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La civilisation Etrusque : origines et histoire

vase détrurie - 525Peuple habitant l'Italie dans l'Antiquité et qui prospéra au VIIe siècle, les Étrusques restent un mystère sur bien des points. D'où viennent-ils ? Comment vivaient-ils ? Pourquoi ont-ils disparus ? Cohabitant avec leurs voisins Celtes, Romains et Grecs, ils laisseront une trace importante dans la culture romaine qui leur survivra.

 Origines et implantation de la civilisation Etrusque

L'origine des Etrusques est aujourd'hui encore assez floue. Les historiens de tous temps sont en désaccord sur ce peuple antique qui a habité le nord de l'Italie, dans l'actuelle Toscane. Certains comme Hérodote les disent venus d'Asie Mineure, une seconde thèse veut que les Etrusques soient un peuple indo-européen venu en Italie après avoir franchi les Alpes, alors que d'autres parlent d'un peuple autochtone issu de la civilisation villanovienne. Malgré un rapprochement entre les Etrusques et les civilisations d'Asie mineure par la langue, l'art ou la place de la femme dans la société, l'hypothèse de l'origine orientale, qui conserve aujourd'hui ses partisans, a beaucoup reculé. Aujourd'hui, et grâce notamment aux fouilles menées en actuelle Toscane depuis le XVIIIe siècle, on peut attester de la présence de cette civilisation à l'âge de fer, dès la fin du Xe siècle avant J.-C., et il est vraisemblable que l'émergence de cette puissance soit en réalité due à de nombreuses mutations et influences extérieures.

buste de guerrier étrusqueLes Etrusques vont d'abord fonder Tarquinie, une cité proche la mer Thyrénienne, puis se développer sur la zone côtière et l'intérieur des terres. Au VIIe siècle avant J.-C., à leur apogée, le territoire Etrusque s'étend des monts Apennins au nord et à l'est, à la mer Thyrénienne à l'Ouest et au Tibre au Sud. Possédant une puissante flotte et d'excellents marins, ils concurrencent rapidement les grecs et les carthaginois dans la conquête du bassin méditerranéen. Ils vont même faire alliance avec les Carthaginois pour contrer la menace des grecs et ainsi prendre Alalia en 540 avant J.-C. et s'étendre jusqu'en Campanie, tandis que les Carthaginois s'approprieront la Sicile et l'Espagne. Les Etrusques vont même s'installer en Gaule, alors occupée par les Celtes, à Lattara (Lattes, près de Montpelier). Il a été en effet découvert en 2002 un buste de guerrier Etrusque de taille humaine, un sanctuaire et des sépultures archaïques.

Organisation politique et religieuse

Les Etrusques forment des cités-états, parfois regroupées par 12 (dodécapoles), unies par des liens religieux, mais non politiques. Elles sont individualistes, aucune ne domine. Cette autonomie des cités Etrusques sera notamment la cause de leur déclin face à Rome : incapables de s'unir au moment critique, elles passeront les unes après les autres sous la domination romaine. La mythologie romaine a par ailleurs permis de connaître les noms de quelques rois Etrusques qui ont gouverné Rome. Et bien que Rome devienne une république vers la fin du VIe siècle, les élites Etrusques continuent de gouverner, jusqu'au renversement total de cette civilisation.

ÉtrurieJusqu'au Ve siècle avant J.-C., les villes étaient gouvernées par des rois, les lucumons qui possédaient couronne, trône, sceptre et manteau pourpre. Renversés, ces rois furent remplacés par des nobles qui se partageaient le pouvoir. On sait assez peu de chose des magistratures inférieures ainsi que de la structure de la population dans son ensemble, sinon qu'il y avait beaucoup d'esclaves. Certains de ceux-ci devaient être fort défavorisés, à en juger par quelques violentes révoltes dont il est fait mention. D'autres avaient droit à des maisons particulières, comme la plupart des hommes libres. Mais il est difficile se représenter ces maisons Etrusques, dont il ne reste pas de vestiges. En revanche, la femme Etrusque jouissait d'une position sociale égale à celle de l'homme. Elle pouvait participer aux banquets, aux jeux sportifs et même aux spectacles.

Non loin des villes se trouvaient les grandes nécropoles. Les tumuli, surmontant des chambres funéraires souterraines, sont la principale source de connaissance des archéologues. L'intérieur de ses chambres, fouillées au XIXe siècle, se voulait comme une représentation de leur vie domestique, avec des objets familiers comme des vases et des bijoux, des murs ornés de fresques pour les tombes les plus riches, de la nourriture et le sarcophage où reposait le défunt. La mort chez les Etrusques est toujours accompagnée d'un banquet, de jeux et de danses pour accompagner le défunt dans son voyage cers l'au-delà. Ces somptueuses facéties expriment l'opulence de cette civilisation qui, selon Posidonios, jouit d'une abondance de denrées et de somptueux vêtements. Cette civilisation se caractérise ainsi par la joie de vivre et l'expression des plaisirs, à travers un mode de vie fastueux.

Tombe étrusque à PapuloniaIl ne nous est pas parvenu beaucoup d'éléments concernant la religion Etrusque, si ce n'est le nom de quelques Dieux qui pourrait s'apparenter aux Dieux grecs : Aïta, roi des Enfers (Hadès) ou encore Tinia, Dieu suprême (Zeus). Ce qui est avéré, c'est que la vie quotidienne des Etrusques était régie par la religion, comme l'a décrit Tite-Live : [ils tenaient] « plus que toute autre nation à l'observation des rites religieux ». Les Etrusques suivaient ainsi des rites bien précis et avaient un intérêt particulier pour tout ce qui touche à l'au-delà.

Sciences

Les Etrusques avaient une bonne connaissance de l'anatomie humaine. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des sanctuaires équipés de reproductions anatomiques témoignant des connaissances dans ce domaine, mais également de nombreux outils chirurgicaux. Ils pratiquaient la trépanation crânienne et savaient implanter des prothèses dentaires en or (retrouvées sur certains restes humains). Les pièces archéologiques représentant des organes internes comme le cœur, les poumons ou l'utérus ont été interprétées par les étruscologues comme des offrandes aux Dieux pour favoriser la guérison de la partie malade du corps représentée en cire ou en céramique.

Lamelles en or de Pyrgi vers - 600 musée archéolgique national de FlorenceLes Etrusques connaissaient également les bienfaits des eaux thermales qu'ils utilisaient dans les décoctions contre de nombreuses maladies.

La langue et les arts

Si la langue Etrusque est problématique, l'écriture l'est moins. Il s'agit d'une écriture alphabétique, sans idéogramme. L'origine de cet alphabet est sans nul doute grecque, et se lit de droite à gauche.

Les inscriptions conservées, qui sont environ 10 000 et proviennent notamment de Campanie, du Latium ou de Tarquinie, sont essentiellement d'époque romaine. Il s'agit surtout d'inscriptions funéraires ou votives comme l'inscription sur une bandelette de momie conservée à Zagreb, ou les tablettes d'or de Pyrgi du Ve siècle avant J.-C., contenant une quarantaine de mots.

Il existait des textes plus longs, comme des œuvres religieuses et littéraires, notamment les tragédies toscanes de Volnius, sans savoir précisément à quelle époque il vécut. Certains documents ont été traduits en latin, mais même les traductions ont disparu.

Chimère dArezzo vers -400 musée archéolgique national de FlorenceCette civilisation se caractérise également par la richesse de son art. Les Etrusques furent d'habiles artisans et artistes, comme le montrent les fresques des tombes, ou les décors de vase, les sculpteurs réalisèrent des œuvres en bronze ou terre cuite, et les tombes témoignent encore de la qualité des joailliers et des métallurgistes.

L'armée

L'organisation militaire Etrusque reste aujourd'hui assez obscure, et la réforme censitaire décrite par Tite-Lice serait en fait anachronique et plus récente que l'époque de Servius Tullius.

Guerrier étrusque en bronze - 500Dans un premier, la guerre serait plutôt une histoire de querelles territoriales. Mais au cours du VIIe siècle, avec la formation des cités Etrusques et les changements politiques, une armée se met en place et les guerriers Etrusques ont un équipement proche de celui des hoplites grecs et utilisent la technique du combat en phalange. L'armée était composée de trois entités : la première ligne est formée des hoplites bardés de bronze, combattant en phalange derrière leur grand bouclier circulaire, le clipeus (casque, cuirasse et jambières de bronze, lance et épée). Au deuxième rang combattent des hommes plus légèrement armés, équipés du casque, du scutum et de la lance. La troisième ligne est celle des voltigeurs, vélites et frondeurs, qui harcèle l'ennemi en avant des troupes lourdes, et se replie sur ordre des trompettes. Si, contrairement à l'armée grecque, l'armée Etrusque possédait également une cavalerie, il n'est pas certain qu'ils utilisaient les chars de combat. Mais les coûts des équipements militaires engendrent des inégalités dans l'armement des différents soldats.

Servius Tullius, roi de la Rome antique et roi Etrusque est célèbre pour sa réforme de l'armée romaine. Il va ainsi classer les citoyens en cinq classes, selon leur fortune, le cens. Cette disposition va changer l'organisation militaire, puisqu'ainsi, les riches contribueront à la défense de la cité avec un équipement particulièrement onéreux. Au IVe siècle avant J.-C., le type d'armement change : le casque à calotte sphérique, couvre nuque et protège-joues semblent s'imposer dans les premières classes tandis que les moins aisés conservent la panoplie hoplitique.

La fin d'une civilisation

Au début du Ve siècle avant J.-C., les peuples latins, aidés de l'armée grecque de Cumes forment une coalition face à laquelle les Etrusques ne purent venir à bout. Rome à cette époque devient de plus en plus importante, et c'est le début du déclin de la civilisation Etrusque, avec en 474 avant J.-C. la défaite face aux grecs. Petit à petit, l'armée romaine prendra chaque cité et en 264 avant J.-C., les romains s'emparent de la dernière citadelle de Volsinies et les Etrusques comme civilisation sont rayés définitivement de la carte Antique.

Même si l'Etrurie disparait politiquement, elle survivra dans l'histoire romaine par ses croyances, ses superstitions, son art, ses mœurs...

Bibliographie

- Les Etrusques, Histoire d'un peuple, Jean-Paul Thuillier, Civilisations, Armand Colin, Paris, 2003
- Les civilisations perdues, Richard Bessière, Dangles, 2004

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