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La reine Margot (Marguerite de Valois) - Biographie

Marguerite_de_ValoisImmortalisée au cinéma par l'actrice Isabelle Adjani, la reine Margot n’était point la « fille délurée » que les romanciers nous ont décrit. Elle fut avant tout fille de Reine, sœur de Roi, Reine elle-même. Utilisée trop souvent comme un « pion » par sa mère, elle reçut néanmoins des hommages funèbres à sa mort en 1615 « la Reine des grandeurs, la grandeur des esprits, la noble des fleurs, la Marguerite de France ».

 

La jeunesse de la reine Margot

Marguerite de Valois nait en mai 1553 au château de Saint Germain, chétive et maigre. De ses 5 frères et ses 2 sœurs, le futur Charles IX la surnomme Margot. Parlant de bonne heure, elle reçoit une éducation de princesse à Amboise : littérature, danse et musique. Elevée dans la crainte de sa mère, elle n’a que 6 ans lorsque son père meurt, mais avec son tempérament, elle résiste et refuse de changer de religion.

On lui parle d’alliances… Jeanne d’Albret souhaite Marguerite pour son fils, le roi du Portugal pour son jeune Sébastien, le roi d’Espagne pour don Carlos, Philippe II d’Espagne pour lui-même après la mort d’Elisabeth… la petite Marguerite joue avec Henri de Guise ! S’éprenant de lui, elle est surveillée et dénoncée, malgré l’amitié existante avec son frère Henri d’Anjou à qui elle sert « d’espion ». Henri de Guise lui déclare sa flamme, un complot est monté contre lui, il quitte la Cour et se voit marier à Catherine de Clèves.

Le mariage pour raison d’Etat

Les démarches en faveur du prince de Navarre reprennent dès août 1571, mais Jeanne d’Albret « traine les pieds »… Pour elle, la cour de France n’est que fard, corruptions diverses et ressemble à l’Enfer. Finalement, elle rencontre Charles IX et Catherine de Médicis, qui l’amadouent (le roi veut se venger de ses ennemis, il accorde donc la main de sa sœur à un huguenot).

Le contrat est signé le 11 avril 1572, malgré l’absence des lettres de dispense du pape et la mort subite de Jeanne d’Albret en juin. Le 20 juillet, le roi de Navarre arrive à Paris, avec 800 gentilshommes, le mariage est célébré en août.

Plus de 120 dames affichent leurs plus beaux atours de velours d’or et d’argent. Les 2 cortèges « séparés » sont surprenants : d’un côté le roi, la reine mère, les princes de sang, la maison de Lorraine ; de l’autre le roi de Navarre, le prince de Condé, l’amiral de Coligny, le comte de La Rochefoucauld… Pendant que Marguerite écoute la messe, le roi de Navarre et ses amis se promènent dans le cloître. On vient le chercher en fin de messe pour le « Oui ». Marguerite est muette, n’oubliant pas l’amour de Guise et Charles IX, très en colère, lui pousse la tête en avant : ce sera le « Oui ». Le repas et les festivités durent 3 jours, avec mets délicieux et spectacles pompeux.

Seul le peuple n’apprécie pas, un mariage avec des protestants est une insulte. Ces derniers préfèrent quitter les lieux, Coligny est attaqué, La Rochefoucauld est tué !

Le rôle de la reine de Navarre

reine_de_navarreAprès les massacres de la Saint Barthélémy, Marguerite plaide la cause de son époux allié à François d’Alençon. Déjà délaissée par Navarre, ils vivent en parfaite harmonie.

Pour la réception de l’ambassade polonaise, elle tient parfaitement son rang, fait un discours applaudi « que tous l’appelèrent une seconde Minerve ou déesse de l’éloquence » et triomphe lors des festivités. En bonne fille de France, elle stoppe la tentative de fuite de son frère d’Alençon et de son époux ; un an plus tard, elle fait échouer la conspiration des Politiques montée par Montmorency, Turenne et Cossé, en devenant la maîtresse de Joseph de Boniface, seigneur de La Mole (appartenant à d’Alençon).

Mais après la mort de Charles IX, la position de Marguerite devient difficile. Sans qu’elle le sache, son frère la protégeait. Lorsque son époux et d’Alençon sont en prison à Vincennes, en bonne épouse, elle pense à les faire évader…mais comme ils se disputent à savoir qui sortirait en 1er, elle renonce.

Elle tient son rôle lors des festivités à Lyon, malgré les médisances sur sa liaison avec Bussy d’Amboise. Navarre fait chasser sa seule confidente Mme de Thorigny : là, la tension entre les époux est au comble. Alençon quitte la cour en septembre, Henri de Navarre s’éclipse en février 1576…et Marguerite est mise aux arrêts dans sa chambre avec interdiction de quitter le royaume. On lui tourne le dos, malgré les protestations d’Alençon, Crillon et même Navarre qui envoie un émissaire au roi. Tentant d’aller prendre les eaux à Spa, sa fuite est démasquée ; elle rejoint d’Alençon pour y attendre la paix jusqu’en septembre 1577.

Grâce à d’Alençon qui s’enfuit du Louvre en février 1578 et qui constitue une armée pour aller en Flandres (les Flandres sont espagnoles !), la reine mère laisse partir sa fille mais sera du voyage, avec son Escadron Volant, pour vérifier les troupes des Réformés. Le 2 août, Marguerite se met en route avec toute la maison qu’Henri III a daigné lui constituer.

A la Cour de Nérac

A Bordeaux, Marguerite est accueillie à bras ouverts, devant servir de réconciliatrice entre son époux et le maréchal de Biron. A Nérac, elle est heureuse de retrouver son rang, son château, son époux et l’on se côtoie agréablement. Elle se fait courtiser par le vicomte de Turenne, pendant qu’Henri s’occupe de la Rebours (fille d’honneur de Marguerite) et décide de gérer les maîtresses de son époux en instaurant la théorie de l’amour néoplatonicien ! « On muguette, on conte fleurette, mais il est interdit de déflorer ! ». Tout fonctionne jusqu’à ce que Navarre ait connaissance de la relation entre Turenne et Marguerite. Ne se laissant pas faire, la « guerre des amoureux » est déclarée en fin d’année 1579 : il s’agit de prendre les villes appartenant à l’un ou à l’autre, mais sans que ni l’un ni l’autre ne le sache : c’est le cas pour Cahors !

On parle de rupture, même si Marguerite est présente pendant les 17 jours de maladie du roi et lorsqu’elle aide la Belle Fosseuse (maîtresse du roi) à accoucher d’une fille morte née.

Marguerite s’ennuie dans cette Cour qui n’est pas comparable à celle du Louvre, malgré les complots et les rumeurs, jusqu’à l’arrivée de Jacques du Harlay, seigneur de Champvallon, ami d’Alençon. D’une grande beauté, lettré, il a tout pour plaire, il lui parle d’amour, elle oublie vite Bussy, évince Pibrac, aime Champvallon, qu’elle retrouve à Paris début 1582 quand Henri III la rappelle pour faire cesser la rébellion. Tout le Louvre est au courant de l’enfant de Navarre et la Belle Fosseuse : elle est renvoyée. Navarre est furieux, Marguerite lui fait des remontrances aidée pour une fois par sa mère.

Trop belle et trop intelligente, Henri III ne supporte plus sa sœur et la chasse en plein bal le 7 août 1583. Sans argent, sans appui, elle part pour Nérac, mais à Cognac Navarre la stoppe, trop occupée avec Corisande jusqu’en avril 1584 où il consent à la reprendre. L’accueil est glacial, elle est mise à l’écart et humiliée. En tant que reine, elle reçoit pourtant d’Epernon qui doit convertir le roi au catholicisme. Mais Navarre lui mène la vie dure : il fait enlever son secrétaire, le menace de torture pourtant il n’est que coursier entre Catherine de Médicis et sa fille.

En mars 1585, ne se sentant pas en sécurité, Marguerite va à Agen pour ses dévotions, s’enferme dans le château, créé presque une armée entière à ses ordres. La guerre civile est lancée. Elle demande de l’aide à Henri de Guise pour repousser les hérétiques. Malheureusement le maréchal de Matignon reprend Agen et fait fuir Marguerite.

Marguerite Reine d’Usson

Margot_Francois_aleconN’ayant plus qu’une partie de son escorte, elle se dirige vers Carlat, qui lui est hostile. Harcelée de toutes parts, elle tente de lever des troupes en Gascogne. Délaissée par Henri III et par Henri de Navarre, elle se tourne vers sa mère qui lui offre un asile dans le château à Ybois, près d’Issoire, à l’automne 1586. Mais c’est un complot : Canillac, obéissant au roi, s’empare de Marguerite, la fait prisonnière au château d’Usson. La rumeur courre déjà « la reine de Navarre est très malade. Elle ressent les douleurs générales et est dans un tel état qu’on n’en peut attendre qu’un triste résultat ». Marguerite comprend que les Valois l’ont supprimée de leur famille ! Elle écrit à sa mère pour qu’elle s’occupe de ses gardes et dames de compagnies, afin de les payer et de les replacer, si jamais elle devait disparaitre. En fin d’année, sa mère et son frère se calment et oblige Navarre à s’occuper de son épouse.

Rassurée sur sa vie, Marguerite ne pense plus qu’à la vengeance. Maître dans son château, elle organise la résistance au pouvoir royal, Usson étant devenu le quartier général des chefs ligueurs. Elle entreprend la rédaction de ses Mémoires, qu’elle dédie à Brantôme et rencontre Saint Vidal (chef du Velay), le comte de Randan (commandant de l’Auvergne), Urfé (l’auteur célèbre de l’Astrée).

Le choc causé par la mort de son frère la rapproche de son époux. Poussé par Gabrielle d’Estrées, Navarre lui demande l’annulation de leur mariage. Marguerite y consent, si elle conserve tous les avantages acquis ainsi que de l’argent pour payer ses dettes. Les tractations durent plus de 5 ans. En échange de son aide lors du procès contre Henriette d’Entragues, elle demande sa part d’héritage et la dédie au dauphin Louis. Gabrielle disparaissant, Marguerite se manifeste le 21 octobre 1599, prête à tout pour faciliter et accélérer la dissolution du mariage, n’ayant qu’un but : quitter Usson.

Tout va très vite : le 10 novembre le mariage est déclaré nul, elle conserve son titre de reine et de duchesse de Valois, ses domaines et reçoit 200 000 écus payables en 4 ans. Henri IV et Marie de Médicis se marient en décembre 1600 et le 27 septembre 1601, Louis XIII nait.

Le retour à Paris et la fin de Marguerite

Enfin, ayant reçu l’autorisation de rentrer, le 18 juillet 1605, elle traverse Paris escortée par le petit duc de Vendôme. Le 26, Henri IV lui rend visite au château de Madrid et le lendemain, c’est Marie de Médicis. Marguerite est accueillie au Louvre et ovationnée par le peuple. Le 6 août, le Dauphin l’attend sur la route de Saint Germain. Eprise de ce petit garçon, Marguerite lui lègue tous ses biens et lui offre un Cupidon parsemé de diamants, assis sur un dauphin muni d’une émeraude et un petit cimeterre constellé de pierres.

Souvent atteinte de malaises et de dysenterie, elle a perdu de sa beauté, est horriblement grosse, s’habille en vieille femme, coiffée de cheveux blond filasse (empruntés à des valets pour en faire des perruques). En avril 1606, elle perd son jeune et cher écuyer Dat de Saint Julien qu’elle aimait passionnément et s’installe au Pré aux Clercs, la peste arrivant à Paris. En septembre, elle achète à Issy, la maison de Jean de la Haye, orfèvre du roi et se met à l’embellir, faisant des travaux dans le parc avec des statues et des fresques sur les murailles. Elle y accueille régulièrement le Dauphin qui reçoit en 1609 un cordon de pierreries de 3000 écus.

De retour à Paris en octobre, elle retrouve avec un immense plaisir, son écuyer Bajaumont devenu philosophe et vaillant soldat, qu’elle perdra fin 1609, attaqué en pleine église. Ses salons se remplissent de diplomates, de soldats, de poètes, elle organise des réceptions accueillant le roi et la reine, on y discute de tout, on y fait de tout : Henri IV dit lui-même revenir du « bordeau ». A la mort du roi, elle fait chanter un service solennel et 2 oraisons funèbres. Restant en bon terme avec la reine, elle joue un rôle dans l’alliance franco-anglaise pour le mariage d’Henriette, mais vit à l’écart de la cour.

Vers la fin de 1614, elle tombe malade d’un engorgement du foie, compliqué d’une gravelle. Son aumônier jugeant l’état très grave, l’avertit. Le 7 mars 1615, elle fait poser la 1ère pierre du tombeau. Elle s’éteint le 28 mars 1615 à 62 ans, laissant 100 000 livres aux pauvres, 200 000 écus de dettes réglées par Marie de Médicis. Un an après, son corps est transporté du couvent des Filles du Sacré Cœur vers Saint Denis.

On ne peut oublier la fin du discours funèbre de 1615 : « morte, Marguerite de France ! Adieu les délices de France, le paradis des plaisirs de la Cour ! Le brillant de nos jours, le jour des beautés, la beauté des vertus, la mignardise des lys, le lys des princesses, la princesse des grandes, la reine des grandeurs, la grandeur des esprits, l’esprit de sagesse, la prudence des nobles, la noble des fleurs, la fleur des Marguerite, la Marguerite de France ».

Bibliographie

- Marguerite de Valois : la reine Margot – Eliane Viennot. Tempus 2005.

- Margot, la reine rebelle : les épreuves et les jours – Hortense Dufour. Flammarion, 2010.

- La Reine Margot - Albert Savine. 1909.

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