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L’Affaire Dreyfus, ces procès qui déchirèrent la France

degradation_alfred_dreyfus3 juin 1899 à Rennes, un ancien capitaine de l’armée française s’apprête à être jugé une seconde fois pour des faits de trahison…la France s’enfonce dans les affres de l’Affaire Dreyfus.Tout a commencé le 15 Octobre 1894, lorsque le capitaine d’artillerie Alfred Dreyfus, d’origine Alsacienne et juive, est arrêté au ministère de la Guerre. Les autorités militaires lui reprochent d’avoir transmis à l’ambassade allemande des secrets militaires. Elles se basent sur des écrits (le fameux bordereau) dont l’étude graphologique aurait conclu qu’ils étaient de la main de Dreyfus...

Passant devant le conseil de guerre en décembre 1894, Dreyfus est condamné à la dégradation et à la déportation en Guyane. Malgré la faiblesse des éléments utilisés par l’accusation (notamment les analyses graphologiques) le capitaine a fait les frais d’une atmosphère politique revancharde et antisémite qu’illustrent parfaitement les réactions de foule Parisienne lors de sa dégradation : « À bas le traître, à bas le juif ! ».

De la dégradation à l'enfer du bagne

Déporté au large de la Guyane, gardé au secret Dreyfus va connaître l’enfer du bagne, sa santé déclinant rapidement. Son cas se verra revenir sur le devant de la scène suite aux découvertes du nouveau chef des Services de Renseignements, le lieutenant colonel Picquart. Début 1896, ce dernier a intercepté un document produit par un certain commandant Esterhazy, que l’on sait en rapport avec l’ambassade d’Allemagne et dont l’écriture est identique à celle du bordereau.

Ecarté par l’Etat Major à qui il a fait part de ses découvertes, Picquart qui aurait du garder le silence sur ces dernières finit par révéler la vérité à Auguste Scheurer-Kestner, homme politique Alsacien et proche de Clémenceau. Après des réticences initiales Scheurer-Kestner va se faire le défenseur de Dreyfus auprès des autorités.

Fin 1897 c’est au tour d’Esterházy d’être jugé après le dépôt d’une plainte par le frère aîné de Dreyfus : Mathieu. Malgré l’accumulation des preuves à son encontre, le commandant Esterházy est acquitté en janvier 1898…cette décision applaudie par les milieux nationaliste, est ardemment contestée par ceux que l’on commence à appeler « Dreyfusards ». Les « Dreyfusards » ont pour porte-parole l’écrivain et journaliste Emile Zola qui dans son article « J’accuse » (publié dans le journal l’Aurore) du 13 janvier 1898 en appelle au Président Faure et dénonce l’injustice faite à Dreyfus.

J'accuse... !

zolajaccuseL’article au titre accrocheur est un succès d’édition et se vend à 300 000 exemplaires en quelques heures. Comme l’écrivit Charles Péguy « Le choc fut si extraordinaire que Paris faillit se retourner ». L’Affaire Dreyfus devient alors un objet de débat public partout en France et déchaîne des passions fratricides. Le pays est agité par des émeutes antisémites (notamment à Alger), la République semble un temps vaciller.

Face à cette agitation, les autorités font casser le premier jugement de Dreyfus et le capitaine s’en revient en métropole pour son second procès. Une fois de plus la justice va faire preuve d’une rare partialité en condamnant l’accusé, cette fois-ci à dix ans de prison. Le 19 septembre 1899, 10 jours après que le verdict soit tombé, le Président Loubet gracie Dreyfus, manière de rendre enfin justice tout en ne perdant pas la face.

L’Affaire ne connaîtra son issue juridique qu’en 1906, lorsque la Cour de Cassation annulera le jugement du conseil de guerre de Rennes, reconnaissant que la condamnation de Dreyfus avait été prononcée « à tort ».

Les véritables responsables, dont Esterházy, exilé au Royaume-Uni, ne seront jamais condamnés. Dreyfus réintégré dans l’armée, servira son pays au cours de la Première Guerre Mondiale et atteindra le grade de Lieutenant Colonel. Mort en 1935, il fut un temps envisagé de transférer ses cendres au Panthéon aux côtés du brillant héraut de sa cause : Emile Zola…

 

Bibliographie

- L'affaire Dreyfus de Eric Cahm. Poche référence, 1994.

- L'Affaire Dreyfuspar Michael Winok. Points Histoire 1998.

Lien externe

- Chronologie de l'affaire Dreyfus

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