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Accueil Patrimoine France : Sud-Est Lyon à la la Renaissance : Histoire et patrimoine

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Lyon à la la Renaissance : Histoire et patrimoine

Lyon vers 1570La prospérité de Lyon ne cesse de croître pour atteindre son apogée à la Renaissance. Aux XVème et XVIème siècles, l'essor et le prestige de la ville sont incomparables. Lyon rentre alors dans une prospérité économique entretenue par l'apparition des foires et des banques qui attirent les commerçants de l'Europe entière.

 Mais, en plus d'une prospérité économique, la ville s'inscrit dans la véritable mouvance intellectuelle de l'époque par la mise en place de l'imprimerie et la diffusion de l'humanisme. C'est donc la vie entière des lyonnais qui est améliorée et les visites royales contribuent à la renommée de Lyon même si les guerres de religion entament l'image de ville forte que Lyon impose depuis deux siècles.

Prospérité économique de la ville

Longtemps avantagée par sa situation sur l'axe commercial Paris-Orient (avec un détour par l'Italie et une proximité avec Genève), la ville a reçu à la fin du siècle précédent, le privilège royal de foires annuelles qui attirent des marchands venus de toute l'Europe. Grâce à ce privilège, Lyon devient l'un des principaux centres européens du grand commerce et de la banque. Chaque quartier de Lyon est lié à une activité commerciale : les imprimeurs ont leurs échoppes rue Mercière, les cordiers dans le quartier de l'Arbre sec, les banquiers à Saint Jean... Le commerce des denrées alimentaires se fait sur des barges et des chalands, quai Saint-Antoine au bord de la Saône.

Musée GadagneC'est en effet en raison de cette prospérité commerciale que la banque se développe. C'est d'ailleurs à Lyon que s'établit la première lettre de crédit et ce sont les banquiers de la ville qui financeront largement les campagnes militaires des Valois et le train de vie de leur cour. Grâce à ce commerce de l'or, l'orfèvrerie y produit de belles pièces inspirées de la Renaissance italienne.

Mais le commerce permet également le développement de la soierie. Lyon se dote, sous François 1er, d'une industrie textile qui fera sa fortune et sa célébrité jusqu'à une période récente et on considère que vers 1550, plusieurs milliers de personnes de la région se consacrent déjà au travail de la soie.

La vie intellectuelle

Imprimeurs lyonnaisSur le plan culturel, la ville est à la Renaissance une des principales cités du livre en Europe. C'est en 1473 que Barthélémy Buyer, un riche bourgeois lyonnais, installe des typographes dans la rue Mercière. C'est là que vont se réunir de nombreux ateliers d'imprimeurs et de libraires pour fonder en 1519 la Grande Compagnie des Libraires de Lyon. Le succès est tel que la ville produit avec Paris 90% des ouvrages imprimés en 1530. Issus des typographes allemands, les artisans locaux prennent vite le relais et développent rapidement cette nouvelle activité. Riche de très nombreux libraires et imprimeurs, la ville souffre cependant d'une crise économique dans la deuxième partie du XVIe siècle qui permettra cependant aux familles de libraires de tirer leur épingle du jeu. A partir de 1525, Lyon devient également un grand centre d'édition musicale et les imprimeurs éditent des collections très célèbres largement diffusées en Europe. L'imprimerie à la Renaissance nécessite un grand nombre de métiers très spécialisés et le développement de ce secteur à Lyon va permettre la multiplication de ces professions. Les fondeurs de caractères d'imprimerie sont nombreux et la ville possède quelques papetiers mais l'essentiel du papier provient d'Auvergne ou du Dauphiné. La ville abrite également des métiers plus pointus comme les faiseurs d'eau forte, les faiseurs d'encre, les graveurs et les relieurs, cependant, le nombre d'enlumineurs se réduit à cette époque ce qui montre l'évolution de la décoration des ouvrages.

RabelaisA Lyon, va se rejoindre les deux pôles de la Renaissance française, d'un côté l'humanisme venu du Nord et de l'autre les Arts et Lettres originaires d'Italie. C'est par les marchands italiens qu'on connait la poésie de Pétrarque et dans les familles patriciennes et chez les artisans fortunés, comme le père et le mari de Louise Labé, on s'exerce aux sonnets. Grâce au travail des imprimeurs, particulièrement Gryphe et Tournes, on édite et parfois on traduit de nombreux textes de l'Antiquité grecque et latine. Tout bourgeois lyonnais se doit également de faire apprendre au moins une langue ancienne à ses enfants. Cette antiquité magnifiée, on la découvre aussi dans le sol même de Lyon, témoignage d'une ancienneté qui met la ville bien au-dessus de Paris. Les première fouilles archéologiques ont lieu à cette époque sous l'égide de l'érudit Sala qui expose ses trouvailles en sa propriété de l'Antiquaille. En 1528, on déterre, sur les pentes de la Croix Rousse, les Tables Claudiennes qui attestent de la grandeur passée de la capitale des Gaules. La médecine est également à l'honneur grâce aux recherches de Symphorien Champier ou de Rabelais qui fut médecin à l'Hôtel Dieu. Carrefour intellectuel autant que commercial, Lyon accueille aussi à cette époque Marot, Erasme, Calvin, du Bellay et d'autres.

La vie lyonnaise

Avec 60 000 habitants résidant en permanence et de nombreux marchands qui restent souvent bien après le temps des foires, Lyon est une ville importante. Cité cosmopolite, elle accueille aussi bien des Allemands et des Flamands pour le commerce des draps et l'imprimerie ou encore des Italiens pour la banque et l'orfèvrerie. La plupart de ces familles demanderont et obtiendront la nationalité française.

La ville va alors se densifier et se construire essentiellement dans la presqu'île. A partir de 1520, plusieurs quartiers vont être remaniés notamment dans le vieux Lyon et on construit plusieurs hôtels particuliers. Ces bâtiments s'organisent autour d'une cour centrale sur laquelle donnent des galeries parfois très ouvragées. Vers 1550, la ville s'étend au-delà des fossés des terreaux et sur les pentes de la Croix Rousse. Certains quais sont assainis et les habitations empiètent sur les nombreux enclos religieux.

Sac-de-Lyon-par-les-Calvinistes-en-1562 Antoine CaronLa prospérité de la ville attire également, durant la première partie du siècle, une nouvelle population venue de la région ou de Savoie. Ce flux de main d'œuvre profite aux commerçants et à quelques artisans mais peu aux travailleurs qui se révolteront à plusieurs reprises notamment en 1529 lors de la Grande Rebeyne (violente émeute des pauvres qui représentent un dixième de la population) ou bien quelques années plus tard lors d'un conflit entre les apprentis et les compagnons de l'imprimerie envers leurs maîtres. Ville d'imprimeurs, Lyon est également sensible aux idées de la Réforme et les thèses de Luther et de Calvin y trouvent bon accueil. La répression contre les réformés ne se produira qu'après 1538 et tournera à partir de 1548 à la persécution. En 1562, alors qu'ont commencé les guerres de Religion, la ville est brièvement occupée par les protestants qui pilleront les églises et détruiront plusieurs couvents mais la ville n'est pas mise à sac et on ne déplore que quelques victimes.

Laumone généraleEn dehors des périodes de crises, les fêtes sont nombreuses. On pratique les activités physiques sur un grand pré au confluent, on joue à la paume dans différentes salles et boules, quilles et palets roulent dans tous les quartiers. Des concours de joutes ou d'arbalète sont organisés et les visites royales viennent consolider le prestige de la ville. La solidarité s'organise également et en 1531 à la suite de la « grande cherté » (crise économique) on met en place, de façon temporaire d'abord puis de façon définitive, l'Aumône générale qui est chargée de soulager les pauvres. Nourris, formés, éduqués, les pauvres doivent également travailler et sont envoyés en apprentissage chez des ouvriers. L'institution assure également des fonctions de police et se charge de rétablir de bonnes mœurs dans la ville en donnant une éducation gratuite aux enfants orphelins, filles ou garçons.

Entre 1515 et 1562, Lyon, riche de l'or de ses marchands et de sa renommée intellectuelle a cru pouvoir devenir la capitale du royaume. Ses espoirs furent cependant déçus : le grand commerce ne se fit plus sur la Méditerranée mais se tourna vers les Amériques ; les étrangers quittèrent la ville; les guerres de religion, les épidémies, les disettes, décimèrent la population de Lyon et de sa région. On considère qu'en 1577 la population avait diminué de moitié. Mais des hommes et des femmes de valeur ont permis à la ville d'acquérir son titre de capitale du commerce et des lettres de la Renaissance ce qui lui permettra d'entrer dans le siècle des Lumières.

Pour aller plus loin...

- Jean-Pierre Gutton, Guide de Lyon : Renaissance, Age classique, 1500-1789, ELAH, 1995
- André Pelletier, Jacques Rossiaud, Françoise Bayard et Pierre Cayez ,Histoire de Lyon : des origines à nos jours, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire,‎ 2007.
- Portail culture de la ville de Lyon
- La Renaissance en France 
- Office de Tourisme de Lyon 

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