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Histoire du Québec (6/6) : Le Québec dans un Canada souverain

flag_quebecEn 1931, dans le contexte de la grande dépression, le statut de Westminster, qui institue le Commonwealth, confère la pleine souveraineté au Canada, sans soulever l'enthousiasme. L'Ontario et le Québec, qui craignent un pouvoir fédéral trop puissant, ne voient pas ce changement sans appréhension. La transition s'effectue très lentement : la citoyenneté canadienne n'est effective qu'en 1947 ; le drapeau qu'en 1965, et encore nombre de Canadiens anglais continuent-ils de déployer devant leur maison l'Union Jack, à côté du drapeau à feuille d'érable qui a remplacé le Red Ensign frappé de l’Union-Jack ; l'hymne national, écrit par un francophone, en 1980.


 

En 1935, la crise pousse le gouvernement provincial à prôner le retour à la terre. A cette époque la population rurale ne représente plus que 40% de la population de la province et, au cours du siècle qui vient de s'écouler, près d'un million de Québécois sont partis chercher du travail aux Etats-Unis.

De 1932 à 1937, Grosse-Île, toujours station de quarantaine pour immigrants, est frappée par des épidémies de choléra et de typhus. La mortalité infantile a beaucoup diminué au Québec mais elle reste élevée (10%) quoique dans la norme des pays développés.

L’Union nationale, un conservatisme nationaliste

Des dissidents du Parti libéral de Taschereau créent l'Action libérale nationale qui s'allie au Parti conservateur pour donner naissance à l'Union nationale dont le chef, Maurice Duplessis (1890-1959), exerce le pouvoir de 1936 à 1939. Ce leader conservateur doit sa fortune politique à sa dénonciation du favoritisme (patronage en québécois) dont fait preuve le Parti libéral, ce qui ne l'empêche pas ultérieurement d'être soupçonné lui aussi de tomber dans ce travers. Il se singularise d'emblée, dès 1937, par la « Loi du Cadenas », jugée anticonstitutionnelle, qui musèle la liberté d'expression, pour lutter contre le communisme et le syndicalisme, favorisant ainsi objectivement le monde des affaires anglo-saxon, au détriment du monde du travail francophone, paradoxe curieux pour un nationaliste.

En 1939, les armoiries et la devise du Québec : « Je me souviens » sont adoptées ; le Parti libéral revient au pouvoir. Le premier ministre, Adélard Godbout (1892-1956), reconnaît aux travailleurs le droit syndical. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de Québécois évoluent vers le nationalisme, d'une part parce qu'ils y voient le seul moyen d'échapper à l'assimilation des Francophones à l'œuvre dans les autres provinces et, d'autre part, parce que la crise leur démontre que le gouvernement provincial n'est pas doté de pouvoirs suffisants pour les protéger contre les aléas économiques. En 1940, Godbout, accorde aux femmes le droit de vote. Il applique une politique qui annonce, sous certains aspects, la révolution tranquille. Mais, la guerre va lui être fatale en ravivant les tensions autour de la conscription.

La Seconde Guerre mondiale et la querelle autour du service militaire

La guerre donne un coup de fouet salutaire à l'économie du Québec mais elle fait ressurgir à nouveau le clivage entre Canadiens anglais, favorables à la participation au conflit, et Canadiens français peu disposés à aller se faire tuer en Europe pour le roi d'Angleterre. Le premier ministre fédéral, Mackenzie King (1874-1950), promet aux Québécois qu'ils ne seront pas enrôlés contre leur gré. La jeunesse montre à sa façon le peu de confiance qu'elle accorde aux promesses du premier ministre fédéral : une épidémie de mariages se répand à travers le Québec ; les prêtres en bénissent plusieurs par jour, les jeunes gens espèrent qu'on n'osera pas les arracher à leur foyer. Pour lutter contre ce manque évident d'enthousiasme pour les travaux guerriers, la propagande britannique propage la peur, afin de susciter des vocations militaires ; on appose des affiches qui incitent la population à se protéger contre les bombardements allemands, alors qu'aucun avion n'est encore capable d'effectuer le trajet Europe-Amérique dans les deux sens, même si des sous-marins nazis rôdent près des côtes canadiennes ; on parle même d'appliquer la politique de la terre brûlée en cas d'invasion ! Le député maire de Montréal, Camille Houde (1889-1958), fermement opposé au service militaire, est déporté pendant quatre ans sans jugement dans un camp de concentration.

En 1941 l'assurance chômage est instituée.

En 1942, le gouvernement fédéral demande aux Canadiens de le relever par référendum de sa promesse faite aux Québécois de ne pas les forcer à participer au conflit. Les résultats de la consultation sont éloquents : 71% des Québécois répondent négativement (85% des Francophones), mais 80% des citoyens des autres provinces apportent leur soutien à la proposition gouvernementale qui est ainsi adoptée. Les Québécois vont donc fournir malgré eux une part non négligeable de la chair à canon de l'Empire britannique. Combien resteront sur les plages de France, à Dieppe (2753 morts canadiens) et en Normandie ? La preuve est une fois de plus administrée que les Canadiens français ne peuvent plus faire entendre leur voix dans l'ensemble fédéral et le nationalisme québécois en sort renforcé. Henri Bourassa, bien qu'à l'écart de la vie publique depuis des années, appuie le Bloc populaire canadien, un parti politique québécois de centre-gauche, dans son opposition à la conscription.

En 1943, le Québec réclame la restitution du Labrador.

La même année, la Sicile est conquise par les alliés (2344 morts canadiens) ; entre le 18 et le 24 août, la ville de Québec accueille Churchill et Roosevelt venus s'entretenir de la chute de l'Italie fasciste et de la suite à donner à la guerre, au Château Frontenac, avec Mackenzie King.

En 1944, un régime d'aide aux familles est élaboré mais le libéral Godbout est battu par le conservateur Duplessis qui détient dans son jeu l'atout maître nationaliste.

L’époque de la Grande Noirceur

DuplessisAprès la fin du conflit, le Québec connaît une période de prospérité économique. Les revenus progressent, les conditions de travail s'améliorent et les Québécois commencent à accéder au rêve américain. Mais en même temps, la période qui va de 1945 à 1960 est qualifiée de Grande Noirceur. Elle est dominée par la personnalité de Maurice Duplessis qui restera premier ministre jusqu'à sa mort. Ultraconservateur au plan politique comme au plan économique, favorable au grand capitalisme américain et aux milieux d'affaires, opposé à l'interventionnisme étatique, imprégné de morale religieuse étroitement traditionaliste, il impose au Québec un régime qui s'apparente à celui de Salazar au Portugal. Il maintient fermement l'enseignement et les soins de santé aux mains du clergé. Il fait peser sur la société québécoise une chape de plomb. Mais sa politique n'est pas exempte de contradictions puisqu'il crée aussi un Ministère de la Santé et du Bien Etre social.

En 1948, des artistes s'élèvent contre l'immobilisme de la société et défendent l'idée d'une culture québécoise spécifique dans un manifeste qui fait date, « Refus global », même si sa diffusion reste limitée dans un premier temps. Les lettres et les arts québécois se sont étroitement inspirés du modèle français dans le passé, mais ce n'est maintenant plus le cas : des œuvres originales émergent, la notoriété internationale des artistes québécois en portera bientôt le témoignage. Paul-Emile Borduas (1905-1960), un des rédacteurs du manifeste, est exclu de l'école où il enseignait ; il s'exile en France.

Nationaliste, Duplessis conteste les ingérences dans la vie provinciale d'un pouvoir fédéral qui concentre entre ses mains l'essentiel des ressources fiscales (83% en 1945). C'est sous son régime, en 1948, que le drapeau bleu à croix blanche fleurdelisé devient l'emblème du Québec et remplace le pavillon anglais au fronton des bâtiments publics ; il a été choisi de préférence au drapeau tricolore des patriotes, jugé probablement provocateur et trop révolutionnaire.

Dans cette atmosphère conservatrice et cléricale, à contre courant de l'évolution du reste du monde, malgré des progrès économiques indéniables, le Québec, qui accumule les retards en matière d'éducation et d'évolution des mœurs, reste néanmoins un lieu attractif d'immigration. Des Français qui fuient une Europe en ruines, toujours menacée par de nouveaux conflits, et aussi, plus tard des orphelins de la décolonisation, viennent y tenter leur chance. Ils n'y sont pas toujours bien accueillis. On reproche a ces ressortissants d'un pays jugé bien petit, depuis la défaite de 1940, leur langage précieux, leur inconcevable fatuité et surtout le fait qu'ils enlèvent des emplois aux enfants d'une contrée où le chômage est structurellement élevé pendant la mauvaise saison. Certains talents sont cependant recherchés (les mécaniciens automobile, par exemple). De plus, les Québécois gardent toujours une dent contre la France qui les a abandonnés deux siècles plus tôt.

En 1949, une grève dans les mines d'amiante se prolonge pendant cent trente huit jours ; elle aura un impact important sur les conditions de travail dans l'industrie minière. En 1952, la télévision fait son apparition.

En 1954, Duplessis crée un impôt provincial sur le revenu.

En 1955, une émeute éclate au Forum de Montréal ; le président de la Ligue nationale de hockey, Clarence Sutherland Campbell (1905-1984), qui a suspendu un joueur prestigieux, Maurice Richard (1921-2000), idole du public québécois, est violemment pris à partie par la foule en colère. Ce mouvement d'humeur, assorti de jet de projectiles divers, est significatif de la tension qui règne entre les deux communautés : Richard est un québécois qui a réussi et qui tient la dragée haute aux Anglophones dont Campbell est le représentant symbolique. Par association, un ingrédient alimentaire fera par la suite les frais de la vindicte populaire : la sauce Campbell verra ses ventes chuter !

La révolution tranquille

En 1960, le parti libéral gagne les élections et son chef, Jean Lesage (1912-1980), devient premier ministre du Québec. Il inaugure une ère de grands changements. Sous l'influence des séries télévisées venues des Etats-Unis, la société québécoise est en train d'accentuer son américanisation. Le développement économique, qui s'inscrit dans le prolongement des tendances antérieures, est propice à la générosité. Une relative abondance des ressources fiscales permet d'envisager des réformes sociales, notamment dans le domaine du bien être social et de l'assistance maladie. Mais les entreprises restent largement aux mains d'investisseurs étrangers. En 1961, seulement 7% d'entre elles sont sous le contrôle de Québécois. C'est dans ce contexte que s'inscrit la révolution tranquille, en contrepoint à la période d'immobilité de Duplessis.

revolution_tranquilleSous le signe du changement, d'ambitieuses réformes sont lancées en matière de politique sociale, d'éducation, de santé et de développement économique. Pour réduire l'emprise extérieure sur l'économie, le gouvernement provincial élabore un vaste programme de nationalisations sous l'égide du slogan « Maîtres chez nous » visant à réduire la suprématie des milieux d'affaires anglo-saxons et protestants. Des institutions financières étatiques sont créées, comme la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec et la Société Générale de Financement. Mais la  mesure emblématique de l'époque est l'acquisition par l'Hydro-Québec, fondée en 1944, de tous les distributeurs d'électricité de la province, à la suite d'une élection anticipée, jouée sur cette question, par les libéraux qui sont reconduits au pouvoir. C’est aussi à cette époque, entre 1962 et 1966, que les premières lignes du métro de Montréal sont aménagées.

Un effort particulier est consenti en faveur de l'éducation qui se laïcise ; un ministère de l'Education est créé, des commissions scolaires voient le jour, l'enseignement secondaire est développé par l'institution des CEGEP ; pour accompagner cette rénovation, de nombreux enseignants français viennent effectuer au Québec l'équivalent de leur service militaire, dans le cadre de la coopération. L'existence d'une culture québécoise spécifique est à nouveau revendiquée et on exige qu'elle ait enfin toute la place qui devrait lui revenir, quoi qu'en pense le monde anglo-saxon.

Les valeurs traditionnelles sont remises en question, des interdits sont levés et la religion est en recul dans une population qui lui était jusqu'à présent étroitement soumise. Cette évolution entraîne une forte baisse de la natalité : les familles nombreuses, qui étaient jadis la règle, deviennent l'exception. En 1964, les femmes obtiennent la capacité de signer des actes juridiques sans l'autorisation de leur mari.

En résumé, on pourrait dire que la révolution tranquille consiste en l'avènement d'un Etat-Providence moderne et laïc, enfin émancipé des influences religieuses. L'éducation et la charité chrétienne cèdent la place à l'instruction laïque et aux institutions sociales. Cette transformation révolutionnaire est indéniablement la conséquence des pressions accumulées depuis longtemps du fait de l'affaiblissement du monde rural au profit du monde urbain, pressions qui se sont accentuées du temps de la Grande Noirceur. Ajoutons qu'elle s'effectue dans un contexte extérieur caractérisé par d'importants changements sociétaux, en Europe comme en Amérique. En matière de politique extérieure, elle débouche sur une utilisation plus intense des marges de manœuvre qu'offre aux provinces la Constitution canadienne pour nouer des relations avec des Etats étrangers par le biais de délégations générales.

Cette transformation de la société québécoise suscite l'incompréhension du gouvernement fédéral. En 1963, le premier ministre fédéral, Lester B. Pearson (1897-1972), pose la question : « Que veut le Québec ? » et, pour tenter d'y répondre, il crée une Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Les travaux de cette Commission aboutissent à un échec qui ne fait que mettre en lumière le fossé qui sépare les deux communautés.

La montée du mouvement indépendantiste : le concept de Nègres blancs d’Amérique

Les Anglophones se montrent hostiles à toute concession accordée aux Francophones qui précèderait à leurs yeux l'éclatement de la Confédération et qui mettrait en question leur prédominance économique. Du côté des Francophones, dans le contexte international de la décolonisation, le souverainisme québécois évolue vers la revendication de l'indépendance. Des partis politiques sécessionnistes se constituent, dès 1960 : Le Ralliement national (RN) et le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Au début des années 1960, une fraction des indépendantistes se radicalise et fonde le Front de Libération du Québec (FLQ) qui considère que le Québec est un pays colonisé par les Anglais depuis la conquête et que seule la lutte armée permettra sa libération, d'où l'organisation d'une Armée de Libération du Québec (ALQ) ; des attentats sont commis et l'idéologue du mouvement, Pierre Vallières (1938-1998), dans une autobiographie qu'il rédige en prison, affirme que les Québécois sont les Nègres blancs d'Amérique. Cette assimilation du Québec à un pays à décoloniser trouve en partie son origine dans le déclassement social d’une grande partie des Francophones et aussi dans le fait que la province est encore en retard en matière d’industrialisation, malgré les changements intervenus, et que son économie est encore trop largement tournée vers l’exportation de matières premières transformées ailleurs.

Jusqu'à présent, si l'ont met à part les tentatives du 19ème siècle plus ou moins inspirées par la Révolution française, le nationalisme québécois a plutôt été l'apanage du conservatisme ; maintenant ce sont les partisans du mouvement qui l'incarnent ; l'esprit de conquête l'emporte sur l'esprit de résistance. La figure du patriote de 1838 émerge à nouveau des brumes de l'histoire et son drapeau tricolore sort des poches des plus déterminés.

En 1964, à l'occasion d'une visite de la reine Elisabeth II, une foule inoffensive est brutalement dispersée à coups de matraques. En 1965, sous la pression du Québec, le gouvernement fédéral autorise le retrait d'une province d'un programme fédéral avec compensation. Aux élections de 1966, bien que le Parti libéral soit vainqueur en voix, c'est l'Union nationale qui de_Gaulle_montreal
remporte le plus grand nombre de siège et Daniel Johnson (1915-1968) prend la tête du gouvernement. Mais l'élan est donné et les réformes vont se poursuivre. En 1967, le général de Gaulle reçoit, de Québec à Montréal, sur le Chemin du Roy, un accueil triomphal. Au balcon de l'Hôtel de Ville de la seconde ville francophone du monde, l'enthousiasme de la foule lui rappelant la libération de Paris, il ne peut retenir un retentissant « Vive le Québec libre » qui est aussitôt interprété, par les deux camps, d'une manière qui dépasse probablement sa pensée. Pour les fédéralistes, c'est une insupportable ingérence dans les affaires intérieures canadiennes ; pour les séparatistes, c'est un appel à l'indépendance lancé par le président de la vieille mère-patrie et cet appel est perçu comme un encouragement à intensifier la lutte.

Un ministre libéral, René Lévesque (1922-1987), qui estime que le Québec n'a aucun avenir dans le cadre fédéral, quitte son parti pour fonder le Mouvement Souveraineté-Association. Cet homme politique charismatique, l'un des artisans des réformes, jouit d'une énorme popularité et René la Cigoune (la cigarette), comme on le surnomme familièrement, grand fumeur devant l'éternel, n'a pas fini de faire parler de lui. La même année, d'avril à octobre, se tient l'Exposition universelle de Montréal ; elle accueille plus de 50 millions de visiteurs (j'y étais). En 1968, Radio-Québec et l'Université du Québec sont créées. La même année, 290 personnes sont arrêtées à Montréal pendant le défilé de la Saint-Jean Baptiste ; les partis souverainistes fusionnent pour donner naissance au Parti québécois sous l'autorité de René Lévesque.

En 1969, pour tenter de retenir le Québec dans la Confédération, Pierre Eliott Trudeau (1919-2000), premier ministre du Canada, fait adopter une loi qui rend le bilinguisme officiel dans les institutions fédérales ; le recrutement de fonctionnaires francophones s'en trouve facilité. La même année, le projet de loi 63, qui met à égalité le français et l'anglais au Québec, suscite de nombreuses manifestations hostiles et la création d'un Front commun du Québec français qui réclame l'usage unique du français dans la province, à tous les niveaux. Après de violents incidents, les manifestations sont interdites par le maire de Montréal, Jean Drapeau (1916-1999).

A l'issue de la révolution tranquille, force est de constater que les Québécois ne sont plus des Français vivants en Amérique du Nord, mais bel est bien un peuple américain nouveau, qui s'est forgé une identité nationale spécifique, notamment à partir de la préservation sourcilleuse de sa langue maternelle, mais pas seulement. La revendication culturelle québécoise s'adresse aussi bien à la France qu'à l'Angleterre.

La loi sur les mesures de guerre

En 1970, la montée du nationalisme dans la jeunesse est manifeste. Des personnes fortunées s'affolent et transfèrent des fonds importants en Ontario. Le Parti québécois obtient 23% des voix (contre 8% aux partis indépendantistes 4 ans plus tôt). Le Parti libéral de Robert Bourassa (1933-1996) retrouve le pouvoir, après avoir battu l'Union nationale, qui dirigeait la province depuis 1966. Bourassa est fédéraliste, mais il admet que la Confédération doit être réformée et milite pour que les droits des Québécois soient respectés. Il fait d'ailleurs adopter une loi (la loi 22), en 1974, qui déclare le français langue officielle du Québec, tout en reconnaissant deux langues nationales : le français et l'anglais ; cette mesure ne satisfait ni les Anglophones, qui se sentent lésés, ni les Francophones, qui l'estiment insuffisante. Il institue également l'assurance-maladie (1970), malgré l'opposition d'une partie des médecins, les allocations familiales (1973), l'aide juridique (1973) et la Charte des droits et libertés de la personne (1975). Il s'intéresse aux femmes qui sont autorisées à faire partie des jurés, après que 7 d'entre elles aient chahuté une audience ; il crée un Conseil du statut de la femme. Par ailleurs, Bourassa lance le projet hydroélectrique de la Baie James, malgré l'opposition des indiens Cris soutenus par les défenseurs de l'environnement. Il travaille aussi efficacement, avec le maire de Montréal, Jean Drapeau, à la préparation des Jeux Olympiques d'été, qui se tiendront en 1976 dans la métropole canadienne.

Mais l'événement majeur de son premier mandat est la Loi sur les mesures de guerre. Peu après son élection, à l'automne 1970, le FLQ passe à l'attaque en enlevant deux personnes : un diplomate britannique, James Cross (né en 1921), et surtout le ministre du Travail du gouvernement provincial, Pierre Laporte (1921-1970) qui est retrouvé assassiné. Ces enlèvements soulèvent une grande émotion dans le pays et creusent encore un peu plus le fossé qui s'élargit entre les communautés. Je me souviens avoir vu à cette époque, dans un village anglophone, un écriteau sur lequel on lisait: « Maison à vendre mais pas à des Français » ! Le gouvernement provincial sollicite l'intervention du gouvernement fédéral qui déploie des mesures militaires disproportionnées. L'armée canadienne prend le contrôle de la province ; quatre cent cinquante sept personnalités souverainistes sont arrêtées, dont la chanteuse Pauline Julien (1928-1998), par la gendarmerie royale, dans des conditions contestables. Cette effervescence se calme assez rapidement, après le départ vers Cuba des preneurs d'otages qui ont libéré Cross. Mais Bourassa se heurte à l'intransigeance du premier ministre du Canada, Pierre Eliott Trudeau (1919-2000), pourtant lui aussi libéral et d'origine québécoise, mais parfaitement bilingue et farouche partisan de l'unité du Canada. La situation constitutionnelle est gelée, ce qui ne peut que favoriser les indépendantistes. Aussi, aux élections suivantes, en 1976, le Parti québécois accède-t-il au pouvoir ; René Lévesque devient premier ministre du Québec.

Le Parti québécois au pouvoir

Le Parti québécois a promis de ne pas proclamer l'indépendance sans consulter au préalable la population par référendum. En dehors de cette précaution, qui a sans doute levé bien des réticences, il proposait un programme social-démocrate assorti de la protection des droits des Francophones qui sera largement appliqué. La mesure phare de ce premier mandat est la loi sur la protection de la langue française (Loi 101), votée en 1977, qui a valeur quasiment constitutionnelle et qui renforce les dispositions de la Loi 22 de 1974. Cette loi fera l'objet de nombreuses discussions et de recours devant les juridictions canadiennes qui amèneront un futur gouvernement provincial libéral à l'amender. Décriée par les Anglophones, elle met pourtant fin à une anomalie : dans les faits, le Québec était la seule province à devoir pratiquer le bilinguisme. Cette situation s'avérait facteur d'injustice, au détriment des Francophones, dans la mesure où les entreprises, majoritairement dirigées par des Anglo-saxons, privilégiaient naturellement, au moment de l'embauche, les candidats parlant le mieux l'anglais. La loi offre ainsi des débouchés aux Francophones, dont le taux de chômage est plus élevé que celui des Anglophones, surtout depuis les crises pétrolières du milieu des années 1970, car les entreprises ont désormais intérêt à rédiger leurs documents en bon français. En réalité, depuis déjà plusieurs années, le mouvement était amorcé par les consommateurs québécois qui avaient tendance à boycotter les produits trop ouvertement anglo-saxons.

Beaucoup de Francophones se sentent désormais d'abord Québécois et ils reprennent les étrangers qui, peu au courant des subtilités de la politique locale, les traitent de Canadiens. Leur capitale nationale, c'est Québec, Ottawa n'est plus que la capitale fédérale.

Entre 1976 et aujourd'hui, le Parti québécois et le Parti libéral se partagent le pouvoir. L'union nationale conservatrice a été laminée avant de disparaître. Mais, au début des années 1990, un nouveau parti souverainiste entre en scène : l'Action démocratique de Mario Dumont.

A certaines périodes, le Parti québécois, fort de l'importance électorale du Québec, qui vote massivement pour les candidats francophones, représente l'opposition officielle au parlement d'Ottawa ; cette situation paradoxale donne l'occasion aux indépendantistes de dialoguer avec leurs opposants au sein même des instances canadiennes et sans doute de faire tomber bien des préventions.

Le rapatriement de la Constitution et la querelle institutionnelle

En 1981, Pierre Eliott Trudeau envisage de rapatrier la Constitution canadienne qui relève toujours du Parlement britannique. Les discussions entre les provinces font apparaître de sérieuses divergences. Trudeau règle le problème, en l'absence de René Lévesque, tenu volontairement à l'écart, avec les autres chefs des gouvernements provinciaux, au cours d'une nuit qui a été qualifié de Nuit des Longs Couteaux. Ce procédé inqualifiable est durement ressenti au Québec qui votait jusqu'à présent pour le Parti libéral aux élections fédérales. Trudeau réduit les prérogatives du Québec en matière de langue et d'éducation. En mettant le Québec au rang d'une province comme les autres, il biffe 117 ans d'histoire et renonce au concept des deux peuples fondateurs. Aux élections fédérales suivantes, la sanction tombe : les libéraux sont battus.

En 1982, la Grande-Bretagne autorise le rapatriement de la Constitution. Le Canada est indépendant et promulgue une nouvelle Constitution dont il n'existe qu'une version anglaise, puisque le Québec n'est pas d'accord, mais à laquelle il est tout de même assujetti, imbroglio juridique gros de contradictions futures.

En 1984, un militaire ouvre le feu dans les locaux de l'Assemblée nationale à Québec et tue trois personnes pour des raisons personnelles qui n'ont rien à voir avec la politique.

En 1985, Robert Bourassa revient au pouvoir. Il utilise une argutie juridique pour passer outre à un jugement de la Cour suprême du Canada qui déclarait inconstitutionnelles des dispositions de la Charte de la langue française ; cette manœuvre du chef du gouvernement québécois entraîne la démission de ministres anglophones. Robert Bourassa s'affirme partisan d'une société distincte pour le Québec.

En 1986, le gouvernement libéral du Québec, énonce cinq conditions pour que la province signe la Constitution canadienne : 1°)- Reconnaissance du Québec comme société distincte. 2°)- Droit de véto sur tout changement constitutionnel. 3°)- Garanties sur la nomination des juges à la Cour suprême (1/3 doivent être québécois). 4°)- Compensations financières aux provinces  qui refusent de participer aux programmes fédéraux. 5°)- Prise en charge de l'immigration sur son territoire par le Québec. Une entente paraît possible. Robert Bourassa  participe à une tentative de réforme constitutionnelle avec le gouvernement fédéral et les autres provinces ; la négociation avorte. D'autres tentatives de réformes constitutionnelles auront encore lieu plus tard, sans résultat, ce qui fournit des arguments aux partisans de l'indépendance.

Ces querelles institutionnelles montrent que la revendication d’une spécificité québécoise dépasse largement le camp des souverainistes et qu’il est l’expression de la société québécoise dans son ensemble. Mais le Québec se trouve isolé car les habitants des autres provinces, quelle que soit leur origine, immigrés de date plus récente, ont adhéré aux valeurs anglo-saxonnes, du fait même de leur immigration, et ils ne comprennent pas que les Québécois, à qui ces valeurs sont imposées, puissent les rejeter.

En 1988, la Cour suprême du Canada ayant invalidé des dispositions de la Loi 101, Robert Bourassa fait adopter un texte qui restreint l'affichage bilingue ; plusieurs dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour défendre la Loi 101.

En 1989 un tireur fou misogyne tue quatorze jeunes femmes à l'Ecole Polytechnique de Montréal.

Les barricades d’Oka

lys_des_agniersEn 1990, les Mohawks (Agniers) d'Oka affrontent les Blancs, la police provinciale et l'armée canadienne ; cette crise est révélatrice des frustrations ressenties par les Autochtones et de l’hostilité dont fait preuve une partie de la population blanche à leur encontre. Elle a éclatée à propos de l'agrandissement d'un terrain de golf sur un cimetière ancestral des Indiens. Elle a été marquée par l'érection de barricades, des actes de violence armée, la mort d'un policier et aussi une manifestation de Blancs qui ont brûlé un Mohawk en effigie aux cris de : « le Québec aux Québécois ». C’est le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau (né en 1930), alors dans l’opposition, qui a poussé le premier ministre libéral, Robert Bourassa, à réclamer l’intervention de l’armée canadienne.

En 1994, le Parti Québécois revient au pouvoir, pour le reperdre en 2003.

Depuis la révolution tranquille, les chocs pétroliers (en 1973-1974 et en 1979), la mondialisation et un accord de libre-échange, l'Alena, conclu entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, en 1992, ont modifié la donne économique et sociale. Les ressources budgétaires ont diminué; la concurrence a fait pression sur les salaires ; la précarité des travailleurs s'est accrue. Le gouvernement provincial a perdu une grande partie de sa capacité d'intervention dans le domaine économique et le Parti québécois, de gré ou de force, s'est converti au libéralisme.

Si le Canada a participé à la première guerre d’Irak, en 1991, le Québec s’est montré plus réservé que le reste du Canada. En 2003, le gouvernement du Canada refuse de participer à l’invasion de l’Irak sans un mandat des Nations Unies. Mais, là encore, l’opposition du Québec à la guerre se montre plus déterminée. A Montréal une manifestation monstre réunit plus de 150000 personnes faisant de ce défilé le plus important du monde, compte tenu de la population de la province.

Les référendums

Pendant qu'il dirigeait le Québec, conformément à ses promesses, le Parti québécois a soumis aux électeurs deux référendums d'inspiration séparatiste. Les deux ont été rejetés.

rene_levesqueLe premier, soutenu par René Lévesque, en 1980, proposait une nouvelle entente Québec-Canada, d'égal à égal, qualifiée de souveraineté-association ; elle a été repoussée par près de 60% des votants, mais après que Pierre Elliott Trudeau se soit engagé à réformer la Constitution. Le second, en 1995, initié par le premier ministre Jacques Parizeau, chef du Parti québécois, a été soutenu par Lucien Bouchard (né en 1938), chef de l'opposition à la Chambre des Communes d'Ottawa (Bloc québécois) et par Mario Dumont (né en 1970), chef de l'Union démocratique du Québec. Il proposait la souveraineté du Québec assortie d'un nouveau partenariat économique et politique avec le Canada. Il a été repoussé de justesse par moins de 51% des électeurs.

En commentant ce dernier résultat, Parizeau à imputé au vote ethnique son échec de justesse. Cette formulation a soulevé la réprobation des rédactions, en raison de sa connotation raciste. Cependant, rien n'était moins vrai. En effet, les Québécois de souche se sont prononcés très majoritairement en faveur du projet, d'abord pour sortir de l'impasse où l'impossibilité de réformer la Constitution fédérale les enferme mais aussi pour cesser enfin de rendre les instances fédérales toujours responsables de leurs malheurs. C'est bien le vote anglophone qui a déçu, une fois de plus, l'attente des descendants des colons français, qu'il soit le fait des héritiers des Loyalistes ou celui des immigrants plus récents. On peut donc comprendre la rancœur des partisans du Oui et leurs réticences à l'encontre d'une immigration qui menace manifestement leur identité. De plus, selon certains observateurs, les résultats du référendum seraient entachés d'irrégularités, en raison d'un financement illégal des partisans du Non. Mais le même reproche pourrait être adressé au premier référendum dont la propagande des adversaires du projet a été largement financée par le pouvoir fédéral.

Quoi qu'il en soit, après ce second échec, Mario Dumont a demandé qu'il n'y ait pas d'autre consultation avant dix ans. Ajoutons que, en 1992, les Québécois, comme d'ailleurs les autres Canadiens, ont aussi rejeté un projet de réforme de la Constitution canadienne. L'avenir du Québec reste donc en suspens et ce n'est bon ni pour le Canada, ni pour la Belle Province, toujours en proie à des velléités rentrées d'émancipation.

Les divergences d’interprétation des textes

A la suite des résultats extrêmement serrés du dernier référendum, une loi canadienne conditionne la sécession d'une province à la clarté dans la formulation de la question référendaire et à l'expression significative d'une majorité des votants. Ce texte laisse planer un refus de discussion du gouvernement fédéral dans le cas d'une question estimée biaisée ou dans celui d'une majorité jugée insuffisante. Ces dispositions n'étant pas du goût du Québec, une loi québécoise a également vu le jour ; elle met l'accent sur le droit à l'autodétermination, reconnu à tous les peuples en droit international public, elle énonce le principe qu'une majorité simple suffi pour exprimer clairement la volonté du peuple et revendique l'intégrité territoriale de la province.

En 1996, les Québécois du Parti libéral du Canada ont proposé de remplacer le concept de société distincte par celui de Foyer principal de la langue et de la culture française en Amérique. Cette proposition, considérée comme une manœuvre, a soulevé une tempête de protestations au Québec où des Anglophones appelaient au boycott des magasins qui n'affichaient pas en anglais. La nomination d'un lieutenant-général du Québec, qui avait traité les souverainistes de fascistes, a jeté de l'huile sur le feu et le haut fonctionnaire trop bavard a dû démissionner, après la révélation de son passé antisémite !

En 1997, le gouvernement fédéral s'est opposé à rouvrir le débat constitutionnel tant que le Québec serait gouverné par les souverainistes, en dépit des dispositions de la Constitution de 1982 qui imposait un débat à cette date. Des discussions ont tout de même été amorcées afin d'adopter une version française de ladite Constitution.

Au niveau du Canada, on assiste à une provincialisation des partis (Parti réformiste dans les provinces de l'Ouest, Parti libéral en Ontario, Bloc québécois au Québec, Parti conservateur dans les Maritimes) qui met en lumière la fragilité de l'unité canadienne. Le premier ministre du Canada, Joseph-Jacques-Jean Chrétien (né en 1934), a fait planer la menace d'une partition du Québec dans le cas d'un vote favorable à l'indépendance.

En 1998, la Cour suprême du Canada a décidé, qu'en cas de réponse positive à un référendum d'indépendance, le gouvernement fédéral est tenu de négocier cette issue avec le gouvernement provincial. Fédéralistes et souverainistes interprètent différemment cet arrêt pourtant clair. La constitutionnalité d'une éventuelle sécession constitue un terrain potentiel d'affrontements entre partisans et adversaires du fédéralisme.

En 1999, l'Union sociale, signée entre le gouvernement fédéral et les provinces, sauf le Québec, a privé ce dernier d'une partie de ses prérogatives dans le domaine social. En outre, un projet de loi fédéral prévoit, qu'en cas d'accession à la souveraineté d'une province, ses frontières devraient être renégociées.

Au début du 21ème siècle, le Parti québécois semble en recul au profit du Parti libéral et de l'Action démocratique.

L’indépendance : option réaliste ou chimère ?

Une question mérite d'être posée, c'est celle de savoir si un Québec indépendant constituerait une entité viable dans le monde d'aujourd'hui. En toute objectivité, il est difficile de répondre négativement. Le Québec est trois fois grand comme la France ; sa population s'élève à 7,8 millions d'habitants (25% de la population du Canada) alors que celle de la Norvège est à peine supérieure à 4,6 millions ; ses ressources en eau douce, en énergie électrique, en bois et en minerais sont immenses. Les Québécois vivraient-ils mieux dans un pays indépendant ? C’est une autre question à laquelle chacun répond davantage avec son cœur qu’avec sa raison.

je_me_souviensLe Canada, ce pays démesuré semble fragile et quelque peu artificiel : sa population ne dépasse pas 31 millions d’habitants ; cette population, formée au cours du temps d'apport divers, ne paraît pas dotée d'une conscience nationale à toute épreuve ; sauf exceptions, elle se concentre sur une bande relativement étroite mais très longue, en bordure de la frontière des Etats-Unis, de sorte que les échanges s'effectuent moins dans le sens est-ouest, à l'intérieur du pays, que dans le sens nord-sud, chaque province commerçant d'abord avec l'Etat voisin des Etats-Unis ; Québec est à peine plus éloigné de Paris que de Vancouver !

Depuis la révolution tranquille, les mentalités ont évolué et il faut prendre cela en considération. Le monde des affaires était autrefois aux mains des Anglo-saxons ; c'est de moins en moins vrai. Les Francophones étaient cultivateurs, petits commerçants, employés de bureau, ouvriers ou, pour les plus instruits, membres du clergé et des professions libérales (médecins, avocats...). Les choses ont changé ; des étudiants francophones se sont orientés vers les disciplines scientifiques et administratives. De grandes entreprises québécoises ont percé jusqu'à devenir des multinationales, comme Bombardier. Les Ontariens et autres Anglophones peuvent difficilement considérer encore les Québécois comme des êtres inférieurs. Parallèlement les Québécois sont devenus plus sûrs d'eux. L'existence de la francophonie leur donne des raisons de croire en la pérennité d'une langue qu'ils ont su défendre et enrichir à leur manière avec beaucoup d'opiniâtreté. Cette situation nouvelle n'offre-t-elle pas des possibilités de rapprochement entre les deux peuples fondateurs du Canada ?  L'avenir seul détient la réponse.

La difficile intégration de la jeunesse

En dehors du différend qui continue d'opposer fédéralistes et souverainistes, le Québec se trouve aujourd'hui confronté, comme la France, aux problèmes résultant d'une intégration difficile de sa jeunesse. C'est ainsi, qu'en 2008, à la suite de la mort d'un jeune habitant d'un quartier sensible du nord de Montréal, sous les balles de la police, des émeutes ont éclaté. Depuis l'éviction des motards, liés au trafic de drogue, des bandes rivales, qui ont pris leur place, tiennent le haut du pavé et s'en prennent aux forces de l'ordre.

Enfin, on ne saurait clore l'histoire du Québec sans rappeler l'existence des populations qui vivaient sur cette terre avant l'arrivée des Blancs. Certains Autochtones se sont métissés, d'autres se sont intégrés, tant bien que mal, à une société qui ne leur convient guère, d'autres vivent plus ou moins de la charité publique, dans des réserves. Les querelles qui divisent les Européens ne les concernent que de loin. Est-ce à dire qu'ils sont définitivement résignés à leur sort ? La crise d'Oka prouve le contraire. De temps à autre des incidents surviennent.

Tout récemment, en février 2010, le conseil de bande de la réserve de Kahnawake a décidé d'expulser toutes les personnes qui ne sont pas originaires de la tribu, même celles qui y ont un conjoint, et il a interdit aux étrangers de s'installer dans les limites de la réserve. Kahnawake ou Caughnawaga est un village mohawk (agnier). Une sainte chrétienne, Catherine Tekakwitha (le Lys des Agniers), qui aurait accompli des guérisons miraculeuses, est originaire de cette réserve, située au bord du Saint-Laurent, près de Montréal.

A propos de l'auteur

Poète, Passionné d'histoire et grand voyageur, Jean Dif a rédigé des ouvrages historiques et des récits de voyage.(voirson site).

Bibliographie

- Histoire populaire du Québec T 04 1896-1960 de Jacques Lacoursière. 2005.

- Histoire Populaire du Québec T 05 1960 à 1970 de Jacques Lacoursière. 2008.

- Libérer les Québecs : Décentralisation et démocratie de Roméo Bouchard. 2008.

Une histoire du Québec en photos de Hélène-Andrée Bizier. Fides, 2007.

Pour aller plus loin

- Le site du Grand Québec.

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