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Accueil Histoire de France Marie Thérèse Charlotte de France, duchesse d'Angoulème (1778-1851)

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Marie Thérèse Charlotte de France, duchesse d'Angoulème (1778-1851)

La_Duchesse_dAngoulme_par_Gros« Jamais une femme dans l’histoire ne fut plus poursuivie par le malheur » affirmait non sans lucidité la Duchesse de Dino. Qui était réellement Marie Thérèse Charlotte de France, duchesse d'Angoulème, petite-fille d’Empereur, fille, sœur, femme, nièce et belle-fille de Rois ? De cette « Aliénor » du XIX° siècle, « le seul homme de la famille » selon Napoléon, notre histoire a trop longtemps été ingrate et injuste. Redécouvrons ensemble cette femme méconnue, et « quelle femme !» s’exclamait Chateaubriand.


 

« Mousseline la sérieuse » dans la tourmente

Au caractère déjà bien affirmé, elle est dès son jeune âge comme aurait dit Saint Simon « Fille de France jusqu’à la chaise percée ». Si elle a une intense affection et admiration pour son père Louis XVI, ses relations avec sa mère sont plus confuses. En effet, Marie Antoinette aime sa fille, mais elle veut combattre cet orgueil et ce penchant hautain de sa fille et use pour cela de moyens d’éducation forts modernes pour l’époque.

A 11 ans elle voit son monde s’effondrer. Les français, qui l’acclamaient avec déférence, conspuent ses parents. Les Gardes Suisses aux lumineux uniformes contrastent avec les Gardes Françaises qui ne s’alignent plus sur son passage ni sur celui de ses parents. Psychologiquement le choc est rude.

Incarcérée avec ses parents à l’age de 14 ans, elle a tout vu, tout su, et pour beaucoup n’aura rien oublié. Ce sera le cruel fossé qui sera entretenu entre elle et l’histoire de France, le grand grief.

L'orpheline du temple

Madame_de_FranceLes murs du Temple la protègent des injures de la populace mais pas de celles de certains gardiens. La détention ce sera pour elle la mort de son père. Ce sera aussi les séparations successives d’avec son frère, d’avec sa mère et enfin d’avec sa tante Madame Elisabeth. Seule et isolée, dans des conditions de détention rigoureuses, elle sollicite en vain d’être incarcérée avec eux. Inimaginable destinée car elle est l’unique personne en Europe à ignorer pendant près de 2 ans ce qu’il advint véritablement de ses proches.

A la Terreur succède le Directoire. En 1795, elle est échangée avec l’Autriche. Une nouvelle prison l’attend, celle de la Hofburg à Vienne. On veut la marier à l’Archiduc Charles mais elle refuse car elle ne veut pas épouser un ennemi à son pays. On lui impose de porter le deuil de sa famille. Elle n’est plus Marie Thérèse mais l’ « Orpheline du Temple ». « Louis XVIII » persuade le tsar d’intervenir et en 1799 l’Autriche libère sa proie. Elle part pour la Courlande rejoindre sa famille paternelle et partager leur vie de proscrits et d’émigrés.

La dernière dauphine de France

Elle épouse son cousin le duc d’Angoulême en 1799. Elle devient désormais la prisonnière de son oncle « Louis XVIII » qui voit en elle le vibrant et flamboyant drapeau de la couronne et des bourbons. Elle devient l’icône de la cause monarchique, une Antigone à qui on refuse le bonheur. Malgré ses malheurs, elle plaide auprès de son oncle la cause des français en lui prêchant que c’est par le cœur et l’amour qu’il fera la reconquête de son peuple. Un mariage stérile, une vie d’exilée indésirable chassée des pays européens, contribuent à forger son caractère et à l’endurcir. En 1814, Napoléon s’effondre et les Bourbons rentrent en France dans « les fourgons de l’étranger ». Pourtant, leur avenir ne tenait qu’à un fil car si Bordeaux n’avait pas acclamé les Lys, les alliés n’aurait pas rétablit Louis XVIII. Dès leur arrivée c’est la chasse aux abeilles et la toute jeune princesse qui prêchait la modération à son oncle en 1799 va se révéler être la plus acharnée à faire disparaître le souvenir impérial. On la juge à son apparence, à ses manières brusques. En 1815, c’est le retour de l’Aigle. La Duchesse se trouve à Bordeaux pour les cérémonies du retour des Bourbons et va montrer à tous sa vraie nature qui fera regretter la Loi Salique à certains.

L’Héroïne de Bordeaux et les terribles droits

La_Duchesse_dAngoulme__Pauillac_par_GrosElle déploie à Bordeaux une grande énergie. Napoléon s’impatiente de la déroute de son autorité face aux murs de Bordeaux. Elle exhorte la population à résister, elle fait jurer fidélité à l’armée, elle caracole en calèche devant une population sous le charme de tant de courage. Sur l’autre rive le général envoyé par Napoléon déclarera que de ses jumelles il voyait la Duchesse écrire les plus belles pages de sa vie. Devant le risque d’exposer plus longtemps les bordelais à de terribles représailles, la Duchesse abdique et embarque à Pauillac. Napoléon admirera non pas cette crânerie mais ce courage, et il lui fera le plus beau compliment en affirmant que c’était le seul homme de sa famille. Cette action héroïque la rend désormais toute puissante après Waterloo. Elle refuse le compromis et revendique de terribles droits, ceux qu’elle a gagné en tenant tête à l’empereur et qui nuiront à sa réputation.

La « Reine » Marie Thérèse

Dauphine de France à la mort de Louis XVIII, elle parcourt la France et est une communicante avant l’heure. Jamais un Bourbon n’aura autant connu la France qu’elle. Charles X attend qu’elle ne soit pas là pour prendre les fameuses ordonnances qui provoquent la Révolution de 1830. En apprenant la nouvelle, elle sait que tout est fini. Le peuple sachant qu’elle se trouve sur les routes fait tout pour l’arrêter et en faire un otage. Mais des années de captivité et d’exil ont aguerri la Duchesse qui parvient à rejoindre le Roi. Ce dernier abdique difficilement en faveur de son fils auquel il ordonne d’abdiquer en faveur de son neveu le petit Duc de Bordeaux. Dans ce chaos de 1830, Marie Thérèse sera Reine l’espace de 3 minutes.

Exilée en Angleterre au début puis dans les états autrichiens, elle va consacrer ses dernières années à l’instruction et à la formation de son neveu, devenu le comte de Chambord. Elle entretient un intense et actif réseau à travers l’Europe qui la tient informer de tout. A sa mort en 1851, toutes les cours d’Europe prennent le deuil et même en France le futur Napoléon III préside dans la chapelle de l’Elysée à une messe officielle. En effet, Louis XVIII en déclarant « Si la couronne était de roses je l’offrirai volontiers à ma nièce. Elle est d’épines, je la garde » n’avait il pas fait d’elle une grande figure française.

Bibliographie non exhaustive

- Madame Royale, d’André Castelot, édition Perrin, 1999.

- Les Princes du malheur, de Philippe Delorme, édition Perrin, 2008.

Pour aller plus loin…

- Le site dédié à la Duchesse

- Le boudoir de Marie-Antoinette.

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