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La presse sous la Révolution

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En 1789, dans le sillage de la révolution française, naît une presse d’opinion qui profite de la liberté d’expression nouvellement acquise. Bien que sa diffusion soit limitée par les contraintes techniques de l’époque, cette presse exerce une forte influence sur le débat politique, chaque famille de pensée et chaque figure de la révolution disposant de sa feuille de chou : Hébert et son "Père Duchesne", Desmoulins et son "Vieux Cordeliers", Marat et "l'Ami du peuple". Genèse de la presse sous la révolution.

La liberté de la presse

Au moment où le Roi convoque les Etats Généraux, il prévoit que les sujets pourront publier librement toutes leurs demandes et réclamations. A l’occasion des élections, on avait ainsi toute liberté d’expression et de publication. En mai 1789 se pose néanmoins la question de savoir si les députés pourront faire connaître librement au pays le contenu des débats à l’Assemblée Nationale. Le directeur de la librairie fait comprendre que la parenthèse de liberté de la presse est fermée, et que les débats à l’Assemblée doivent rester privés.

Cette réponse embarrasse les députés. Afin de contourner la censure, les députés font connaître à leurs électeurs le contenu des débats au moyen des « lettres aux électeurs ». Ils sont en effet mandataires de leurs électeurs, il faut donc leur faire savoir si l’on respecte leurs instructions. La censure tente de réagir, mais doit rapidement renoncer à poursuivre les députés constituant le point de départ de la liberté d’expression (impression et publication) en faits. Elle est reconnue en droit dans l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789.

Vieuxcordelier
Cette liberté n’est cependant pas totale, la DDHC ne pouvant admettre que l'on en abuse. Elle précise qu’on accorde la liberté « sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». La presse ne peut ainsi attaquer de façon injurieuse les personnes privées ou inciter au trouble à l’ordre public. Les cas d’abus doivent être déterminés par la loi et non pas par une simple décision de l’administration. La loi protège donc la liberté d'expression, concept qui sera repris dans la Constitution de 1791. Cette liberté est toutefois violée de fait, notamment sous la Convention.

Le contenu et forme des journaux

On peut dire que la presse qui paraît sous la Révolution est essentiellement politique, et ce qui l’intéresse d’abord est de rendre compte des travaux de l’Assemblée. Mais ce n’est pas de la « pure information », le point de vue du journaliste est en effet critique. Les articles évoquant la politique nationale sont polémiques.

Il n’y a, à l’époque, guère d’entreprises de presse, elles apparaissent au XIXème siècle avec la presse industrielle. En règle générale, le journal est l’œuvre d’un seul homme qui est à la fois rédacteur, chargé de la publication, imprimeur et diffuseur. Le journal a donc de petites dimensions : format d’un livre moyen – pagination réduite : 4 pages, impression en 2 colonnes.

Dans la seule année 1789, on publie à Paris environ 130 journaux. Ces journaux ont toutefois un faible tirage en raison des conditions de publication (presses à bras - on compte qu’en une heure, on ne peut tirer que 300 exemplaires). La seule exception concerne le cas des quelques rares entreprises qui ont plusieurs presses et plusieurs ouvriers imprimeurs à leur disposition, comme le Journal de Paris paru à partir de 1777 qui tire à plus de 10 000 exemplaires.

Diffusion et influence de la presse

Il existait deux modes de distribution : le portage, distribution au domicile et le colportage, par les crieurs. Les journaux parisiens peuvent également être vendus en province. Envoyés par la poste, 100 000 exemplaires quittent Paris tous les jours. Le plus souvent, la vente du journal se fait par abonnement. Celui-ci est cependant coûteux, le journal est donc réservé à une certaine élite de la population.

Il y a deux moyens pour la masse de la population d’être au courant de la presse, outre les cabinets de lecture qui requièrent toutefois l’aptitude à la lecture : l’affichage public et la lecture publique du journal. Lorsque vont se former les « sociétés populaires », sortes de partis politiques pour les sans-culottes, l’une de leur activité principale sera la lecture publique et le commentaire du journal.

Mise à part la rumeur publique, la presse demeure le seul moyen d’information de la masse de la population, d’autant plus que celle-ci est polémique. Les journaux sont ainsi un moyen de mobilisation politique. En conséquence, les gouvernants examinent de près la presse et sont très sensibles à son pouvoir. Ils considèrent la presse comme une arme, un contre-pouvoir. Les gouvernants craignent la presse et les journalistes. Marat publie par exemple « L’ami du peuple » qui est l’un des journaux les plus influents dans l’opinion et l’un des plus craints par les gouvernants étant donné sa virulence.

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