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Accueil Histoire de France Aliénor d'Aquitaine (1122-1204) - Biographie

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Aliénor d'Aquitaine (1122-1204) - Biographie

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Aliénor d’Aquitaine, appelée également Eléonore de Guyenne, fut deux fois Reine : de France avec Louis VII, puis d’Angleterre avec Henri II de Plantagenêt. Jeune fille « remuante », puis mère de trois rois, elle a bouleversé la tradition masculine du pouvoir en s’occupant de ses terres et en assurant la Régence. Séductrice, elle est à l’origine de l’amour courtois ; intelligente et cultivée, elle protège les troubadours, romanciers et poètes.

 

Aliénor, princesse d'aquitaine

Aliénor est née aux environs de 1123 près de Bordeaux. Par son père Guillaume X et sa mère Aliénor de Châtellerault, elle fait partie de la dynastie des ducs d’Aquitaine et sera l’héritière d’un riche domaine : l’Aquitaine et le Poitou. Belle et séduisante, un sourire charmeur, un doux regard, des manières nobles, l’esprit vif et cultivé, elle aime les fêtes et les fleurs. Elle n’a que quinze ans lorsque son père la propose en mariage au fils du roi, le futur Louis VII : Louis VI malade, peut s’éteindre, l’âme en paix.

Elle accueille son futur époux accompagné de cinq cent gentilshommes, à Bordeaux, où le mariage est célébré le 25 juillet 1137, Louis VII devenant roi en août de la même année. La nouvelle reine Aliénor se montre parfaite : présente aux joutes et tournois, elle reçoit la noblesse, accueille et écoute les troubadours…tout en s’occupant seule de la gestion du duché d’Aquitaine. Mais elle a de l’ambition et souhaite le pouvoir.

Aliénor, reine de France

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Louis VII est un roi faible, très dévot. Dégouté par ses vassaux pour leur manque de respect, de colère il s’en prend au peuple. Se rendant compte trop tard du mal qu’il fait, il se met à l’écart de tout, ne participant plus à rien, confiant en partie le gouvernement à l’abbé Suger. Aliénor dit « il est plus moine que roi », mais leur première fille Marie de France nait en 1145 (elle épouse le comte de Champagne Henri Ier et meurt en 1198).

Le seul salut du roi réside dans la croisade demandée par le pape Eugène III en mars 1146. Convaincu par les paroles de Saint Bernard, Louis VII prend la route, suivie de sa cour et d’une Aliénor « légère et dissipée » occupée à s’amuser. De Constantinople vers l’Asie Mineure, Aliénor découvre de magnifiques paysages mais… est prise dans une embuscade par les Sarrasins près d’Iconium. Grâce aux chevaliers, elle en réchappe et pourtant le gros de l’armée est défait. Le roi arrivant peu après est mêlé à la bataille pendant quatre heures et retrouve heureusement Aliénor à Antioche, où ils sont royalement reçus par l’oncle de la reine : Raymond de Poitiers, duc d’Antioche. Les fêtes ont un caractère particulier dû aux coutumes et aux usages de l’Asie, Aliénor se laisse aller avec gaîté au plaisir de ces fêtes et le roi lui en tient grief. Il trouve douteuses les relations entre Aliénor et son oncle, il s’indigne et décide de quitter les lieux. La reine refuse de partir et parle de séparation, la situation s’envenime ….mais elle doit pourtant obéir. La rumeur est lancée sur les aventures extra conjugales de la reine…avec son oncle. Le roi s’embarque pour l’Europe grâce aux vaisseaux du roi de Sicile. S’arrêtant ensuite à Rome, il se confie au pape, au sujet d’Aliénor : il veut la répudier…

De retour en France, après quatre ans d’absence, Louis VII retrouve son ami l’abbé Suger qui le calme, l’aide dans ses soucis et lui explique qu’il est fortement contre cette répudiation. Le couple royal se réconcilie et une seconde fille nait en 1150 : Alix qui épousera le comte de Blois Thibault le Bon et qui mourra en 1195. Mais Suger meurt en janvier 1152, le roi perd un ami plein de sagesse et la situation s’aggrave à nouveau dans le couple. Enfin, à Pâques 1152, il présente sa demande devant une assemblée de prélats : une requête pour la nullité du mariage. Le chancelier a ce discours : « Il est inutile, dit-il, d'insister sur les chagrins du roi, et sur ce qui s'est passé en Palestine ; il n'est personne qui ne connaisse les bruits qui ont couru, et le roi, qui veut respecter l'honneur de cette grande princesse, ne doit pas approfondir la vérité des faits dont la certitude l'obligerait à déployer toute sa sévérité. Il s'en rapporte à la reine elle-même. Lorsqu'elle a voulu à Antioche se séparer du roi son époux, elle a invoqué la parenté comme un témoignage de la nullité de son mariage ; c'est ce que le roi soumet au jugement de l'Assemblée. Si la parenté est prouvée, l'union de Louis avec Aliénor sera annulée ».

L’archevêque de Bordeaux admet alors que la parenté existe bien au quatrième degré par les femmes de Bourgogne. La nullité est prononcée de suite pendant ce concile de Beaugency. A l’annonce de cette nouvelle, Aliénor s’évanouit, puis se reprenant elle est surprise de la décision du roi «  Ah ! Messieurs, qu'ai-je fais au roi pourquoi il me veut délaisser ? En quoi l'ai-je offensé ? Quel défaut a-t-il trouvé en ma personne ? Je suis jeune assez pour lui, je ne suis point stérile... Je suis riche assez ; je lui ai toujours obéi… ».

Reprenant vite ses esprits, à la tête du Poitou et de toute l'Aquitaine, elle se sent menacée d’enlèvement (le comte d’Anjou, Geoffroy Plantagenêt voulait l’arrêter afin de l’épouser), fuit Blois, passe par Tours et se réfugie à Poitiers, dans l’espoir d’épouser Henri Plantagenêt, duc de Normandie, frère de Geoffroy. Leur première rencontre avait eu lieu en 1151 et avait été très réussie. Il a tout pour plaire à la riche héritière : un maintien annonçant sa haute naissance, des cheveux blonds doré, un regard doux, une adresse pour tous les exercices du corps, à l’aise à la cour, il a vingt ans. Six semaines après la répudiation, Henri la demande en mariage.

Aliénor, reine d'Angleterre

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Bien que Louis VII mette tout en œuvre pour empêcher cette union, Henri épouse Aliénor en mai 1152, devient roi d’Angleterre et prend le nom d’Henri II. Aliénor, duchesse de Normandie, reine d’Angleterre ne trouve pas le bonheur, son époux étant volage et de plus, il n’a pas du tout l’intention de lui laisser le pouvoir ! Elle a juste le droit de s’occuper des huit enfants qui vont naître : Guillaume (1153-1156) ; Henri le Jeune (1155-1183) ; Mathilde (1156-1189) épouse d’Henri le Bon, mère de l’empereur Othon IV ; Richard Cœur de Lion (1157-1199) roi d’Angleterre ; Geoffroy (1158-1186) père d’Arthur ; Aliénor (1161-1214) épouse du roi de Castille, mère de Blanche de Castille ; Jeanne (1165-1199) épouse de Guillaume II roi de Sicile, puis Raymond V comte de Toulouse, devient abbesse de Fontevraud ; Jean sans Terre (1166-1216) roi d’Angleterre au détriment d’Arthur.

Furieuse, Aliénor fait des scènes à son époux, passant de la colère à la tendresse, entrainant même les enfants contre leur père, en leur fournissant des armes, en les poussant à s’allier avec l’Ecosse contre lui. Elle quitte l’Angleterre et se retire à Poitiers, au milieu de sa cour de poètes. Henri II, suspectant Aliénor d’être à l’origine de la mort de son ancienne maitresse Rosemonde et à bout de patience, l’enferme en prison pendant seize ans, à Chinon, et dans divers châteaux en Angleterre.

Elle n’en sort que lorsque Richard Cœur de Lion, une fois sur le trône après la mort d’Henri II en juillet 1189, la libère. De ce jour, gouvernant toujours l’Aquitaine et le Poitou, elle visite ses contrées et décide d’ouvrir toutes les prisons. Pendant que Richard est en croisade, elle assure la Régence et reçoit un accueil plus que chaleureux à chacun de ses passages dans les diverses régions. Mais par jalousie et besoin de pouvoir, elle évince la jeune promise de Richard, sœur de Philippe Auguste : elle ne veut personne d’autre qu’elle sur le trône ! Elle finit malgré tout par accepter et négocier le mariage de Bérangère d’Aragon et de Richard.

Un peu plus tard, elle se démène et se dévoue corps et âme pour libérer Richard qui vient d’être capturé et livré à l’empereur Henri VI, à son retour de croisade. Elle ne ménage pas sa peine pour réunir l’énorme rançon demandée. Richard est libéré en février 1194, mais quelques années plus tard, il est blessé et meurt en Limousin en 1199.

Plutôt que de voir une autre lignée accéder au pouvoir, elle pousse Jean sans Terre, son dernier fils à monter sur le trône. Elle va encore chercher sa petite fille Blanche en Castille et participe à la négociation du mariage avec le fils de Philippe Auguste, le futur Louis VIII.

Parvenue à la fin de sa vie, elle laisse son héritage à son petit fils Henri III, puis se retire définitivement à l’abbaye de Fontevraud en faisant des dons et des aumônes aux pauvres. Après une vie bien mouvementée, « la plus belle et la plus riche fleur d’Aquitaine, la perle incomparable du Midi » meurt en mars 1204.

 

Bibliographie :

- Aliénor d'Aquitaine : La Reine insoumise de Jean Flori. Biographie Payot, 2004.

- Aliénor d'Aquitaine (nouvelle édition) de Régine Pernoud. Poche, 1983.

- Histoire des Reines de France : Aliènor d'Aquitaine de Philippe Delorme. Pygmalion, 2001.

Lien externe :

- Aliénor d'Aquitaine