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La Villa Médicis, académie de France à Rome

villa_mdicisEtre pensionnaire de l’Académie de France à Rome dans la Villa Médicis est un prestige reconnu et ouvre de nombreuses portes pour tous les artistes et chercheurs dans le domaine de la création littéraire et artistique. Revenons sur l’histoire de cette institution incontournable, de ce temple de la culture française qui s’ouvre au public en proposant des expositions variées et la visite des jardins.


 

L’Académie se cherche un palais

Dans l’antiquité, l’emplacement de la Villa Médicis se trouve sur une colline de Rome, au nord du Quirinal, sur le site de Pincio. A la Renaissance, le cardinal Ricci achète le domaine en 1564, découvre la muraille d’Aurélien ainsi que les jardins et y fait construire un palais. Ferdinand de Médicis rachète l’ensemble douze ans plus tard et entreprend de terminer les travaux. Il transforme le palais en musée en y créant une galerie-antiquarium, des jardins aux essences rares, construit un pavillon nommé le studiolo constitué d’une pièce principale et d’une autre plus petite ouverte sur une terrasse donnant sur la campagne. C’est ainsi que nait la Villa Médicis.

En 1666, Colbert et Le Brun poussent Louis XIV à fonder une Académie de France à Rome, l’Italie étant presque le berceau de l’art. Là, les meilleurs artistes ainsi que ceux protégés par les grands seigneurs pouvaient acquérir un complément de formation. Ces jeunes pensionnaires devaient consacrer leur temps à la réalisation de copies de l’Antique ou de la Renaissance.

Pendant les cent années précédant la Révolution, l’Académie changera de palais : de celui de San Onofrio au palais Cafarelli en 1673, puis au palais Capranica en 1684 et enfin le palais Mancini en 1725 jusqu’en 1793 où les contre-révolutionnaires romains saccagent et pillent les lieux, les pensionnaires devant fuir vers Naples et Florence : l’Académie de France est alors supprimée. Le Directoire rétablit cette institution en 1795, mais il faudra attendre 1803 pour que l’Académie de France trouve définitivement son palais des arts à Rome : la Villa Médicis.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Villa est réquisitionnée par Mussolini et l’Académie est transférée à Nice puis Fontainebleau.

Le principe et les missions

villa_mdicis_debussyAu départ, l’Académie de France à Rome qui est rattachée à l’Institut de France, accueillait des pensionnaires férus de peinture, sculpture, architecture et musique. De très grands artistes et architectes français ont séjourné à Rome, comme Fragonard, Ingres qui fut directeur de 1835 à 1841, Berlioz, Bizet, Debussy, Gounod, Garnier…jusqu’à ce que les femmes fassent leur entrée au XX è siècle.

En 1961, le peintre Balthus est nommé directeur par André Malraux. Il entreprend une réforme et une restauration dans l’esprit Renaissance avec moulage de statues dans les jardins, découverte de fresques peintes à l’époque du cardinal Ricci ainsi qu’une décoration représentant une pergola peuplée d’une multitude d’oiseaux, création de salles d’exposition afin d’ouvrir la Villa à la culture. Il développera également les manifestations culturelles.

A partir de 1971, l’Académie se détache de la tutelle de l’Académie des Beaux Arts et l’organisation des concours est modifiée ; la durée des séjours passe de quatre ans à deux ans ; de nouveaux domaines culturels font leur apparition : composition musicale, écriture, cinéma, photographie, mise en scène, chorégraphie, scénographie, design, gravure, restauration d’œuvres d’art ou de monuments, histoire de l’art et histoire des arts (musique, théâtre, cinéma). C’est ainsi que les pensionnaires passent de douze à vingt deux, non plus seulement d’Europe mais du monde entier.

Villa_mdicis_galerieLes statuts datent de 1971 avec un conseil d’administration et son directeur nommé par le Président de la République Française pour une durée de trois ans sous la tutelle du ministère des Affaires Culturelles, institution ayant une autonomie financière. Elle a pour mission de favoriser la création artistique et littéraire pour la période de la Renaissance à nos jours ; d’organiser des expositions, concerts, projections de cinéma, séminaires d’histoire et d’art ; d’accueillir des artistes et chercheurs pour qu’ils se perfectionnent dans leur discipline ; de stimuler la culture entre l’Italie et la France mais avec une ouverture sur l’Europe et le Monde ; et surtout conserver, restaurer et mettre en valeur la Villa Médicis y compris ses jardins, dépendances et biens culturels s’y trouvant... mais il serait question d’une refonte de ces statuts !

La restauration de la Villa Médicis

La Villa Médicis joue un grand rôle dans la vie culturelle de Rome, avec des expositions, des concerts, des séminaires relevant des arts, des lettres et de leur histoire. Mais il faut restaurer la Villa. Le Ministère de la Culture, la direction du Patrimoine et de l’Architecture, la Fondation Electricité de France ainsi que les services italiens s’attachent depuis 1993 à redonner à la Villa Médicis sa splendeur de la fin du XVI è siècle en restaurant « le clos et le couvert » de la Villa (façades, menuiseries, toitures, intérieur de la Villa où des fissures importantes sont découvertes). C’est ainsi qu’en 2000, on a retrouvé la couleur blanc ivoire d’origine des façades de la Villa, en accord avec les marbres anciens ; depuis 2004, ce sont des travaux de consolidation de l’édifice et la réfection des salles d’exposition accompagnée de la mise en lumière. Mais parallèlement à la période Renaissance, il faut également penser à la restauration de l’époque où Balthus était directeur, grand artiste par ailleurs.

Depuis quelques années, la remise en état porte sur les jardins style Renaissance, avec ceux destinés à la culture de plantes simples et de fleurs et ceux concernés par la culture de plantes rares et médicinales, mais toujours rappelant la personnalité de Ferdinand de Médicis, passionné de géométrie, de mathématique et de cartographie, comme les travaux actuels portant sur l’alignement des haies, ce qui permettra de retrouver l’aspect quadrillé de la Renaissance. N’oublions pas la fontaine « le Parnasse » qui est à nouveau du plus bel effet.

L’avis des « pensionnaires »

villa_medicis_jardinParadis pour les uns, prison dorée pour les autres, la Villa Médicis est considérée par certains comme un refuge d’artistes postulant le plus souvent pour obtenir la bourse.

Une ancienne pensionnaire racontait il y a quelques années « si l’on vient à la Villa avec en tête les mythes du XIX è siècle, on est forcément déçu : ici, on a le luxe du temps, la magie du lieu, mais dès qu’on quitte la Villa, la réalité vous saute à la figure » ; une écrivain ajoutait « je sais que plus jamais je ne réunirai de telles conditions de travail, installée dans l’ancien atelier d’Ingres, avec une vue époustouflante sur Rome. Dans cet endroit d’une autre époque, hors du monde et des réalités, plein de fantômes, il faut bosser, sinon on devient fou » comme ce fut le cas pour Debussy qui voulut quitter les lieux, car en vase clos, certains pensionnaires culpabilisent, écrasés par cet endroit prestigieux ou à l’inverse, ayant peur de revenir à la réalité quand ils sortiront, usent de tous les stratagèmes pour prolonger leur séjour !

Tout n’est pourtant pas négatif et les anciens pensionnaires dressent pour la plupart un bilan positif de leur passage à la Villa Médicis, ce lieu de mémoire où planent les « Gounod, Fragonard, Debussy et tant d’autres »...

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