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Louis XIV, le Grand (roi de France, 1643-1715) - Biographie 1/3

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Louis XIV, le Roi Soleil, rien à qu’à la lecture de ces quelques mots c’est tout un imaginaire que l’on invoque. Des fastes de Versailles à la révocation de l’Edit de Nantes, de Fouquet à Bossuet, aucun autre monarque français n’aura tant marqué son époque et la postérité.Pourtant le personnage reste mal connu, son portrait souvent brouillé par des louanges excessives ou des critiques sans concessions. A vrai dire au-delà de son statut de monarque, Louis le Grand fut avant tout un homme pétri des contradictions de son époque,  entre effervescence baroque et rigueur classique. Alors que peut-on retenir en fin de compte du plus célèbre des Rois de France ?

 

 

L’Enfant Roi entre Anne d’Autriche et Mazarin

 

5 Septembre 1638 : La France est en guerre, la France a faim, la France souffre de mille désordres mais la France se réjouit. Après 23 ans de mariage infructueux la reine Anne d’Autriche vient de donner naissance à un enfant, à un fils, à un dauphin.

 

Ce n’est pas pour rien que l’on donne au petit Louis Dieudonné le surnom « d’enfant du miracle ». Miracle à la fois politique : signe d’espoir dans une conjoncture d’une rare gravité et miracle dynastique : fruit d’une union depuis longtemps dénuée d’amour et ternie de sombres ressentiments.

 

C’est un fait les parents de Louis XIV ne s’aiment guère. Louis XIII vieilli bien avant l’heure par la maladie reproche à sa femme d’être restée Espagnole de cœur et de s’opposer à la politique de son principal ministre : le cardinal de Richelieu. Anne d’Autriche, qui s’est toujours sentie isolée et méprisée à la cour de France est en effet un des principaux adversaires du cardinal et n’apprécie pas la compagnie d’un mari qui n’aura jamais su exprimer ses sentiments.

 

C’est alors que le miracle opère. Le Dauphin né, cette reine jusque là plus espagnole que française, plus opposante que femme d’Etat, va pour amour pour son fils devenir l’un des plus fervents soutiens de la monarchie française et de l’absolutisme naissant.

 

Anne d’Autriche, non dénuée de sens politique, a bien compris que son fils représente à lui seul un espoir de stabilité pour le royaume. Protéger son fils, alors que l’on sait son père de santé fragile, c’est aussi se protéger elle-même et son futur statut de régente. Ainsi contrairement à Louis XIII, le jeune Louis XIV jouira de l’amour inconditionnel et du soutien de sa mère.

 

anne et louis

 

Les dernières années du règne de Louis XIII sont à la fois marquées par la guerre contre les Habsbourg mais aussi par d’importants changements ministériels. Richelieu décédé en décembre 1642, le Roi constitue une nouvelle équipe gouvernementale au sein de laquelle se distingue déjà un certain Jules Mazarin.

 
 

Fascinant personnage que ce cardinal italien, de son vrai nom Giulio Mazarini.Né dans les Abruzzes en 1602 d’une famille dont l’ascension est récente (son père fut l’indentant du connétable du royaume de Naples), juriste de formation il a d’abord fait carrière comme officier dans les armées du Pape. S’étant distingué par sa redoutable intelligence il devient l’un des diplomates les plus en vue du Saint-Père. C’est par ce biais que ce bel homme raffiné, qui a plusieurs fois tenté d’empêcher la guerre entre les puissances catholiques que sont les Bourbons et les Habsbourg, est recruté par son mentor : le cardinal de Richelieu. Ce dernier fera de lui son éminence grise et lui accordera la naturalisation.

 

Mazarin est donc à priori une « créature » de Richelieu, soit son client. Néanmoins le beau Jules qui sait se ménager plusieurs options entretient d’excellentes relations avec la reine. Entre les partisans de la guerre contre l’Espagne (soit le parti gravitant autour de Richelieu) et ceux de la paix (dont la Reine fut un temps une figure), Mazarin fait figure d’intermédiaire. Et puis au-delà des manœuvres politiques il existe une certaine attirance entre Anne et Jules…

 

Alors que le long règne de Louis XIII touche à sa fin, alors que les anciens opposants de Richelieu reviennent peu à peu à la cour, le jeune Louis Dieudonné vit ses premières années. Souvent effrayé par son père (qui en conçoit une grande colère) le petit dauphin entretient par contre une relation fusionnelle avec sa mère. Il faut dire qu’elle prend grand soin de lui et ne manque pas une occasion de lui inculquer de solides valeurs morales.

 

Anne, digne héritière de son aïeul Charles Quint, nourrit de grandes ambitions pour son fils qu’elle entrevoit déjà comme un souverain à l’autorité sans partage. Le jeune Louis apprend donc très vite à situer son rang et à mépriser ceux qui pourraient le contester. La reine qui fut en son temps l’alliée de ces « Grands » si jaloux de l’autorité des monarques est devenue pour son fils leur pire ennemi.

 

Cette conception autoritaire et centralisatrice de la monarchie ne peut que convenir au petit Louis qui fait preuve d’un certain orgueil. Néanmoins on dit de lui que c’est un enfant gracieux, sérieux (dit-on parfois trop sérieux) à même de se maitriser. Il entretient une relation sereine avec son frère cadet : Philippe futur duc d’Orléans.

 

La Régence d'Anne d'Autriche

 

Le 14 mai 1643, Louis XIII ce père qui effraie tant son fils, fini par mourir au terme d’une longue agonie. « Le Roi est mort, Vive le Roi. » Pour les Grands, pour tous les opposants de la politique de Richelieu il semble que l’heure soit à la revanche. Grande va être leur déception, Anne d’Autriche devenue régente va poursuivre à sa manière la politique de son défunt mari et du cardinal.

 

mazariniAprès avoir manœuvré en souplesse auprès du Parlement, autrefois rabaissé par Richelieu, Anne a nommé pour principal ministre Jules Mazarin. C’est le début d’un couple politique marquant de l’histoire de France. Jules et Anne ont de nombreux point commun et notamment celui d’être tous deux des étrangers de naissance.

 

L’avenir du royaume de France est ainsi entre les mains d’une Espagnole et d’un Italien qui partagent la même ambition : protéger et maintenir l’autorité du jeune Louis XIV. S’ils ne furent certainement pas amants (on aurait tort de sous estimer la puissance du code moral et religieux de la reine) Anne d’Autriche et Mazarin se complètent admirablement. A la volonté et l’impétuosité de la régente, Mazarin apporte sa subtilité et ses talents de diplomate.

 

Les débuts de la régence apparaissent aux yeux de nombreux français comme une période bénie. Cinq jours après la mort du Roi les troupes françaises menées par le Duc d’Enghien (Louis II de Condé) ont remporté une victoire éclatante sur les espagnols à Rocroi. Le royaume est désormais à l’abri d’une invasion. A l’atmosphère de complot, de suspicion et de répression des années Richelieu succède un air de « liberté ». Les Grands croient sincèrement leur heure venue  et espèrent  un retour à une monarchie équilibrée, où le monarque partagerait de fait son autorité avec la noblesse.

 

Il ne leur faudra pas longtemps pour comprendre que l’agenda politique d’Anne d’Autriche est à l’opposé de leurs vues. Bientôt les premières conspirations à l’encontre de la régente et du cardinal débutent. Mazarin que beaucoup considéraient comme un faible, n’hésite pas à réprimer ces agitations et pendant un temps le calme semble revenu.

 

Pourtant la situation du royaume n’augure rien de bon. La guerre continue à engloutir des sommes considérables, la pression fiscale épuise les campagnes qui souvent se révoltent, l’endettement et la corruption se généralisent.

 

Il faut dire que la France d’alors est encore une société clientéliste où le monarque ne dispose pas d’une véritable administration. Que ce soit pour la collecte des impôts, l’entretien des infrastructures, la conduite de la guerre il doit recourir soit à la grande noblesse, soit à des titulaires d’offices qui font souvent passer leur propre intérêt avant celui du Roi.

 

D’autre part la faiblesse structurelle du système fiscal d’ancien régime favorise la spéculation et l’émergence de « gens de finance » au pouvoir redoutable.

 

Sur le plan social et politique le royaume de France est donc divisé, fragmenté. Les Grands s’appuient sur leur clientèles qui elles même se constituent des clientèles de nobles de moindre rang aux loyautés changeantes. Parallèlement les titulaires d’office et les membres de Parlement jouent leur propre partition politique parfois bien chaotique. Enfin le peuple, fort divers, des bourgeois de Paris aux paysans du Cantal rallie diverses factions au gré des  « émotions populaires » (émeutes, révoltes).

 

Néanmoins tous partagent confusément cette volonté de ramener le royaume dans le ‘droit chemin’ soit celui d’une monarchie tempérée par les corps intermédiaires, dénuée de pression fiscale permanente. Ce « premier libéralisme », opposé à la monarchie ‘absolue’ naissante, rêve du retour à un âge d’or qui finalement n’aura jamais existé. Entre ce rêve et le renforcement de la monarchie des Bourbons il y a une contradiction qui ne pourra être résolue que par l’affrontement.

 

Mais le jeune Roi est à mille lieux de ces considérations politiques. Elevé comme le veut la coutume par des femmes jusqu’à ses sept ans, il entre ensuite dans le monde des hommes. Son éducation a été confiée à Mazarin. Cette éducation sera soignée, solide. Louis apprend le latin, la morale mais aussi l’histoire, les mathématiques et l’Italien. Cependant l’enfant roi n’est pas un élève studieux et il préfère de beaucoup d’autres activités.

 

Tout comme son père il est d’abord un passionné d’exercices physiques. Chasse, équitation, escrime et jeux guerriers rythment son quotidien. Mais c’est aussi  un garçon doté d’une grande sensibilité artistique. S’il ne brille pas à la guitare ou au luth il est par contre un excellent danseur. Le Roi danse encore et toujours nourrissant un amour sans bornes pour l’art du ballet.

 

La Fronde

 

L’enfance insouciante de ce roi de danse ne va guère durer. C’est à un tout autre genre de ballet qu’il va devoir se livrer.

 

La Fronde cette révolte qui couve depuis des années est sur le point d’exploser. Cet évènement que Jean-Christophe Petifils qualifie de « plus grande catastrophe politique française du 17ème siècle » va avoir un impact considérable sur la maturation politique de Louis XIV. Comprendre la Fronde, c’est comprendre le projet du Roi Soleil.

 

La Fronde ce nom évoque d’abord un jeu d’enfant, une occupation puérile et frivole. Frivole elle l’est et il faut bien constater qu’elle n’offre pas d’idée directrice, de ligne claire. Il n’y a d’ailleurs pas une Fronde mais des Fondes. Ce(s) mouvement(s) typique(s) de l’âge Baroque offre(nt) un spectacle chaotique où les brouilleries et les passions comptent tout autant que les calculs politiques. Ce n’est pas la répétition générale Révolution de 1789 mais bien le dernier acte d’une pièce médiévale.

 

On l’a vu la ligne politique d’Anne d’Autriche et de Mazarin va à l’encontre des volontés de différents acteurs de la société d’Ancien Régime. Si les grands, la noblesse seconde où les Parlements ont souvent des intérêts divergents ils peuvent se retrouver dans leur opposition à l’absolutisme naissant. A cette opposition intérieure se conjugue la pression engendrée par la guerre et habilement alimentée par l’Espagne.

 

Au début de l’année 1648 Paris est en effervescence. Le Parlement  et la bourgeoisie de la ville sont excédés par les manœuvres de Mazarin. Le cardinal ministre soucieux de renflouer les caisses royales, multiplie la vente de nouveaux offices ce qui dévalue d’autant la valeur de ceux détenus par les parlementaires. D’autre part il accroit la pression fiscale à l’encontre des parlementaires et des bourgeois parisiens qui jusque là payaient peu d’impôts.

 

Résultat le Parlement refuse d’enregistrer plusieurs édits fiscaux et entend mener une épreuve de force face à Mazarin. La régente qui s’est sentie personnellement humiliée doit cependant accepter d’importantes concessions afin d’éviter une révolte de Paris. En avril les cours souveraines se sentiront même assez fortes pour imposer à la monarchie une charte de vingt sept articles qui érigent le Parlement en contre pouvoir légal.

 

La régente et Mazarin semblent avoir perdu la partie mais n’ont en réalité que chercher à gagner du temps. Le 21 août Louis II de Condé a remporté une nouvelle victoire contre les Espagnols à Lens. Son armée est donc libre pour mater une éventuelle rébellion. Mazarin profite des célébrations de cette victoire pour faire arrêter plusieurs meneurs de la Fronde parlementaire. Ces arrestations provoquent immédiatement de graves émeutes et la ville se hérisse de centaines de barricades.

 

La régente qui a d’abord du faire profil bas comprend que la famille royale est à la merci des émeutiers qui sont le bras armé du Parlement. Début septembre elle fait quitter Paris à ses enfants et à Mazarin puis les rejoint tout en rappelant les troupes de Condé vers la capitale. A cette nouvelle, Paris se soulève une fois de plus et Anne d’Autriche qui souhaite éviter une guerre civile, confie à Condé la mission de négocier avec les rebelles. Un accord est finalement conclu, Mazarin et la régente ont dut faire mine une fois de plus de capituler face aux exigences Parlementaires.

 

Le petit roi qui n’a que dix ans n’appréhende peut être pas toute la complexité de la situation mais il comprend deux choses. Un : les parlementaires sont un obstacle au bon fonctionnement de la monarchie, deux : le prince de Condé a largement profité de la crise. Ce prince ambitieux, l’un des meilleurs généraux de son temps n’a d’ailleurs que du mépris pour le jeune Roi. Condé se verrait bien en lieutenant général du royaume, en tout cas pour le moment il se sait indispensable à la régente.

 

louis ii de condL’accord entre le Parlement et la monarchie (dit Accord de Saint Germain) était voué à voler en éclat. Les troupes de Condé (des mercenaires allemands en réalité) restent cantonnées en Ile de France et la Reine ne songe qu’à fuir à nouveau. Anne d’Autriche qui a d’abord entériné la stratégie conciliatrice et tortueuse de Mazarin est arrivée à la conclusion que seule une épreuve de force pourra sauver l’autorité qu’elle entend léguer à son fils.

 

Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649 la famille royale quitte Paris dans le plus grand secret pour Saint Germain. Tandis que le Parlement condamne Mazarin au bannissement les troupes de Condé assiègent la capitale.

 

Face à lui les rebelles ont confié le commandement à son propre frère le Prince de Conti. Conti n’est d’ailleurs pas le seul « Grand » sur lequel les rebelles peuvent compter. Outre sa sœur la duchesse de Longueville, on retrouve aux côté des frondeurs les ducs de d’Elbeuf, de Beaufort, le Prince de Marcillac...bref l’élite de la noblesse de France.

 

Quoi qu’il en soit Condé garde l’initiative et défait toutes les tentatives des rebelles pour briser le siège. Même les troupes du vicomte de Turenne (alors à la tête de la meilleure armée française), passé pour un temps du côté de la Fronde, sont défaites, leur loyauté ayant été rachetée à prix d’or par Mazarin.

 

turenne

 

Le cardinal pense néanmoins qu’il ne faut pas que le conflit ne se poursuivre trop longtemps. Il sait que les Frondeurs jouissent du soutien de l’Espagne et que la France ne peut se permettre le luxe d’une guerre civile. D’autre part les nouvelles en provenance d’Angleterre à savoir l’exécution du roi Charles Ier l’encouragent à chercher une solution négociée. Ainsi une fois de plus un compromis boiteux (la paix de Saint Germain) est signé le 1er Avril 1649 (sic.)

 

Condé contre Mazarin

 

En échange de l’annulation de l’arrêt de bannissement de Mazarin, les rebelles ont tous étés amnistiés et sont donc libres de reprendre leurs complots. Seul Condé sort renforcé de cette crise qui a fait de lui le plus puissant prince de France. Une puissance dont il entend bien jouir et sans entraves.

 

Il se pose donc en rival de Mazarin, qu’Anne d’Autriche se refuse à désavouer. Il est donc logique que Condé se rapproche peu à peu des Frondeurs dont les chefs ne sont autres que son frère et sa sœur !

 

Le 18 janvier 1650 à l’occasion d’un conseil royal, Condé, son frère le Prince de Conti et le duc de Longueville (soit le beau frère de Condé) sont arrêtés sur ordre de la régente. Anne d’Autriche s’est résolue, encore, à la confrontation…les conséquences vont en être catastrophiques. L’arrestation des princes va en effet provoquer la révolte de leurs clientèles en province.

 

La duchesse de Longueville déstabilise la Normandie, Turenne agite le nord de la France (avec le soutien de l’Espagne), l’ouest est soumis à l’influence des ducs de Bouillon et du Prince de Marsillac, Bordeaux se révolte. L’aggravation de la situation militaire et fiscale du royaume pousse Mazarin à une énième paix de compromis. Pour négocier avec les rebelles, le cardinal a cette fois recouru au service de Gaston d’Orléans l’oncle du roi…grave erreur.

 

En effet Gaston d’Orléans toujours aussi peu inspiré en matière politique nourrit une certaine sympathie pour les frondeurs. Il va donc progressivement se rallier à leurs thèses et le 2 février 1651 se proclame ouvertement contre Mazarin, ultime revanche sur l’héritier de Richelieu. Gaston est alors soutenu par le Parlement de Paris et par les clientèles des Grands.

 

Mazarin depuis longtemps l’objet d’une campagne de diffamation sans précédent (les fameuses Mazarinades) ne voit son salut que dans la fuite et se réfugie en Allemagne. La régente et le jeune roi deviennent les otages des Frondeurs.

 

Dans la nuit du 9 au 10 février 1651 le Palais-Royal est investi par les rebelles. Ces derniers ont cru (à juste titre) qu’Anne d’Autriche allait elle aussi fuir. Afin d’éviter une émeute la Reine va être contrainte de laisser le peuple défiler dans la chambre du jeune Louis XIV qui feint de dormir. Nuit tragique et humiliante qui marquera à tout jamais le Roi Soleil.

 

1651 devrait pourtant être une année glorieuse pour ce jeune roi au physique avenant et de belle prestance. En effet c’est à 13 ans que selon la coutume les rois de France deviennent majeurs.  Mais quand par ce radieux 7 septembre il prend officiellement la tête du royaume il est encore loin de pouvoir régner.

 

Le pays est dans les faits dirigés par le couple Anne d’Autriche-Mazarin, via une correspondance soutenue et passionnée. Mais l’agitation règne, les Princes qui se déchirent entre eux se sont aussi brouillés avec les Parlementaires et la perspective d’une réunion des Etats Généraux trouble encore un peu plus la situation.

 

Condé qui en a finalement assez d’attendre son heure se résout à passer un accord avec l’Espagne pour financer sa prise de pouvoir. Au début de l’automne 1651 on a donc un royaume divisé entre un camp royal (Anne d’Autriche, Louis XIV et Mazarin bientôt revenu d’exil), un camp parlementaire (avec à sa tête Gaston d’Orléans…) et celui de Condé. La guerre civile qui n’a jamais totalement cessé reprend de plus belle.

 

Les troupes royales qui peuvent désormais compter sur les services de Turenne (définitivement fâché avec ses rivaux de la famille Condé) se livrent à un duel féroce avec l’armée Condéenne et ravagent l’Ile de France.

 

Au final à court d’options, Condé aidé par la fille de Gaston d’Orléans la duchesse de Montpensier parvient à trouver refuge à Paris. Décidant de régler ses comptes avec les Parlementaires il  fait régner la terreur dans la ville. Par cette politique il perd tout soutien de la part des notables et finit par être contraint de fuir la France pour Bruxelles où il se mettra dorénavant au service de l’Espagne.

 

Les leçons de la Fronde

 

Le 21 octobre 1652 Louis XIV s’en revient à Paris. La capitale qu’il avait quitté 13 mois plus tôt lui réserve un accueil triomphal. Paris l’insolente, Paris la rebelle, Paris la frondeuse s’est finalement écœurée de sa propre révolte et se jette aux pieds du vainqueur. Tout comme le reste du royaume elle n’aspire plus qu’à la restauration de l’ordre et à la paix. La Fronde cette folle guerre civile n’aura donc servi à rien.

 

Mais quel désastre pour le royaume de France ! Ruines des finances publiques, famines, dévastations en tout genre…la population française est passée de 20 à 18 millions d’habitants. Le jeune roi qui a connu la peur, la fuite et l’humiliation est parfaitement conscient de la gravité de la situation. Une telle expérience ne pouvait que renforcer son horreur de l’insubordination  et sa soif d’un pouvoir unifié, absolu.

 

De cette révolte des corps sociaux, de cette agitation frénétique et chaotique des princes, de ce triomphe de la cupidité et de la veulerie, Louis XIV a tiré une formidable leçon de choses. Il sera un roi d’ordre…ou ne sera pas.

(lire la suite : Louix XIV le grand 2eme partie)

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