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Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) - Biographie courte

Jean-Jacques_Rousseau-DelatourEcrivain, philosophe, musicien, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) a trente huit ans lorsqu’il écrit son premier Discours sur les sciences et les arts. Le second Discours de l’Inégalité parmi les Hommes parait lorsqu’il a quarante trois ans et ce n’est qu’à l’âge de cinquante ans qu’il écrit Julie ou la Nouvelle Héloïse, le Contrat Social et l’Emile : c’est alors un succès retentissant et soudain.

 

Son arrivée à Paris

Lorsqu’il arrive à Paris en 1743, il s’attendait à voir cette grande ville comme « l’ancienne Babylone où l’on ne voyait que de superbes palais de marbre et d’or ». En entrant par le faubourg Saint-Marceau, il est très déçu et ne constate que « des petites rues sales et puantes, de vilaines maisons noires, de la pauvreté, des mendiants, des charrettes, des ravaudeurs, des crieurs de tisanes et de vieux chapeaux ». Au bord de Seine, tout est différent : il découvre des édifices, des maisons à six étages, des riches boutiques, un nombre impressionnant de voitures.

Sa vie durant n’est qu’indépendance et instabilité, ses relations n’en sont que difficiles et son esprit soupçonneux comme nous le remarquons dans les témoignages de ses détracteurs. En regard, il aura eu des amis et des défenseurs.

Les détracteurs de Diderot

Certes il eut un succès retentissant pour ces écrits, mais il fut critiqué par Fréron « les caractères sont invraisemblables, certains traits sont grossiers, le style souvent emphatique…mais il y a l’éloquence du cœur, le ton du sentiment, le goût exquis de la nature physique, il a de la religion et ne rougit pas de l’avouer ».

Marmontel n’est pas en reste « il avait essayé, pour attirer la foule, de se donner un air de philosophe antique : d’abord en vieille redingote, puis en habit d’Arménien, il se montrait à l’opéra, dans les cafés…mais ni sa petite perruque sale et son bâton de Diogène, ni son bonnet fourré n’attiraient les passants. Il lui fallait un coup d’éclat ; la rupture avec les Philosophes lui attirait une foule de partisans ; il avait bien calculé que les prêtres seraient du nombre ».

ROUSSEAU_HELOISEGrimm qui se disait son ami, n’est pas tendre « jusque là, il avait complimenté, avait été galant, d’un commerce mielleux et fatigant à force de tournures ; tout à coup, il prit le manteau du cynique…il se fit copiste de musique…je lui conseillai dans ce temps-là de se faire limonadier et de tenir une boutique de café sur la place du Palais-Royal… »

De surcroit, J.J. Rousseau aurait eu l’esprit « bizarre » comme le raconte Mercier « il s’imaginait avoir autour de lui une ligue d’ingénieux ennemis qui avaient déterminé les décrotteurs à lui refuser leurs services, les mendiants à rejeter son aumône, les soldats invalides à ne pas le saluer. Il croyait fermement qu’on épiait tous ses discours et qu’une foule d’émissaires étaient répandues dans toute l’Europe pour le dénigrer, soit auprès du roi de Prusse, soit auprès de sa voisine la fruitière qui ne se relâchait du prix ordinaire de sa salade et des poires que pour l’humilier » !

David Hume secrétaire à l’ambassade de France, fait la connaissance de J.J. Rousseau et constate sa grande sensibilité « toute sa vie il n'a fait que ressentir, et à cet égard sa sensibilité atteint des sommets allant au-delà de ce que j'ai vu par ailleurs ; mais cela lui donne un sentiment plus aigu de la souffrance que du plaisir. Il est comme un homme qui aurait été dépouillé non seulement de ses vêtements, mais de sa peau, et s'est retrouvé dans cet état pour combattre avec les éléments grossiers et tumultueux ». Ils arriveront à se brouiller et cette querelle fera le tour de toute l’Europe.

Ses défenseurs

Il est vrai que lorsqu’il était malade, bon nombre de personnes allaient le visiter comme une « bête curieuse ». Cela contribuait à l’énerver et parfois il devenait grossier. Parmi ses visiteurs, on trouve le duc de Croÿ, le prince de Ligne qui fut heureux de passer huit heures avec J.J. Rousseau « touché par l’effet qu’il produisait sur moi, et convaincu de mon enthousiasme pour lui, il me témoigna plus d’intérêt et de reconnaissance qu’il n’avait coutume d’en montrer à l’égard de qui que ce soit, et il me laissa, en me quittant, le même vide qu’on sent à son réveil après avoir fait un beau rêve ».

On ne peut que terminer par les Mémoires de son ami Bernardin de Saint Pierre, qui lui rendit visite pour la première fois, rue de la Plâtrière en juillet 1771. Les deux hommes aiment la nature et ont tous les deux un petit ressentiment contre l’humanité. Rousseau lui confie certaines anecdotes. Mais commençons par leur première entrevue.

ROUSSEAUUn petit homme, couvert d’une redingote et d’un bonnet blanc l’accueillit au quatrième étage d’une maison et se présentait ainsi « les traits obliques qui tombent des narines vers les extrémités de la bouche, et qui caractérisent la physionomie, exprimaient dans la sienne une grande simplicité et quelque chose même de douloureux. On remarquait dans son visage trois ou quatre caractères de mélancolie par l’enfoncement des yeux et par l’affaissement des sourcils, de la tristesse profonde par les rides du front, une gaîté très vive et même un peu caustique par mille petits plis aux angles extérieurs des yeux ». Son visage offrait donc quelque chose d’aimable, de touchant, de fin, digne de piété et de respect.

Installé dans la pièce principale, le visiteur se trouvait dans une maison calme et propre face à un couple en paix, serein et empli de simplicité. Content, J.J. Rousseau lui montre une série de pots remplis de plantes ainsi qu’une collection de petites boites emplies de graines de toutes espèces. Une amitié naissait.

J.J. Rousseau menant une vie simple était encore frais et vigoureux jusqu’à la fin de sa vie. Debout à cinq heure trente, il copiait quelques morceaux de musique, puis partait tout l’après midi cueillir des plantes en plein soleil, après avoir bu un café chez Mme la duchesse de Bourbon ; à son retour, il soupait et se couchait à vingt et une heure trente : il avait des goûts simples et naturels.

Lorsque J.J. Rousseau évoquait ses visiteurs curieux, de Saint Pierre lui faisait remarquer qu’ils venaient à cause de sa célébrité, il se fâchait et n’acceptait pas ce mot. J.J. Rousseau était sujet à certaines humeurs et Bernardin de Saint Pierre en fit la mauvaise expérience. Un jour qu’il lui rendait visite, il fut reçu de manière glaciale. J.J. Rousseau occupé, de Saint Pierre ouvre un livre en attendant…quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il entendit sur un ton ironique « Monsieur aime la lecture !». Bernardin de Saint Pierre se lève, J.J. Rousseau le reconduit à la porte en disant « c’est ainsi qu’on doit en user avec les personnes avec lesquelles on n’a pas une certaine familiarité ». Pendant deux mois, ils ne se virent plus jusqu’au jour où J.J. Rousseau le rencontrant, lui demande la raison de ses absences ; il lui explique alors « il y a des jours où je veux être seul…on a beau faire, on sort presque toujours de la société, mécontent de soi ou des autres. Pourtant, je serais fâché de vous voir trop souvent, mais je serais encore plus fâché de ne vous pas voir du tout… l’humeur me surmonte et ne vous en apercevez-vous pas bien ? Je la contiens quelque temps ; ensuite, je ne suis plus le maître : elle éclate malgré moi. J’ai mes défauts. Mais quand on fait cas de l’amitié de quelqu’un, il faut le bénéfice avec les charges »…sur ce, J.J. Rousseau invite à dîner Bernardin de Saint Pierre !

On le constate : Jean Jacques Rousseau fut d’une extrême sensibilité, mais sera en quelque sorte le précurseur du romantisme qui s’épanouira au début du XIX è siècle.

 

Bibliographie

- Jean-Jacques Rousseau, par Raymond Trousson. Folio, 2011.

- Jean-Jacques Rousseau en son temps, Par Bernard Cottret, Monique Cottret. Tempus, 2011.

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