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Napoléon III (empereur, 1852-1871) - Biographie

napoleonIII_nadarA la fois Premier Président de la République et dernier monarque français, Napoléon III a laissé une oeuvre ambivalente. Son oeuvre, oscillant entre grandeur et décadence, fut longtemps occultée par opposition systématique au perdant de la guerre de 1870. La Vème République est pourtant directement héritière de ce « césarisme », tant critiqué à l'époque. Le neveu de Napoléon Bonaparte peut être considéré comme l'un des bâtisseurs de la France moderne, lui qui a érigé Vercingétorix comme figure de l'identité française, rebelle à toute oppression étrangère.

 

Concilier ambition, devoir et « Romantisme »

Neveu de Napoléon Ier, fils de Louis Bonaparte, Roi de Hollande, et d’Hortense de Beauharnais, il naquit avec faste le 20 avril 1808. Le mariage arrangé et catastrophique de ses parents avait permis à l’Impératrice Joséphine de donner un semblant de succession à Napoléon. Mais Napoléon divorce pour convoler avec l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, le « ventre » tant désiré par le maître de la France et de l’Europe. La naissance du Roi de Rome vient chambouler cet ordre dynastique chimérique.

Louis Napoléon est le témoin des querelles et déchirements de ses parents, tant est si bien que son aîné sera élevé par son père et lui par sa mère. Personnalité fantasque et romantique, la Reine Hortense a hérité le charme de sa mère et sa légèreté, et inculque à son fils un culte très prononcé pour le Bonapartisme.

Nourrit par la légende napoléonienne et par le style « troubadour » qu’aimait sa mère, Louis Napoléon se définit comme un héros de roman. A la mort de son aîné en 1831, il commence sa « carrière politique » en participant aux insurrections italiennes et sera une plaie pour la Monarchie de Juillet qui, après avoir eu à composer avec la fantasque Duchesse de Berry, aura d’autres difficultés avec les prétentions de ce prince,  héritier tout désigné de Napoléon depuis la mort sans descendance du Roi de Rome, le duc de Reichstag, en 1832. Si la Duchesse connaît les fers de Blaye, lui est détenu à perpétuité au fort du Ham (dont il s’évade). Il attendra son soleil d’Austerlitz en 1848 quand l’Europe s’enflammera et que la providence fera de lui une alternative et un compromis au désordre.

Napoléon oui mais Bonaparte non

Napoleon_III« L'oncle prenait des capitales, le neveu veut prendre nos capitaux » résumait de façon lapidaire Alexandre Dumas. Mais il est vrai que Louis Napoléon n’a rien de son oncle, le général Bonaparte, qui conquit le pouvoir par son génie militaire et ses qualités de stratège. S’il reprend le principe du coup d’état et du plébiscite, il se distingue de son oncle en écrivant De l’extinction du paupérisme.

Président de l’éphémère République née en 1848, il est élu par le parti de l’Ordre qui ne voit en lui qu’un « dindon qui se croit un aigle ». Prince-Président, il va construire peu à peu sa conquête du pouvoir en déconsidérant l’assemblée nationale.  Sa demande de modifier la constitution afin de pouvoir se représenter en 1852 est rejetée et le pousse avec son demi frère le Duc de Morny à préparer le coup d’état du 2 décembre 1851. Le ralliement au nouveau régime sera plus par résignation que par enthousiasme. La constitution du 14 janvier 1852 fait de lui un président de la République tout puissant pour 10 ans. Le sénatus-consulte du 7 novembre 1852 présente le plébiscite du 21 novembre en faveur du « rétablissement de la dignité impériale dans la personne de Louis Napoléon ». Le 2 décembre 1852 l’empire est proclamé.

La « fête impériale »

Il épouse en 1853 Eugénie de Montijo qui donne naissance en 1856 au Prince impérial. La « fête impériale » peut débuter. Paris redevient le centre du « monde ». Tout y est luxe et volupté. C’est le règne de l’argent, des crinolines mais aussi des cocottes, le tout sur des airs d’Offenbach. C’est aussi la prospérité économique. Les grands magasins s’établissent, les banques animent le paysage français, les chèques font leur apparition. C’est l’époque des grandes innovations techniques et des prouesses comme le Canal de Suez. Les arts explosent et l’urbanisme prend un nom : Haussmann.

Enfin, c’est le césarisme démocratique. L’opposition est muselée et, si comme en 1857 elle tente de percer, le pouvoir impérial se sert de l’attentat d’Orsini pour la rendre responsable. La recherche constante de popularité et de consentement national pousse Napoléon III à accorder le droit de grève aux ouvriers en 1864 et en autorisant le Première Internationale. Tout paraît idyllique dans cet empire. En 1864, Le courrier du Dimanche publie que « la France est paisible mais elle s’ennuie terriblement ». Cette prospérité ne permet à Napoléon III que de durer à court terme. La moindre étincelle, la moindre poussière dans ce rouage, et c’est l’implosion.

« L’empire c’est la paix » ?

NapoleonIIILouisPaix intérieure toute relative. Dès 1856, l’opposition réclame des libertés. En 1859 c’est au tour des catholiques de tourner le dos au régime du fait de l’unification italienne. La bourgeoisie voit d’un mauvais œil l’opportunisme impérial de se servir des classes ouvrières et réplique par la « grève du milliard ». Enfin le monde ouvrier prône la conscience de classe et refuse de cautionner l’Empereur. La constitution de 1870 tente d’endiguer ce flot de mécontentements et le risque d’anarchie. Elle est sensée procurer une « vieillesse heureuse » à Napoléon III selon Ollivier.

A l ‘extérieure, Napoléon III s’engage dans des conflits. Il intervient dans la guerre de Crimée. Le Traité de Paris du 30 mars 1856 voit la consécration militaire et diplomatique de la France. Il intervient dans l’unification italienne par conviction. Il y gagne le Comté de Nice et la Savoie. En 1863 et 1867 il annexe la Cochinchine à l’Empire et étend la colonisation française.

Napoléon III, profitant de la guerre de Sécession, intervient au Mexique et offre la couronne impériale à l’archiduc Maximilien d’Autriche. L’affaire tourne court et Maximilien est fusillé. Sadowa en 1866 pousse Napoléon III à officialiser sa reconnaissance de l’unité allemande en marche… mais comme pour l’Italie il souhaite des compensations… des territoires… c’était oublier qu’en face de lui il avait Bismarck pour qui l’idée allemande ne pouvait tolérer de concessions.

L’Aigle foudroyé à Sedan

Dès 1867, le fragile édifice impérial est en sursis et le conflit franco allemand devient inéluctable. Il commet des erreurs avec ses alliés : il veut la Belgique ce que Bismarck s’empresse de répéter à Londres qui s’indigne. Il veut acheter le Luxembourg ? Londres décide de la neutralité de cet état. La France se retrouve isolée à la veille d’un conflit avec une puissance montante qui s’adonne avec joies aux provocations. Pour provoquer les hostilités, Bismarck met le trouble dans les esprits en annonçant la candidature Hohenzollern au Trône d’Espagne et la France exigeant du Roi de Prusse des garanties, il se charge d’en faire un résumé, la « dépêche d’Ems ». Le refus prussien pousse la France « outragée » à déclarer la guerre à la Prusse. Napoléon III, malade et vieillissant, s’engage dans la voie des armes.

Le dénouement de ce conflit sera la chute de l’Aigle à Sedan le 2 septembre 1870. Napoléon III est fait prisonnier. A la nouvelle de la défaite la République est proclamée à l’Hôtel de Ville le 4 septembre 1870. En 1871 napoléon III est libéré et expédié en angleterre. Le désastre de Sedan couronnera dans l’histoire la politique de Napoléon III et on ne retiendra que ça de son œuvre. Il décède en 1873. En 1918 ce sera par son épouse et grâce à elle que la France retrouvera l’Alsace et la Lorraine. Elle fera parvenir à Clemenceau une lettre de 1870 du Roi de Prusse qui prouvera aux alliés que le but de l'allemagne n'était pas une extension territoriale. L'Alsace et la Lorraine n'étaient simplement qu'un glacis et non un territoire allemand.

 

Bibliographie non exhaustive

- Napoléon III, de Pierre Milza, éditions Perrin, 2004

- La Dame de cœur – un amour de Napoléon III, d’Isaure de Saint Pierre, éditions Albin Michel, 2006

- Napoléon III ou l’Empire des sens, de Michel de Decker, éditions Belfond, 2008

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