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Accueil Patrimoine France : Sud-Est Vichy : Histoire et patrimoine

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Vichy : Histoire et patrimoine

Centre_thermal_vichyLorsque nous évoquons historiquement la ville de Vichy, nous pensons avant tout à son « gouvernement », au maréchal Pétain et à la collaboration. Lorsque nous l’évoquons sur un plan économico-touristique, la ville devient synonyme de cure thermale et de soin, de produits de beauté ou de pastilles digestives. Autant dire que cette charmante petite ville que l’on imagine souvent perdue quelque part en Auvergne ne jouit pas nécessairement de la plus attirante réputation touristique. Néanmoins, Vichy recèle un important et intéressant patrimoine tant culturel qu’historique, un patrimoine datant principalement du Second Empire, début de l’âge d’or de Vichy alors devenue la « reine des villes d’eaux ».

 

Vichy : des origines au XVIIIe siècle

Les origines de la ville de Vichy, aujourd’hui sous préfecture de l’Allier avec quelque 27000 habitants, demeurent incertaines. A l’Antiquité, la ville, répondant au nom d’aquis calidis (eau chaude), était déjà connue pour la qualité et les vertus thérapeutiques de ses eaux minérales. De nombreux vestiges attestent ainsi l’exploitation de ses eaux dès l’époque gallo-romaine. La petite cité progressivement abandonnée avec la fin de l'Empire romain. Au Moyen Âge, Vichy n’est plus qu’une simple place forte en raison de sa position stratégique à l’entrée de l’Auvergne et point de passage pour traverser l’Allier. Possession des ducs de Bourbon, la ville s’entoure de remparts au XIVe siècle alors qu’en 1410 est fondé le couvent des célestins juste au dessus de la célèbre source.

Vichy_source_celestinsL’activité thermale ne renait cependant qu’à partir de l’époque moderne, notamment grâce au roi Henri IV qui fait installer une surintendance des eaux dans la ville. Quelques personnages célèbres permettent de faire parler de Vichy, parmi lesquels la Marquise de Sévigné, grande curiste accomplie ou encore les filles de Louis XV, Victoire et Adélaïde. L’engouement de la duchesse d’Angoulême pour la ville permet le développement d’un grand établissement thermal. La véritable révolution demeure néanmoins encore à venir avec le Premier Empire et surtout le Second Empire.

Napoléon III le bienfaiteur de Vichy

Napoléon III souffrait entre autre de calculs rénaux. Afin de se soigner, il décide de faire de Vichy sa station thermale idéale. Un grand projet d’aménagement et d’embellissement de la ville est alors conçu en 1856, comprenant notamment le percement de voies d’accès, la création de parcs et de bâtiments comme un hôtel de ville ou encore une église. Suite à la première venue de l’Empereur en 1861, le projet est alors lancé. En à peine une année, l’architecte Darcy construit la gare de Vichy et le mois suivant son inauguration, Napoléon III est de retour dans la ville. Hormis l’année, 1865, il reviendra chaque année jusqu’en 1866 dans la station thermale.

casino_opera_vichyEn 1865, un casino de style néo-renaissance voit le jour. Il s’agit d’un lieu de distraction avec des spectacles, des salles de bal, de jeux, de lecture pour les hommes ou de couture pour les femmes. Car si l’on vient à Vichy se soigner, on vient tout autant s’amuser. Au XIXe siècle, une annexe lui est ajoutée afin de recevoir les curistes toujours plus nombreux. Aujourd’hui, il fait office tant de palais des congrès que d’opéra où de nombreux événements sont organisés tout au long de la belle saison.

Des colons aux collaborateurs

Avec Napoléon III, c’est toute la bourgeoisie parisienne qui descend à Vichy afin de côtoyer les grands. Ce n’est toutefois qu’à partir de 1870 et la fin des travaux initiés par l’Empereur que les baigneurs affluent massivement loin des chantiers haussmanniens de Paris. Le thermalisme continue de gagner en ampleur sous la IIIe République. Gardons d’ailleurs à l’esprit que l’on ne fréquentait pas nécessairement une station thermale – qu’il s’agisse de Vichy ou d’autres villes d’Europe comme Karlsbad, Baden-Baden ou Marienbad – en raison d’un mauvais état de santé mais tout simplement parce qu’il convenait de se montrer et d’afficher son statut social. Mais la bourgeoisie citadine n’est pas la seule à venir se ressourcer dans la douce et tranquille petite ville, les colons constituent également une nouvelle clientèle de choix. Ces derniers arrivent de toutes les colonies pour se soigner, notamment des maladies du foie, mis à mal par les climats tropicaux et l’alcool. En 1903, Vichy possède le plus grand établissement thermal d’Europe. A la veille de la seconde guerre mondiale, c’est quelque 2 millions de visiteurs annuels qui se rendent à la belle saison dans la cité thermale dont le régime de Vichy allait sonner le glas.

En raison de son réseau de communication et ferroviaire, proche de la ligne de démarcation et surtout en raison de son immense infrastructure hôtelière alors une des plus importantes de France après Nice, Vichy devient une ville toute désignée pour l’installation du nouveau gouvernement français, cherchant à éviter la trop ouvrière Clermont Ferrand. C’est un brutal coup d’arrêt pour le développement de la ville alors qu’hôtels et palaces sont dénaturés afin d’accueillir l’administration française. La fin du conflit permet à Vichy d’espérer un retour à la normal dans les années 50. Las, la guerre d’Algérie et la décolonisation la privent de la majorité de sa clientèle. L’âge d’or de la « Reine des eaux » est bien révolu, elle n’en laisse pas moins un intéressant et original patrimoine culturel.

Une insoupçonnée richesse architecturale

castel_flamand_vichyAu début XXe une seconde grande campagne de construction, faisant suite à celle de Napoléon III, est initiée et témoigne aujourd’hui de l’extraordinaire richesse hôtelière passée de la ville ou encore de ses innombrables villas. Se promener dans Vichy, c’est ainsi faire une balade historique au cœur de l’architecture de la Belle Époque marquée par un indéniable éclectisme avec des demeures allant du style néo-gothique au style néo-flamand ou vénitien en passant par l’Art nouveau. Ces villas étaient généralement louées à des curistes ou possédées par des médecins qui aux côtés des banquiers et commerçants, étaient les principaux commanditaires. Passez rue de Belgique admirer le castel flamand et la villa vénitienne, à deux pas du boulevard de Russie où se situent le castel gothique ou encore de la villa du docteur Blancher, cette fois de style classique. Et vous trouverez toujours à proximité un hôtel datant lui aussi du début du XXe siècle ou encore un palace du Second Empire comme l’Aletti, dernier palace de la ville encore en activité. Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’une villa ou d’un hôtel, vous découvrirez à chaque détour de rue une architecture surprenante avec des entrées monumentales, des balcons ouvragés et une profusion d’éléments décoratifs tels des vitraux, des dômes vernissés, etc.

Naturellement, le thermalisme a également laissé son empreinte avec ses établissements de cure, ses buvettes et kiosques. Avenue Eisenhower, le grand établissement thermal de style romano-byzantin et le hall du centre thermal des Dômes avec ses grandes peintures murales impressionnent. Et si le besoin de se désaltérer se fait sentir, il suffit de se rendre en face au hall des sources pour déguster un verre de Vichy Célestin, sortant directement à la source ou d’autres eaux minérales aux propriétés diverses, auxquelles il convient de faire attention en les consommant.

Autres étapes indispensables, le magnifique Opéra évoqué précédemment tout comme les églises saint Louis et saint Blaise. Dans la première, commande de Napoléon III, ne manquez pas les vitraux représentant saint Napoléon. Dans la seconde, plongez dans un univers digne de Tim Burton avec son style Art Déco. Ceci n’est cependant qu’un bien rapide et non exhaustif aperçu de toute la richesse architecturale de Vichy. Et le meilleur moyen de la découvrir reste encore la déambulation, une déambulation qui implique de passer par les abondants et luxuriants parcs de la ville.

Promenades bucoliques et musées

Eglise_Saint-Blaise_-VichyPlus qu’une ville thermale, Vichy est avant tout une ville verte dont 1/5 de sa superficie se compose de parcs et de jardins. Les touts premiers furent aménagés par des congrégations religieuses : les Capucins et les Célestins, suivent des promenades imaginées au XVIIIe siècle, des créations initiées sous Napoléon Ier et Napoléon III jusqu’à des ensembles récents comme le jardin exotique du parvis de la gare inauguré en 2009. L’occasion également de découvrir en bordure du parc Napoléon III, les divers chalets de l’Empereur construits pour son confort et celui de son entourage. On ne saurait là non plus faire le tour des différents espaces verts de la ville mais ils valent vraiment le détour et contribuent pleinement au charme de Vichy tout comme ces petits musées.

N’attendez d’ailleurs pas que la pluie fasse son apparition pour y pénétrer. Découvrez le musée de l’Opéra rassemblant les fonds de l’Opéra : programmes, affiches costumes, projets de décor, photographies, etc. ou le musée des Arts d’Afrique et d’Asie qui présente chaque année de mai à octobre des expositions temporaires intéressantes et de qualité. Actuellement, ces expositions sont consacrées aux parures africaines ainsi qu’aux objets des cabinets de curiosités, originalité et éclectisme de rigueur.

Souvenir gourmand

Si vous cherchez à rapporter un petit souvenir du terroir, nous vous conseillons tout d’abord de faire une petite halte au marché de Vichy. Et pour déguster les fromages typiques de la région, n’hésitez pas à venir goûter quelques vins d’Auvergne auprès du caviste parmi lesquels le séduisant Saint Pourçaint qui était au XIVe siècle servi aux côtés des vins de Bourgogne à la Cour de la papauté d’Avignon.

Pour les amateurs de sucré, passez au confiseur chocolatier « Aux Marocains » dont le nom renvoie aux nombreux coloniaux d’Afrique du Nord, venus en cure à Vichy et qui a gardé son intérieur d’époque. Vous y trouverez quelques douceurs historiques tel que l’Alma, un praliné noisettes et amandes, enrobé de glace royale dont la recette date de 1854 et baptisé ainsi en l’honneur de la bataille éponyme remportée lors de la guerre de Crimée.

Une ville tournée vers l’avenir

Si le souvenir du régime de Vichy reste toujours présent et mal vécu dans les mémoires, la ville cherche résolument à se tourner vers l’avenir. Avec le sport prenant une dimension de plus en plus importante, l’implantation d’un pôle universitaire amenant jeunesse et dynamisme, le tout allié à une surprenante richesse culturelle et historique et sans oublier les bienfaisants centres thermaux, Vichy constitue une destination idéale pour venir se ressourcer tant physiquement que culturellement.

 

Pour aller plus loin

- Vichy, invitation à la promenade, Éditions Lieux Dits, Lyon, 2010.

- Office de tourisme de Vichy : 04.70.98.71.94 / www.vichy-tourisme.com

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