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Napoléon et l’Amérique (3/3)

Ameriques-napoleonAu printemps 1812, l'Angleterre réitérait son intention de maintenir sa politique concernant le contrôle des mers ce qui contraignait les Etats-Unis à remettre en vigueur l'embargo. Une guerre entre les deux pays anglophones se profilait à l'horizon au moment où la France et la Russie allaient en venir aux mains. Mais, si ces dernières puissances étaient préparées, il n'en allait pas de même des Etats-Unis qui n'avaient encore pris aucune disposition militaire.

 

Les partisans américains de la guerre estimaient que le retard serait vite rattrapé, que le sud et l'ouest, et même le Canada, allaient se lever en masse, que les Anglais seraient définitivement chassés d'Amérique et que les Etats-Unis, augmentés du Canada, deviendraient alors indépendants en fait, après l'avoir été en droit, et s'affirmeraient comme une puissance enfin majeure.

La campagne de Russie et l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Angleterre

Cependant, l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Barlow ne parvenait toujours pas à obtenir de la France l'abrogation des décrets. Il lui était seulement répondu que, depuis l'automne 1811, ils ne s'appliquaient plus aux navires américains. Tout à son expédition de Russie, l'Empereur, n'accordait d'ailleurs plus qu'une attention relative à ses relations avec un pays qui, au demeurant, continuait à commerce avec son nouvel ennemi. Napoléon quitta donc Paris avant d'avoir réglé l'affaire américaine.

On s'interrogeait alors en Angleterre sur les perspectives des conflits qui allaient s'ouvrir : qu'adviendrait-il si les Etats-Unis entraient en guerre au moment Napoléon allait peut-être triompher de la Russie? La situation du pays était loin d'être brillante. Le Premier ministre venait d'être assassiné. Le moment n'était-il pas venu de jeter du lest? La décision fut prise d'un accommodement avec l'ancienne colonie. Mais il était trop tard et, le 18 juin 1812, quelques jours avant l'entrée de Napoléon en Russie, la guerre éclatait entre l'Angleterre et les Etats-Unis. Barlow, toujours à la poursuite de l'abrogation des décrets, tenta de rejoindre l'Empereur à Wilna, alors que l'armée française battait en retraite depuis Moscou. Il mourut en Pologne au moment où les débris de la Grande Armée franchissaient le Niémen dans l'autre sens.

Tandis que l'Empereur des Français s'enfonçait dans l'immense empire russe, à la poursuite de son destin, en Amérique, une nouvelle guerre venait donc d'éclater. C'était la diversion espérée par Napoléon. Seulement, elle arrivait trop tard. D'autre part, si les Etats-Unis étaient maintenant devenus les alliés de la France contre l'Angleterre, ils avaient aussi contribué à lui susciter l'adversaire russe dans le nord de l'Europe, situation paradoxale qui s'explique parfaitement si l'on admet que les peuples ne sont jamais guidés que par la recherche de leur propre intérêt.

Malgré leur manque de préparation, les Américains s'apprêtèrent à envahir le Canada. Ils espéraient, on l'a dit, un soulèvement de la population. Malgré quelques désertions, celui-ci ne se produisit pas. La population anglophone était composée en grande partie de loyalistes qui s'étaient réfugiés au Canada pour refuser la séparation d'avec la couronne britannique, lors de la Guerre d'Indépendance. Il était naïf d'attendre d'eux ou de leurs descendants qu'ils se déjugent. Quant aux francophones, ils se souvenaient de la part prise par les Américains dans la défaite des troupes françaises, lors de la perte du Canada. Aussi servirent-ils en majorité sans défaillance leurs nouveaux maîtres. De plus, l'armée anglaise, mieux préparée et mieux commandée que l'armée des Etats-Unis, fit mieux que se défendre et refoula l'envahisseur. Sur mer, les avantages étaient balancés, situation plutôt favorable aux Etats-Unis qui trouvaient, dans un regain de gloire, l'occasion de serrer les rangs et d'apaiser pour un moment la querelle entre fédéralistes et républicains. L'Angleterre était humiliée par la bonne contenance de la marine américaine, et des voix pacifiques s'élevèrent tant que la situation en Russie laissa entrevoir un nouveau triomphe de la France. Le retournement de situation qui s'opéra, après le début de la retraite de Moscou, les fit cependant taire et l'unanimité de l'opinion se refit pour soutenir l'effort de guerre.

L’affaire du Texas

En octobre 1812, José Bernardo Guttierez, un révolté texan de 1811, qui s'était réfugié aux Etats-Unis, leva en Louisiane une petite armée de 450 volontaires américains pour envahir le Texas. Guttierez remporta plusieurs victoires, tandis que ses troupes s'accroissaient par l'apport de patriotes texans. Il s'empara d'Alamo, puis de San Antonio. Des soldats loyalistes fait prisonniers furent alors décapités à la machette. Malgré une nouvelle victoire remportée sur les troupes loyalistes, Guttierez, abandonné par ses soldats qui désapprouvaient ce massacre, fut contraint de céder la place au général Toledo qu'il qualifiait de patriote hypocrite. Malgré la belle défense des soldats originaire des Etats-Unis, Toledo fut vaincu à la bataille de Medina, par le nombre et les habiles manœuvres du général loyaliste Arredondo. Une répression terrible s'abattit alors sur la population de San Antonio. Les femmes elles-mêmes ne furent pas épargnées. On dit que la confession par un prêtre fut utilisée pour tirer des renseignements des prisonniers avant de les passer par les armes!

En 1813, La Russie proposa sa médiation entre l'Angleterre et les Etats-Unis. Mais, dans le cours de l'année, la campagne d'Allemagne montra, à Lützen puis à Bautzen, que Napoléon possédait encore des ressources et qu'il était loin d'être vaincu. Les cartes étaient rebattues et la Russie avait d'autres préoccupations que le rétablissement de la paix en Amérique, tandis que l'Angleterre était peu disposée à introduire la Russie dans le jeu américain.

La guerre américaine paraissait devoir rester une fois de plus tributaire des conflits européens. C'est alors que, au moment où la Grande Armée succombait à Leipzig, les Américains remportèrent une victoire sur le lac Erié. Ces deux événements militaient en faveur d'une solution négociée du conflit, tant en Angleterre qu'aux Etats-Unis, où le fédéralisme se réveillait. Madison se montrait favorable à un nouvel embargo. Il fut promulgué mais il n'avait aucune chance de durer longtemps si le Blocus continental venait à disparaître, comme il fallait s'y attendre. Aux difficultés politiques qui recommençaient à opposer les fédéralistes et les républicains s'ajoutaient celles qui opposaient, au plan économique, les partisans du libre-échange à ceux qui voyaient dans le protectionnisme la seule manière de promouvoir le développement des manufactures américaines, tandis que d'autres prêchaient le maintien d'une Amérique pastorale d'où les fumées nocives des usines seraient à jamais proscrites. Ces oppositions dressaient l'un contre l'autre le Nord et le Sud en une préfiguration anticipée de la guerre de Sécession.

Le représentant de Napoléon, Sérurier, suivait évidemment ces débats avec attention. Il ne manquait pas d'observer et de commenter combien le prestige de la France variait dans l'opinion publique américaine en fonction des succès et des revers de la Grande Armée. Les Américains engagés en faveur de la guerre redoutaient qu'une victoire des alliés en Europe ne rende l'Angleterre toute puissante et ne porte le coup de grâce à leurs espoirs.

En 1814, l'abdication de Napoléon et son départ pour l'île d'Elbe libéra des soldats anglais. Le cabinet de Londres décida l'envoi au Canada d'un renfort de 10000 hommes, prélevé sur les meilleures troupes de Wellington.

La première abdication de Napoléon et l’offensive britannique en Amérique

Les troupes anglaises, après une succession de revers et de succès, s'apprêtaient à envahir les Etats-Unis à partir du lac Champlain, tandis que le général Sherbrooke, gouverneur de Nouvelle-Ecosse, s'emparait du Maine. L'invasion qui menaçait fut arrêtée sur le lac Champlain où les contingents de Wellington, privés de leur général, furent battus par des Américains que leurs adversaires décrivaient pourtant comme étant en guenilles! En représailles à un raid américain, une expédition anglaise fut montée contre Washington, qui était à peu près sans défense. La capitale des Etats-Unis fut incendiée par les soldats anglais qui, au préalable, mangèrent à la Maison Blanche le repas préparé pour le président. Les navires à l'ancre sur le Potomac sautèrent en pleine nuit en un gigantesque feu d'artifice improvisé. Après le sac de Washington, les Anglais se dirigèrent sur Baltimore mais la ville, qui aurait dû être attaquée la première, avait eu le temps de se mettre en mesure et, après quelques tentatives infructueuses, au cours desquelles le général anglais Ross fut tué, l'amiral Cochrane estima que la prise de la cité ne vaudrait pas les pertes qu'elle entraînerait. Aussi préféra-t-il renoncer.

Malgré les avantages obtenus sur mer par la marine américaine, qui s'était emparée de plus de huit cents vaisseaux marchands anglais, les Etats-Unis étaient menacés par une grave crise économique et financière. La guerre coûtait cher. On négociait avec les Anglais et ceux-ci, en dépit de leurs revers, se montraient impitoyables. Ils réclamaient une partie du territoire des Etats-Unis, bien qu'aucune victoire décisive n'eût été remportée par eux. C'est alors que les opérations militaires se déplacèrent vers le Golfe du Mexique, où les Anglais dirigèrent un corps expéditionnaire, en escomptant un soulèvement des Français, des Indiens et des Espagnols. Si l'affaire réussissait, l'Angleterre triompherait une nouvelle fois de Napoléon puisque c'était pour éviter sa possession par les Anglais que l'Empereur avait cédé la Louisiane aux Etats-Unis.

BatailleNouvelle-Orleans1815L'armée américaine, sous les ordres de Jackson, était composée de milices. De fausses dispositions avaient été prises, mais cela n'empêcha nullement les envahisseurs anglais d'être sévèrement battus, le 8 janvier 1815, date à jamais mémorable dans l'histoire des Etats-Unis. Les Français ne s'étaient pas soulevés, au contraire, ils eurent leur part dans la victoire, en particulier les canonniers de l'ancien flibustier français Jean Lafitte qui, avec les canons volés aux Espagnols, massacrèrent sans état d'âme les habits rouges abhorrés, en échange du pardon des Etats-Unis pour leurs méfaits antérieurs. Peu de temps avant Waterloo, les Français d'Amérique avaient pris, en quelque sorte par avance, la revanche de la défaite que les Français de France allaient essuyer dans les champs tristement célèbres de Belgique. Les Anglais avaient perdus plus de 2000 hommes, tués ou blessés, contre 71 Américains. Ironie de l’histoire, cette bataille se déroula alors que la paix était déjà conclue depuis deux semaines, entre Anglais et Américains, mais on ne le savait pas encore sur le terrain !

La défaite anglaise de la Nouvelle-Orléans prit une importance capitale, hors de proportion avec les forces qui s'y affrontèrent. Elle ouvrit la voie pour une expansion des Etats-Unis au détriment des colonies espagnoles et des territoires indiens. Cette fédération, jusqu'alors confinée, allaient s'affirmer, au cours du siècle suivant, comme une puissance majeure à l'échelle de la planète et rien ne pourrait arrêter son ascension qui façonna en grande partie le monde dans lequel nous vivons.

A la veille de son départ pour l'île d'Elbe, Napoléon s'était pris une fois de plus à rêver de l'Amérique. Pourquoi n'irait-il pas au Mexique, se mettre à la tête des patriotes pour fonder un nouvel empire? Dans son royaume lilliputien, il continua de s'intéresser à la guerre qui se poursuivait de l'autre côté de l'Atlantique. Des projets d'assassinats et de déportation pour l'éloigner du continent européen étaient débattus par ses ennemis et il ne les ignorait pas. Les fonds qui devaient lui être versés par le gouvernement français se faisaient attendre et il allait bientôt manquer d'argent.

La victoire américaine, le retour de l’Île d’Elbe et Waterloo

Des conversations avec le capitaine anglais Usher lui apprirent que 25000 hommes de l'armée de Wellington avaient été retirés d'Europe pour être envoyés combattre les Etats-Unis. Il est possible que cet affaiblissement des forces de son principal ennemi ait renforcé la volonté de l'Empereur de reconquérir le pouvoir en France. A cette époque, les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu'aujourd’hui et Napoléon ne pouvait qu'apprendre très tardivement la signature de la paix à Gand, à la fin de 1814 (24 décembre). D’ailleurs, le traité qui mettait un terme à la guerre, ne fut ratifié par Madison que le 17 février 1815. Mais le plus important, c’est que les troupes anglaises eurent le temps de revenir sur le continent européen pour participer à la campagne de Belgique. Les enchaînements de l'histoire paraissent parfois être des signes du destin : les Américains étaient indirectement responsables de la campagne de Russie, ils entrèrent en guerre, comme le souhaitait Napoléon, trop tardivement pour créer une diversion à son avantage et signèrent la paix trop tôt pour empêcher les Anglais de tenir le rôle prépondérant qui fut le leur à Waterloo. Qui plus est cette paix fut signée à Gand, en Belgique!

9TRAITEDEGANDL'Empereur déchu une seconde fois eut d'abord l'idée de gagner les Etats-Unis. Mais la croisière anglaise veillait et elle était bien décidée à ne pas laisser sa proie lui échapper. On connaît la suite. Napoléon, refusant de fuir caché dans un tonneau, décida de se rendre aux Anglais qui le déportèrent à Sainte-Hélène, conformément au projet discuté à Vienne par la Sainte-Alliance, alors qu'il était encore "empereur" de l'île d'Elbe.

En Europe, les idéaux de la Révolution française étaient mis pour un temps sous le boisseau. De nombreux Français compromis pendant les Cent Jours s'exilèrent aux Etats-Unis. On dit même que le maréchal Ney, échappé au peloton d'exécution, reposerait aujourd'hui dans un cimetière américain. Joseph, l’ancien roi d’Espagne, résidait près de Philadelphie. Il ouvrait sa bourse aux exilés qui se regroupaient autour de lui et rêvaient d'aller délivrer l'Empereur des griffes de la perfide Albion, tandis que, sur son rocher, Napoléon continuait à se demander ce qu'il aurait pu faire s'il était parvenu à se réfugier au Mexique, un pays qu'il comparait au centre de gravité du monde. Ces proscrits comptaient de nombreux militaires. Quelques-uns se groupèrent autour des frères Lallemand et du général Rigaud pour créer une colonie, avec l'aide notamment de l'ancien flibustier Jean Lafitte. Ce Champ d'Asile, s'installa d'abord en Alabama, puis au Texas, avant de revenir en Alabama. Au Texas, il se trouvait sur des terres contestées entre le Mexique, encore colonie espagnole, et les Etats-Unis. Le jeu que jouèrent alors ces étranges laboureurs est mal éclairci mais leur présence entraîna des difficultés entre les deux pays. On sait combien cet endroit était sensible. Le bruit couru même que des Mexicains envisageaient à nouveau d'offrir la couronne de leur pays au roi Joseph.

11BeauchefLes militaires français attiraient l'attention intéressée des insurgés d'Amérique du sud en lutte contre l'Espagne pour conquérir leur indépendance. Plusieurs officiers se laissèrent tenter par l'aventure, avec des succès divers. Certains d'entre eux laissèrent des traces durables en Amérique latine, comme le colonel Georges Beauchef, qui fut nommé, après l'indépendance, gouverneur d’une province chilienne. Une plaque commémorative rappelle ces faits dans un vieux fort désaffecté de la baie de Corral. Voici ce qu’on peut lire sur cette plaque : "L’année 1820, Georges Beauchef, ex colonel des armées napoléoniennes et colonel de l’armée de libération, combattit dans la Baie de Corral pour l’indépendance et la gloire du Chili avant d’être, pendant les années 1822 et 1823, gouverneur de la province de Valdivia". Il convient ici de signaler une de ces manifestations d'humour dont l'histoire a le secret : Beauchef lutta en Amérique du Sud aux côtés d’un ennemi de la veille ; l'amiral anglais Cochrane fut, en effet, le fondateur de la marine chilienne !

L’influence napoléonienne en Amérique

Charles-Joseph_BonaparteL'Amérique resta durablement marquée par ses relations mouvementées avec la France. Si la Louisiane fut vendue aux Etats-Unis en 1803, la législation de cet Etat resta basée sur le Code Napoléon. La campagne d'Egypte inspira la forme de l'obélisque qui fut érigé à Washington. L'architecture de la Maison Blanche est clairement copiée du style empire. La stratégie de Napoléon Ier fut enseignée à West Point et elle fut la bible des armées de la guerre de Sécession. Enfin, il revenait à l'un des grands-neveux de l'Empereur, Charles-Joseph Bonaparte (1851-1921), un descendant de Jérôme, attorney général des Etats-Unis, de fonder le F.B.I., en 1908.

Dans les autres pays américains, le souvenir de l'Empereur ne fut pas moins vivace. L'indépendance du Mexique fut acquise l'année même de la mort de l'Empereur et la nouvelle nation prit la forme politique d'un empire. Le père de la nation mexicaine, Augustin Ier, admirait Napoléon et s'inspira de son code. Dans les anciennes colonies espagnoles, on reconnaît aujourd'hui encore le rôle émancipateur de l'Empereur, même si celui-ci agit sous la pression de la nécessité plutôt que de sa propre volonté. En témoignent, le Musée Napoléon de la Havane, avec sa riche bibliothèque, et l'Institut Napoléonien du Mexique, entre autres institutions du Nouveau Monde. Enfin, l'engouement de tant de peuples latino-américains pour les militaires providentiels peut être analysé avec raison comme une adaptation sud-américaine du bonapartisme. Il n’est pas jusqu’à l’Espagne où parfois l’on représente de nos jours Napoléon sous les traits... d’un Espagnol, malgré les reproches fondés qui lui sont encore adressés.

12NapoleonEspagnolPour terminer, je me permettrai d'évoquer un souvenir personnel. En 1995, je visitai l'Île de Robinson Crusoe, où vécut, coupé du monde pendant plusieurs années, le marin écossais Alexander Selkirk, dont l'aventure devait inspirer Daniel Defoe. Un soir, je me trouvais seul à l'hôtel. L'avion en provenance de Santiago n'avait ni passagers, ni caisses de langoustes à emporter pour le retour sur le continent, et le pilote, en attente de fret selon l'usage, était condamné à passer la nuit dans l'île. On me demanda si j'accepterais de dîner en sa compagnie. J'acquiesçai bien volontiers. L'homme était sympathique et nous ne tardâmes pas à lier conversation. Nous nous trouvâmes des points communs. Nous étions tous les deux amateurs d'histoire en général et de la période napoléonienne en particulier. Son fils avait visité Paris, et le père n'avait pas omis de lui demander de se rendre aux Invalides. Le fils avait obéit et envoyé au père une carte postale, en souvenir de cette mémorable visite aux cendres du grand homme.

A propos de l'auteur

Poète, Passionné d'histoire et grand voyageur, Jean Dif a rédigé des ouvrages historiques et des récits de voyage.(voir son site).

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