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Histoire des croisades (13/14) : Mongols et Mamelouks

d_mamelouksHistoire des croisades, 13ème partie. Les Etats latins sont secoués de turbulences politiques depuis le début du XIIIè siècle, mais ils tiennent encore. Cela est en grande partie dû à la faiblesse de leur principal ennemi, les Ayyûbides. Mais ces derniers vont être eux-mêmes menacés par deux dangers, l’un extérieur et l’autre intérieur, ce qui aura aussi des conséquences sur les Etats latins.

 

La chute des Ayyûbides

Dans les années 1230, les successeurs de Saladin ont réussi à agrandir au maximum leur empire, qui s’étend d’Assouan à l’Anatolie ; le sultan règne au Caire, mais il n’est que le chef d’un réseau familial dont les princes règnent sur les villes principales comme Alep ou Damas. On pourrait penser ce système équilibré, mais il finit par provoquer des tensions au sein de la famille régnante et les rivalités ne cessent de s’accroître, en particulier sous al-Salîh dans les années 1240. Les princes ayyûbides ont alors à leur service des esclaves militaires, issus du sud de la Russie, les Mamelouks ; ces derniers n’hésitent pas bientôt à intervenir dans les querelles du sultanat, de façon de plus en plus décisive. Leur rôle est aussi important dans la guerre contre les croisés, comme lors de la bataille de Mansourah en 1250 où Baybars, un chef mamelouk, défait l’armée du frère de Louis IX, Robert d’Artois.

C’est justement à cette période que le pouvoir bascule : le sultan al-Salîh meurt en 1249, mais il a entretemps recruté un grand corps d’armée, les Mamelouks bahrites. Ces derniers se soumettent quelques temps à son successeur Turân Shah, mais ils finissent par l’assassiner en 1250. Ils nomment sa mère Shajar al-Dorr sultane, et c’est le Mamelouk Aybak qui dirige l’Egypte. Les Ayyûbides gardent cependant la Syrie.

L’invasion mongole

Un péril bien plus grand menace à l’Est, tant les musulmans que les croisés : ce sont les Mongols. Depuis le début du XIIIè siècle, avec Gengis Khan (1155 ?-1227), les Mongols ont pris le pouvoir en Asie. Dès le successeur du Khan, Ogedey, les Mongols attaquent l’Anatolie et défont les Seldjûkides à la bataille de Kose Dagh en 1243 ; ils poussent même jusqu’aux environs de Vienne ! Sous Mongke (1251-1260), ils s’attaquent au Proche-Orient : en Iran, les Assassins sont exterminés, leur capitale Alamût tombe, alors qu’elle avait toujours résisté aux Turcs. Mais, surtout, ils prennent Bagdad en 1258 : le dernier calife abbasside est exécuté, et la ville rasée quasiment jusqu’aux fondations ! Ne reste plus devant eux que les Mamelouks pour résister…mongol_soldiers_by_rashid_al-din_1305

La victoire mamelouke

En 1259, les Mongols fondent sur la Syrie ayyûbide : Damas est prise à son tour ! Mais les terribles envahisseurs tombent sur un os l’année suivante : ils sont vaincus par les Mamelouks à Aïn Jalût. Dès lors, leur avance est stoppée et les Mamelouks en profitent pour mettre la main sur ce qui reste de l’empire ayyûbide.

Pendant ce temps, les barons latins se sont bien abstenus de bouger : si les Mongols sont les ennemis de leur ennemi, ils ne sont pas forcément leurs amis, ils sont même probablement plus dangereux, et c’est sans doute pour cela que durant ces quelques années troubles, les Etats latins gardent leur neutralité.

La situation se stabilise durant les années 1260. L’empire mongol est réorganisé sous Kubilaï Khan (1260-1294), mais il faut attendre les débuts du XIVè siècle pour que les Mongols se convertissent à l’islam ; entretemps, ils ne vont pas hésiter à s’allier aux chrétiens si besoin est... Côté mamelouk, c’est l’arrivée au pouvoir du fameux Baybars (1260-1277) qui est décisive : il structure l’Etat, et se fait une légitimité islamique en faisant calife (fantoche) un héritier abbasside sauvé de la furia mongole. Surtout, il relance le jihad contre les croisés…

Lire la suite : La fin des Etats latins

Bibliographie non exhaustive

-          J. RILEY-SMITH, Atlas des croisades, Autrement, 1996.

-          C. PICARD, Le monde musulman du XIè au XVè siècle, A. Colin, 2001.

-          C. CAHEN, Orient et Occident au temps des croisades, Aubier, 1983.

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