de Dinan, comtesse de Laval, et au poète Jean Meschinot, son érudit maître-d'hôtel) et un sens aiguisé de son destin. Comment en aurait-il pu être autrement ? Si l'extérieur du château nantais paraît n'être qu'une citadelle austère, son intérieur n'est alors habillé que de soieries, de velours, de meubles rares et de tapisseries magnifiques recouvrant tous ses murs : Anne ne peut que prendre très vite conscience de sa dignité.

chateau ducs bretagneCar le duc, farouche défenseur de son indépendance, bat monnaie, anoblit, signe en son nom et de son sceau traités avec les autres puissances, lève armée et impôts. Le Duché possède même son propre parlement, à Vannes. Certes, il rend hommage au roi de France mais, il ne s'agit que d'un hommage simple et non d'un hommage-lige (qui l'aurait rabaissé, comme déjà beaucoup d'autres grands seigneurs, au statut de vassal). Anne est donc l'héritière de ce pays. Son premier projet matrimonial est signé alors qu'elle n'a que... 4 ans (avec l'héritier de la couronne d'Angleterre, futur Edward V !) François II et ses conseillers (comme le puissant Pierre Landais) utilisent ces promesses d'épousailles comme autant de moyens d'obtenir aide et soutien de l'étranger contre les tentatives incessantes de la France de rogner les prérogatives ducales. Avant que la petite fille ne soit majeure, le vent a encore le temps de tourner et, si besoin est, les contrats dénoncés ou oubliés...

Ce qui ne manque pas de se produire. Car la politique d'indépendance du duc est coûteuse, ruineuse, même. Le duché est exsangue, le peuple fatigué des guerres et des impôts, alors que son voisin ne cesse de gagner en puissance. À la fin de son règne, la cour de François II, faible et déclinant psychologiquement, est infestée d'espions français, certains étant ses plus proches conseillers (comme le maréchal de Rieux, le prince d'Orange et même la gouvernante Mme de Laval) désormais officiellement pensionnés par le roi de France. Anne, elle, représente toujours la pièce maîtresse du duché. Elle est devenue la meilleure monnaie d'échange internationale pour sauver sa patrie en danger. Obéissante et consciente d'enjeux qui dépassent sa personne et ses désirs personnels, elle accepte successivement des projets de mariage avec le prince de Galles, donc (à 4 ans), Henri VII d'Angleterre, Maximilien Ier d'Autriche, futur empereur romain-germanique (à 9 ans), Alain d'Albret (à 10 ans), le duc d'Orléans (futur roi de France Louis XII), à nouveau Maximilien (la même année, à 10 ans), le duc de Chalon, prince d'Orange...

Deux fois reine de France 

anne de bretagne jeuneLe 19 décembre 1490, après le décès du duc deux ans plus tôt (et, la même année 1488, la fin de " La Guerre Folle ", perdue par François contre les Français), plus décidée que jamais à poursuivre la politique d'indépendance de son père, la désormais duchesse Anne finit par épouser par procuration, dans la cathédrale de Rennes, Maximilien Ier, roi des Romains. Le roi de France Charles VIII ne l'entend pas de cette oreille : le traité mettant fin à " La Guerre Folle " (1485-1488), le traité du Verger (signé le 19 août 1488 par Charles VIII et François II), stipulait l'accord indispensable du roi au mariage d'Anne. La violation du traité est flagrante : le roi envoie ses troupes encercler Rennes. Le siège dure 2 mois. Anne finit par se rendre. Elle épouse Charles VIII, devenant reine de France, le 06 décembre 1491, au château de Langeais. L'Autriche fulmine mais, contre de conséquentes concessions, le pape Innocent VIII accepte d'annuler le premier mariage par procuration d'Anne avec Maximilien en 1492.

Le roi lui interdit désormais d'utiliser son titre de Duchesse de Bretagne. Son contrat de mariage le stipule bien : ce mariage est un acte de paix entre la France et la Bretagne. Passant dès lors beaucoup de temps à accoucher (puis à enterrer ses 6 enfants morts en bas-âge), Anne n'a pas de réelle influence ni sur la France ni sur la Bretagne. Charles VIII décède le 07 avril 1498. Le principe du remariage d'Anne avec son successeur, Louis XII, est immédiatement acté. Une clause marital stipulait l'obligation d'Anne d'épouser le successeur du roi en cas d'absence d'héritier mâle. Il y va autant, désormais, des intérêts de la France que de la Bretagne. En attendant l'annulation du contrat de Louis XII alors époux de Jeanne de France, elle retourne enfin en Bretagne. Héritière des droits des rois de France sur la Bretagne, elle y reprend la tête de l'administration, frappant même monnaie à son effigie.

tombeau louisXII anneSon nouveau contrat de mariage (1499) avec Louis XII lui reconnaît tous ses droits sur la Bretagne. Y est également noté que le deuxième enfant de leur union, mâle ou femelle, obtiendrait tous les droits sur ce pays, continuant ainsi d'accorder une certaine indépendance aux Bretons. Clause qui ne sera pas respectée par la suite (sa fille Claude épousera François Ier qui finira d'intégrer totalement le duché au royaume de France) mais, cela, Anne ne le saura jamais. Elle s'éteint le 09 janvier 1514, après une vie entière de sacrifices à défendre les intérêts de son duché. - Sa dépouille repose en la basilique de St Denis en compagnie de son dernier époux Louis XII. Ses funérailles furent sans pareille et durèrent 40 jours. Privilège de la dynastie capétienne, elle dicta par testament la partition de son corps (ossements, entrailles et cœur), multipliant ainsi les lieux de sépulcre. Son cœur est ainsi toujours dans un reliquaire de la cathédrale St Pierre de Nantes. Son image et son nom sont toujours très forts, de nos jours, dans l'inconscient collectif breton.

Bibliographie

Anne de Bretagne, de Philippe Tourault. Perrin, 2004.

- Anne de Bretagne, de Thierry Jigourel. Editions Ouest-France, 2014.

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