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Louis XI (roi de France, 1461-1483) - Biographie

200px-Louis_XI_of_FranceFils turbulent du vainqueur de la Guerre de Cent ans (Charles VII), le roi de France Louis XI a la réputation d’un souverain dur, parfois considéré comme un tyran. Son règne est pourtant fondamental, tant par la lutte à mort qu’il livre au duc de Bourgogne Charles le Téméraire, que dans l’affirmation d’une monarchie de plus en plus centralisée sur la personne du roi. Alors que la France connaît à nouveau un essor économique, le règne de Louis XI, si autoritaire soit-il, va permettre l’avènement des rois de la Renaissance et avec lui le rayonnement de la France, qui devient la première puissance européenne.


Louis XI, fils turbulent de Charles VII

Né en 1423, alors que la France est en bien mauvaise posture face aux Anglais (le traité de Troyes a été signé en 1420), Louis est le fils de Charles VII (qui n’est pas encore roi) et de Marie d’Anjou. Il bénéficie d’une éducation de grande qualité, notamment en droit et en théologie mais, devenu le Dauphin, il est aussi un instrument politique de son père. Celui-ci le marie en 1436 à Marguerite d’Ecosse, à laquelle il laisse apparemment un très mauvais souvenir (elle meurt à seulement 21 ans).

Alors que Charles VII lui confie des charges de plus en plus importantes, Louis s’émancipe un peu plus en n’hésitant pas, en compagnie de Jean II d’Alençon, à rejoindre la révolte dite de la Praguerie ; il n’a alors que seize ans ! Cette révolte des Princes est écrasée par Charles VII, qui envoie son fils dans le Dauphiné. Là, Louis gère sa principauté de façon autonome, installant un Parlement à Grenoble en 1451, et se mariant avec Charlotte de Savoie, contre l’avis de son père, auquel il ne cesse de s’opposer plus ou moins directement durant les années 1440. Il en profite parallèlement pour se constituer une solide clientèle. Charles VII finit par menacer directement le Dauphiné en 1456, et Louis se réfugie à la cour du duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Il reste aux Pays-Bas jusqu’à la mort de son père en 1461, et revient à ce moment en France pour se faire sacrer à Reims.

« l’universelle aragne »

L’habileté politique qui fera plus tard sa réputation n’est pas encore certaine au début de son règne puisqu’en voulant rompre avec celui de son père, Louis XI jette nombre d’officiers compétents dans les bras de ses ennemis. Cela ne l’empêche pas de se mêler de politique extérieure en intervenant dans les problèmes de l’Aragon ; son soutien financier à Jean II d’Aragon contre la révolte des villes catalanes lui permet l’acquisition du Roussillon et de la Cerdagne (que son fils Charles VIII rendra à l’Aragon pour avoir les mains libres en Italie), même s’il doit pour cela faire plier Perpignan en 1463. La même année, Louis XI négocie avec Philippe le Bon, duc de Bourgogne, l’achat des villes de la Somme. Ainsi, le roi contribue à l’expansion territoriale du royaume de France.

Pour contrôler un pays de plus en plus agité à cause de la désorganisation due à la destitution des officiers de son père, Louis XI décide d’entamer un voyage pour se rapprocher de son peuple, et n’hésite pas à faire certains bains de foule à dos d’âne, référence directe au Christ. Ces grands voyages sont l’un des caractères originaux de son règne.

C’est cependant en reprenant petit à petit les rênes du royaume que Louis XI obtient son surnom célèbre, « universelle aragne », trouvé par Commynes (1447-1511). Le roi tisse sa toile, n’hésitant pas à comploter, mais parallèlement en versant petit à petit dans la paranoïa. Cette reprise en main est longue et difficile, et se fait dans le complot mais plus encore dans la guerre.

La guerre du Bien public

La politique autoritaire de Louis XI et la désorganisation du royaume au début des années 1460 encouragent les Grands à se révolter contre le roi. Ils sont presque tous là, notamment le comte de Charolais (Charles, fils du duc de Bourgogne, et futur « le Téméraire ») et surtout le frère de Louis XI, Charles de France. Les princes révoltés obtiennent le soutien du duc de Bretagne, et prétendent agir « pour le Bien public » en proposant des réformes pour rétablir la stabilité du royaume, mise à mal par la politique du roi. La bataille de Montlhéry (16 juillet 1465) ne permet pas de régler la situation, et Louis XI entretient sa réputation naissante de négociateur habile en parvenant par des concessions ciblées (et pas toujours respectées, comme lorsqu’il investit la Normandie) à diviser les coalisés. Il bénéficie de plus du soutien des villes.

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Toutefois, la guerre du Bien public glisse petit à petit vers un affrontement direct avec la Bourgogne quand Charles, comte de Charolais, succède au duché à son père Philippe le Bon. Nous sommes en 1467 et l’affrontement entre Louis XI et Charles le Téméraire va durer pendant dix ans.

Louis XI contre Charles le Téméraire

Le roi et le duc de Bourgogne se rencontrent en 1468 à Péronne. Parallèlement, Louis XI encourage la révolte des Liégeois contre Charles. Mais c’est un échec, et il doit se retirer et négocier, obtenant tout de même le ralliement de Commynes. Le duc de Bourgogne, de son côté, bénéficie du soutien d’Edouard IV d’Angleterre en se mariant avec sa fille. Louis XI apparaît alors en relative faiblesse face à son rival.

Les années 1470 tournent pourtant à l’avantage du roi de France, malgré quelques succès de Charles le Téméraire au tout début de la reprise de la guerre. Le duc de Bourgogne est défait en 1472 à Beauvais, puis se détourne un temps de ses ambitions en France, lorgnant du côté de l’Empire. Cela ne lui vaut que de nouveaux ennemis, dont les villes d’Alsace, soutenues par les Suisses. En tentant de reprendre l’avantage, Charles le Téméraire finit par échouer devant les murs de Nancy, où il est retrouvé mort en janvier 1477. Louis XI se voit ainsi débarrassé d’un adversaire redoutable, et il est longtemps suspecté d’avoir orchestré les révoltes alsaciennes, même si son rôle est aujourd’hui relativisé. Le roi a néanmoins plus de difficultés à mettre la main sur les possessions du duc de Bourgogne ; la fille de celui-ci, Marie de Bourgogne, se marie à Maximilien de Habsbourg, et le conflit ne s’achève qu’au traité d’Arras en 1482. Si Louis XI obtient la Picardie, le duché de Bourgogne et la Franche-Comté, il n’en va pas de même pour les Pays-Bas, qui vont à Philippe le Beau. Les conséquences sont très importantes, puisque Philippe est le père d’un certain Charles Quint, qui n’hésitera pas à revendiquer la Bourgogne lors de sa lutte avec François Ier…

Louis XI décapite les Grands

C’est au sens propre et pas uniquement figuré que Louis XI profite de son avantage dans les années 1470 pour décapiter certains de ses derniers rivaux. La mort de son frère Charles de France confirme la succession au trône pour le fils de Louis, né en 1470. Puis, Jean d’Armagnac est assassiné en 1473, alors que le connétable de Saint-Pol et Jacques d’Armagnac sont respectivement exécutés en 1475 et 1477. Une conspiration réunissant la Bourgogne, la Bretagne et l’Angleterre éclate en 1475, mais n’obtient pas de soutien auprès d’une noblesse française craintive. Le roi obtient même la paix avec l’Angleterre au traité de Picquigny (29 août 1475).

picquigny

Le dernier obstacle à l’emprise de Louis XI sur le royaume est le puissant René d’Anjou, son cousin. Mais, une fois de plus, le roi de France bénéficie d’un coup du sort quand le roi René meurt en 1480, suivi peu de temps après par son fils. Ainsi, toutes les possessions angevines reviennent au trône de France ! Le fils de Louis XI, Charles VIII, s’en servira pour prétendre au royaume de Naples en 1494, signant le début des guerres d’Italie.

Une fin de règne difficile

Au fil de son règne, Louis XI parvient à trouver un certain équilibre entre autoritarisme et négociations, notamment avec une moyenne noblesse qui, au contraire des Grands, ne s’est jamais vraiment révoltée contre lui. Il bénéficie un temps de la prospérité économique et de la poussée démographique observées à la fin du règne de Charles VII, et lance des réformes qui montrent une certaine unité du royaume (comme la création de la poste royale en 1477).

Mais le début des années 1480 est plus difficile, et Louis XI doit imposer une politique fiscale qui provoque de nouvelles tensions, en particulier avec les villes, qui étaient jusque là un soutien important du roi.

De plus en plus dévot, Louis XI, de santé fragile depuis longtemps, meurt le 30 août 1483. Contrairement aux autres souverains français, il n’est pas inhumé à Saint-Denis mais en la basilique de Notre-Dame de Cléry, où il a commandé un monument funéraire à plusieurs grands artistes de son temps dès la fin des années 1460, marquant ainsi un goût des arts que les historiens lui ont longtemps nié.

Son fils Charles VIII, encore mineur, lui succède après la régence d’Anne de France et de Pierre de Bourbon-Beaujeu. La France entre pleinement dans la Renaissance.

 

Bibliographie

-          P. Hamon, Les Renaissances (1453-1559), Belin, 2009.

-          J. Favier, Louis XI, Fayard, 2001.

-          S. Cassagnes-Brouquet, Louis XI ou le mécénat bien tempéré, PUR, 2007.

-          C. Gauvard, La France au Moyen Âge (Ve-XVe siècle), PUF, 2001.

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