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L'Empire britannique en Asie

600px-british_raj_red_ensign.svgLe XIXe siècle est britannique. Ayant vaincu Napoléon en Europe, la Grande-Bretagne peut mener à bien son expansion mondiale, déjà bien entamée au XVIIIe siècle. Quand on pense « Empire britannique », c’est souvent l’Inde qui revient. Pourtant, si celle-ci a été le joyau du monde britannique, la puissance de ce dernier s’est exercée dans toute l’Asie, sous différentes formes, et pas toujours dans la facilité, y compris aux Indes.


 

Les conditions de l’expansion britannique en Asie

La situation en Europe a contribué à l’expansion britannique dès le XVIIIe siècle. En effet, suite à la Guerre de Sept Ans, le traité de Paris (1763) permet à la Grande-Bretagne de récupérer non seulement le Canada, mais également de consolider sa présence dans le sous-continent indien, même si la France y reste présente (à Pondichéry).

Le principal outil de cette expansion est une compagnie commerciale, l’East India Company ,qui, depuis son siège de Calcutta, exerce un monopole commercial sur la région. En 1784, est signé l’India act entre le gouvernement britannique et la Compagnie. L’EIC agit de concert avec des autorités indiennes qui s’allient aux Britanniques et qui fournissent des troupes, dès les années 1750. Des castes nobles, les Cipayes, composent alors l’essentiel des armées de la Compagnie. Ces alliances constituent le socle du British Raj.

L’Inde, base de l’Empire britannique en Asie

Les Britanniques « créent » l’Inde comme un empire, suite à l’effondrement des Moghols et des derniers états indépendants (troisième guerre marathe, en 1817), puis par les alliances locales. En 1805, ils ont conquis Dehli et mis sous tutelle le seigneur moghol. Dix ans plus tard, c’est Ceylan qui tombe sous la coupe britannique puis, en 1816, un accord donne l’indépendance au Népal en échange d’un accès aux montagnes. Tout au long de cette période, les Britanniques ont joué des divisions entre seigneurs indiens, tout en s’appuyant sur l’EIC.

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A partir de ce moment, la Grande-Bretagne contrôle l’Inde depuis Calcutta, Bombay et Madras, confirmant sa puissance dans les années 1850 en vainquant les Sikhs (annexion du Pendjab). En 1858, l’EIC étant dissoute, lui succède un vice-roi. En effet, la domination britannique est fragile, et éclate en 1857 la révolte des Cipayes, ou Grande Mutinerie, une contestation au sein des armées indiennes, où se retrouvent musulmans et hindous, et qui met en péril la présence britannique dans la région. La répression est féroce, et la rébellion anéantie l’année suivante. Le gouvernement et la reine Victoria décident alors de reprendre la main en dissolvant l’EIC et en plaçant l’Inde directement sous gouvernance britannique. En 1876, Victoria est « impératrice des Indes ».

L’Empire britannique en périphérie des Indes

La réussite est plus contrastée dans les régions qui entourent l’Inde. Si, comme nous l’avons dit, le Népal et Ceylan sont finalement contrôlés plus ou moins directement, la situation est bien plus difficile en Birmanie et en Afghanistan.

Dès la fin des années 1830, l’Empire britannique a connu des difficultés dans sa volonté de contrôler l’Afghanistan, pour contrer l’expansion russe dans la région par la constitution d’un glacis. En 1842, c’est le célèbre désastre de Khyber Pass, où l’armée britannique est exterminée. Il faut attendre plus de trente ans, et la crise avec les Russes dans les Balkans, pour que l’Empire tente à nouveau de conquérir l’Afghanistan. La deuxième guerre afghane (1878-1881) se solde par un nouvel échec (avec la bataille de Maïwand, où le Watson de Conan Doyle est blessé). Toutefois, l’avancée russe conduit finalement l’émir de Kaboul à signer des accords avec les Britanniques au début des années 1890.

En Birmanie, les problèmes ont commencé dès la fin du XVIIIe siècle et, en 1818, les Birmans prennent Assam (à l’est de l’Inde). Les Britanniques la récupèrent suite à un accord intervenu après la première guerre birmane (1824-1826), dont l’enjeu est le contrôle du golfe du Bengale. En 1852, une seconde guerre permet à l’Empire de mettre la main sur Rangoon. Puis, à la fin des années 1880, la Haute-Birmanie est rattachée à l’empire des Indes pour contrer l’avancée française en Indochine. Les Britanniques décident alors de consolider leurs positions en Asie du Sud-est.

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Au Nord, enfin, se pose le problème du Tibet autour du Sikkim. Les tensions, dans lesquelles entre la Chine, durent jusqu’au début du XXe siècle. En 1904 est finalement signé un traité à Lhassa, qui ouvre le Tibet au commerce britannique.

L’Empire britannique en Asie du Sud-est

La présence britannique en Malaisie date de la fin des années 1780. La région est constituée d’Etats princiers et de sultanats avec lesquels l’Empire joue le même jeu qu’aux Indes, mélange d’alliances et d’offensives.

C’est encore le contexte européen qui contribue à l’expansion britannique. Les Hollandais, présents en Asie du Sud-est depuis le XVIe, en contrôlant entre autres Malacca, s’allient aux Français en 1795, justifiant l’intervention britannique. Le congrès de Vienne (1815) enfonce le clou, malgré quelques rétrocessions. En 1819, est créé le port stratégique de Singapour, consolidé en 1824 par l’acquisition de Malacca, suite à des échanges de territoires avec les Hollandais. Dès 1841, les Britanniques s’implantent à Sarawak, mais il faut attendre quarante ans pour que ce petit Etat soit annexé, tout comme Bornéo et Brunei. Enfin, au début du XXe siècle, les derniers Etats malais et le Siam renoncent aussi, et passent sous protectorat britannique.

L’Empire britannique et la Chine

Les relations entre l’Empire et la Chine sont plus complexes, bien que l’Empire du Milieu soit l’un des objectifs principaux des Britanniques.

La guerre de l’opium, parfois expliquée par la perte du monopole de l’EIC sur le commerce de la région, éclate en 1840, suite à l’échec diplomatique visant à « ouvrir » la Chine au commerce. Par le traité de Nankin (1842), les Britanniques obtiennent l’île Victoria (Hong Kong) et l’ouverture de cinq ports chinois (dont Shanghai).

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La situation se complique avec une menace de guerre civile en Chine, suite à l’installation des Taipings à Nankin entre 1843 et 1845. Cela annonce la révolte qui éclate en 1851 et met à mal la dynastie régnante en Chine, les Qing. Britanniques, mais aussi Français, tentent alors d’en profiter, mais la situation n’est guère favorable au commerce, surtout qu’éclatent d’autres « guerres de l’opium » dans les années 1858-1860, dont l’une où le palais d’été impérial est attaqué. Finalement, les Européens aident les Qing à écraser la révolte des Taipings en 1864-1865. Cela leur permet de voir la Chine s’ouvrir, contrainte, au commerce et au « libre-échange ».

La fin du siècle confirme la domination de la Chine, dans un contexte de concurrence entre Européens, surtout que les Qing ont échoué au Japon (1894-1895) et sont encore plus affaiblis. La Grande-Bretagne est le créancier de l’Empire du Milieu, et installe ses zones d’influence et ses points d’appui sur les côtes chinoises, entrant peu dans les terres. Cet effort britannique est toujours à situer dans le « Grand Jeu », en particulier avec les Russes, comme le confirme l’accord signé avec le Japon en 1902. La révolte des Boxers (dont le siège de Pékin en 1900) et la fin de la dynastie Qing en 1912, qui fait place à la République de Chine, ne changent pas la donne.

L’Asie et le joyau indien sont donc bien une part majeure de l’Empire britannique, surtout avant sa conquête de l’Afrique. On peut y voir la diversité des systèmes de domination, plus ou moins indirecte, que la Grande-Bretagne met en place pour imposer son influence et son commerce de libre-échange.

 

Bibliographie

-          P. Chassaigne, La Grande-Bretagne et le monde de 1815 à nos jours, A. Colin, 2009.

-          A. Porter (dir), The Oxford History of the British Empire (vol III), Oxford University, 1999.

-          J. Darwin, The Empire Project, Cambridge, 1999.

-          C. Markovits (dir), Histoire de l’Inde moderne (1480-1950), Fayard, 1994.

-          D-J. Steinberg (dir), In Search of Southeast Asia, Allen et Unwin, 1987.

-          J. Spence, The Search for Modern China, Norton & Cie, 1991.

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