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Histoire du Québec (5/6) : La Confédération canadienne - Le dominion

drapeau-du-quebecLes tensions entre les communautés, avivées par les difficultés économiques, montrent aux esprits les plus clairvoyants que la solution d’un Canada uni, dans lequel la spécificité francophone serait vouée à disparaître, est du domaine de l’utopie. Dès 1864, un projet de confédération des colonies britanniques d'Amérique est débattu au cours de plusieurs conférences, à Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard) et à Québec.


 

Le catholicisme élément principal d’un peuple à vocation agricole

George-Etienne Cartier, représentant du monde des affaires et du clergé se montre partisan de la réforme. Antoine-Aimé Dorion (1818-1891), homme politique libéral, la juge insuffisante et dangereuse ; il estime que ce n'est qu'une fédération déguisée et souhaiterait la restreindre aux deux provinces qui seront le Québec et l'Ontario. En 1865, le gouvernement canadien s'installe à Ottawa. En 1866, Alexander T. Galt (1817-1893), représentant du comté de Sherbrooke, fait adopter à Londres un texte garantissant les droits scolaires des minorités. De 1850 à 1870 s'élabore une idéologie nouvelle selon laquelle le catholicisme est l'élément principal d'un peuple canadien-français dont la vocation est agricole.

La naissance de la Confédération – La résurrection du Québec

En 1867, l'instabilité politique, les pressions intérieures et extérieures ainsi que les difficultés économiques, mettent un terme à l'expérience malheureuse du Canada uni. Le voisin américain, secoué par la Guerre de Sécession, se montre à nouveau menaçant, l'Angleterre ayant pris position en faveur des Sudistes. D'autre part, l'intégration des colonies anglaises dans l'espace économique nord-américain est devenue inévitable. L'Acte d'Union est dissout. Un Canada fédéral voit le jour sous la forme d'une Confédération canadienne, dominion de l'Empire britannique. Elle intègre d'abord l'ancien Haut-Canada, devenu l'Ontario, peuplé de Loyalistes, l'ancien Bas-Canada, qui redevient la province du Québec, peuplée de Canadiens français, ainsi que les provinces de Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, où résident encore des descendants des Acadiens. Les autres provinces constituant le Canada actuel s'y agrègeront ensuite au cours du temps.

CartierLa conséquence majeure de cette réforme pour les Francophones, c'est évidemment la réapparition d'une province dans laquelle ils se trouvent à nouveau majoritaires. Cet Acte de l'Amérique du Nord britannique entérine l'échec de la politique d'assimilation ; il ne remet pas en cause les droits de la couronne puisqu'elle continue de contrôler étroitement la politique extérieure et l'armée du dominion, dont le pouvoir est limité aux finances, à la politique intérieure et au commerce. Mais elle octroie aux provinces un certain degré d'autonomie qui justifie l'existence à leur niveau d'une Assemblée législative et d'un gouvernement. C'est pourquoi elle a été soutenue par George-Etienne Cartier (1814-1873) et par John A. MacDonald (1815-1891), le second étant pourtant partisan d'un Etat plus unitaire. C'est enfin une loi anglaise qui, en théorie, ne peut être modifiée que par le Parlement anglais. Ottawa devient la capitale de l'Etat fédéral. Les opposants les plus déterminés aux nouvelles institutions se recrutent parmi les Ecossais et les Irlandais ; l'un de ces derniers assassine à coups de revolver un député fédéraliste à Montréal. La population anglophone de la province du Québec amorce un lent déclin.

En 1868, le premier ministre du Québec Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890) crée un ministère de l'Instruction publique qui sera abolit en 1875 sous la pression du clergé qui redoute une évolution vers la laïcité, assimilée à la franc-maçonnerie propagatrice de l'idéologie révolutionnaire. D’emblée, le jeune gouvernement provincial se heurte à trois forces antagonistes : le pouvoir fédéral, l'opposition anglophone et le clergé catholique.

La révolte des métis

En 1869, le gouvernement canadien acquiert la Terre de Rupert à la Compagnie de la Baie d'Hudson marquant par là sa volonté de soustraire l'ouest canadien aux appétits des Etats-Unis. Sans consulter la population, il prononce l'annexion de la province du Manitoba. Cet acte unilatéral entraîne la révolte des colons de l'endroit majoritairement francophones. Ils se dressent pour la défense de leur langue, de leur foi et pour leur autogestion. Le mouvement, qualifié de Rébellion de la Rivière Rouge, est dirigé par un Métis Louis Riel (1844-1885). Un gouvernement provisoire est créé ; il se heurte à une opposition anglophone qui méprise l'autorité des Métis. Des arrestations ont lieu et des condamnations à mort sont prononcées par le nouveau pouvoir métis, immédiatement suivies de grâces. Cependant, l'un des conjurés, Thomas Scott, insulte ses gardiens qui exigent son exécution. Riel accède à leur demande et Scott est fusillé. Le gouvernement provisoire négocie cependant avec le gouvernement canadien ; on parvient à un accord et le Manitoba rejoint la Confédération canadienne. Un détachement militaire fédéral, est envoyé dans la colonie, sous les ordres de Garnet Wolseley (1833-1913), un militaire d’origine irlandaise chevronné, pour dissuader d'éventuelles tentatives américaines. Mais on dit aussi que les miliciens ontariens se proposent de lyncher Riel. Celui-ci se réfugie aux Etats-Unis.

RielIl ne revient au Manitoba qu'en 1871, rassuré par l'élection de ses partisans. Il participe même à une mobilisation générale contre les Fenians yankees, un groupe d'Irlandais qui se livrent à des raids en territoire canadien. Salué cordialement par le représentant de la couronne, on n'en cherche pas moins à l'écarter, en lui offrant une somme d'argent, par l'intermédiaire d'un évêque. Il s'efface quelques temps puis revient dans l'arène politique, soutenu par George-Etienne Cartier qui milite pour son amnistie mais mourra malencontreusement en 1873, sans avoir obtenu gain de cause. Elu au parlement canadien, réélu, démis puis réélu à nouveau, Riel doit jouer à cache-cache avec ses ennemis qui menacent de l'assassiner et l'empêchent de siéger normalement, ce qui lui vaut une grande popularité parmi les Francophones. Le premier ministre de l'Ontario, Edward Blake, va jusqu'à proposer une récompense de 5000 dollars pour sa capture ! De nouveau exilé aux Etats-Unis, il apprend la condamnation à mort d’Ambroise-Dydime Lépine (1840-1923), son adjoint lors de la Rébellion de la Rivière rouge, en punition de l'exécution de Scott. L'opinion francophone s'indigne et réclame la clémence pour Riel et Lépine ; ce dernier finit par obtenir la commutation de sa peine. Mais Riel, dont la santé est déjà ébranlée, sombre dans une sorte de narcissisme religieux qui nécessite des soins, lesquels lui sont prodigués clandestinement au Québec. Après un bref répit en famille, en 1878, il part vers l'ouest et se mêle maladroitement de politique au Montana où il enseigne pendant quelques temps, dans une mission jésuite.

En 1871 un recensement révèle que les Francophones ne représentent plus que 30% de la population du Canada. En 1873, une crise économique ébranle la Confédération. Le gouvernement conservateur fédéral de John A. Macdonald met en œuvre une politique protectionniste en frappant les importations de droits de douane élevés, pour favoriser l'industrialisation du pays ; il prône l'extension des chemins de fer vers les villes secondaires et l'appel à l'immigration pour développer l'ouest du pays. Les résultats de cette politique s'avèrent profitables pour l'ensemble du Canada, et pour le Québec en particulier qui voit une bourgeoisie urbaine fortunée se créer. En 1876, un fermier de Thetford découvre une étrange pierre : l'amiante ; l'exploitation minière va commencer. En 1877, Wilfrid Laurier (1841-1919), ministre libéral fédéral originaire du Québec, dénonce les pressions du clergé sur les électeurs qui, l'année précédente, ont causé la défaite d'un député libéral dans un  Québec toujours dominé par un catholicisme hostile au Parti libéral; le pape rappelle aux prêtres leur devoir de réserve en matière électorale et la hiérarchie du clergé québécois invite ce dernier à ne plus se mêler de politique en chaire. En 1880, un auteur francophone, Adolphe-Basile Routhier (1839-1920), écrit son poème « Ô Canada » qui deviendra l'hymne national canadien.

Après la Rébellion de la Rivière Rouge, beaucoup de Métis sont partis vers le Nord-Ouest. Mais les conditions d'existence y sont de plus en plus défavorables, notamment en raison de la disparition des bisons. Aussi, les Métis font-ils de nouveau appel à Riel. Ce dernier accepte, mais la tâche s'avère rude: il faut concilier les points de vue différents des Métis, francophones et anglophones, et déjouer les manœuvres dilatoires du gouvernement fédéral. Riel se sépare de plus en plus de la religion et du clergé. Une révolte armée finit par éclater. Elle se réfère à la Révolution française : les rebelles composent une Marseillaise rielliste. L'un des chefs, Gabriel Dumont (1837-1906), se montre partisan d'une longue lutte de guérilla propre à décourager l'adversaire ; Riel se prononce pour un affrontement général. Les rencontres ont lieu au Saskatchewan. L'armée des Métis remporte un succès à Fish Creek mais elle essuie une sévère défaite à la Bataille de Batoche, un mois plus tard, en mai 1885.

Riel, fait prisonnier, est envoyé à Winnipeg pour y être jugé. Mais, comme on redoute que le jury de la capitale du Manitoba ne lui soit par trop favorable, il est redirigé sur Régina (Saskatchewan) où on l'enferme, boulet aux pieds, dans une cellule de 3 m2, pendant deux mois, sans le secours du moindre avocat. Accusé de plusieurs actes de trahison, son cas est soumis à un jury dont une seule personne comprend un peu le français ; la défense est assurée par de jeunes avocats du Québec et par un avocat anglophone récemment établi à Régina. La condamnation ne fait aucun doute. L'accusé expose longuement les droits des Métis. Le jury, qui n'a évidemment rien compris à cette intervention, et qui pense même qu'on juge le prévenu pour le meurtre de Scott, le déclare coupable tout en réclamant la clémence. Le juge passe outre à la requête du jury et Riel est pendu, après s'être réconcilié avec l'église catholique, le 16 novembre 1885.

Cet assassinat juridique monte un peu plus les Francophones contre les Anglophones. Dans la mémoire des premiers, dont certains sont sangs mêlés, Riel, martyr de la cause métisse, est l'un des leurs. Cette affaire est symbolique des rapports psychologiques qui se sont développés entre les deux peuples fondateurs du Canada, d'un côté des Francophones vaincus et qui se sentent humiliés, de l'autre côté des Anglophones, sans doute ethniquement plus purs parce que leur émigration s'est souvent faite par famille, vainqueurs et imbus de leur supériorité raciale et économique. Cette présentation schématique, à peine forcée, subsistera jusque vers la fin du vingtième siècle. En 1885, des libéraux et des conservateurs du Québec, choqués par le dénouement de l'affaire Riel, rejoignent le Parti national, existant depuis 1871, dont le leader, Honoré Mercier (1840-1894), devient premier ministre provincial en 1887.

FossmobileDans la seconde moitié du 19ème siècle, l'économie du Québec s'industrialise, à partir de l'exploitation des ressources naturelles (hydroélectricité, pâtes à papier, métallurgie de l'aluminium, moulins à laine pour le tissage, amiante...). Vers 1880, apparaissent des organisations syndicales inspirées des Etats-Unis, les Chevaliers du Travail que Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau (1820-1898) fera interdire par le Vatican en 1885 sous l'accusation de franc-maçonnerie, ce qui n'empêchera pas à d'autres organisations ouvrières de se constituer pour améliorer les conditions d'existence des travailleurs. La population rurale ne représente plus que 70% des habitants du Québec. L'électricité et le téléphone font leur apparition. En 1897, la première automobile à essence du Canada, la fossmobile, est fabriquée à Sherbrooke, dans les Cantons de l'Est du Québec, par George Foote Foss (1876-1968).

La production québécoise est surtout destinée à l'exportation. Comme les capitaux locaux font défaut, les nouvelles entreprises sont financées d'abord par des Anglais ensuite par des Américains. L'économie québécoise échappe ainsi en grande partie aux Francophones. L'exode vers les villes se poursuit, mais l'émigration vers les Etats-Unis devient résiduelle : les Québécois trouvent des emplois sur place. Le syndicalisme se développe pour la défense des ouvriers spécialisés, seuls à bénéficier d'un emploi stable. L'immigration est encouragée par le gouvernement canadien pour occuper les territoires de l'ouest et les soustraire ainsi à la convoitise des Etats-Unis. Un chemin de fer, le Canadian-Pacific, rapproche l'Atlantique du Pacifique. Le peuplement des nouvelles provinces de l'ouest relativise l'importance du Québec au moment où sa population francophone voit arriver des Anglais, mais aussi des Italiens, des Grecs et des ressortissants des pays de l'est européen (Polonais, Ukrainiens). Je n'oublierai pas aussi le faible apport des Alsaciens-Lorrains qui refusent l'annexion de leur région à l'Allemagne, à l'issue de la guerre de 1870, puisque j'ai connu un de leurs descendants. La plupart de ces nouveaux-venus rêvent de s'intégrer dans une Amérique du Nord anglo-saxonne. Ils vont donc modifier sensiblement l'équilibre démographique entre les Anglophones et les Francophones suscitant parfois chez ces derniers un sentiment de rejet teinté de xénophobie.

En 1890, la suppression du français dans les écoles du Manitoba, mesure précédée puis imitée dans d'autres provinces, suscite au Québec une poussée de nationalisme. En 1891, les partis fédéraux profitent d'un scandale financier pour faire tomber Honoré Mercier qu’ils estiment capable de mener le Québec à l'indépendance. En 1896, après une longue lutte, l'Ontario obtient la reconnaissance par Londres de la souveraineté des provinces dans leurs sphères de juridiction. En 1900, pour faire pièce au monde financier Anglo-saxon, qui refuse ses prêts aux Francophones, Alphonse Desjardins (1854-1920) fonde un mouvement de coopératives d'épargne et de crédit qui est promis à un bel avenir et porte encore son nom.

Un mot sur les conditions sanitaires de la province à cette époque : en 1885, une épidémie de variole tue près de 3000 personnes à Montréal ; la mortalité infantile est très élevée dans la province (30% à Montréal !) à cause de la diarrhée, de la tuberculose, de la diphtérie de la scarlatine et de la typhoïde. Au début du 20ème siècle, la population du Québec dépasse 1,6 millions d'habitants, mais les autres provinces du Canada en comptent plus de 3,7 millions.

La résurgence du nationalisme québécois

Le nationalisme canadien français se développe alors autour d’Henri Bourassa (1868-1952), petit-fils de Louis-Joseph Papineau, journaliste et homme politique catholique, qui s'est opposé, en 1899, à l'implication de la confédération dans la Guerre des Boers. A cette occasion, alors qu'il prononce un discours en français, il est interpellé par un député anglophone qui lui crie : « Speak white ! », ce qui est significatif du mépris dans lequel il tient les Francophones assimilés à des Indiens. Il est à noter que le premier ministre fédéral, qui est pour la première fois francophone, Wilfrid Laurier, refuse la participation du Canada au conflit mais, pour ménager les susceptibilités anglaises, il accepte de défrayer le transport des volontaires. En 1910, Henri Bourassa fonde le journal Le Devoir. Ce quotidien militera pour un projet d'émancipation du Canada de la tutelle britannique et défendra les droits des Canadiens français. Bourassa plaide d'abord pour l'accès de la Confédération à la pleine souveraineté. Il pense que l'harmonie se rétablira entre Francophones et Anglophones dans un Canada indépendant. Mais cette vision idéale des rapports entre les deux peuples fondateurs est remise en cause par un certain nombre d'incidents, notamment lorsque des lois provinciales restreignent l'usage du français.

Montral5Dès 1901, les ruraux ne représentent plus que 60% de la population du Québec. En 1912, le Québec annexe le Nouveau-Québec au nord de son territoire.

La Première Guerre mondiale

En 1914, la Grande-Bretagne, qui dirige la politique extérieure du Canada, oblige ce dernier à participer à la Première Guerre mondiale (60000 morts canadiens). L'opposition entre Canadiens anglais, fidèles à la couronne britannique, et Canadiens français, plus que réservés, devient alors manifeste. En 1917 un impôt sur le revenu « provisoire » est instauré au Canada pour financer l'effort de guerre ; il ne disparaîtra jamais. En 1918, la conscription entraîne une émeute à Québec; l'armée mitraille la foule ; on relève quatre morts, tous tués par balles explosives, et de nombreux blessés ; plus de deux cents personnes sont arrêtées dans les jours qui suivent ; l'Habeas corpus est suspendu. L'opinion de Bourassa évolue du nationalisme canadien au nationalisme québécois.

Au lendemain de la Grande Guerre, le Royaume-Uni n'a plus la capacité de financer l'expansion économique du Canada qui tombe de plus en plus sous l'emprise des capitaux américains. Tandis qu'un service d'autobus entre en service à Montréal, en 1919, une récession frappe la province et l'émigration québécoise vers les Etats-Unis reprend massivement, jusqu'en 1926. Le gouvernement fédéral assouplit la politique d'immigration en raison de l'importance du déficit migratoire.

Deux courants idéologiques s'affrontent alors au Québec : le libéralisme de Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952), premier ministre provincial de 1920 à 1936, favorable au progrès et au développement industriel, et le nationalisme clérical incarné par l'abbé Lionel Groulx (1878-1967), écrivain et historien nationaliste, qui défend les valeurs traditionnelles familiales et agricoles et présente la défaite de 1760 comme une catastrophe pour les Canadiens français.

En 1922, la création de la station CKAC introduit la radiodiffusion au Québec.

A 1927, Londres fixe la frontière entre le Québec et la Labrador qui est attribué à Terre-Neuve. Le Québec ne reconnaît pas cette frontière avec un territoire riche en ressources minières dont il estime avoir été dépouillé.

La Grande Dépression

Après un regain de prospérité dans la seconde partie des années 1920, la grande dépression de 1929 frappe à nouveau la province. Le taux de chômage passe de 3 à 25% et les salaires chutent de 40%. La situation devient d'autant plus difficile que les Etats-Unis n'offrent plus de débouché au surplus de main-d’œuvre québécoise.

Le 22 juin 1930, deux jours avant la fête nationale de la Saint-Jean-Baptiste, est inaugurée à Montréal, entre le Palais de Justice et l'Hôtel de Ville de Montréal, une statue à la mémoire de l'officier de marine français Jean Vauquelin qui s'est illustré en tentant de reprendre aux Anglais la ville de Québec. La construction de ce monument a été parrainée par la Société Saint-Jean-Baptiste. Le choix de son emplacement n'est pas innocent : la statue se dresse face à la colonne de Nelson, comme pour défier le vainqueur de Trafalgar. Au symbole de l'impérieuse domination britannique, l'élite québécoise oppose celui de la valeur française malheureuse. Dans le même ordre d'idée, une statue de Jeanne d'Arc s'élève à Québec, non loin de l'endroit où Wolfe à triomphé de Montcalm.

Lire la suite : Le Québec dans un Canada souverain

A propos de l'auteur

Poète, Passionné d'histoire et grand voyageur, Jean Dif a rédigé des ouvrages historiques et des récits de voyage.(voir son site).

Bibliographie

- Histoire Populaire du Quebec T 03 1841 1896 de Jacques Lacoursière. 2005.

- Histoire du Québec de Marc Durand. Imago, 2002.

Une histoire du Québec en photos de Hélène-Andrée Bizier. Fides, 2007.

Pour aller plus loin

- Le site du Grand Québec.

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