Rome et la Méditerranée, IIIè-IVè siècles (1/2)
La Méditerranée est au cœur de l’histoire romaine depuis la fondation de Rome, et encore plus quand s’est développé son impérialisme. Celui-ci lui a permis de contrôler en quelques siècles tout l’espace méditerranéen, et d’en faire ce qu’on appelle communément la « Mare Nostrum », même si le terme n’est pas tant répandu dans les sources latines, et a avant tout un sens politique et pas géographique. Pourtant, dès le IIè siècle ap.JC sous le règne de Marc Aurèle, le centre de gravité de l’Empire semble s’être déplacé plus vers le Nord ; cela a-t-il changé les rapports entre Rome et la Méditerranée, et ce jusqu’au règne de Constantin ?
Une Méditerranée toujours vitale pour Rome ?
Rome est de moins en moins occupée par le pouvoir, mais
Quelle Méditerranée romaine ?
Commençons par décrire la situation géographique de
La navigation romaine en Méditerranée
Les bateaux (de commerce, nous verrons les bateaux militaires plus loin) et les voies maritimes, les distances parcourues nous intéressent ici. Il existe selon M. Reddé des coques « symétriques » et d’autres « asymétriques », mais la plupart semblaient être rondes (donc plutôt symétriques) et les navires ayant un faible tirant d’eau devaient régulièrement être lestés en cas de vents forts. La voile est le plus souvent carrée ou rectangulaire ; quant au nombre de mâts il peut aller jusqu’à trois au IIIè siècle ; enfin, la gouverne consiste principalement en deux grandes rames fixées de chaque côté de la coque à l’arrière. Le plus important en ce qui concerne les bateaux de commerce est évidemment le tonnage, leur capacité de transport : sous l’Empire, la plupart des navires tournent autour de 450 tonnes métriques, mais il est de moins en moins rare semble-t-il de voir des navires atteignant 1000 tonnes, voire plus.
Pour la navigation elle-même, le marin ne peut avant tout compter que sur le vent, ce qui conditionne ses itinéraires en Méditerranée ; de plus, il navigue le plus souvent « à l’estime » (malgré la connaissance des astres ou des courants) quand il est en haute mer, ce qui peut provoquer des voyages et des traversées à durée variable…En revanche, quand il ne s’éloigne pas des côtes, le marin se base sur les « Périples », récits datant de l’époque archaïque, où sont listés les points d’eau, les écueils, les dangers ou les abris possibles. Sachant que quoiqu’il arrive, un trajet court permet le plus souvent d’échapper à la piraterie (sur laquelle nous reviendrons en troisième partie). Toutes les routes maritimes (comme les routes terrestres) mènent à Rome, plus précisément ses ports Pouzzoles, puis Ostie et Portus (indépendant d’Ostie en 313). Parti d’Orient, les routes les plus fréquentées vont de l’Egypte à l’Italie, en passant soit par
Les ports sont bien sûr les points névralgiques des échanges maritimes. Ils sont globalement de deux natures : les plus anciens sont souvent situés en dehors des villes (Ostie pour Rome par exemple), les plus récents dans la ville même (comme Alexandrie). Tous sont aménagés, avec des rades fermées et des bâtiments destinés au commerce ; ainsi, ce que l’on appelle un macellum à Ostie ou Pouzzoles, ou agora en Orient, des sortes de marchés locaux destinés à distribuer les produits amenés par le commerce maritime, pour qu’ils se diffusent dans le reste de l’Empire. Nous n’allons pas évoquer tous les ports mais nous pouvons parler d’Ostie, port majeur de Rome, encore à l’époque que nous étudions, jusqu’à 313 et sa spécialisation dans l’annone sur laquelle nous reviendrons. Il s’est principalement développé sous Claude (41-54), puis a été agrandi sous Trajan (98-117) ; son bassin peut abriter 200 navires et est relié au Tibre. Il a remplacé progressivement Pouzzoles, en particulier à partir du IIè siècle ap. JC. En plus d’Ostie, les autres ports importants sont principalement Alexandrie et Carthage, à cause de leur rôle dans l’acheminement de blé vers Rome, puis vers Constantinople en ce qui concerne la première dès le IVè siècle.
A suivre : le commerce romain en Méditerranée et la marine de guerre. (bibliographie dans deuxième partie).
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