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Jules César (100-44 av J.C) - Biographie

Jules_Cesar_1968Jules César, ou plutôt Caius Julius Caesar est sans doute le personnage le plus célèbre de toute l'histoire romaine, qui a laissé comme profond souvenir en France la fameuse Guerre des Gaule qu'il a lui même rédigé et dans laquelle on retient la plupart du temps son affrontement final avec Vercingétorix. César a été le plus flamboyant des grands imperatores de la fin de la République et également sans doute celui qui a connu le plus de succès.

 

 

La biographie de Jules César

A un moment où l'aristocratie sénatoriale se livrait une guerre à mort pour la suprématie sur le monde romain et où des figures aussi considérables que Pompée, Crassus ou Cicéron occupaient l'espace public, César a su, malgré la faiblesse alors de sa famille, se faire une place parmi eux, et dans le premier triumvirat, gouvernement du monde à trois, Pompée représente le prestige, Crassus la richesse et César le génie.

Origine et ascension

César naquit en 100 av. J.-C. et connu une carrière des honneurs (cursus honorum, c'est à dire la suite de magistratures qu'un citoyen engagé en politique se devait d'accomplir avant la consécration de la plus haute : le consulat) plutôt lente et en tout cas en accord avec la législation romaine de l'époque (contrairement par exemple à la prise du consulat par Scipion l'Africain bien avant l'âge requis et sans avoir réalisé toutes les charges précédentes) ; il fut questeur en 68 av. J.-C., puis édile en 65, préteur en 62, sa première magistrature avec imperium (pouvoir de commander aux soldats) avant d'être envoyé comme propréteur en Lusitanie (il est sorti de la charge de préteur et possède alors un gouvernement provincial avec imperium) en 61 av. J.-C. où il se signale déjà par une activité trépidante. Mais cette belle progression ne peut cacher le fait que l'orientation politique de César, en accord avec les idées des populares symbolisées par le grand Marius, l'a également grandement desservi après le triomphe final de Sylla sur les partisans de Marius. En effet César avait pour oncle par alliance le célèbre général rival de Sylla et avait pris pour épouse la fille de Cinna, un des lieutenant de Marius. Cette compromission à un moment où les idéaux des optimates s'imposaient lui valu un arrêt net de sa progression jusqu'à la mort de Sylla en 78 av. J.-C.. En tout cas il est certain que le jeune César a gardé en mémoire les massacres dus aux proscriptions de Sylla et que cela déterminera sans doute une partie de son comportement magnanime au cours de ses conquêtes.

L'alliance occulte

En 60 av. J.-C., les trois personnalités du monde romain avec lesquelles il faut désormais compter, Pompée, Crassus et bien sûr César, s'entendent dans une alliance secrète nommée premier triumvirat, ou gouvernement à trois. Chaque personnage s'est alors constitué un groupe clientélaire considérable ; en effet les rouages de la politique romaine sont avant tout déterminées par de puissantes alliances réunies par des dons autour d'un puissant patron qui en retour les protège. Pompée s'en ai constitué une considérable en Orient et en Espagne, Crassus du fait de sa richesse est très bien doté, et César, lui, a dû s'endetter pour étendre la sienne. C'est la raison pour laquelle il demande et obtient, grâce à ses alliés, le gouvernement de la Gaule Cisalpine qui alors s'étend sur toute la côte Méditerranéenne de la France jusque sur les contreforts Balkaniques, et cela après avoir obtenu le consulat en 59 av. J.-C. ce qui lui avait permis de contenter ses alliés de circonstance.

julescesarA ce moment, César a besoin d'une grande conquête qui lui apporterait à la fois des richesses lui permettant de rembourser ses emprunts mais également du prestige pour concurrencer Pompée sur ce terrain. Il pense un temps à porter son effort du coté des Balkans où le royaume dace devient menaçant. Mais c'est finalement la pression germanique sur les Helvètes au Nord de sa province qui l'amène à intervenir en Gaule sous prétexte de protéger le monde romain contre les mouvements des Celtes, mais aussi les Celtes des Germains. La guerre dure de 58 av. J.-C. jusqu'à 51 av. J.-C. avec de multiples rebondissements. La Gaule semble ainsi pacifiée plusieurs fois avant que des révoltes n'éclatent, comme la plus célèbre menée par Vercingétorix. Durant cette campagne, César en profite pour lancer des expéditions sans lendemain vers la ténébreuse Germanie mais aussi vers la Grande Bretagne, allant plus loin que n'importe quel général de l'époque et chargeant son histoire d'une véritable propagande avec la rédaction quasi quotidienne d'une sorte de journal de l'expédition militaire.

Mais si auprès du peuple César apparaît comme un glorieux conquérant, auprès de ses rivaux les choses n'en vont pas de même. En 53 av. J.-C., Crassus s'est lui aussi lancé dans une expédition de grande envergure depuis son commandement en Syrie. Il est défait et tué à Carrhae par les Parthes ; le triumvirat n'est plus et il laisse Pompée seul face à César. Or au Sénat, si Pompée soutient encore faiblement son allié, la pression des aristocrates finit par déclarer César hors la loi, le démet de son commandement militaire et le somme de rentrer à Rome pour répondre de sa guerre illégale. Néanmoins ce brusque raidissement de la position du Sénat n'est pas sans conséquence sur un général à la tête d'une armée fidèle et expérimentée. César décide d'en finir et franchit la limite de sa province avec son armée, matérialisée par le Rubicon et marche sur Rome sur ces mots : Alea jacta est (Le sort en est jeté).

La guerre civile

Le coup de César finit de pousser Pompée dans l'alliance avec le Sénat. Ils quittent alors précipitamment l'Italie pour se réfugier en Grèce et donc en Orient où Pompée sait qu'il pourra compter sur ses relations clientélaires pour se constituer une armée capable de rivaliser avec celle de César, qui quant à lui installe à Rome un Sénat à ses ordres duquel il obtient tour à tour le consulat et la dictature (magistrature extraordinaire, limitée dans le temps et employée seulement quand l'État est en péril). Rapidement ensuite, César se mis en marche vers l'Espagne où il brisa rapidement les soutiens de Pompée puis se porta en Illyrie (dans les Balkans) où il pris l'offensive directement contre Pompée. Après de rude combat il parvint enfin à se trouver face à son adversaire et ancien allié dans ce duel à mort entre les deux plus grands généraux du temps. Dans la plaine de Pharsale, en Macédoine, César ne paraissait pas en position de force face à une supériorité numérique nette en faveur de son adversaire. Mais il pouvait s'appuyer sur des troupes de vétérans des campagnes de Gaule, quand Pompée ne pouvait aligner principalement que de jeunes recrues.

Le choc est très rude, mais le sort de la bataille se joua sur un stratagème de César ; il savait sa cavalerie largement inférieure et il décida donc de placer en soutient de la sienne 8 cohortes (détachements d'une légion) qui écrasèrent la charge pompéienne, poursuivirent leur effort en enveloppèrent le flanc gauche de l'armée de Pompée. Ce fut le début du massacre. Pompée, vaincu parti avec précipitation du champ de bataille et rejoignit l'Égypte où il fut assassiné. Caton d'Utique, un des plus féroces opposant de César se rendit lui en Afrique pour y continuer la guerre. César, lui, poursuivit Pompée en Égypte pour le trouver déjà mort. Il eut alors sa célèbre aventure avec la belle Cléopâtre qui lui donna même un fils ; Césarion. Néanmoins il connut quelques déboires dans la cité d'Alexandrie où il est un temps bloqué par une révolte.

assassinat_cesar_ides_marsFinalement victorieux, il put partir vers le Nord, en Asie Mineure où le fils du célèbre ennemi de Rome Mithridate VI nommé Pharsace II, venait d'écraser le gouverneur romain de la région dans une offensive fulgurante. César une fois entré en contact avec l'ennemi le vainquit rapidement et aurait prononcé la célèbre maxime ; Vini vidi vici (je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu). Il rentra à Rome pour se porter rapidement vers l'Afrique contre Caton et les autres pompéiens prêts à en découdre. La décision fut encore une fois remportée par César en 46 av. J.-C. à la bataille de Thapsus. A la suite de cette victoire il partit soumettre les derniers foyers de résistance en Espagne ce qui fut acquis après sa victoire de Munda en 45 av. J.-C. et ce en dépit de pénibles combats. Rentré à Rome il triompha de ses ennemis pompéiens comme il l'avait fait en 46 au dépend de la Gaule, du Pont, de l'Egypte et de la Numidie, ce qui lui attira des haines mortelles.

Son oeuvre institutionnelle et sa fin

Parallèlement aux campagnes de la guerre civile César tenta de poser les fondements de son pouvoir. Pour cela il créa le consulat suffect que l'on peu comprendre comme un consulat honorifique. Il augmenta le nombre d'édiles et de préteurs et fit de même avec l'assemblée sénatoriale qui passa ainsi de 600 à 900 membres ce qui lui permis de noyer l'opposition, déjà décimée, parmi des personnes choisies. Il donna également la citoyenneté aux habitants de la Transalpine et tenta de normaliser les prélèvements des impôts pour contrer les abus. Tout un ensemble de mesures qu'il ne pu mener à bien puisque le fameux complot des Ides de Mars 44 av. J.-C. le faucha au fait de la gloire, au moment où il pensait avoir réalisé le but de sa vie ; réunir et pacifier le monde romain autour de lui. Les conjurés pensaient avoir mis un terme aux dérèglements du régime républicain en supprimant le dictateur à vie qui avait, malgré sa volonté d'être un vainqueur clément, cristallisé bien des haines, notamment sur son ambigüité vis à vis de la royauté, régime que les Romains avaient véritablement en horreur.

César a laissé une profonde empreinte dans le monde romain et Octave (son neveu et fils adoptif) et Marc Antoine (son maitre de la cavalerie) poursuivirent son œuvre avant de s'entre déchirer à leur tour. Rome ne serait plus jamais la même après César ; ce que la restauration syllanienne avait accompli de manière précaire vola en éclat devant l'ambition et le talent de Jules César. La République romaine vivait ses derniers instants et la genèse d'un nouvel État était en préparation.

 

Bibliographie

-Jean Michel David, Nouvelle histoire de la civilisation romaine, Tome 7, Seuil, 2000.

- La véritable histoire de Jules César de Jean Malye. Belles Lettres, 2007.

- La Guerre des Gaules de Jules César. Flammarion, 1993.

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