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Vidocq, de la légende à la postérité

vidocq

La nouvelle série TV avec Bruno Madinier dans le rôle d’un Vidocq, auto-entrepreneur et amateur de gadgets, braque à nouveau les projecteurs sur ce personnage romancé mais qui a bel et bien existé ! Voleur, bagnard, agent secret… Parfois surnommé le « Napoléon de la police », Vidocq ne cesse d’enflammer l’imagination ! Artisan de sa propre légende cet aventurier du XIXème siècle reste une figure à la  fois profondément populaire et profondément méconnue. Les nombreux romans, films et séries TV  qu’il inspira ont achevé de créer le personnage Vidocq, mais qui était-il réellement ?

 

Vidocq: la légende !

Publiant ses propres Mémoires en 1828 Vidocq a su réécrire sa propre histoire, et c’est peut être uniquement sur ce point que l’on peut le comparer à Napoléon. Hélas ses mémoires, loin d’être objectifs, et mêlés au folklore populaire, ont fait de Vidocq un personnage fantasmagorique dont l’historien à tous le mal à discerner le vrai du faux. En effet, l’homme voyageant beaucoup, changeant de nom, les lacunes archivistiques sur la période révolutionnaire étant ce qu’elles sont, de nombreuses affirmations étant tout simplement invérifiables, il y a aura toujours une « légende Vidocq ».

Vidocq est né à Arras le 25 Juillet 1775, son père étant boulanger la famille vit dans une certaine aisance. A 13 ans, volant des couverts en argent à ses parents il est envoyé 10 jours à la prison des Baudets. A 16 ans Vidocq aurait néanmoins décidé de quitter le foyer familial et de partir pour l’Amérique, il s’enfuit avec 2.000 francs subtilisés dans la caisse de son père. Endormis après quelques abus de boisson il se voit dépouillé de son pactole par quelques malfaiteurs et vit alors de petits boulots dans une bande de vagabonds, servant entre autre un charlatan ambulant. Réduit à la misère il se résigne à rejoindre le foyer familial.

GR_vidocq_1Lors de la Révolution de 1789 il se serait engagé mais aurait déserté et serait passé dans l’armée autrichienne. Là, soumis aux punitions corporelles, il déserte à nouveau et réintègre l’armée française en se faisant passer pour un déserteur belge. La carrière militaire de Vidocq est assez floue, on le dit duelliste, il aurait participé à Valmy et à Jemmapes, il aurait été caporal des grenadiers puis Chasseur à cheval.

Désertant à nouveau, il retourne à Arras où il se marie. Convaincu de l’infidélité de sa Dulcinée il l’abandonne et s’engage dans le bataillon de Volontaires d’Arras où il aurait servi à Bruxelles. Se faisant passer pour un capitaine de Hussards sans troupe il aurait alors vagabondé en Belgique en compagnie de joueurs et d’escrocs, avant de rejoindre Paris. Continuant dans la capitale sa vie de vols et d’escroqueries il est arrêté et condamné à 8 ans de travaux forcés pour faux. Durant son transfert il tente plusieurs évasions en vain, sautant du mur d’enceinte de l’hôpital de Pontanézen il se foule les deux pieds. Incarcéré au bagne de Brest il se serait évadé en se déguisant en marin.

Il est de nouveau arrêté et transféré au bagne de Toulon d’où il s’évade encore ! Vidocq  enchaine alors les petits emplois à Paris et en province. Lassé de cette vie il se serrait laissé enrégimenter dans la police de sûreté de la capitale. En 1810 il commandait cette unité composée d’anciens condamnés à même de s’infiltrer aisément dans les bas fonds de la capitale. La brigade de sureté n’était à l’origine composée que de 4 hommes, un chiffre qui grimpa progressivement pour atteindre 28 en 1824. Vidocq n’était peut être payé que 5.000 francs par an, mais il ne serait pas étonnant que des rentrées d’argent illicites soient venues compléter ce salaire.

Les méthodes employées ne sont pas du goût de tous et Vidocq est accusé de fomenter lui-même des actions illégales pour ensuite arrêter ses complices et prôner son efficacité ! Rien n’est cependant prouvé, Vidocq étant royaliste on prétend que la presse républicaine ne l’appréciait guère.

En 1818 Vidocq est gracié de son accusation pour faux. Deux ans plus tard il se marie. En 1827 cependant l’image sulfureuse de Vidocq étant jugée comme néfaste pour la police, il est poussé à la démission et remplacé par un certain Coco-Lacour. Vidocq prit alors sa retraite et monta à Saint-Mandé, près de Vincennes, une entreprise de papeterie. On dit alors qu’il créa le premier papier infalsifiable…

En 1832 Vidocq est momentanément rappelé à la sûreté. Les restructurations fusionnant cette unité à la police municipale, Vidocq, refusant de perdre son autonomie, il démissionne sous prétexte de s’occuper de sa femme malade. En 1833 il créé à Paris un bureau de renseignement, choisissant bien évidement lui-même ses agents, et bénéficiant du réseau d’informateurs qu’il avait tissé depuis de nombreuses années... Concurrençant la police un jugement ordonne la fermeture du cabinet.

Il meurt du choléra à Paris en 1857, à l’âge de 82 ans. La cérémonie funèbre eut lieu à l’église Saint-Denis-de-Saint –Sacrement mais son lieu de sépulture reste un mystère…

Vidocq face aux historiens

Après la lecture des travaux de Jean Savant, Jean Tulard, grand spécialiste du Premier Empire, retient dans son Dictionnaire Napoléon que la seule chose certaine est que Vidocq (rattrapé après son évasion de Toulon) fut employé comme « mouton » (condamné qui accepte de retirer en interne des aveux de la part de ses camarades) par Henry, chef de la 2ème division de la préfecture de Police. Content de ses services ce dernier aurait alors organisé, en accord avec le préfet de police Pasquier,  une évasion simulée lors d’un transfert le 25 Mars 1811. Après avoir lâché quelques malfaiteurs Vidocq aurait rejoint une unité spéciale composée de condamnés plus ou moins repentis au service de la préfecture de police (sans pour autant en faire officiellement partie et payés avec les fonds secrets). Dans ses mémoires Pasquier écrit :

« Cette confiance accordée avec tant d’abandon à un homme condamné a été d’un très mauvais  effet et elle a elle beaucoup contribué en plusieurs occasions à déconsidérer la police. »

Agent sous l’Empire, Vidocq atteint surtout la postérité sous la Restauration en démasquant le comte de Pontis de Sainte-Hélène qui n’était autre que le forçat Coignard ! Remplacé en 1827 par Coco-Latours, un de ses agents, il se consacre dès 1828 à la publication de ses mémoires.

La postérité

Personnage énigmatique, mystérieux, cet homme est un véritable transformiste ! Au service de la police ne savait-il pas recueillir les confidences de ses camarades de prison ? N’a-t-il pas entretenu cette image de forçat évadé pour mieux commander à ces « repentis » ? De combien d’identités a-t-il usé pour infiltrer les bas fonds de la capitale ?

Maitre dans l’art de tromper il a réussi à faire de ses Mémoires un véritable roman d’aventure, bien loin certainement de la réalité.

C’est ce mystère, ces affaires troubles, cette concurrence avec la police traditionnelle, qui ont fait de Vidocq le personnage de roman qu’il est devenu ! Tout à œuvré pour que cet homme devienne une légende à commencer par la période, la nostalgie du Premier Empire excitant la plume des romantiques.

De nos jours il fait l’objet d’une dizaine d’adaptions cinématographiques et télévisées, il apparait dans les BD, dans les romans, et a inspiré de nombreux personnages comme le « Vautrin » de Balzac et peut-être aussi le « Jean Valjean » de Victor Hugo.

Après avoir écrit quelques essais et romans c’est sa vie qu’il romança brillamment dans ses Mémoires… Connaitra-t-on un jour avec plus de précisions les détails de la vie aventureuse de Vidocq ?

Ou a-t-il emporté son secret dans la tombe ?  Elle-même introuvable…

Bibliographie :

- Les véritables mémoires de Vidocq de Eugène-François Vidocq. la découverte, 2006.

- Vidocq de Eric Perrin. Perrin, 2007.

Lien externe :

- Vidocq, bagnard et policier

 

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