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Accueil Histoire de France Le mariage de Louis XVI et Marie Antoinette

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Le mariage de Louis XVI et Marie Antoinette

autel_royalL’un des derniers mariages royaux français de l’Ancien Régime fut celui de Louis Auguste (futur Louis XVI et de Marie Antoinette en mai 1770. Les festivités durèrent environ deux mois, avec successivement des représentations, feux d’artifice et bals…pour un coût très élevé : 9 000 000 de livres ! Malgré les finances désastreuses du pays, il fallait montrer à l’Europe que le royaume était encore riche et toujours plein de vigueur.

 

De délicats pourparlers

Pour consolider l’alliance entre l’Autriche et la France, et surtout afin d’éviter le rapprochement de l’Autriche avec la Prusse et la Russie, le seul moyen est un mariage royal. Choiseul ministre des affaires étrangères entame les tractations en 1764 jusqu’à l’accord de principe signé en mai 1766. Mais l’ambassadeur Mercy-Argenteau est réticent, estimant que Louis Auguste est « si négligé sur son extérieur, si ignorant de la politesse et des usages du monde les plus ordinaires. Ce prince par sa contenance et ses propos, n’annonce qu’un sens très borné, beaucoup de disgrâce et nulle sensibilité ». Du côté français, l’abbé de Vermond envoyé en Autriche pour apprendre à Marie Antoinette le maintien et les traditions françaises écrit « cette sauvageonne de douze ans, naturellement gracieuse et pétulante, mais étourdie et rebelle, ne songeait qu’à se distraire et à fuir les études ».

Louis XV donna finalement son accord définitif en juin 1769, son petit fils épousera la fille de Marie Thérèse d’Autriche le 16 mai 1770. Selon les conditions du contrat de mariage, Marie Antoinette renoncerait à ses droits sur les possessions autrichiennes, apporterait une dot de 200 000 florins et l’équivalent en bijoux, pour recevoir en retour une rente de 20 000 écus d’or et 100 000 écus en bijoux.

Le voyage de Vienne…

Le 15 avril 1770, l’ambassadeur français dans son somptueux équipage entre à Vienne en qualité d’envoyé extraordinaire du roi de France. Le lendemain, il demande la main de Marie Antoinette pour le dauphin, lui remettant un pendentif représentant son fiancé. Le 17, la jeune fille renonce à ses possessions autrichiennes, puis assiste à une superbe fête au palais du Belvédère, suivi d’un bal masqué. Après le mariage par procuration à l’église des Augustins le 19, elle écoute d’abord les dernières consignes de sa mère, puis les dernières instructions rédigées par son père défunt avec les recommandations morales et mises en garde contre les miracles du monde. Le 21, ce sont les adieux dans les larmes, où Marie Antoinette « faisait des grimaces, se mordait les lèvres, se grattait le nez et la tête » pour masquer son anxiété.

Un cortège de 132 personnes (dames d’honneur, pages, secrétaires, chirurgiens, gardes du corps), 57 voitures et 376 chevaux prennent le chemin vers la France, un voyage qui va durer vingt quatre jours avant d’arriver à Versailles avec réceptions, fêtes, bals, Te Deum, en passant par Munich, Augsbourg, Fribourg. A Strasbourg, Marie Antoinette se change, laisse sa robe de voyage en gros de Tour Blanc pour une robe et un jupon d’étoffe d’or et abandonne une grande partie de son équipage. Dans l’antichambre du pavillon d’accueil, elle fait la connaissance des personnes qui lui sont désormais attachées : la comtesse de Noailles première dame d’honneur, ainsi que différentes duchesses et comtes. Elle rencontre aussi Louis Edouard de Rohan celui qui va la compromettre dans l’affaire du Collier. Les harangues débutant en allemand, Marie Antoinette répond « ne parlez point allemand, Monsieur ; à dater d’aujourd’hui, je n’entends plus d’autre langue que le français ». Le voyage vers Paris reprend par Saverne, Nancy, Reims où ont aussi lieu des festivités comme des arcs de triomphe, des bals et divertissements.

… à Versailles

arrive_cortge_a_versailles_16_maiPendant ce temps, le dauphin accompagné de sa maison et de son grand père le roi, prend la direction de Compiègne, puis la route de Soisson pour s’arrêter au pont de Berne. Marie Antoinette arrive, descend gracieusement du carrosse au son des fanfares, s’agenouille devant le roi, lui baise la main et l’appelle papa. Alors que Louis XV est enchanté, le jeune homme accorde timidement un baiser sur la joue de la demoiselle. Elle rencontre les sœurs du roi, puis à Compiègne les frères du dauphin, ainsi que les princes de sang et tous les grands du royaume.

Le 15 mai au soir, lors du dîner au château de la Muette, elle découvre une « radieuse créature à la poitrine étincelante de diamants étant là pour amuser le roi ». On l’a comprit, il s’agit de Mme du Barry. Enfin, le 16 mai 1770, le jeune couple fait son entrée à Versailles et en rentrant au château, Louis Auguste quitte son appartement des Enfants de France pour s’installer au rez-de-chaussée du corps central.

Un mariage somptueux

Après deux heures nécessaires à sa toilette, Marie Antoinette dans une robe de drap d’argent à paniers entre dans la chapelle royale au bras de Louis Auguste vêtu d’un pourpoint de drap d’or et l’ordre du Saint Esprit en sautoir. Après la cérémonie religieuse où le jeune marié avait fortement rougi en passant l’anneau au doigt de son épouse, c’est la remise des cadeaux, la réception des ambassadeurs, le jeu du roi en fin d’après midi dans la grande galerie, le festin du soir dans la nouvelle salle d’opéra où contrairement à la rumeur qui veut que le dauphin se chargea beaucoup trop l’estomac…pour mieux dormir, il mange peu et joue plutôt avec son couteau.

Les travaux de l’opéra royal viennent juste d’être achevés : le plancher du parterre est hissé au niveau de la scène, formant ainsi une grande salle ovale pouvant accueillir la table royale et ses vingt et un convives, l’orchestre des musiciens positionné sur la scène, les courtisans admis dans les loges. Parmi les convives de la table royale, on retrouve les trois petits fils : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, le duc d’Orléans, Marie Antoinette, la princesse de Lamballe…tous des personnages qui auront une fin plus ou moins tragiques.

crmonie_mariageLa suite des réjouissances dans le parc avec des illuminations, un spectacle sur l’eau avec gondoles et le feu d’artifice géant sur le bassin d’Apollon, est annulée en raison d’un orage.

Enfin, à minuit, a lieu le cérémonial du coucher avec un grand nombre d’officiers et courtisans, le lit est béni, le dauphin reçoit sa chemise de la main du roi, on tire les rideaux et tout le monde se retire discrètement…

Le 17 mai, l’opéra reprend son allure principale pour la représentation de Persée de Lully ; le 19, il est à nouveau transformé pour accueillir le bal paré suivi du feu d’artifice (annulé deux jours plus tôt) utilisant 30 385 fusées, 14 445 cartouches, 90 000 lampions de toutes couleurs, 603 611 terrines illuminées dans le parc autour du Grand Canal.

Ce sont de belles festivités, malheureusement interrompues par la mort de plus de cent trente personnes lors des illuminations et du feu d’artifice offert par Paris le 30 mai, sans compter un très grand nombre de blessés.

Les réjouissances continuent pourtant jusqu’au 14 juillet 1770 avec la représentation d’Athalie de Racine, Castor et Pollux de Rameau, jusqu’au dernier spectacle la Tour Enchantée de Joliveau et Dauvergne nécessitant 1000 figurants.

Louis XV avait exigé un mariage somptueux ; il eut du mal à payer, certains fournisseurs réclamaient encore leur dû à la veille de la Révolution !

Sources

- Jean Christian Petitfils pour la revue Château de Versailles de l’ancien régime à nos jours.

- Alexandre Maral – Louis XVI l’incompris. Ouest-France 2013.

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