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Accueil Les grandes batailles La bataille de la Marne (1914)

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La bataille de la Marne (1914)

marne

En violant la neutralité belge, les Allemands appliquent le plan Schlieffen : déborder la gauche de l'armée française pour l'encercler et lui infliger un nouveau « Sedan ». Le 2 septembre, la cavalerie allemande est à 25 kilomètres de Paris. Mais l'armée allemande poursuit son mouvement d'enveloppement vers le sud-est, découvrant son flanc droit à l'armée que commande Gallieni, gouverneur militaire de Paris. Quand Joffre, le 6 septembre, donne l'ordre de la contre-attaque, toute la droite allemande doit se replier, entraînant l'ensemble du front qui se stabilise sur la vallée de l'Aisne. Le 11 septembre, Joffre peut annoncer la victoire de la Marne.

 

La bataille de la Marne...

Alors que les Russes menacent le front de l'est au mois d'août 1914, les Allemands ont reçu l'ordre d'en finir au plus vite à l'ouest afin de pouvoir se consacrer à anéantir les troupes du tsar. La situation en France est donc mauvaise, en cet été 1914 : après avoir envahi la Belgique et pris le nord de la France, conformément au plan Schlieffen, les Allemands atteignent la Somme le 29 août. Le généralissime )offre a été défait en Alsace et en Lorraine, et continue d'être repoussé. Devant l'avancée allemande, le gouvernement Viviani s'est replié sur Bordeaux, le 2 septembre, et la population parisienne, traumatisée par le siège de 1870, fuit la capitale par centaines de milliers. Le commandant de Paris et du camp retranché, Gallieni, promet qu'il remplira ses fonctions jusqu'au bout et prépare une contre-offensive. Pour défendre Paris, 100 000 hommes formant la 6e armée de Maunoury ont été prélevés sur le front de l'est de la France et prennent position dans la région ouest de l'Ourcq, au nord de la capitale.

Le 3 septembre, la Te armée du général von Kluck se trouve à 25 kilomètres de Paris. L'état-major français apprend alors que les Allemands ne se dirigent plus vers Paris, mais vers le sud-est, en direction de la Marne, espérant ainsi enfermer les troupes françaises à l'issue d'un vaste mouvement tournant, en enveloppant l'aile gauche d'une partie du dispositif allié. Mais, ce faisant, les Allemands prennent le risque de fragiliser leur flanc droit.

Deux jours plus tard, l'armée Maunoury avance sur l'Ourcq, alors que le général Joffre, sur l'insistance de Gallieni, a pris la décision d'attaquer et a échelonné six armées de l'Oise aux Vosges, après avoir obtenu le concours des Anglais. Pendant une semaine, 2 millions d'hommes s'affrontent sur un front de près de 300 kilomètres, allant de Meaux à Verdun. Le 5 septembre, les troupes franco-britanniques lancent l'offensive : en début d'après-midi, les soldats de la 6' armée de Maunoury affrontent les troupes du général von Kluck au nord de Meaux, alors que celles-ci se dirigeaient vers le sud. Les premiers jours voient se dérouler une guerre de mouvement, sur les flancs est et ouest du front, au cours de laquelle est mise en avant la puissance de feu de chaque camp. Ainsi, au cours de la bataille, les canons de 75 tirent 300 coups par jour !

... premier  tournant de la Grande Guerre

marneLes Allemands modifient leur dispositif pour être en mesure d'avancer vers l'ouest et n'être ainsi pas pris à revers. Ils contre-attaquent les 6 et 7 septembre pour tenter de déborder les troupes françaises par le nord. L'armée alliée, quant à elle, demande le renfort des troupes basées à Paris. Pour éviter l'enveloppement de l'armée Maunoury, il est en effet indispensable de renforcer l'aile gauche de la & armée. Pour parvenir à transporter en une nuit deux régiments, soit 4 000 hommes, en direction du front, un millier de taxis parisiens sont réquisitionnés par Gallieni, ainsi que les chemins de fer. Cette intervention des « Taxis de la Marne » reste depuis l'un des symboles de la résistance française.

Les 8 et 9 septembre, la 9e armée du général Foch parvient à contrer les assauts de la 2e armée du général von Bùlow. Les troupes du corps expéditionnaire britannique et une partie de la 5e armée française réussissent à séparer les armées allemandes de Bûlow et Kluck, une brèche à laquelle le mouvement opéré par von Kluck vers l'ouest a préalablement contribué. La 5e armée de Franchet d'Esperey se lance dans cette ouverture, suivie des troupes britanniques, avant de franchir la Marne le 9 septembre. Le 10 septembre, de nouveaux combats acharnés font reculer les Allemands qui, menacés d'encerclement, se replient sur l'Aisne, le long de la ligne Noyon-Verdun où ils se retranchent. Tandis qu'ils creusent des tranchées, s'organise désormais une guerre de positions.

Les alliés franco-britanniques ont su tirer profit d'une armée affaiblie par l'envoi d'effectifs partis combattre les Russes en Prusse orientale. Ils remportent ainsi la victoire de la Marne, annoncée officiellement au ministre de la Guerre par le général Joffre le 11 septembre. Le bilan des pertes françaises est cependant bien lourd : 80 000 morts.

Ce sont les combattants de Verdun qui se chargeront, deux ans plus tard, de déloger les Allemands... Après la victoire de la Marne, se déroule de septembre à novembre 1914 la « course à la mer », au cours de laquelle les armées allemande et française tentent de se déborder mutuellement en direction de la Manche, dans un secteur allant de Soissons aux côtes de la mer du Nord. Mais bientôt, c'est la fin de la guerre de mouvement et le commencement de la guerre d'usure, symbolisée par Verdun.

 

Bibliographie

- Les batailles de la Marne de l'Ourcq à Verdun (1914 et 1918) : Actes du colloque de François Cochet. 14-18 Editions, 2004.

- La bataille de la Marne de Pierre Miquel. Tempus, 2004.

Pour aller plus loin

- Le site gouvernemental Chemis de mémoire.

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