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Accueil Histoire de France Guerre de Cent Ans : Armagnacs contre Bourguignons (1)

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Guerre de Cent Ans : Armagnacs contre Bourguignons (1)

armagnacs_bourguignonsAlors que la Guerre de Cent Ans connaît une relative accalmie, la situation en France est contrastée. Charles VI, trop jeune puis atteint par la maladie, est sous l’influence des grandes familles du royaume qui se disputent la réalité du pouvoir. Cette rivalité va culminer avec l’assassinat de Louis, duc d’Orléans, sur ordre de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, le 23 novembre 1407. C’est le début de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, au grand bonheur des Anglais.

 

Charles VI et les Grands

Le roi Charles VI succède à son père Charles V en 1380. Ce dernier a connu des succès importants face aux Anglais, et il a renforcé le pouvoir royal. Son successeur ne peut cependant pas profiter réellement de la situation : à son arrivée sur le trône il est jeune et le pouvoir est exercé par Jean de Berry et Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Mais les autres Grands du royaume, dont le duc d’Anjou, réclament leur part. La France connaît alors une période de troubles et de révoltes. Cependant, le roi l’emporte à la bataille de Roosebecke le 27 novembre 1382, en Flandres, et parvient peu à peu à imposer son autorité. En 1388, il s’émancipe de l’influence de ses oncles, et s’entoure de conseillers appelés les Marmousets ; le pouvoir royal se renforce à nouveau. Malheureusement pour Charles VI, il est pris de folie le 5 août 1392 : son mal annihile son pouvoir, et il retombe sous la coupe de ducs plus rivaux que jamais…

La rivalité entre Orléans et Bourgogne

La folie de Charles VI ramène Philippe le Hardi au gouvernement, qu’il contrôle bientôt entièrement. Le duc de Bourgogne en profite alors pour négocier des trêves avec une Angleterre elle-aussi divisée après les luttes entre Richard II et Henri de Lancastre. Il contracte également des alliances avec l’Autriche, la Bavière et le Luxembourg. Enfin, il finance une croisade menée par son fils Jean pour venir en aide aux Hongrois menacés par les Ottomans dans les Balkans. C’est un échec suite au désastre de Nicopolis en septembre 1396, Jean est fait prisonnier.

A partir des années 1400-1402, le duc de Bourgogne trouve face à lui un nouveau rival, Louis, duc d’Orléans et frère du roi. La tension ne cesse de monter, sans toutefois atteindre une grande violence, à l’exception de quelques échauffourées.

La situation change avec l’arrivée au pouvoir en Bourgogne du fils de Philippe le Hardi, Jean sans Peur. Celui-ci, libéré des geôles turques en 1398, succède à son père en 1404. L’année suivante, il hérite de sa mère les comtés de Flandre et d’Artois. Jean prête certes hommage à Charles VI, mais il s’oppose rapidement à Louis d’Orléans, qui a succédé à Philippe le Hardi auprès du roi fou. Réduit à sa principauté, coupé de son commerce avec les Anglais, Jean sans Peur décide de régler le problème par la violence.

23 novembre 1407 : l’assassinat du duc d’Orléans

1407_assassinatLe duc de Bourgogne ordonne l’assassinat de son rival. Louis d’Orléans, qui doit venir rencontrer la reine Isabeau, est attiré dans un piège rue Vieille-du-Temple, et son escorte se révèle incapable d’arrêter la quinzaine de tueurs qui les attaquent.

Jean sans Peur n’est pas sûr du soutien de la population parisienne et, dans un premier temps, il fuit la capitale. Cependant, il revient dès le début de 1408, et fait même valider son meurtre par le théologien Jean Petit. Il s’installe à l’hôtel de Bourgogne, fortifié en 1409, avec entre autres la tour qui porte aujourd’hui son nom. Le soutien de Paris et l’acte de tyrannicide de Jean Petit lui permettent d’avouer son crime au roi, qui finit par le soutenir.

Guerre civile et Guerre de Cent Ans

Le duc Jean sans Peur enchaîne les succès les années suivants le meurtre de son rival : en 1408, il bat les Liégeois à Othée ; en 1409, il prend le pouvoir à Paris après avoir fait la paix (de Chartres) avec les enfants du duc d’Orléans. Mais dès l’année suivante, les autres Grands se liguent contre lui, à l’initiative de Jean de Berry. Deux partis se forment alors : les Bourguignons, et les Armagnacs (les princes du Berry, de Bourbon, d’Anjou, mais aussi la reine et le Dauphin). C’est la guerre civile, entrecoupée de trêves jamais vraiment respectées. Le duc de Bourgogne doit abandonner Paris en 1413, mais ce sont surtout les Anglais qui profitent de la situation : ils débarquent et écrasent les Français à Azincourt en 1415. Ayant repris Paris en 1418, Jean sans Peur tente de se rapprocher du Dauphin (le futur Charles VII) pour contrer la menace anglaise, mais il est assassiné à son tour le 10 septembre 1419. Son fils Philippe le Bon choisit alors le camp anglais. La guerre entre Armagnacs et Bourguignons qui ne fait que commencer  a donc des conséquences terribles pour la France au moment où la Guerre de Cent Ans reprend…

 

Bibliographie non exhaustive

- B. Schnerb, Les Armagnacs et les Bourguignons. La maudite guerre, Perrin, 1988.

- N. Offenstadt, « Armagnacs et Bourguignons. L’affreuse discorde », L’Histoire, 311, juillet-août 2006, n° spécial La guerre civile, pp. 24-27.

- "Les ducs de Bourgogne, guerre et fastes (1363-1477)", Histoire et images médiévales, 17, mai-juin-juillet 2009.

- F. Foronda, C. Barralis, B. Sère (dir), Violence souveraines au Moyen Âge, PUF, 2010.

- C. Gauvard, La France au Moyen Âge du Ve au Ve siècle, PUF, 2005.

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