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Accueil Biographies Plutarque, penseur grec (46 ap. J-C – 120 ap. J-C)

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Plutarque, penseur grec (46 ap. J-C – 120 ap. J-C)

plutarquePhilosophe, médecin, mathématicien, biographe d’origine grecque, Plutarque est né vers 46 ap. J-C en Béotie. Grand homme respecté de son époque, il a fait le lien entre la Grèce et Rome –dont il est devenu citoyen - et s’est illustré entre autres avec ses Vies parallèles, des biographies comparées d’hommes célèbres. Il est mort à Thèbes en 120 ap. J-C, et devenu une source importante pour l’histoire ancienne.


 

Plutarque, étudiant platonicien

Né vers 46 en Béotie, dans le village de Chéronée, probablement d’une bonne famille, le jeune Plutarque se rend à Athènes autour de 65, où il suit les cours de sciences et de philosophie du platonicien Ammonios. Ce dernier, savant très respecté à l’époque, devient une référence de Plutarque, qui le cite régulièrement dans son œuvre. A ce moment, Néron lui-même est en Grèce, et Plutarque aurait accompagné son maître et l’empereur à Delphes.

Le futur philosophe part ensuite pour Alexandrie pour parfaire sa formation en médecine. Il revient à Chéronée, prêt à remplir d’illustres missions.

Plutarque, citoyen d’Athènes

Sa formation terminée, Plutarque se voit confier des missions importantes par ses concitoyens. Il doit d’abord se rendre en Achaïe, auprès du proconsul, puis, en 78, il est à Rome mandaté par Chéronée et d’autres cités grecques. Nous sommes alors à la fin du règne de Vespasien. C’est durant ce voyage qu’il rencontre son ami L. Mestrius Florus (historien romain), avec lequel il visite le tombeau d’Othon (dont il écrira une Vie) à Brixellum.

De retour en Grèce après des voyages qui le conduisent de Rome à l’Asie, sa réputation faite, il devient citoyen d’Athènes, dans la tribu Léontis. Plutarque obtient ensuite le même honneur de Delphes, où il est prêtre d’Apollon vers 100, puis épimélète des Amphictions, sous le règne de Trajan.

Plutarque, citoyen romain

L’empereur Trajan joue un rôle important dans la carrière de Plutarque, puisqu’il lui donne les ornements consulaires. Entretemps, il est devenu citoyen romain grâce à son ami Florus - dont il prend le gentilice Mestrius- et à un proche de Trajan, Q. Sosius Senecio (consul en 99, 102 et 107),  avant d’accéder à l’ordre équestre.

Plutarque termine sa carrière comme procurateur en Achaïe pour l’empereur Hadrien, dont il aurait assuré une part de l’instruction. Il meurt vers 120, à Thèbes, à un âge avancé pour l’époque, respecté de tous, après avoir fondé une famille nombreuse.

L’œuvre de Plutarque

Savant aux multiples compétences, Plutarque est d’abord un philosophe moraliste. Pour l’historien, il est surtout utile pour ses biographies réunies dans les Vies parallèles, écrites à partir de 100 environ.

Il insiste sur le fait que ce sont des biographies, pas des Histoires, marquant la différence par la nature des faits relatés. Plutarque recherche ainsi ce qui lui semble significatif, une exemplarité négative ou positive, pour tracer le portrait de ses hommes illustres. Ces Vies sont destinées à être lues oralement. Elles sont une cinquantaine, dont quarante-six « parallèles », parmi lesquelles : Alexandre/César, Démosthène/Cicéron ou Lysandre/Sylla.

Plutarque se démarque aussi par sa méthode. Il utilise en effet des sources littéraires, dont il fait une minutieuse étude critique. En revanche, il semble avoir eu quelques difficultés en latin, ce qui le conduit à faire quelques erreurs, sur Tite-Live par exemple.

La postérité de Plutarque est immense. Sa traduction par Jacques Amyot (1513-1593), sur ordre de François Ier en 1542, est publiée finalement en 1559. Plutarque influence et est loué ensuite par Bacon, Rabelais, Montaigne ou Rousseau. Il est aujourd’hui une source importante pour l’histoire ancienne.

 

A lire

-          Plutarque, Vies parallèles, trad. F. Hartog, Gallimard, 2002.

-          J. Boulogne, Plutarque dans le miroir d'Épicure, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Philosophie », 2003.

-          J. Sirinelli, Plutarque de Chéronée, Fayard, 2000.