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Exposition : La Bastille ou l’enfer des vivants (Paris)

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Du 9 novembre 2010 au 11 février 2011 se tient, à la Bibliothèque de l’Arsenal (Paris 4ème), une exposition dédiée à la plus célèbre des prisons et intitulée « La Bastille ou l’enfer des vivants ».Celle-ci  retrace l’histoire de l’établissement, du règne de Louis XIV (1643) à la révolution française (1789) à travers de nombreux témoignages de l’histoire. Dossiers de police, pièces d’archives, gravures, vêtements et menottes de prisonniers, ouvrages et correspondances personnelles permettent de mieux comprendre les conditions de la captivité sous l’Ancien Régime. Les plus célèbres affaires y sont présentées telles que l’homme au masque de fer, le régicide Damiens ou encore l’affaire des poisons.

Histoire de la Bastille et du milieu carcéral

La construction de la prison a été entreprise dès 1365 sous l’initiative de Charles V et stratégiquement près de Vincennes et de la résidence du Roi à l’hôtel Saint-pol. Progressivement, l’établissement s’agrandit de bâtiments et de jardins pour se composer de huit tours d’une hauteur de 24 mètres. L’ensemble réunit par des courtines forme un rectangle. On peut admirer dès l’entrée de l’exposition, une maquette de la Bastille réalisée en 1790, à partir d’une pierre de l’édifice. Il est important de préciser qu’à l’origine, la Bastille n’est pas une peine mais un lieu d’attente, une mesure de prévention avant le jugement. C’est avec la monarchie absolue, régime mis en place sous Louis XIV, qu’elle jouera le rôle de prison.

Il faut savoir que sous l’Ancien Régime, il existe quatre catégories de lieux de détention :

  • Les prisons d’Etat pour ceux qui ont porté atteinte à la sûreté de l’état. Elles sont au nombre de 40 dont La Bastille, le Mont-Saint-Michel, la forteresse de Pignerol et Vincennes.
  • Les prisons qui dépendent de l’Hôpital Général destinées aux miséreux et aux mendiants
  • Les prisons de droits communs : comme le Grand Châtelet contenant des salles d’exécution
  • Les maisons de force ou de correction

A partir de 1748 et 1767, s’ajoutent respectivement les bagnes qui remplacent les galères et les dépôts de mendicités. Un détenu peut être transféré d’une prison à l’autre bien qu’en théorie, chaque établissement a une fonction distincte.

L’exposition qui se tient actuellement à la Bibliothèque de l’Arsenal bénéficie des fonds d’archives constitués par la Prison depuis 1660.  Malheureusement une partie des documents a été pillée et rejetée dans les fossés durant la Révolution Française. En 1797, un administrateur de la Bibliothèque de l’Arsenal récupère les archives auparavant conservées par la bibliothèque de la Ville pour y commencer un inventaire mais c’est en 1892 que le catalogue de ces fonds est achevé et publié par Frantz Funck-Brentano.

La Bastille et les affaires les plus célèbres

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La bastille a détenu des prisonniers dont l’histoire résonne encore aujourd’hui. L’exposition dévoile les témoignages des plus grandes affaires telles que l’homme au masque de fer, le régicide Damiens, le prisonnier Latude célèbre pour ses évasions et l’affaire du collier de la Reine Marie-Antoinette.

 

Un document présenté dans l’exposition prouve l’existence de l’homme au masque de fer. Le registre d’écrou mentionne la mort de ce dernier. A noter qu’en réalité, il portait un masque de velours noir. Pour rappel, l’homme au masque de fer a été incarcéré de 1698 à 1703 à la Bastille et compte en totalité 34 ans d’emprisonnement. Il s’agit d’un prisonnier dont l’identité ne devait être révélée. De nombreuses hypothèses autour de celle-ci nourrissent encore le mythe telle que le possible frère jumeau de Louis XIV, Fouquet l’intendant du roi, Molière ou encore un simple valet du nom d’Eustache Danger.

On peut observer la chemise du régicide Damiens, mais aussi les couteaux ayant appartenu à sa famille. Robert François Damiens fut emprisonné pour avoir tenté de tuer Louis XV en 1757 à coup de canif. Son supplice qui dura plus de deux heures à cause de l’incompétence des bourreaux, fit de Damiens, la dernière personne à avoir été écartelée sous l’Ancien Régime.

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Une reproduction du collier de la Reine et les onze portraits des protagonistes nous plonge dans l’histoire de cette célèbre affaire. Celle-ci éclata en plein jour en 1785. Le Cardinal Louis de Rohan, désireux d' obtenir les faveurs de la Reine, cherchait à se procurer un collier d’une valeur de 1 600 000 livres (7 millions d’euros) que cette dernière ne pouvait s’offrir. Malheureusement, il l'acheta à crédit par des escrocs qui se firent passer pour des proches amis de la Reine et qui revendirent les diamants en Angleterre. Le joaillier expliqua à  Marie-Antoinette qu’elle était censée avoir acheté le collier par l’intermédiaire de Rohan alors qu’elle n’en savait rien. Celle-ci crut à un complot et Louis XVI fit embastiller le naif Cardinal le 16 août 1785 . Le scandale éclaboussa la Reine et la monarchie.

 

Le système judiciaire et la censure

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Plusieurs délits pouvaient entraîner l’emprisonnement à la Bastille : l’atteinte à la religion, à la sûreté de l’état et aux bonnes mœurs. Le Roi ne tolère que « la religion officielle » ce qui aboutit en 1685 à la révocation de l’Edit de Nantes et à l’embastillement de nombreux jansénistes et libres penseurs. L’article 11 de l’ordonnance criminelle de 1670 énonce les crimes de lèse-majesté « …sacrilège avec effraction, rébellion aux mandements émanés de nous ou de nos officiers, la police pour le port des armes, assemblées illicites, séditions, émotions populaires, force publique, la fabrication, l'altération ou l'exposition de fausse monnaie, correction de nos officiers, malversation par eux commises en leurs charges, crimes d'hérésie, trouble public fait au service divin, rapt et enlèvement des personnes par force et violence, et autres cas expliqués par nos ordonnances et règlements ».

 

Le système de censure est bien présent et est dual : il existe la censure préalable et la censure à posteriori après publication. Beaucoup de métiers du livre ont été embastillés. Parmi les métiers de librairie les plus poursuivis, on pouvait compter les colporteurs, puis les libraires et les imprimeurs. Néanmoins, certains auteurs n’ont jamais été emprisonnés pour leurs œuvres comme c’est le cas Voltaire et du Marquis de Sade qui a été accusé de viol et d’empoisonnement. Entre 1661 et 1789 un prisonnier sur six est incarcéré pour « faits de lettres ».

La lettre de cachet, ne donnait pas raison à la justice puisqu’un homme pouvait être envoyé en prison sans procès sur simple demande écrite du Roi. Au XVIIème siècle, elles sont manuscrites et réalisées en « série » avant de pouvoir être imprimées. Ce n'est que le 26 juin 1789 qu'est annoncée la suppression des lettres de cachets.

Etre emprisonné à la Bastille

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La lecture et l’écriture sont les principales occupations des embastillés notamment en raison de la présence d'une bibliothèque. Ils n'étaient ni autorisés à parler entre eux ni à communiquer avec l’extérieur. De ce fait, certains prisonniers se faisaient discrètement envoyer de l'encre.  En témoigne, parmi les oeuvres exposées, un ouvrage ayant autrefois contenu de l’encre dissimulée dans une reliure composée de plaques métalliques.

 

Le traitement des prisonniers est inégal, car les détenus sont traités en fonction de leur qualité et de leurs moyens. Jusqu’en 1789, la plupart des peines sont infamantes. Il est possible d'observer le portrait du marquis d’Argenson considéré comme l’un des plus sévères lieutenants de la Bastille.

En milieu de parcours, l’exposition dévoile une reconstitution d’une cellule de prison comprenant une porte et des poignées d’origine. On peut  aussi apercevoir des menottes et instruments de tortures. Lorsqu’un prisonnier recouvre la liberté, il est tenu sous silence et doit écrire puis signer une promesse de silence dans le registre des déclarations. Il était interdit aux prisonniers de divulguer ce qu’ils avaient vu à l’intérieur.

 

Renseignements pratiques

La Bastille ou l’enfer des vivants
Du 9 novembre au 11 février 2011
Bibliothèque de l’Arsenal-1 rue de Sully, 75 004 Paris
Visites libres : du mardi au dimanche de 12h à 19h - Entrée libre
Visites guidées : dès le 18 novembre tous les jeudis à 15h - Inscription obligatoire au 01 53 79 49 49 - (3 €)

Pour plus d’informations, consultez le site de la BnF.

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