Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Histoire Universelle Les blindés dans la grande Guerre (5/5)

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Les blindés dans la grande Guerre (5/5)

chars1ereGMFin de notre série sur les blindés de la première guerre mondiale. L’Entente aura ainsi produit plus de 6000 chars durant la Grande Guerre. Des chars que l'on allait bientôt baptiser « les chars de la victoire ». Des chars qu’une poignée d’officiers allemands zélés, dont un certain Guderian, allaient étudier après la guerre en vue de venger la défaite de 1918.

Les français adoptent le char Renault

Les chars lourds Saint-Chamond étant lents et peu maniables, l’Etat-major français donna rapidement la préférence aux tanks légers de Renault, Berliet et Schneider sans abandonner toutefois les Saint-Chamond qui, seuls, pouvaient franchir les coupures de deux mètres. Leur construction en grande série (Renault FT-17 et Schneider C.A.1 notamment) permit dès lors à l’Entente d’appuyer ses offensives par de larges déploiements d’engins blindés.

Char_Renault_FT_17

Les chars français remportent leur premier grand succès à Villers-Cotterêts, le 18 juillet 1918, durant la seconde contre-offensive de la Marne. Faisant référence à ces blindés, Marc Ferro écrit : « Désormais ils participèrent à toutes les attaques en dépit des pertes sévères que leur infligèrent les Allemands (50 % par engagement). On ne conçoit plus de percée sans eux ».  500 nouveaux chars arrivant au front tous les mois, le roulement est en outre assuré. Ainsi, en août 1918, 1 500 chars français sont engagés en ligne pour autant de tanks anglais qui, sous la direction du Général Rawlinson, remportent à leur tour un grand succès stratégique le 8 août à Amiens. L'attaque alliée est destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens, occupée par les Allemands depuis l'opération Michael menée au mois de mars 1918.

L'offensive est notamment menée par la IVème armée britannique du Général Rawlinson qui doit avancer méthodiquement sur un front de 25 kilomètres. L'attaque est précédée par un bref barrage d’artillerie avant qu’un peu plus de 400 tanks ouvrent l'avancée des 11 divisions britanniques engagées dans la première phase de l'assaut. L'aile gauche de la Ière armée française du Général Eugène Debeney soutient par ailleurs l'offensive britannique. Les défenses allemandes sont assurées par la IIème armée du Général Georg von der Marwitz et la XVIIIème armée du Général Oskar von Hutier. Les deux généraux allemands disposent de 14 divisions en ligne et de 9 en réserve. L'attaque franco-britannique est un plein succès et les Allemands sont contraints de battre en retraite de 15 kilomètres.

Le comportement de l'armée allemande est en réalité inquiétant pour l’Etat-major et semble de mauvais présage pour la suite des hostilités. Certaines unités en première ligne ont simplement fuit les combats sans opposer beaucoup de résistance, malgré les nouvelles armes anti-tank allemandes (Gewehr 1918). D'autres (quelque 15 000 soldats) se sont rapidement rendus. Quand la nouvelle parvient au général Ludendorff, chef d'Etat-major général adjoint, il qualifie le 8 août de « jour noir pour l'armée allemande ». Mais la situation ne s'arrange pas. Le lendemain, de nombreux autres soldats allemands sont faits prisonniers.

Le 10 août, la bataille d'Amiens évolue vers le sud du saillant tenu par les Allemands. La IIIème armée française se dirige sur Montdidier et force les Allemands à abandonner la ville, permettant la réouverture de la ligne ferrée Amiens-Paris.

La première phase de l'offensive alliée arrive ainsi à son terme face à la résistance accrue des Allemands le 12 août. Cependant, leur défaite est nette. Les pertes allemandes s'élèvent à 40 000 hommes tués, blessés et 33 000 faits prisonniers. Les pertes françaises et britanniques totalisent 46 000 soldats. La bataille d’Amiens restera le plus grand affrontement de chars de la Grande Guerre, les nouveaux MK-V britanniques constituant l’essentiel des bataillons d’assaut. La cavalerie seule ayant en outre été décimée par endroits ou ayant dû fuir devant des nids de mitrailleuses allemands, les blindés semblaient déjà devoir dominer les champs de bataille.

JavaScript est désactivé!
Pour afficher ce contenu, vous devez utiliser un navigateur compatible avec JavaScript.

Comme une ironie de l’histoire

L’armée allemande n’aura au contraire jamais cru à l’efficacité des blindés et fut de fait très en retard dans ce domaine. Seuls 20 chars A7V, des « boîtes blindées » peu manœuvrables, sont ainsi construits en 1918. Les derniers affrontements de la guerre voient pourtant se confirmer l’efficacité des tanks.

Lors de sa première grande opération indépendante durant la bataille de Saint-Mihiel en septembre 1918, l’Armée américaine engage 267 chars, tous de fabrication française, dont des FT-17, sous le commandement d’un certain Lieutenant-colonel George Patton qui devait brillamment s’illustrer durant la Seconde guerre mondiale. En novembre 1918, il y a plus de 2 000 chars français en ligne, les Français en ayant construit 4146 sur l’ensemble du conflit pour 2542 pour les Britanniques.

L’Entente aura ainsi produit plus de 6000 chars durant la Grande Guerre. Des chars qu'on allait bientôt baptiser « les chars de la victoire ». Des chars qu’une poignée d’officiers allemands zélés allaient étudier après la guerre en vue de venger la défaite de 1918. Des chars dont l’un des plus célèbres d’entre eux, le Général Heinz Guderian, dira, non sans clairvoyance, que « s’ils réussissent, la victoire suivra ». Comme une ironie de l’histoire, ces mêmes chars devaient en effet écraser l’Armée française deux décades plus tard et offrir par là même sa revanche à l’Armée allemande.

Bibliographie

- Robin Prior & Trevor Wilson, La Première Guerre mondiale : 1914 - 1918. Autrement, 2001.

- Les chars de la Grande Guerre de Paul Malmassari. 14-18 Editions, 2010.

- La guerre des chars 1916-1918 de Henri Ortholan.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire