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Louis XVIII (P.Lafue)

Louis_XVIIIAvec cette réédition de la biographie de Louis XVIII par le journaliste et écrivain Pierre Lafue, parue initialement en 1944, les éditions France Empire nous proposent de nous attarder sur un roi de France au destin bien singulier. Un monarque qui confronté aux pires difficultés que la monarchie ait jamais eu à affronter, ne fut jamais capable en raison de ses infirmités physiques de s’illustrer sur le champ de bataille comme Henri IV son modèle. Un monarque dont l'action fut cependant toujours guidée par la volonté de réconcilier les français entre eux et la France avec elle-même, tel que le fit le Béarnais. Projet peut être utopique, mais riche d’enseignements…


 

Un bien singulier destin

Pierre Lafue dans cet ouvrage, évoque de manière strictement chronologique la vie de Louis XVIII, né Louis Stanislas Xavier le 16 novembre 1755 et initialement comte de Provence. Frère cadet du futur Louis XVI et ainé du comte d’Artois futur Charles X, Louis Stanislas se distingue rapidement au sein de la fratrie. D’une intelligence plus vive que ses frères, il est aussi doté d’une solide répartie et de précieuses aptitudes pour briller en société. Tout à fait conscient de sa valeur il s’imagina bien vite en souverain plus capable que son ainé, timide et goutant peu les affaires publiques. Comme ses frères, le comte de Provence grandit dans un cadre étonnement « bourgeois » (ce sont là les mots mêmes de l’auteur) pour le contexte du règne brillant et élitiste de Louis XV. Le Grand Dauphin et Marie Josèphe de Saxe, parents aimants et attentionnés, font mener à leurs enfants une vie relativement retirée des excès de la cour. Pétris de principes religieux ils s’emploient à faire de leurs enfants de bons chrétiens, peut être au détriment de leur apprentissage de futurs héritiers du trône. Seul Louis Stanislas semble échapper à cette empreinte conservatrice et développer une pensée plus autonome.

Elève studieux et avide de connaissance, précocement affligé d’un embonpoint qui finira par devenir obésité (avec de graves conséquences pour sa santé), le comte de Provence dédaigne les exercices physiques pour l’étude. Bel esprit, il se passionne pour la poésie, la littérature et bien plus dangereux en ce siècle des Lumières, pour la philosophie… Pierre Lafue n’hésite pas à qualifier le jeune Louis Stanislas de « Voltairien » pour ses opinions. Une tendance qui va à l’encontre des souhaits de ses parents et l’oppose à ses frères.

Le jeune comte de Provence, pas toujours très intéressé par son épouse Marie Joséphine de Savoie, reçoit scientifiques (qu’il parraine et finance) et écrivains, s’adonne à la littérature, publiant billets et poèmes (au ton parfois franchement anti aristocratique) sous un pseudonyme. Avec la mort de Louis XV et l’accession au trône de son frère, il devient officiellement le frère du Roi « Monsieur » comme le veut l’usage, le deuxième personnage du royaume. Cette fonction qu’il assume avec sérieux ne l’empêche cependant pas d’exprimer ses vues politiques assez éloignées de celles du nouveau monarque. Ainsi il critique la volonté de Louis XVI de se montrer conciliant avec les Parlements que son prédécesseur avait tant affrontés. C’est que le futur Louis XVIII pressent bien mieux que son frère, la nécessité d’une réforme du système monarchique…

Frustré de ne pas pouvoir influer plus largement sur la politique royale, le comte de Provence entame avec son frère cadet en 1777 un voyage qui le mène jusque dans le midi. Expérience qu’il réédite l’année suivante en direction des frontières de l’est. Ces deux découvertes de la réalité du royaume, le confortent dans ses opinions réformistes et lui font prendre conscience de sa popularité grandissante au sein du peuple.

Encore physiquement actif, comblé par sa relation avec sa maitresse la comtesse de Balbi, grisé par la faveur dont il jouit dans le pays, le comte de Provence va céder alors à ce que l’auteur qualifie de « tentation démagogique. » Au cours des années 1780, la monarchie française s’enfonce dans une crise politique de plus en plus inextricable. Louis XVI, souvent indécis ou trop influençable ne parvient pas à réformer en profondeur la structure de l’état. A cela s’ajoute des difficultés financières croissantes, qui poussent le roi à convoquer à la fin 1786 une assemblée des notables. D’emblée le comte de Provence, orateur brillant, s’y fait remarquer pour son audace et son esprit d’opposition. Entretenant des relations tendues avec Louis XVI et surtout Marie Antoinette (dont il ne goûte ni la frivolité, ni les options politiques), le futur Louis XVIII songe peut être un instant (selon l’auteur) à s’emparer du trône. En tout cas il apparait aux yeux de certains partisans des idées philosophiques comme une alternative souhaitable à Louis XVI…

En réalité le comte de Provence, malgré cette « crise factieuse », va vite se montrer solidaire du destin de la monarchie. Epris de concorde sociale et de justice, les émeutes et les mouvements de foule qui marquent l’année 1789 lui font prendre conscience que la Révolution ne sera pas la « Révolution Royale » dont il rêvait. A l’origine très conciliant avec le tiers état, plus ou moins proche des idées de Mirabeau, « Monsieur » va ensuite s’employer à sauver la monarchie qu’il sait menacée à terme.

Après les journées du 5 et 6 octobre 1789 qui l’ont vu partager les mêmes dangers que Louis XVI, le comte de Provence complote pour soustraire la famille royale aux révolutionnaires et notamment aux hommes de Lafayette. Son principal soutien et exécutant dans l’affaire, le marquis de Favras, est arrêté et très vite les soupçons se portent vers « Monsieur ». Celui qui l’année précédente encore apparaissait comme le favori de l’opinion populaire est alors hué, insulté et menacé, même par le parti philosophique dont il avait longtemps jouit des faveurs. Pour se défendre, le comte de Provence n’hésitera pas à paraitre en personne devant l’Assemblée des électeurs à l’Hôtel de Ville de Paris, démontrant une fois de plus un grand talent oratoire.

Abandonnant le fidèle Favras à son sort (il sera exécuté), le futur Louis XVIII, s’étant présenté comme un prince empreint d’esprit civique, parvient à faire taire les accusations, étant même acclamé une dernière fois. En réalité cet évènement va renforcer la résolution du comte de Provence à échapper aux révolutionnaires et à rétablir l’autorité monarchique, au besoin par la force. Il participe ainsi activement à la préparation du plan d’évasion du 20 juin 1791 qui aboutira pour son frère ainé au désastre de Varennes. Refugié à Bruxelles où il retrouve son cadet le comte d’Artois, devient de fait et de jure le chef de l’émigration et du parti royal, Louis XVI lui ayant confié la fonction de Lieutenant général du royaume.

Situation plus que délicate étant donné la faiblesse des moyens disponibles et de sa dépendance quasi-totale envers l’aide (notamment financière) que lui fournissent les puissances étrangères opposées à la Révolution. Refusant la constitution de 1791, approuvée sans l’assentiment de son frère, il inspire à l’empereur Léopold et au roi de Prusse Frédéric-Guillaume la déclaration de Pilnitz qui fait de la cause de la monarchie française celle de toutes les monarchies d’Europe. Un tel activisme anti révolutionnaire lui vaudra d’être condamné à mort par contumace en 1792. Tout espoir de conciliation étant anéanti, le futur Louis XVIII s’inspire de son modèle Henri IV, pour préparer la reconquête militaire du royaume. Lorsque la guerre éclate au printemps 1792, « Monsieur »  organise une petite armée royale d’environ 12 000 hommes. A la tête de celle-ci il pénètre en France début septembre. Malgré son obésité il parait à cheval et galvanise ses troupes du mieux qu’il le peut. Néanmoins la campagne tourne vite au fiasco. Prussiens et autrichiens ne rencontrent que des succès limités et la fameuse canonnade de Valmy achève de les faire renoncer à l’invasion. L’armée des Princes du comte de Provence et d’Artois ne peut que faire retraite elle aussi.

Plus ou moins jeu des ambitions conflictuelles et du bon vouloir des puissances anti révolutionnaires, le futur Louis XVIII mène une existence pas toujours confortable d’aristocrate exilé.  Le 22 janvier 1793, il apprend l’exécution de son frère et se proclame six jours plus tard comme régent pour le jeune Louis XVII, alors prisonnier des révolutionnaires. Le régicide qui a choqué de nombreux français, rend sa cause plus populaire en France même. Le Régent bien au fait des mouvements et insurrections royalistes en France prend langue avec leurs chefs, tout en s’ingéniant à s’imposer comme l’interlocuteur privilégié des puissances étrangères. Installé à Verone s’enthousiasme pour les soulèvements royalistes qui agitent l’ouest de la France. C’est là qu’il apprend tout début juin 1795 la mort de Louis XVII. Le comte de Provence et Régent du royaume devient Louis XVIII.

Drôle de roi de France que celui là, exilé sur le territoire de la république de Venise et menant un train de vie somme toute très bourgeois, entouré d’une petite poignée de fidèles courtisans… Se référant explicitement à Henri IV, le nouveau roi adresse à son peuple une déclaration où il expose sa conception d’une monarchie populaire, paternaliste et équilibrée et d’une France réconciliée avec elle-même. C’est là le programme de la Restauration qui s’exprime en pointillés. Néanmoins cette dernière n’est encore qu’un fantasme et prendra près de vingt ans à devenir réalité.

En France même les insurrections antirévolutionnaires sont tour à tour écrasées et le Roi est lui à la merci des desiderata des puissances qui l’accueillent et financent sa cause. L’ouverture de la campagne d’Italie en 1796 pousse la République de Venise à inciter Louis XVIII à quitter son territoire. Revenu auprès de l’armée du Prince de Condé, au bord du Rhin, il doit composer avec la méfiance du maréchal autrichien Wurmser qui redoute son influence sur les émigrés. Lorsque les troupes du directoire pénètrent en Allemagne, le Roi est contraint de partir vers l’est. Il renonce alors définitivement à une reconquête militaire directe du royaume, que les succès de la République et d’un certain Bonaparte condamnent à l’échec.

A Blankenbourg au Brunswick (Louis XVIII n’a pu trouver ni refuge en Autriche ou en Prusse), il mène une vie assez simple, louant le deuxième étage (trois pièces) de la maison d’un brasseur…Cruel symbole de l’impuissance d’un monarque à influer de manière significative sur le cours d’une histoire qui semble bien défavorable à sa cause. Les complots organisés pour renverser le directoire sont un faible substitut à l’action militaire et échouent lamentablement. Le Roi hésite, doute et se voit contraint à un nouvel exil cette fois ci à Mitau en Courlande…

Le tsar de Russie, Paul Ier, dont il est l’hôte le traite néanmoins avec générosité ce qui lui permet de maintenir une cour digne de ce nom. C’est de Courlande que Louis XVIII observe avec intérêt les soubresauts qui agitent le directoire et l’ascension de Bonaparte. Ce dernier qui apparait un temps comme un pacificateur et qui à le roi reconnait d’évidentes qualités, pourrait il favoriser le retour de Louis XVIII sur le trône comme le fit le général Monk pour Charles II d’Angleterre ? Vaine illusion qui cessa d’abuser le roi lorsque le 1er Consul persuade son nouvel ami le Tsar Paul de chasser le roi exilé de Mitau au mois de janvier 1801. Fort heureusement pour Louis XVIII, Paul Ier périssant assassiné quelque temps plus tard, son successeur Alexandre III lui permit de revenir en Courlande et d’y reconstituer une fois de plus sa cour. Soumise à de telles vicissitudes, l’action du monarque française, ne peut être qu’insignifiante dans la gigantesque partie d’échecs que se livrent alors les puissances européennes.

Que peut faire l’hériter des Bourbons face au général devenu Empereur à qui rien ne semble résister ? Avec la paix de Tilsit, le roi qui souffre désormais de la goutte et ne se déplace plus qu’à grand peine, comprend que le tsar, qui doit composer avec Napoléon, ne peut plus l’accueillir. Les chemins de l’exil l’emmènent alors en Angleterre, où il est initialement reçu à titre privé en tant que simple comte de Lille. Assumant avec dignité le deuil de sa femme en novembre 1810, il maintient avec constance ses efforts pour que la cause royale ne tombe pas dans l’oubli. Et c’est avec la campagne de 1812 en Russie que le sort commence enfin à lui sourire. Très rapidement, le Roi a compris que l’Empereur est perdu. Il lui faut dés lors préparer une marche au trône, semée d’embuches…

Au début de 1814 fort du soutien (hésitant) de l’Angleterre et (réticent) de la Russie il adresse aux Français une proclamation dans laquelle il s’engage à assurer le retour de la monarchie dans un esprit de conciliation (maintien du Code Napoléon, assurances données aux possesseurs de biens nationaux.).  De peur que les coalisés n’acceptent une régence impériale, il se fait proclamer par neveu le duc d’Angoulême dans Bordeaux insurgée. L’enthousiasme que sa cause suscite à mesure que l’Empire s’effondre et sa détermination à ne pas apparaitre comme la marionnette des puissances européennes l’imposent comme le monarque légitime.

Le 24 avril 1814, le roi débarque à Calais puis fait route sur Paris. L’accueil qui lui est réservé par les français lassés de la guerre est triomphal. Réunissant son conseil le 5 mai, Louis XVIII s’est d’emblée attacher à édifier un ordre constitutionnel susceptible d’ancrer la monarchie dans le XIXe siècle et d’assurer sa pérennité. Le résultat de ses efforts est la Charte qu’il octroie aux français. Bien que celle-ci fasse la part belle à l’autorité royale (qui à la haute main sur l’exécutif et une partie du législatif) elle instaura deux chambres avec qui le monarque devra composer. Si Louis XVIII est bien « souverain par la grâce de Dieu » il n’en accorde pas moins des libertés fondamentales aux français et pose les bases d’un régime parlementaire moderne.

Dans l’exercice du pouvoir, il fait montre d’un mélange étonnant de politesse surannée et de fermeté inébranlable. Subtil il est à même de tenir tête à de grands esprits tels que Talleyrand ou Chateaubriand. Les premiers temps de son règne ne sont pas exempts de succès. Ainsi obtient-il rapidement le départ des troupes coalisées de France et un traité garantissant les frontières de 1791. Sa politique intérieur plutôt libérale (au sens du XIXe siècle) et conciliatrice semble remporter l’adhésion de l’opinion.  Néanmoins elle suscite l’opposition des cercles monarchistes ultras (avec à leur tête le comte d’Artois, héritier du trône) frustrés d’une véritable vengeance quant aux excès révolutionnaires et des milieux bonapartistes ou jacobins dont les regards se tournent vers l’Ile d’Elbe. L’armée échaudée par la fonte de ses effectifs, se montre parfois nostalgique de l’Empire et les demi-soldes grondent.

Au Parlement des séances très agitées démontrent les limites de la politique de bon sens et de modération du Roi. La réconciliation nationale qu’il porte à bout de bras semble illusoire. Ainsi lorsque Napoléon débarque à Golfe Juan, le délicat édifice de la Restauration s’effondre. Une fois de plus le monarque invalide est contraint à l’exil, court celui-ci, à Gand. Après la fin des Cent Jours, les concessions généreuses que le monarque avait obtenu des alliés en 1814 ne sont plus qu’un lointain souvenir. L’échec de la dernière aventure napoléonienne va considérablement abaisser le prestige de la France et compliquer la tâche de Louis XVIII.

Si à son retour le peuple lui réserve une fois de plus un accueil enthousiaste, le souverain sait comme sa position est fragile. Il va la renforcer habilement en s’instituant comme rempart du peuple contre les exigences des puissances occupantes à l’origine très dures. Entêté dans sa volonté de ne pas trop céder, Louis XVIII finira par obtenir des coalisés un traité moins draconien que l’on aurait pu le craindre..

Sur le plan intérieur il doit composer avec les passions ultra-royalistes  qui réclament la vengeance dont le souverain les avait longtemps privés. En province et notamment dans le Midi et l’ouest, des massacres plus ou moins improvisés ont lieu. A la chambre élue en août, la fameuse Chambre introuvable, les Ultras sont très largement majoritaires et alimentent la fureur contre révolutionnaire. Si le roi parvient à rétablir l’ordre en province, il doit accepter une épuration légale de l’administration et de l’armée, qui si nécessaire, tranche nettement avec ses plans de 1814. Cette « terreur blanche » (pour reprendre l’expression consacrée) illustre les limites de la capacité de Louis XVIII à gouverner dans un esprit de réconciliation.

Durant les neuf années restantes de son règne et malgré la détérioration de son état de santé (le roi est alors presque incapable de se déplacer par lui-même et il souffre d’artériosclérose), Louis XVIII s’emploie à arbitrer les conflits opposant libéraux et ultra-royalistes. S’il respecte le Parlement (en constituant systématique des cabinets issus de la majorité, alors rien ne l’y oblige) il n’hésite pas à risquer l’épreuve de force de temps à autre, comme lors de la dissolution de la chambre introuvable en 1816.

L’assassinat du duc de Berry (le fils du comte d’Artois futur Charles X) connu pour ses sentiments ultras le 13 février 1820 par un Bonapartiste, va entrainer la chute du ministre de la police Decazes depuis longtemps le favori du roi et un monarchiste modéré. Avec sa chute, un réel retour à un régime d’ordre s’opère sous l’égide du duc de Richelieu. Le Roi dont la santé est alors bien déclinante voit une fois de plus sa volonté de réconciliation nationale mise à mal par les évènements.

Au crépuscule de sa vie, Louis XVII a compris que sa tentative de « nationaliser la royauté » ou de « royaliser la nation » et le système qui en est issu, ne survivra peut être pas à sa personne. Le futur Charles X ne semble guère à même de maintenir le subtil équilibre que Louis XVIII a instauré. Néanmoins celui-ci peut s’enorgueillir des succès de la restauration sur le plan économique, la France est prospère, les finances saines (plus saines qu’elles ne l’ont été depuis le règne de Louis XIV et qu’elles ne le seront jusqu’à nos jours) et l’Expédition d’Espagne (1823) a consacré le retour du royaume sur la scène des grandes puissances.

Le Roi s’éteint finalement le 16 septembre 1824 après un long calvaire, le corps littéralement rongé par la maladie. La moitié de son règne qu’il aura passé en France aura constitué une expérience inédite de libéralisme politique modéré dans un pays pourtant bouleversé par les haines partisanes…

Notre Avis

Cette bibliographie de Louis XVIII par Pierre Lafue, est rédigée dans un style tout à fait abordable et enlevé. L’auteur, journaliste et écrivain, a déployé un grand talent à rendre son sujet d’étude humain et attachant, tout en gardant à les enjeux de la période considérée. On retiendra l’attention qui a été portée à la jeunesse du comte d’Artois, à sa formation intellectuelle mais aussi à ses conditions de vie en exil. Le récit chronologique, qui ne verse pas dans l’analyste verbeuse, se lit d’une traite et garde sa cohérence tout du long.

On pourra peut être reprocher à l’auteur certains parti pris, une ligne nettement favorable au royalisme modéré incarné par Louis XVIII et qui tend à brosser un portrait très noir de la Révolution et de l’Empire. Il faudra aussi garder à l’esprit que l’ouvrage date de 1944 et que par conséquent sa bibliographie (essentiellement des ouvrages du XIXe siècle) n’est plus en phase avec l’historiographie moderne.

Quoi qu’il en soit, pour tous ceux qui souhaitent disposer d’une première approche agréable du règne de ce roi au destin singulier que fut Louis XVIII, nous recommandons ce livre. En le refermant on se surprendra à se demander ce qu’il eut pu advenir si le « Roi Fauteuil » comme il se surnomma avait pu jouir d’une bonne santé et d’une descendance formée par ses soins…

P LAFUE, Louis XVIII, Editions France-Empire, Paris, 2012.

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