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Beaumarchais (1732-1799) - Biographie

BeaumarchaisPierre Augustin Caron, anobli par Louis XV prend le nom de Beaumarchais à l’âge de vingt cinq ans. Connu pour ses œuvres théâtrales comme le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro, à l’origine de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, il représente bien l’esprit des Lumières, mais sa vie fut assez chaotique en raison de ses spéculations malheureuses, de ses déboires financiers et de son ralliement à la Révolution.

 

Son introduction à la Cour

Pierre Augustin Caron, septième enfant et seul garçon de la famille, naît le 24 janvier 1732 à Paris. D’abord inscrit à l’école des Métiers d’Alfort, puis travaillant avec son père horloger, il met au point à vingt ans, un système d’échappement à hampe pour les montres à gousset : système empêchant la montre d’avancer à mesure que le ressort se déroule. Lepaute, horloger du roi, s’approprie cette invention que l’Académie des Sciences attribue malgré tout à Caron. Il obtient ainsi sa première commande du roi : une montre pour lui, une pour Mme de Pompadour, une pendule pour Mme Victoire !

En 1757, il prend le nom de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, suite à un mariage avec la veuve Franquet et l’acquisition d’une charge de « contrôleur clerc d’office de la maison du roi ». A la cour, il donne des leçons de harpe aux filles du roi et fait la connaissance du banquier Le Normand d’Etiolles (mari de Mme de Pompadour) ainsi que de son oncle Paris-Duverney. Il s’associe à eux pour se lancer dans des spéculations commerciales : achat et revente de charges (grands maîtres des eaux et forêts, lieutenant général des chasses), puis en 1766 une exploitation de forêt à Chinon. Entre temps, il écrit des farces pour théâtre et suite au décès de sa première épouse, il se remarie avec la veuve de Lévèque qui disparait subitement à trente neuf ans…en laissant une grande fortune en viager !

Ses déboires financiers et sa gloire au théâtre

D’abord accusé de détournement d’héritage, puis convoqué lors du procès concernant l’adjudication de la forêt à Chinon, il a ensuite des démêlés avec le comte de La Blache contre lequel il perd : c’est la ruine!

Le Barbier de Séville, bien accueilli en 1773 à la Comédie Française, ne peut pas être présenté en 1774, Beaumarchais ayant toujours des démêlés juridiques, cette fois-ci avec le duc de Chaulnes. Essayant de se racheter, il est envoyé en qualité d’espion en Angleterre pour quelques missions : détruire un libelle concernant Mme du Barry « Mémoires secrets d’une femme publique » ; empêcher la publication de « l’Avis à la branche espagnole sur ses droits à la couronne de France à défauts d’héritiers » pamphlet concernant Louis XVI…qui aurait l’aiguillette nouée ; récupérer les papiers secrets du plan d’invasion de l’Angleterre par la France, détenus par le chevalier d’Eon…qui est en froid avec le roi ; après un passage aux Pays-Bas, puis en Autriche, il est emprisonné pour espionnage. En rentrant en France, il a une bonne nouvelle : le Barbier de Séville obtient le droit d’impression en début d’année 1775…mais la première représentation en février est un échec complet. Il le remanie, fait des coupes, supprime un acte et enfin c’est un triomphe.

S’engageant dans l’affaire des Insurgents Américains, il est en liaison constante avec Arthur Lee et M. de Vergennes, ministre des affaires étrangères ; il participe en secret à la vente de poudre et munitions pour les américains en 1776… mais cela ne se passe pas aussi bien avec la Comédie Française pour ses droits d’auteur. Il fonde alors la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, chargée de protéger les droits d’auteur, garantissant des droits patrimoniaux et moraux, société qui sera reconnue à la Révolution.

beaumarchais-mariage_figaroLe Mariage de Figaro écrit en 1778 est accepté deux ans plus tard par la Comédie Française. Beaumarchais produit en même temps la première édition des œuvres de Voltaire, imprimées de 1783 à 1790 en Allemagne où il dépense des sommes astronomiques. Toujours intéressé et attiré par les spéculations, il souscrit en 1781 un emprunt dans la Compagnie des Eaux, puis en devient actionnaire principal et administrateur, pouvant ainsi octroyer un prêt au duc de Choiseul de cent soixante trois mille livres. Toujours dans le domaine financier, il lance une souscription pour la reconstitution de la flotte française et reçoit un dédommagement du roi de cinq cent soixante dix mille livres pour perte subies en mer dans l’affaire des Insurgés américains.

Le Mariage de Figaro, pièce censurée pendant trois ans, est finalement acceptée par le roi et c’est un triomphe lors de la première en avril 1784. Malgré tout, Beaumarchais passe une semaine en prison suite à la publication par le Journal de Paris en 1785 des démêlés de Beaumarchais et du roi. Libéré, il tente de défendre sa pièce, mais elle est considérée comme une atteinte à la noblesse et surtout comme les prémices de la Révolution. Comble de malchance, le Conseil d’Etat supprime une partie des volumes de l’édition des œuvres de Voltaire. L’année 1785 se termine par des procès entre Beaumarchais et Mirabeau concernant la Compagnie des Eaux.

Pendant La Révolution

Grâce à l’argent reçu (huit cent mille livres) pour clore l’affaire des insurgés, Beaumarchais se fait construire une nouvelle demeure près de la Bastille. Après la représentation du Barbier de Séville en 1788, il est invité à la cour et y est fêté…mais la Révolution est en marche : le 15 juillet 1789, il pénètre dans la Bastille à la tête de quatre-vingt hommes. Appartenant à l’Assemblée des Représentants, il est exclu quelques jours suite à une dénonciation. Se réconciliant avec Mirabeau en 1790, il est nommé membre provisoire de la Commune de Paris, tout en écrivant La Mère Coupable et en modifiant le dénouement de Tarare. Mais l’appât du gain toujours très présent, Beaumarchais se lance dans de nouvelles spéculations : achat d’armes (la France en manque) et c’est le début de l’affaire des fusils de Hollande en mars 1792. Dénoncé en juin, après une fouille de sa maison puis une arrestation en août, il quitte la France en septembre pour rejoindre l’Angleterre puis la Hollande. Mais l’affaire n’est pas finie : il est incarcéré à Londres pour dettes. Demandant l’aide de la Convention, il comparait devant le Comité de Salut Public qui le reconnait innocent, il peut réintégrer sa maison. Il se relance alors dans l’achat de ces armes, mais doit rester alité pendant trois mois à Ostende. Le Comité de Salut Public le considère en 1794 comme émigré. Après la chute de Robespierre et son divorce, Beaumarchais s’exile à Hambourg. Pendant ce temps, l’Angleterre s’empare des fusils de Hollande….l’affaire est définitivement perdue.

Son retour en France

Aimé d’une grande partie du peuple, une pétition voit le jour en avril 1795, afin que le Comité annule l’arrêt d’émigré. Son ex-épouse de démène tant et si bien que Beaumarchais est rayé de la liste des émigrés et peut rentrer à Paris en juillet 1796. L’affaire des fusils de Hollande ressurgit en 1798 lorsque l’Etat le déclare créancier. Ayant perdu dans ses spéculations, puis dans ses procès divers, il est au bord de la faillite. Il écrit alors ses Mémoires…mais n’a pas le temps de profiter de la gloire que lui réserve la présentation de La Mère Coupable au théâtre : il meurt d’apoplexie dans la nuit du 17 mai 1799.

Laissons les derniers mots à F. Gendron, dans le dictionnaire de la Révolution : « loin d’être une tête politique, Beaumarchais est un privilégié de son temps. Plutôt que l’Ancien Régime, il dénonce les obstacles qui l’ont personnellement gêné dans sa vie d’arriviste : l’autorité, la justice, la censure, la corruption des mœurs. Il y a donc loin de Beaumarchais à un agitateur populaire et la Révolution le lui fit bien voir : il s’y retrouva ruiné, suspect et émigré. En définitive, la fronde de Figaro, l’alter-ego de Beaumarchais, est celle de l’homme d’esprit contre les pouvoirs ».

Principales oeuvres

- Le mariage de Figaro (1775)

- Le barbier de Séville (1778)

- L'Autre Tartuffe, ou la Mère coupable (1792)

Bibliographie

- Beaumarchais : le Voltigeur des Lumières de JP de Beaumarchais. Flammarion, 1996.

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