Le château de Versailles
Versailles est le symbole mondial de la France, imité par tous les états européens, accueillant environ 6.5 millions de visiteurs par an. Louis XIV a réalisé son rêve de pierre, d’or, de verdure, d’eau et de lumière, rassemblant toutes les forces de production nationale. Mais cette décision de construire son palais eut des conséquences bien plus graves que l’on ne pensait à cette époque : ce fut une retraite hors de Paris, la ville devenant ainsi plus libre et plus hardie !
Versailles avant le Roi Soleil
Le nom « Versailles » apparaît pour la 1ère fois en 1038 dans une charte de l’abbaye St Père de Chartes. Hugo de Versaillis est l’un des signataires. A la fin de
Le nom d’un petit bourg : Versailles-aux-bourgs-de-Galie apparait en 1472. Puis en 1475, Gilles de Versailles, seigneur de Versailles cède ses droits de Trianon à l’abbé de Saint Germain. C’est la 1ère fois que Trianon est mentionné. C’était un petit village acheté puis détruit par Louis XI qui voulait construire sur ces terres un domaine royal avec maison de détente. Le roi voulait fuir Paris et profiter de ce lieu loin de l’étiquette : ce fut le Premier Caprice Royal de Versailles.
Versailles est la 1ère étape entre Paris et
En 1561, le domaine est vendu au secrétaire des finances de Charles IX, Martial de Loménie, domaine qui atteindra
L’année suivante, Albert de Gondi, comte de Retz devient propriétaire du château et du domaine de Versailles en rachetant l’ensemble pour
A partir de cette date, on peut dire que Versailles commence à être réellement connu et apprécié par les futurs rois : en 1578 Henri de Navarre y séjourne du 7 au 9 juillet, il y retourne en 1604 et 1609. Le dauphin futur Louis XIII y fait sa 1ère chasse en 1607 (il n’a que 6 ans), puis en 1616 Albert de Gondi cède la seigneurie à son fils Jean François.
Un peu plus tard, au retour des parties de chasse, Louis XIII s’arrêtait avec ses amis dans le manoir presque abandonné par la famille Gondi. Las de dormir de manière inconfortable, il décida en 1623 de faire construire au milieu des forêts et au sommet d’une butte entourée de marais, un petit logis en brique, pierre et ardoise. Il fit de cette construction rustique son rendez-vous de chasse favori. Louis XIII acheta les terrains aux alentours afin d’obtenir un domaine de
Son petit château s’élevait au fond de l’actuelle Cour de Marbre, le corps de logis mesurait 24m de long sur 6m de profondeur, avec de chaque côté 2 ailes basses. Le tout ne dépassait pas 25m x 27m. L’appartement du roi était composé d’une petite galerie, puis 4 pièces aux murs couverts de tapisserie, la chambre du roi au centre, plus tard cet emplacement sera le lit de Louis XIV. Ce fut un immense plaisir pour le roi de coucher la première fois à Versailles en mars 1624, au milieu de ses gens. Il était lui-même, cette maison était son refuge.
Louis XIII rajoutera à son habitation un court de jeu de paume : Philibert Leroy, architecte fera un grand bâtiment rectangulaire de 33m sur 14m, murs latéraux de
Louis XIII rachetait le domaine de Versailles à Jean François de Gondi, oncle du cardinal de Retz en avril 1632. Voici un extrait du contrat de vente, de Architexture françoise, par Blondel :
« le 8 avril 1632, fut présent l’illustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de paris, seigneur de Versailles, reconnaît avoir vendu, cédé et transporté…à Louis XIII, acceptant pour Sa Majesté, messire Charles de l’Aubespine, garde des sceaux et chancelier des ordres du roi, et messire Antoine Rusé, marquis d’Effiat, surintendant des finances, etc.., la terre et seigneurie de Versailles, consistant en vieil château en ruine et une ferme de plusieurs édifices ; consistant ladite ferme en terres labourables, en prés, bois, châtaigneraies, étangs et autres dépendances ; haute, moyenne et basse justice…avec l’annexe de la grange Lessart, appartenances et dépendances d’icelle, sans aucune chose excepter, retenir, ni réserver par ledit sieur archevêque, de ce qu’il a possédé audit lieu de Versailles, et annexe de la grange Lessart, jouir par Sa dite Majesté et ses successeurs rois, comme de choses appartenantes. Cette vente, cession et transports faits, aux charges et devoirs féodaux seulement, moyennant la somme de soixante-mille livres tournois, que ledit sieur archevêque reconnoît avoir reçues de Sa dite Majesté, par les mains de…, en pièces de seize sous, de laquelle somme il se tient content, en quitte Sa dite majesté et tout autre, etc.»
La tradition veut qu’au somment du plateau de Versailles, à la place même du château actuel, se dressait un moulin à vent et l’on racontait : « un meunier régnait où Louis XIV régna ».
Le roi fit l’acquisition de ce château pour le démolir et étendre le domaine de la résidence royale. Il acheta de nouveaux terrains et agrandit ses terres de chasses. Le premier pavillon devenait trop petit et en mai 1631, les travaux débutèrent sous la direction de Philibert Le Roy, ils furent achevés en 1634. Louis XIII entrait dans ses nouveaux appartements. A partir de 1636, le roi y séjourna souvent, profita du confort de sa nouvelle maison ainsi que des jardins, agencés à
Les premières traces des jardins apparaissent dans les années 1630, à l’ouest du château. Autour d’un petit bassin circulaire, un parterre de broderie de buis était divisé en compartiments. En 1639, l’équipe traça une allée centrale de la terrasse du château vers l’ouest au creux d’un vallon, sur une pièce d’eau qui deviendra le bassin d’Apollon sous Louis XIV. Ce jardin était simple et charmant, suivant la pente naturelle du terrain. Ces jardins sont presque restés intacts jusqu’aux transformations commandées par Louis XIV, en particulier les axes principaux qui forment les lignes essentielles des jardins.
Petit extrait de Louis XIII de Philippe ERLANGER, nous décrivant le Versailles de Louis XIII :
« Evoquons, pour qu’il y surgisse, le paysage triste et doux, les vignes parsemées de rares chaumières, les étangs et leurs vapeurs montant parmi les brumes d’automne, l’infini des forêts fécondes en gibier, le petit château de cartes, de la construction duquel un simple gentilhomme ne voudrait pas prendre vanité. C’est là que le Roi s’évade, qu’il fuit
En 1643, Louis XIII déclarait : « si Dieu me rend la santé, sitôt mon dauphin en âge de monter à cheval et en âge de majorité je le mettrai à ma place, et me retirerai à Versailles avec quatre de nos pères pour m’entretenir de choses divines ». Il sentait la mort approcher. Le 14 mai, il rendit l’âme. Versailles cesse alors d’être une résidence royale pendant presque 18 ans.
Versailles pendant le règne de Louis XIV
Louis XIV, méfiant dans la capitale suite à l’épisode de
Le plan du château est étudié pour mettre en valeur le souverain, la chambre royale se situe au centre du palais et sur un grand axe qui part de la statue du roi dans la cour d’entrée et qui se prolonge par le Tapis vert et le Grand Canal.
Ce château ne sert au départ que pour protéger les amours du roi, la première maitresse à visiter les lieux fut Louise de
Ce n’est qu’en 1660 que Louis XIV y conduit sa nouvelle épouse la reine Marie Thérèse. A partir de 1661, débutent les agrandissements de Versailles. De 1661 à 1662, le roi dépense un million cent mille livres. Il décida de construire, en lieu et place du pavillon de chasse de son père, l’un des plus merveilleux palais de l’Europe, ce qui déclencha les critiques des courtisans.
Etabli sur une terre inhospitalière, le sol présentait des dénivelés, sableux, marécageux. Il faut assécher le terrain, l’aplanir, raser le village de Trianon. Saint Simon disait : « Versailles, lieu ingrat, triste, sans vue, sans bois, sans eaux, sans terre, parce que tout est sable mouvant et marécage, sans air, par conséquent qui n’est pas bon ».
Louis XIV engagea les meilleurs architectes, décorateurs, jardiniers, fontainiers pour transformer les bâtiments. Louis Le Vau fut chargé de reconstruire les Communs, Charles Errard et Noël Coypel commencèrent les travaux de décoration des appartements avec beaucoup de luxe, en reprenant le thème du soleil, omniprésent à Versailles, Le Nôtre créa l’Orangerie et
Fier de sa demeure personnelle, Louis voulait combler ses hôtes. Les appartements de ses invités étaient meublés, ce qui était jugé exceptionnel. Colbert disait : « Sa Majesté fait donner à manger à tout le monde et fait fournir jusqu’au bois et aux bougies dans toutes les chambres, ce qui n’a jamais été pratiqué dans les maisons royales ».
Rappelons la lettre célèbre de Colbert : « pendant le temps que Votre Majesté a dépensé de si grandes sommes en cette maison, elle a négligé le Louvre, qui est assurément le plus superbe palais qu’il y ait au monde. O quelle pitié que le plus grand roi fût mesurée à l’aune de Versailles ! »
En mai 1664, les premières festivités furent données au château : « les Plaisirs de l’Isle Enchantée » : 8 jours de fête, secrètement offertes à Mademoiselle de
En juillet 1668, « le Grand Divertissement Royal de Versailles » sera la deuxième fête donnée. C’est au cours de ces fêtes que les courtisans mesurèrent l’inconfort du petit château, beaucoup ne trouvèrent pas de place pour dormir. Le Vau proposa alors 2 projets d’agrandissement du château : le premier prévoyait la destruction du château primitif et le deuxième qui fut retenu : agrandissement côté jardin, par une enveloppe de pierre, dont la construction se réalisa entre 1668 et 1670 : c’est en fait un second bâtiment encerclant le premier château. De chaque côté de l’ancien château furent construits le Grand Appartement du Roi au nord, celui de
Pour effectuer tous ces nouveaux travaux de l’Enveloppe, citons un passage du rapport de Colbert : « nous avons 566 ouvriers qui travaillent ici, les dépenses de maçonnerie sont les suivantes :
En octobre 1670, François d’Orbay poursuit les travaux de Le Vau qui vient de mourir. Louis XIV avait réussi à conserver le château de son père intact coté ville, mais côté jardin, il disparaissait, caché par de nouveaux bâtiments. Désormais, on fit la distinction entre le Château Vieux : celui de Louis XIII et le Château Neuf : celui de Louis XIV.
Le Château Neuf fut de conception italienne : tout en pierre, les longues façades ponctuées par des avant-corps, une grande terrasse fut installée entre les 2 appartements royaux. Afin d’accéder au grand Appartement, il fallait un accès majestueux : le Grand Degré du roi ou Escalier des Ambassadeurs. Six années furent nécessaires et des sommes considérables pour créer l’entrée la plus somptueuse du château. Cet escalier ne fut utilisé que 70 ans, il fut détruit sous le règne de Louis XV en 1752.
Malgré la conception italienne de base, l’esprit français dominait par l’existence des fenêtres cintrées au rez-de-chaussée, l’étage est pourvu de colonnes ioniques, de niches, de hautes fenêtres rectangulaires (cintrées par Mansart en 1669), des statues sont placées dans les niches, apparition de bas-relief surmontant les fenêtres, le second étage eut une décoration de style corinthien, et fut surmonté d’une balustrade où reposaient des trophées.
En 1670 fut construit le Trianon de Porcelaine. A la même période, les courtisans commençaient à bâtir leurs résidences à proximité du château : en 2 ans, 14 grands hôtels sont construits dans la ville de Versailles (dont les hôtels de Luxembourg, Noailles, Guise, Bouillon, Gesvres).
Louis XIV avait réalisé son rêve : construire un palais qui marquerait son époque. Le roi souhaitait regrouper auprès de lui les ministres et leurs services. Il désirait ainsi fixer sa résidence à Versailles. Mansart dut élaborer des projets pour l’installation de
Entre 1678 et 1684, sur l’ancienne terrasse du château neuf, fut crée
En 1678, les premières pierres de l’aile du Midi destinée à loger les courtisans sont posées. Dans le Cabinet des Bains, des cuves allongées en marbre blanc sont rajoutées, on assiste au début des travaux de la pièce d’eau des Suisses et du bassin de Neptune ainsi qu’au terrassement du parterre du Midi et de la nouvelle Orangerie.
En 1679,

En 1681, la décoration des grands Appartements est achevée.
Le 6 mai 1682, Louis XIV ne peut plus attendre : il quitte Saint Cloud et s’installe définitivement à Versailles, qui devient
En 1683, dans un appartement interdit à toute personne non autorisée, les architectes aménagèrent des salons et cabinets destinés aux chefs d’œuvres et collections du roi. Dans le Cabinet aux Tableaux, le Cabinet aux Coquilles, le Cabinet des Médailles (éclairé par des lustres de cristal de roche), toutes sortes de riches curiosités furent exposées, les murs portaient des tableaux des collections royales. Parmi les « curiosités », il y avait des vases garnis d’or et de diamants, des bustes et figures antiques, une grande nef d’or garnie de diamants et de rubis, des porcelaines de Chine et du Japon, des vases d’agate, d’émeraude, de turquoise, de jade, de jaspe, de pierre d’étoile, une grande quantité de vases de conques de perles, des statues d’animaux antiques, un grand vase de jaspe qui servit au baptême de Charles Quint.
En 1684, l’appartement des Collectionneurs s’agrandit en annexant l’ancien appartement de

Entre 1685 et 1689, plusieurs bâtiments furent construits : à l’Orangerie qui remplaça celle de Le Vau en fournissant 3000 arbustes et 150 000 plantes chaque année, aux écuries, au Grand Commun, à l’aile nord des courtisans. En 1686, Le Brun termine la décoration de la galerie des Glaces. En 1687, Louis XIV fait ériger un petit palais de marbre et de porphyre avec jardins, sur l’emplacement du Trianon de porcelaine : ce sera le Grand Trianon.
La construction des ailes Nord et Sud prolongea le développement des façades. Ces deux nouveaux bâtiments abritaient les Princes et les courtisans, les écuries, les carrosses, les services généraux et les domestiques. La façade avait à cette époque une longueur de
La construction de
Le Vestibule haut de la chapelle, occupe l’emplacement de la première grotte de Thétis, édifiée en 1665 et détruite en 1685. Il prolonge le décor de
En 1689, l’accès aux appartements de
Louvois, surintendant des Bâtiments, pressait entrepreneurs, ouvriers, artistes, et menaçait de prison les moins zélés. Rançon des rudes conditions de travail, les accidents blessaient, estropiaient, tuaient. Les dédommagements suivants furent prévus : 30 à
Des mouvements de grève, que l’on nommait séditions, agitèrent parfois le chantier. Afin d’amenuiser ces actions, Louvois précisa les salaires versés aux tailleurs de pierre : « pour chaque toise de pierre de Saint Cloud, sur
Le village de Versailles se transforma en véritable ville, construite dans l’axe du château. Les courtisans logés au château érigeaient des hôtels pour loger leurs serviteurs, des tavernes contribuaient à l’animation de la ville, les habitants de la ville de Versailles atteindront le nombre de 70 000 à la veille de la révolution.
En 1701, la chambre du roi se place au centre du château. La chambre de 1689 et l’antichambre des Bassan sont réunies pour former
Remarque de Saint Simon : « on ne finirait point sur les défauts monstrueux d’un palais si immense, et si immensément cher, avec ses accompagnements qui le sont encore davantage : orangerie, potagers, chenils, grande et petite écuries pareilles, communs prodigieux ; enfin une ville entière… Encore ce Versailles de Louis XIV, ce chef-d’œuvre si ruineux et de si mauvais goût…n’a-t-il pu être achevé. »
Les jardins sous Louis XIV
En 1662, après la disgrâce de Fouquet, Louis XIV se concentre sur Versailles. Il utilisera l’équipe ayant crée Vaux le Vicomte : Le Vau, Le Brun et Le Nôtre pour entamer un programme d’embellissement et d’expansion de Versailles. A partir de cette date, les agrandissements du château s’appliquèrent aussi aux jardins. Des bosquets et des parterres furent agrandis et des nouveaux créés. A cette époque furent construits l’Orangerie et
La grotte de Thétis, au nord du château, constituait une partie symbolique du château et des jardins qui alignait le Roi Soleil avec la métaphore solaire. La grotte fut achevée en 1670. Elle faisait allusion au mythe d’Apollon. L’intérieur est décoré de motifs en coquillage, avec des statues représentant le dieu soleil soigné par des Néréides. La grotte joua un rôle crucial dans le système hydraulique qui fournissait l’eau aux jardins : le toit soutenait un réservoir qui gardait l’eau pompée de l’étang de Clagny pour alimenter les fontaines des jardins.
En 1664, les jardins furent inaugurés lors de la fête galante : les plaisirs de l’Ile Enchantée, officiellement en l’honneur d’Anne d’Autriche et de Marie Thérèse d’Autriche, mais en réalité en l’honneur de Louise de
Latone et ses gémeaux
De gens durs et grossiers font de vils animaux,
Les changent avec l’eau que sur eux ils répandent…
La scène est un bassin d’une vaste étendue ;
Sur les bords, cette engeance, insecte devenue,
Tâche de lancer l’eau contre les déïtés.

Le bassin d’Apollon, sur le même axe, occupe l’ancien emplacement du bassin des Cygnes du temps de Louis XIII. Il formait un point de convergence dans les jardins et servait de transition entre les jardins et le Grand Canal. Ce Grand Canal qui fut construit entre 1668 et 1671 avec les dimensions de
Des fleurs furent rapportées des pays exotiques : jasmins d’Espagne, jacinthes et narcisses de Constantinople, il fallait les fleurs les plus odorantes.
De 1672 à 1677, le Labyrinthe fut remanié pour servir à l’éducation du dauphin, des nouvelles fontaines furent installées représentant les fables d’Esope, des plaques furent gravées : c’est ainsi que le fils de Louis XIV apprit à lire. A la fin, le Labyrinthe comprenait 39 fontaines avec 333 sculptures animalières en plomb.
Au dessus de la fontaine de Latone, se trouvait la terrasse du château, dit le Parterre d’Eau, lieu où la symbolique des grands appartements se synthétisait avec celui des jardins.

Le Parterre d’Eau fut décoré avec 24 statues représentant les 4 éléments : terre, air, eau, feu ; les 4 saisons : printemps, été, automne, hiver ; les 4 parties du monde : Europe, Afrique, Asie, Amérique ; les 4 poèmes : pastoral, satyrique, héroïque, lyrique ; les 4 heures du jour : point du jour, heure du midi, le soir, la nuit ; les 4 enlèvements : Borée enlevant Orithye, Saturne enlevant Cybèle, Pluton enlevant Proserpine, Neptune enlevant Coronis.
En 1676, le bassin des Sapins au nord du château, est conçu sur l’axe nord-sud, et en 1678
Les Bosquets sous Louis XIV
Pour agrandir les jardins, Le Nôtre ajouta ou agrandit 10 bosquets : en 1670 : bosquet du Marais, bassin rectangulaire, roseau en métal sur les bords, cygne à chaque coin, un arbre en fer au centre ; 1671 : bosquet du Théâtre d’Eau, ile du Roi et Miroir d’Eau, bosquet des Trois-Fontaines ; 1672 : bosquet de l’Arc de Triomphe remanié en 1676 avec un décor rappelant les victoires militaires ; 1675 : bosquet de

Louis XIV demanda également de nouveaux aménagements concernant les bosquets : 1680 : Tapis Vert : pelouse entre le bassin de Latone et le bassin d’Apollon ; 1684 : le Parterre d’Eau est remanié, avec des statues de bronze représentant les fleuves de France ; 1684 : l’Orangerie de Le Vau est détruite remplacée par la configuration actuelle : Orangerie, Escalier de Cent Marches et Pièce d’Eau des Suisses, Parterre du Midi ; 1685 – 1686 : le Parterre du Nord est remanié, de nouveaux réservoirs plus grands sont installés vers le nord de l’Aile des Nobles ; entre 1704 et 1709 : des bosquets furent remaniés, renommés, suggérant l’austérité qui marqua les dernières années du règne de Louis XIV, tel le bosquet du Marais, du Théâtre d’Eau remanié en l’Ile aux Enfants.
Versailles après la mort de Louis XIV
En 1715, à la mort de Louis XIV, le nouveau roi n’est qu’un enfant, son tuteur Philippe d’Orléans quitte Versailles le 9 septembre pour s’installer dans sa résidence du Palais Royal. Pendant cette régence, le duc de Noailles proposa de raser le château ! Mais bien heureusement, il n’eut pas d’appuis suffisants…
En 1717, Pierre le Grand, tsar de Russie, visite Versailles et réside au Grand Trianon.
Quelques années plus tard, en 1722, Louis XV, 22 ans, se réinstalle à Versailles dans les appartements de Louis XIV. Il est soucieux de faire respecter les traditions de l’époque, mais le château ne retrouva plus le lustre des années Louis XIV. Louis XV n’affectionnant pas particulièrement Versailles, lorsqu’il y était, il se réfugiait dans les Petits Appartements, ou au Trianon, à Marly, Compiègne ou Fontainebleau.
Il fit quand même quelques transformations : démolition de l’appartement des Bains et l’escalier des Ambassadeurs ; construction du salon d’Hercule, de l’opéra et du Petit Trianon ; transformation des appartements du Roi, de
En 1729, début des travaux de renouvellement du décor de la chambre de
De 1738 à 1760, l’appartement des Collectionneurs de Louis XIV furent constamment remanié. Puis le Bassin de Neptune fut achevé en 1741. En 1750, Louis XV introduisit un nouveau type de pièces : la salle à manger des retours de chasse, et la même année dans le secteur qu’occupe actuellement le Hameau de
En 1752, le roi fait procéder à la destruction de l’escalier des Ambassadeurs, de
De 1758 à 1770, il y eut la construction de l’Opéra Royal, à l’extrémité de l’Aile Nord du château. La première salle de spectacle crée fut rapidement trop petite, Madame de Pompadour faisant partie d’une troupe de comédiens, les petits théâtres étaient insuffisant pour les spectateurs. L’Opéra Royal fut donc inauguré lors du mariage de son petit fils avec l’archiduchesse Marie Antoinette en mai 1770.
Gabriel effectua de multiples travaux afin de loger toutes les princesses, car au fil des années toutes ces dames changeaient d’appartements, passant de l’Aile du Midi à l’Aile du Nord, au rez-de-chaussée du Corps central, ainsi l’Appartement des Bains, l’Escalier des Ambassadeurs et le cloisonnement de
Selon la tradition instaurée par Louis XIV, le dauphin et son épouse entrent en possession des 2 appartements du rez-de-chaussée, situés sous l’appartement de
De 1761 à 1769, le petit Trianon est construit par Gabriel ; la même année la princesse Adélaïde déménage et son appartement est réuni à celui de Louis XV, les deux pièces principales formant
En 1772, Gabriel débuta les travaux de son « Grand Projet » : reconstruction des façades côté ville, les travaux ne furent jamais achevés, seule l’Aile Louis XV fut terminée. A l’intérieur, les travaux sur le « Grand Degré » seront achevés en 1785.
A la fin de l’ancien Régime, le palais sera la résidence royale la plus luxueuse de toute l’Europe.
Sous Louis XVI, la vie à Versailles déclinait de jours en jours, la famille royale et les courtisans fuyaient. Le château se révéla être un gouffre financier. Une rénovation profonde des bâtiments devenait urgente en raison de l’absence de commodités : salle de bains, chauffage dans les appartements. Le projet fut ajourné jusqu’à
En 1774 et 1775, inspiré par les Philosophes, Louis XVI fit replanter totalement les jardins, des arbres et arbustes datant de Louis XIV furent abattus pour transformer les jardins français de Le Nôtre en jardins à l’Anglaise. Mais la topologie du domaine ne favorisait pas les jardins à l’Anglaise : ces jardins sont caractérisés par des formes irrégulières. Les jardins furent donc replantés à
En 1778, Louis XVI ordonna la destruction du Labyrinthe de Louis XIV. A la place, fut crée un arboretum avec des exemplaires exotiques. Ce sera dans cette partie de jardin qu’aura lieu l’épisode du Collier de
Lors de son avènement, Louis XVI fit construire et aménagée une pièce pour lui :
Versailles a vu l’apogée des Bourbons, mais aussi la chute : les Etats Généraux de 1789 se tinrent à Versailles.
En octobre 1789, le peuple de Paris, conduit par les femmes, marche sur Versailles, les grilles du château sont fermées, une fusillade éclate, le peuple pénètre malgré tout dans le château et ramène la famille royale à Paris. Le château ne retrouvera jamais ses fastes. La ville de Versailles se dépeuple : de 51 000 habitants, elle passera à 39 000 en 1791. Le mobilier du château est transporté dans des gardes meubles. Le magnifique bureau de Louis XV sera affecté au Ministère de
Début 1791, les tableaux, les glaces et les emblèmes royaux sont décrochés des murs, les œuvres d’art envoyées au Louvre, devenu Musée Central des Arts en 1792 : « Versailles fut déroyalisé », la bâtisse échappa à une vulgaire démolition. Les livres et les médailles allèrent à
Puis en 1792, sur ordre de
En 1793,
Napoléon songea un temps à transformer le château et en faire son palais impérial. Il disait : « ce qui est grand est beau », il estimait pourtant Versailles trop petit, il ne s’y sent pas à l’aise. Il déclara un jour à l’architecte Fontaine : « pourquoi
En 1815, Philippe Antoine de Noailles, prince de Poix devient gouverneur de
Louis XVIII songea à réinvestir Versailles. Mais devant l’aspect financier et moral (un retour de la royauté à Versailles serait considéré comme une provocation) il abandonna ce projet. En 1817, il marqua « son passage » en ordonnant la transformation des deux bosquets : celui de l’ile du Roi et le Miroir d’eau en jardin à l’Anglaise pour former le Jardin du Roi.
Ce n’est que grâce à Louis Philippe 1er, roi des Français, que Versailles sera définitivement sauver de la ruine et de toutes autres menaces possibles. Il décide donc de l’offrir aux français. En 1833, il décrète la transformation du château en musée en confiant cette tâche à son ministre le comte de Montalivet. Le musée célèbrera les conquêtes militaires depuis Clovis à l’Ancien Régime, de
L’inauguration du Musée dont la dédicace est : « à toutes les gloires de
Lors de l’inauguration, un banquet de 1 500 couverts fut préparé dans la galerie des Glaces et les salons des grands appartements, puis fut joué le Misanthrope, enfin une promenade aux flambeaux divertit les visiteurs jusqu’à 2 heures du matin.
Citons les mots de Victor Hugo à cette occasion : « ce que le roi Louis Philippe a fait à Versailles est bien. Avoir accompli cette œuvre, c’est avoir été grand comme roi et impartial comme philosophe, c’est avoir fait un monument national d’un monument monarchique, c’est avoir mis une idée immense dans un immense édifice, c’est avoir installé le présent dans le passé, 1789 vis – vis de 1688, l’empereur chez le roi, napoléon chez Louis XIV, en un mot c’est avoir donné à ce livre magnifique qu’on appelle l’histoire de France cette magnifique reliure qu’on appelle Versailles ».
En 1860, une bonne partie des vieux arbres de l’époque de Louis XVI fut abattue et remplacée. La replantation ne commença qu’en 1883 pour cause de guerre franco-allemande et chute du Second Empire.
Napoléon III fit quelques travaux, mais se garda de reprendre les projets extravagants de son oncle. Lors de l’exposition Universelle de 1867, des meubles prestigieux furent réintégrés dans le Patrimoine du château, grâce à l’impératrice Eugénie qui vouait un culte à Marie Antoinette.
Pendant la guerre de 1870, lors du siège de Paris, le château devient le quartier général de l’armée prussienne. L’empire Allemand fut proclamé dans
Le château servit également pour l’élection des présidents de
De nos jours, Versailles est un palais national à la disposition de
Sources
- Histoire de Versailles de Jean François Solnon. Tempus, 2003.
- C’était Versailles d’Alain Decaux. Tempus, 2007.
- Derrière
- Louis XIV et sa cour de Saint Simon. Editions Complexe, 2005.
- Visiter Versailles de Béatrix Saule – Conservateur en chef.
- L’Amour à Versailles d’Alain Baraton
- Le Jardinier de Versailles d’Alain Baraton
A écouter
- 200 ANS DE MUSIQUE A VERSAILLES Coffret de 20 CD : absolument fabuleux, de la période de Louis XIII jusqu’à la fin de Louis XVI : airs d’opéra, symphonies pour les soupers du roi, ballets, messes, etc.
Pour aller plus loin
- Le site officiel du château de Versailles.
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