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Champollion et le mystère des hiéroglyphes

champollionDes Égyptologues du XIXe siècle, Jean François Champollion reste certainement l’un de plus connus. Celui qui affirma « Je suis tout pour l’Egypte et elle est tout pour moi » aura marqué l’histoire (et pas seulement en tant que discipline) en produisant le premier système scientifique de déchiffrage des hiéroglyphes. Enfant de la Révolution et de l’expédition d’Egypte, Champollion contribua à sa manière à l’établissement d’une relation particulière entre Paris et le Caire, qui deux siècles plus tard perdure toujours. Pince des Egyptophiles, son œuvre incontournable est encore visible à Paris, avec un certain obélisque, Place de la Concorde…

Le génie des langues anciennes

Jean François Champollion naît le 23 décembre 1790 à Figeac. Son père libraire, originaire de l’Isère affiche des idées pro révolutionnaires, voire favorables aux Jacobins. Septième enfant de la famille, Jean-François se fait remarquer par sa vive intelligence. La légende veut ainsi qu’il apprit à lire seul au milieu des ouvrages de la boutique de son père. Enfant doté d’un tempérament volcanique, il ne s’insère pas toujours facilement dans le système scolaire, mais bénéficie du soutien de son grand frère : Jacques-Joseph.

Ce dernier, passionné d’histoire et d’archéologie a pressenti tout le potentiel de son cadet. Bien en vue auprès de l’élite de Grenoble (il se liera d’amitié avec Fourier mais aussi Berriat) où il réside, il a fait venir Jean-François dans la capitale des Alpes afin de prendre en main son éducation. Le jeune prodige se révèle trop doué pour son maître de frère, qui le confie à un abbé. C’est à cette époque que le futur Égyptologue apprend le latin et le grec, mais aussi l’hébreu, l’arabe, le syriaque et le chaldéen. En 1804 Jean-François intègre le lycée impérial de Grenoble (l’actuel lycée Stendhal) après en avoir passé brillamment le concours.

S’il ne se reconnaît guère dans l’organisation militarisée de l’établissement, il s’y épanouit sur le plan intellectuel, approfondissant ses connaissances des langues anciennes et se lançant dans ses premières recherches. Son frère qui œuvre à la fameuse « Description de l’Egypte » (le recueil des recherches et de leurs résultats, effectués pendant l’Expédition d’Egypte de 1799), ainsi qu’une rencontre avec un moine grec passionné par le pays des Pharaons le poussent à se pencher sur les mystérieux hiéroglyphes.

A à peine 15 ans, Jean-François se donne pour mission d’en faire une étude complète, fasciné qu’il est par la civilisation pluri millénaire qui les a engendrés. En 1807, il quitte Grenoble (non sans en avoir ébloui son Académie des Sciences) pour Paris où il espère trouver les ressources nécessaires à ses travaux. Elève au collège de France, il perfectionne encore ses connaissances linguistiques. Persuadé que le copte est issu de la langue des Egyptiens antiques, il en devient rapidement l’un des plus grands spécialistes européens avant de s’attarder sur la fameuse Pierre de Rosette et divers papyri.

Percer le mystère des hiéroglyphes.

A 18 ans, Champollion devient professeur d’histoire à l’université de Grenoble. Grace aux appuis politiques de son frère, il est promis à une brillante carrière. En parallèle de son activité professorale, Jean-François poursuit ses recherches sur les Hiéroglyphes. A l’aide la Pierre de Rosette, sur laquelle sont inscrit des textes en deux langues (grec et egyptien) et trois écritures (le grec, hiératique et démotique) il émet l’hypothèse fondamentale que cohabitent dans le système hiéroglyphique des idéogrammes (signe exprimant une idée) et des phonogrammes (signe exprimant un son).

Malgré ses découvertes, Champollion va faire les frais de sa proximité et surtout de celle de son frère avec les milieux impériaux. Jacques-Joseph qui lors des Cent-Jours s’est fait remarquer par l’Empereur en personne (il a été son secrétaire durant son séjour à Grenoble) est progressivement mis au ban des cercles politiques et académiques après la seconde Restauration. Jean-François dont les théories avant-gardistes et l’ego lui ont valu de nombreuses jalousies, subit le même sort, et tous deux quittent Grenoble pour Figeac. Cet exil sur les terres de son enfance est l’occasion pour Champollion de parfaire ses travaux et d’assainir sa situation financière, jusque là compliquée.

Fin 1817, il parvient à s’en retourner à Grenoble profitant de l’apaisement de la répression politique. Bien que simple bibliothécaire, il n‘en continue pas moins de se faire remarquer tant par ses activité scientifiques, que par ses opinions politiques d’opposant aux monarchistes Ultras. Cela lui vaut de quitter Grenoble une fois de plus, pour Paris en 1821. Cette année sera celle de sa plus grande réussite.

pierre_rosetteEn effet, il parvient alors à déchiffrer le nom du Pharaon Ptolémée V sur une inscription de la Pierre de Rosette. Vient ensuite le déchiffrement du nom de Cléopâtre sur l’obélisque de Philae. De fil en aiguille et à grand renforts de recoupement où intuition et logique se mêlent, il établit un tableau de valeur des différents signes hiéroglyphiques. Le 14 septembre 1822, au terme de travaux épuisants, Champollion est tellement convaincu d’avoir percé le mystère des Hiéroglyphes que submergé par l’émotion il subit une attaque bénigne (mais néanmoins révélatrice du fragile état de santé, de ce bourreau de travail). 8 huit jours plus tard il adresse à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, un premier résumé de ses découvertes. Un précis du système hiéroglyphique suivra en 1824.

Champollion et l’Egypte, une passion fatale

Les années 1820 vont voir les travaux de Champollion obtenir la reconnaissance qu’il a longtemps attendue. Bénéficiant du soutien de savants comme Von Humboldt (le célèbre linguiste et philosophe allemand) et de personnalités politiques, il parvient à l’aide son frère à financer un voyage d’étude en Italie. Pour son premier départ hors de France, Jean-François s’en va au-delà des Alpes écumer les bibliothèques et musées mais surtout la collection égyptienne du roi de Piémont-Sardaigne à Turin. Il y déniche un certain nombre de pièces, provenant notamment de l’expédition d’Egypte de 1799 et accomplit un travail remarquable, qui lui vaut l’intérêt du Pape mais aussi du Roi de France.

En 1826 Champollion est nommé conservateur chargé des collections égyptiennes au musée du Louvre. Consécration de l’œuvre de toute une vie, cette fonction lui permet d’influer directement sur le développement de l’égyptologie naissante. Jouissant d’une aura académique certaine, il convainc notamment le roi Charles X de se porter acquéreur de plusieurs merveilles, qu’il s’agisse de la collection du consul britannique en Egypte ou d’un obélisque venu de Luxor (offert par le vice-roi Mehmet Ali)…qui trône aujourd’hui Place de la Concorde.

En 1828 à l’apogée de sa carrière, Jean-François Champollion embarque pour l’Egypte. Après plus de 20 ans de travaux théoriques, il va pouvoir découvrir de ses yeux les monuments dont il a si longtemps rêvé. Néanmoins, à presque 40 ans Champollion est un homme usé par les sacrifices qu’il a consentis pour faire avancer sa science. L’Egypte d’alors est un pays reculé, dont le climat ne réussit guère aux Européens en raison de plusieurs maladies endémiques. Négligeant une fois de plus sa santé, l’Egyptologue entreprend de vérifier in situ la validité de ses théories sur les hiéroglyphes. De ses dix huit mois de voyages il reviendra avec une masse inestimable de notes, documents et carnets, mais aussi avec une affection chronique (bilharziose ?) qui finira par l’emporter.

A son retour, Champollion, élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, prend la tête de la toute première chaire d’Antiquité Égyptienne au collège de France. Il publie quatre volumes de dessins et de croquis portant sur les monuments étudiés pendant son voyage et achève sa grammaire et son dictionnaire égyptien, synthèse magistral de ses travaux. Il n’aura pourtant pas l’occasion de les faire publier (son frère s’en chargera). Une attaque l’emporte le 4 mars 1832, à 41 ans, laissant derrière lui une discipline orpheline mais promise à un bel avenir.

Bibliographie

- Champollion de Jean Lacouture. Grasset, 1989.

- Dictionnaire égyptien de Jean-François Champollion. actes Sud, 2000.

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