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Elisabeth d’Autriche, épouse de Charles IX

Elisabeth_pouse_de_Charles_IXAvant dernière reine des Valois, épouse de Charles IX, Elisabeth d’Autriche (1554-1592) fut une épouse douce, bonne, dominée par Catherine de Médicis, effacée comme le furent Claude et Eléonore ; une reine discrète dont on ne parle pas beaucoup ; une reine comme on les aimait à cette époque là, une reine qui ne se mêle surtout pas de politique !

Une cadette de famille

Charles IX accède au pouvoir en devenant officiellement majeur le 17 août 1563. Très jeune, malléable et surtout dominé par sa mère Catherine de Médicis, il n’est pas au fait de la politique et de la gouvernance d’un royaume. La régente veut la paix et l’indépendance nationale. Pour ce faire, elle pense à une alliance avec la maison d’Autriche et opte pour Anne, l’ainée de Maximilien II, petite fille de Charles Quint.

Le maréchal de Vieilleville, en mission à Vienne en 1562, trouve la cadette Elisabeth née en juillet 1554, « très jolie » et s’adresse à l’Empereur en ces termes « sacrée Majesté, voilà la reine de France » et la demoiselle de transmettre de sa part au roi de France « son très humble et très affectionné service » ! Catherine de Médicis accueille très fraîchement cette nouvelle : Elisabeth n’est que cadette, mais archiduchesse quand même. Un mariage catholique est pourtant utile et Albert de Gondi se charge des négociations. Le contrat est signé en janvier 1570 et le mariage par procuration a lieu en octobre.

La jeune fille a seize ans et a appris à vivre à la Cour contrairement à toutes les infantes espagnoles ; mais personne ne l’avait préparée à devoir quitter son pays et surtout pas à apprendre le français, car en Autriche, elle parlait allemand ou espagnol.

Reine de France

Elisabeth_pouse_de_Charles_IXLorsqu’elle arrive en France, elle est accueillie de façon princière. Comme tous les jeunes futurs époux, Charles IX va se cacher dans le public pour la regarder et en l’attendant à Mézières, il « s’éjouissait d’avoir trouvé femme en son contentement ». Comment est-elle ? Heureusement que François Clouet a fait son portrait : une belle jeune fille, au visage triangulaire, des cheveux d’or retenus par un bandeau de perles, un regard franc et direct. Les présentations officielles ont lieu le 26 novembre 1570, suivies des festivités de cérémonie. Elisabeth est habillée d’une robe d’argent couverte de perles et un grand manteau violet semé de fleurs de lys d’or. Elle porte « une couronne à l’impériale ornée de grands diamants, rubis et émeraudes ». Les festivités durent deux jours, les traités sont ratifiés, Elisabeth est Reine de France.

Les festivités dans la capitale ont lieu au printemps 1571, avec arcs de triomphe, processions, cavalcades, feux d’artifice, bals. Sacrée à Saint Denis le 25 mars, elle est « promenée » ruisselante d’or et de perles, dans une litière de toile d’argent, entre dans Paris le 29 et les festivités se terminent le 30 mars 1571 par un énorme banquet et un bal offert par la Ville de Paris.

Bien évidemment les protestants ne sont pas heureux de voir dépenser tant d’argent…

Représentation et procréation

Tout se passe bien au début de la vie commune des deux époux : Charles IX lui montre de l’affection lorsqu’elle est alitée pour une bonne bronchite en janvier 1571 ; il passe du temps auprès d’elle, y fait venir une troupe de jongleurs pour la distraire et l’emmène même à la foire de Saint Germain lorsqu’elle va mieux. Pendant la période du Carnaval, ils se déguisent et se promènent dans Paris. Mais elle n’a pas le même tempérament joueur que lui et surtout ne parle pas la même langue : il y a incompréhension totale ! Lorsqu’on s’adresse à elle, il faut passer par la comtesse d’Arenberg, une dame de sa suite faisant office de traductrice. Au bout d’un an de mariage, elle est enceinte…et malgré Marie Touchet (maîtresse du roi), Elisabeth « ne lui en fit jamais pire chère (plus mauvais visage), ni ne lui en dit pire parole, supportant patiemment sa petite jalousie et le larcin qu’il lui faisait ».

Elevée dans la vertu et dans la religion, elle soutient son époux pendant les sombres heures de la Saint Barthélémy. Enfermée seule dans ses appartements, presque toute seule à dormir au Louvre, lorsque le tocsin se met à sonner, et que ces femmes la préviennent pour lui raconter que son mari est responsable, elle se met à prier pour lui et demander à Dieu de lui pardonner !

Hraldique_Elisabeth_dAutricheLe 27 octobre 1572 nait une petite Marie-Elisabeth, portée par la marraine la reine d’Angleterre lors du baptême.

On parle encore une fois d’Elisabeth lors de la visite des ambassadeurs polonais en 1573 : elle fait seulement acte de présence. Pendant les trois années et demi de règne, elle est mise à l’écart par son mari qui préfère la chasse et sa belle-mère le pouvoir. Pourtant lorsque son époux est malade, elle reste auprès de lui, assise dans le silence, pleurant tout en cachant sa douleur, priant beaucoup, même la nuit pour ne pas être vue.

Son retour à Vienne

Après la mort de son époux en 1574, « n’étant pas reconnue ni gratifiée comme elle le méritait », elle est résolue à retourner en Autriche, ne pouvant pas rester en France car elle n’a pas de fils. A Amboise, elle va embrasser sa petite fille qu’elle ne verra plus et qui va mourir en avril 1578, puis quitte Paris début décembre 1575. Elle s’installe à nouveau à Vienne, elle n’a que vingt et un ans ! Elle reste en bon contact avec sa belle sœur Marguerite (la reine Margot) à qui elle versera la moitié de son douaire lorsqu’elle apprend que la reine de Navarre n’a plus un « sou vaillant ».

Henri III est pressenti pour son nouvel époux : elle refuse ; Philippe II d’Espagne vient de perdre Anne (l’ainée des archiduchesses), on lui propose Elisabeth : elle refuse aussi, en mémoire de son époux Charles.

Souhaitant entrer au couvent, elle fonde un monastère de clarisses près de Vienne. Elle y mène la vie de religieuses « en veilles, jeûnes et continuelles prières pour la Paix entre les princes chrétiens ». Elle créé l’Eglise de Tous les Saints à Prague et est peut être à l’origine de deux ouvrages « sur la Parole de Dieu » et « sur les évènements considérables qui arrivèrent en France de son temps ».

Elle meurt en janvier 1592 et L’Etoile écrit « elle avait été fort aimée et honorée des Français ».

 

Simone Bertière – Les années sanglantes – les reines de France au temps des Valois. Poche, 1996.

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