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La civilisation romaine (3) : l'empire romain

colisee-romeAu IIe siècle de notre ère, l'empire romain était à son apogée. Il s'étendait depuis la Bretagne jusqu'à la péninsule arabique, réunissant une multitude d'ethnies, de cultures et de religions, Bien qu'ayant vu le jour à la faveur de victoires militaires, l'empire apportait la paix (la fameuse Pax Romana), la stabilité et la prospérité à l'intérieur de ses frontières bien défendues. Mais la tension grandissante exercée par les peuples vivants à sa périphérie l'entraînera inexorablement vers sa chute.

 

L'héritage d'Auguste

L'empereur Auguste (23 av. j.-c.-14 apr. j.-c.) restaura la paix au sein de l'Empire romain après une longue période de guerre civile, lui léguant un système de gouvernement provincial, solide et efficace, contribuant à la stabilité et au développement de l'Empire pour les deux siècles à venir. Les scandales du règne de Caligula (37-41) ainsi que le gouvernement despotique de Néron (54-68) affaiblirent l'autorité des empereurs, sans lui porter un coup fatal. Néron fut détrôné lors d'un soulèvement de l'armée, et Celle-ci eut alors toute latitude pour nommer l'empereur. Elle donna souvent la préférence à un soldat de métier, plutôt qu'à un Romain de haute naissance. L'Empire atteignit sa plus grande prospérité au cours du IIe siècle, et il eut la chance d'être gouverné par une succession d'empereurs de grande envergure : Trajan (97-117), né en Espagne, Hadrien (117-138), Antonin le Pieux (138-161) et Marc Aurèle (161-180).

Un empire très étendu

augusteLe vaste Empire romain était divisé en provinces, chacune possédant sa propre administration juridique. La politique romaine consistait à persuader les notables de la région de prendre part au gouvernement local ; leurs bons et loyaux services étaient récompensés par l'attribution de la citoyenneté romaine. En dépit de l'existence d'une religion d'État, les différents peuples à l'intérieur de l'Empire adoraient des centaines de dieux, les Romains toléreraient toute religion n'impliquant pas de sacrifice humain. Ils attendaient des citoyens qu'ils observent le culte officiel de l'empereur et offrent des sacrifices aux dieux romains ; tout refus était considéré comme un signe de déloyauté. Les Juifs et les chrétiens, qui ne tenaient pas part à ces cultes, furent souvent persécutés.

Tous les peuples de l'Empire romain étaient encouragés à adopter le mode de vie romain. Que ce soit en Bretagne, près du Danube, en Palestine ou en Afrique du Nord, les Romains édifièrent des villes selon un plan identique, avec des aqueducs pour assurer l'alimentation en eau courante, des bains, des théâtres, et tous autres agréments qu'ils jugeaient essentiels pour mener une vie civilisée. L'armée contribua également à diffuser le style de vie romain. Ainsi, les provinciaux pouvaient s'engager dans les "troupes auxiliaires. Les hommes servant dans l'armée y apprenaient le latin, la langue de l'Empire romain, et obtenaient la citoyenneté romaine à leur départ en retraite. De la sorte, ils en vinrent à se considérer non pas comme des peuples conquis, mais comme des Romains à part entière.

En 212 la citoyenneté romaine fut accordée à tous les habitants libres de l'Empire. Le latin remplaça peu à peu en Occident la plupart des langues locales (le celte survécut en Bretagne, le basque, dans les Pyrénées), Les langues romanes (l'italien, le français, l'espagnol, le catalan, le portugais et le roumain) se développèrent toutes à partir de dialectes latins régionaux. Le latin ne fit pas la même percée dans les provinces orientales de de l'Empire ; le grec y demeura longtemps la langue la plus parlée.

scenes vie lutece

Économie et défense

A l'intérieur des frontières de l'Empire, le commerce prospérait, sans la menace de la guerre ou des pillages, et la monnaie romaine était à la base de toutes les transactions. L'Empire pourvoyait à ses propres besoins fondamentaux. Un important commerce de denrées agricoles s'était développé pour alimenter les villes, en pleine expansion : Rome, qui était de loin la plus grande, importait des céréales d'Égypte, d'Afrique et de Sicile, Le réseau de routes dallées de Rome était le plus développé du monde antique. La plupart des habitants étaient des paysans qui fabriquaient eux-mêmes leurs objets et habits de tous les jours. Quant aux coûteux produits de luxe destinés aux plus fortunés, tels les épices, les soies, les parfums, l'ivoire et les pierres précieuses, ils étaient importés de Chine, d'Inde et d'Afrique de l'Est.

La prospérité de l'Empire commença à décliner au IIIe siècle. Les tensions aux portes de l'Empire s'accentuant, il fallut renforcer la défense aux frontières. Pour trouver les ressources nécessaires pour payer l'armée, on réduisit la valeur en argent des pièces de monnaie. Bientôt, la population vit le prix de tous les biens augmenter, et l'inflation monta en flèche, dégradant le prestige impérial. Si un empereur ne remportait pas la victoire au champ de bataille, les soldats sous ses ordres pouvaient fort bien le déposer voir l'exécuter. Les guerres civiles étaient fréquentes et Germains et Perses entre autres en profitèrent pour mener des incursions dévastatrices dans l'empire. Sur 26 empereurs qui régnèrent entre 235 et 284, tous, à l'exception d'un seul, périrent de mort violente.

La partition et la chute de l'empire romain

empereur constantinDioclétien (284-305) comprit que l'empire était trop vaste pour être gouverné par un seul homme, et le réforma en le divisant en une partie occidentale et une partie orientale, chacune possédant son propre empereur (l'Auguste) et son héritier (le César). Avec le temps, deux capitales se détachèrent : Rome, en Occident, et Constantinople, en Orient. Dioclétien doubla les effectifs de l'armée. Il fallut à nouveau augmenter massivement la pression fiscale, ce qui causa davantage de problèmes : en de nombreux endroits de l'Empire, ces charges écrasantes laissaient à peine de quoi vivre aux paysans. Il en résultat une importante baisse démographique et conjointement des problèmes de recrutement pour l'armée, qui du avoir recours aux mercenaires, pour la plupart germains.

En 313, Constantin le Grand (306-337) étendit la tolérance religieuse au christianisme, Né païen, Constantin considérait que le dieu des chrétiens était intervenu pour lui offrir une victoire décisive à la bataille du pont Mïlvius un an plus tôt. Il promulgua l'édit de tolérance de Milan, qui délivrait les chrétiens de la crainte de la persécution. Bien que n'ayant été baptisé que sur son lit de mort, il ordonna pendant son règne de faire construire des églises un peu partout dans l'empire. Le christianisme vint à influencer tous les aspects de la vie romaine, au risque de miner sa cohésion. En 391, l'empereur Théodose ( 379-395) mit un terme au culte païen traditionnel, et reconnut le christianisme comme religion officielle de l'Empire.

invasions barbares

A la fin du IVe siècle, les Huns, originaires d'Asie centrale, émigrèrent en Europe de l'Est. Ils poussèrent les tribus germaniques vers Rome. Certains reçurent des terres à l'intérieur de l'Empire en contrepartie du service militaire, mais ils se révélèrent des alliés peu fiables. L'empire d'Occident était incapable de résister aux continuelles invasions en Gaule, en Espagne et en Afrique du Nord. Sous Attila (434-453), "le fléau de Dieu", les Huns dévastèrent eux aussi l'Empire avant d'être défaits par une coalition de Romains et de Germains, aux Champs catalauniques. Mais il était trop tard pour sauver l'empire d'Occident : lorsque l'on déposa son dernier empereur, en 476, il s'était déjà effondré, rongé de l'intérieur comme de l'extérieur. L'empire d'Orient, qui deviendra par la suite l'empire byzantin, lui survivra néanmoins pendant presque mille ans.

Bibliographie

Histoire générale de l'Empire romain, tome 1, tome 2, tome 3, de Paul Petit. Points Histoire.

Histoire de la Rome antique, de Lucien Jerphagnon. Pluriel, 2010.

Géopolitique de l'Empire Romain, de Yann Le Bohec. Ellipses, 2014.

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