La géographie des Etats-Unis à la veille de la guerre de Sécession

Histoire Universelle | Guerre de Sécession (Etats-Unis, 1861-1865)

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À la veille de la guerre de Sécession, les Etats-Unis forment un pays très étendu, qui n’allait pas tarder à devenir un vaste champ de bataille. La géographie physique du pays allait étroitement conditionner le déroulement des opérations militaires ainsi que les stratégies des deux camps. Il en irait de même pour sa population, ainsi que pour sa géographie économique, à commencer par la répartition des ressources et les réseaux de communications.

Géographie physique

En 1860, les Etats-Unis d’Amérique s’étendent sur une superficie légèrement supérieure à 8 millions de kilomètres carrés, qui occupe une part importante du continent nord-américain et s’étend d’un océan à l’autre. Ses principales caractéristiques physiques sont deux chaînes de montagnes (les Appalaches et les Rocheuses), entre lesquelles s’étend le bassin du fleuve Mississippi, et des régions côtières aux paysages variés, le tout sur environ 4.500 kilomètres d’est en ouest et 2.500 kilomètres du nord au sud.

Les côtes font face à l’océan Atlantique, incluant le golfe du Mexique, et à l’océan Pacifique. De rocheuses au nord de la façade atlantique, elles deviennent progressivement plus basses et sablonneuses à mesure que l’on descend vers le sud, et deviennent carrément marécageuses ensuite, en particulier sur le pourtour du golfe du Mexique. Dans son ensemble, la côte pacifique est quant à elle plutôt rocheuse.

Les monts Appalaches s’étendent sur 2.400 km, naissant dans le sud-est du pays et s’étendant ensuite jusqu’au Canada. Bien que culminant à seulement 2.037 mètres au mont Mitchell (Caroline du Nord), il s’agit de montagnes encore relativement jeunes, escarpées, et qui constituent un obstacle réel. La plupart des vallées sont orientées nord-sud, et peu permettent un passage aisé vers l’ouest. On retiendra principalement le « Cumberland Gap », reliant la vallée des rivières Cumberland et Tennessee, côté ouest, à celles de la Roanoke et de la James, fleuves côtiers ; et, dans l’État de New York, le « seuil de Mohawk », qui permet d’accéder aux Grands Lacs, et la vallée de l’Hudson, qui mène au Québec.

La plaine alluviale du Mississippi est délimitée au nord par les Grands Lacs, qui alimentent le fleuve Saint-Laurent et marquent la frontière avec le Canada. En allant vers le sud, l’altitude décroît à mesure que se déroulent le Mississippi et ses innombrables affluents et sous-affluents, Ohio, Missouri, Arkansas ou Red River pour ne citer que les plus importants. Non maîtrisés, ces cours d’eau alimentent de nombreux marécages. Les seuls reliefs notables sont les monts Ouachita et Ozark, qui culminent à 850 m et se situent à cheval sur l’Arkansas, l’Oklahoma et le Missouri. Vers l’ouest, au contraire, la plaine s’élève progressivement jusqu’au piémont des Montagnes Rocheuses.

Ces dernières ne sont en fait qu’un des éléments de l’immense chaîne montagneuse qui parcourt tout le continent américain du nord au sud. Bien plus élevées que les Appalaches, elles y ajoutent l’étendue puisqu’elles mesurent par endroits près de 1.500 km de large, ce qui en fait un obstacle autrement plus redoutable. En allant vers l’ouest, les chaînes de montagnes cèdent la place à de hauts plateaux sillonnés de canyons (le plus célèbre étant celui du Colorado) et à des bassins (autour du Grand Lac Salé ou de la Snake River) plus ou moins arides.

Ceux-ci sont délimités à l’ouest par deux chaînes de montagnes contiguës, les Cascade et la Sierra Nevada. C’est dans cette dernière, en Californie, que se trouve le point culminant des Etats-Unis : le mont Whitney, 4.421 mètres. D’étroites plaines (la plus vaste étant celle de Californie) s’intercalent entre ces montagnes et une série de chaînes côtières qui plongent, plus ou moins abruptement, dans l’océan Pacifique.


Climat et végétation

Un pays aussi vaste connaît évidemment une grande variété de climats. Comme toutes les façades orientales de continents dans l’hémisphère nord, la côte atlantique connaît un climat contrasté, avec des étés souvent très chauds et des hivers généralement glaciaux, en grande partie sous l’influence du courant du Labrador, dont les eaux froides proviennent de l’Arctique. Le même contraste se retrouve dans le climat, d’influence continentale, de l’intérieur des terres.

Rude dans les Appalaches, le climat se radoucit graduellement à mesure que l’on va vers le Sud, jusqu’à devenir subtropical – chaud et humide – autour du golfe du Mexique. Combiné aux marécages de la basse vallée du Mississippi et des régions côtières, ce climat débilitant permet la prolifération des moustiques porteurs de maladies tropicales : dengue, paludisme, et la redoutée fièvre jaune. Autant de facteurs qui allaient mettre à rude épreuve les organismes des soldats nordistes, peu habitués à de telles conditions.

En allant vers les Montagnes Rocheuses, le climat s’assèche graduellement à mesure que croît l’altitude, et les terres fertiles du bassin du Mississippi laissent la place à des steppes de graminées. Boisées au nord, les Rocheuses sont plus arides au sud. Le long de la côte ouest, le climat est plus clément – méditerranéen en Californie, tempéré et humide au nord-ouest. Entre les deux, des zones désertiques : en effet, les hautes montagnes de la Sierra Nevada bloquent les formations nuageuses, les empêchant d’amener leur humidité jusqu’au Grand Bassin ou à la Vallée de la Mort.

En 1860, le pays est encore très boisé : forêts de feuillus et de conifères, souvent accompagnées d’épais sous-bois, seront le théâtre d’une part non négligeable des batailles à venir. Même les régions agricoles défrichées conservent un tissu forestier non négligeable. On le voit, les combattants n’auront pas la vie facile : ceux servant sur la côte Est seront condamnés à grelotter de froid l’hiver et à suffoquer de chaleur l’été (dans des uniformes en laine, quelle que soit la saison) ; quant à ceux qui combattront dans le Sud, ils ne seront pas mieux lotis avec un climat humide et insalubre.

Organisation territoriale

État fédéral, les USA comportent, au moment où Abraham Lincoln est élu président, 33 États fédérés, qui possèdent des prérogatives étendues en matière de souveraineté. Chacun d’entre eux est de superficie variable et se voit divisé en comtés – hormis en Louisiane, où ces subdivisions sont appelées paroisses. Le reste du pays comprend 5 territoires organisés, dotés d’une administration locale nommée par le pouvoir fédéral, et le district de Columbia, où se trouve la capitale, Washington. Ce district, ainsi que deux autres territoires non organisés, est administré directement par le gouvernement fédéral.

À l’époque, on entend par « Est » les territoires situés à l’est des Appalaches. « L’Ouest » proprement dit correspondait aux territoires situés entre ces montagnes et le fleuve Mississippi ; à l’ouest de ce dernier, c’est le « Far West ». Le « Sud », quant à lui, désigne essentiellement les États où l’esclavage est pratiqué, par opposition à ceux du « Nord », où il est interdit.

On peut distinguer plusieurs grandes régions. D’abord, la Nouvelle-Angleterre, qui regroupe le Maine, le New Hampshire, le Vermont, le Massachusetts, le Rhode Island et le Connecticut. C’est en quelque sorte la « vieille » Amérique, celle dont la colonisation est la plus ancienne, notamment autour de sa grande métropole, Boston.

Le cœur du pays est une région parfois appelée « Centre » à l’époque et qui regroupe l’État de New York, le New Jersey, la Pennsylvanie, le Delaware, le Maryland et le district de Columbia : les États les plus peuplés et les plus industrialisés, qui comportent déjà de très grandes villes comme New York, Philadelphie et Baltimore.

Le Midwest correspond quant à lui aux terres fertiles situées au nord du bassin du Mississippi et sur les rives des Grands Lacs : Ohio, Indiana, Illinois, Iowa, Minnesota, Wisconsin et Michigan. Ils ont connu un développement rapide à partir du début du siècle, accéléré par l’avènement du chemin de fer et le développement de la navigation sur les Grands Lacs. Des villes telles que Chicago, Detroit ou Cincinnati commencent à prendre de l’importance.

Le « Haut Sud » (Upper South) désigne les États esclavagistes qui sont les plus en contact avec le Nord, jouant en quelque sorte un rôle de tampon. On trouve ainsi le Missouri, le Kentucky, la Virginie, la Caroline du Nord, le Tennessee et l’Arkansas. Moins urbanisés, ces États ont pour principales agglomérations Saint-Louis, Memphis, Louisville ou encore Richmond.

Le « Vieux Sud » (Lower South) se réfère quant à lui aux États où la culture et les traditions sudistes sont les plus profondément enracinées. Il s’agit essentiellement de ceux bordant le golfe du Mexique : Texas, Louisiane, Mississippi, Alabama, Floride, plus la Géorgie et la Caroline du Sud. De grands ports tels que Charleston, Mobile et bien sûr la Nouvelle-Orléans, de loin la plus grande ville du Sud, jouent le rôle de métropoles.

Avec ses grandes étendues vides, le Far West offre un visage bien différent, avec ses cinq territoires : Kansas, Nebraska, Nouveau-Mexique, Utah et Washington. Le Kansas sera intégré à l’Union, en tant qu’État, le 28 février 1861. Cette intégration s’accompagnera d’une réorganisation des territoires, juste avant le déclenchement des hostilités : le Colorado sera créé à partir de régions empruntées aux cinq territoires précédents, l’extrémité occidentale de l’Utah deviendra le Nevada, et le nord du Nebraska formera le vaste territoire du Dakota. Plusieurs autres modifications interviendront durant la guerre civile.

On notera que deux territoires demeurent inorganisés. Aucun d’eux n’a, officiellement, de nom. Le premier, à l’ouest du Minnesota, est peuplé essentiellement de Sioux. Quand au second, à l’ouest de l’Arkansas, il correspond à l’actuel Oklahoma, et a pour vocation d’accueillir les populations amérindiennes progressivement déportées toujours plus à l’ouest par la colonisation européenne. Ce « territoire indien » leur est réservé et ils sont libres d’y vivre selon leurs lois, tant qu’ils ne quittent pas les zones, souvent étriquées, qui leur ont été attribuées.

Enfin, la côte pacifique ne comporte alors que deux États, la Californie et l’Oregon. Le second, de création récente, est encore embryonnaire, mais la première est en plein développement suite à la fameuse « ruée vers l’or » de 1848-49. Les agglomérations fondées par les Espagnols, dans ce territoire récemment arraché au Mexique, se sont vite développées, notamment Los Angeles, Sacramento et, surtout, San Francisco.

Géographie humaine

Aux Etats-Unis, un recensement est effectué tous les dix ans et le dernier date justement de 1860. Il a dénombré une population d’environ 31,5 millions d’habitants, soit une augmentation de plus d’un tiers par rapport à celui de 1850. La principale cause de cet accroissement est une immigration particulièrement dynamique. Il n’y a à l’époque ni quotas ni restriction d’aucune sorte à l’entrée sur le territoire américain. Les migrants proviennent principalement d’Europe occidentale : Îles Britanniques, Allemagne et dans une moindre mesure, Scandinavie. Les Irlandais, chassés de leur île par la famine qui y a sévi au cours de la décennie précédente, sont particulièrement nombreux.

La population est très inégalement répartie sur le territoire : près de 85% de la population vit à l’est du Mississippi. Le Far West est quasiment vide : ensemble, les territoires comptent 220.000 habitants, tandis la Californie et l’Oregon, sur la côte Ouest, n’en ont guère plus de 400.000. La population y est en outre très déséquilibrée, et la majorité des colons du Far West sont des hommes adultes.
 
À l’est du Mississippi aussi, la répartition de la population est très inégale. La majorité de la population est concentrée dans le Nord et plus encore le Nord-Est, l’État de New York étant le plus peuplé avec pas loin de 3,9 millions d’habitants. L’ensemble des États esclavagistes comprend 12,3 millions d’habitants, dont 4 millions d’esclaves ; mais la majorité de ces derniers sont concentrés dans le Vieux Sud. Les 11 États qui feront officiellement sécession durant la guerre ne totalisent que 9,1 millions d’habitants, dont 5,4 millions de Blancs. La Confédération souffrira beaucoup de cette disparité démographique, et devra très tôt recourir à des mesures extrêmes – conscription systématique – afin de pourvoir ses armées en hommes et de faire face à la supériorité numérique nordiste.

Aux quatre millions d’esclaves s’ajoutent environ un demi-million de Noirs libres, vivant pour moitié dans le Nord et moitié dans le Sud. Si ces Afro-Américains ont la chance de ne pas être considérés, contrairement à ceux qui sont asservis, comme des biens meubles, le statut de citoyen leur est refusé et ils n’ont ni le droit de vote, ni celui de porter les armes. Autre minorité, les Amérindiens. Le recensement ne comptabilise que ceux dits « civilisés », entendez par là ceux ayant un mode de vie sédentaire. Ils sont un peu plus de 100.000 ; près des deux tiers vivent dans le « Territoire Indien ». Les autres font seulement l’objet d’estimations, et seraient entre 200 et 300.000.

Alors très majoritaires, les « WASP » (white, anglo-saxon, protestant) représentent la culture dominante dans le pays. Des différences notables, toutefois, existent entre Nord et Sud, liées en grande partie au fonctionnement économique différents de ces régions. L’arrivée récente et massive d’immigrants irlandais, en outre, a considérablement renforcé la minorité catholique. L’autre communauté religieuse notable est celle des Mormons, persécutés en raison de leurs tendances alors sectaires et de leurs velléités indépendantistes. Ils finirent par s’exiler dans le territoire de l’Utah, dont ils forment en 1860 l’essentiel des 40.000 habitants.

Économie

Bien que les États-Unis soient en 1860 à un niveau de développement avancé et proche de celui de l’Europe, les disparités économiques internes sont importantes. Ainsi, les terres agricoles sont étendues et fertiles, mais toutes ne permettent pas de cultiver la même chose. Dans le Nord, les céréales sont dominantes : essentiellement blé, maïs et seigle. Le Midwest est, à ce titre, particulièrement fertile, et joue le rôle de grenier à blé du pays.

Le Sud, quant à lui, s’est spécialisé dans des cultures à forte valeur ajoutée que permet son climat plus chaud : canne à sucre (sur le pourtour du golfe du Mexique), tabac (dans le Haut-Sud) et surtout coton. Exporté massivement vers l’Europe, où il alimente les filatures nées de la Révolution industrielle, le coton sudiste représente 60% du demi-milliard de dollars que rapportent alors les exportations américaines.

Cette richesse est à la base du système économique sudiste : ces cultures nécessitent un travail intense et très pénible, pour lequel une main d’œuvre d’esclaves était alors considérée comme la mieux adaptée et la plus rentable. Seule une minorité bénéficie directement de la culture du coton : on ne compte que 350.000 propriétaires d’esclaves, exploitant généralement des plantations plus ou moins vastes. La petite paysannerie blanche, pour sa part, se contente de vivoter grâce à la consommation des planteurs.

L’industrie est elle aussi très inégalement répartie, et se concentre surtout dans le Nord. Riche en charbon et en fer, la Pennsylvanie alimente les usines de la côte nord-est, mais également du Midwest. L’industrialisation a engendré d’importantes mutations sociales, et les fermiers plus ou moins prospères du Nord côtoient désormais toute une classe ouvrière, souvent constituée d’immigrés de fraîche date, et réduite à des conditions de vie parfois presque aussi misérables que celles des esclaves noirs du Sud.

Ce dernier est quant à lui peu industrialisé, pour des raisons culturelles (agrarisme, hostilité au capitalisme) autant que pratiques : le Sud est pauvre en minerais, et l’on ne trouve guère de charbon qu’en Virginie, et qu’un peu de fer dans l’Alabama. Les principaux bassins industriels sudistes se situent dans ces deux États (autour de Richmond et Birmingham) ainsi que dans le nord de la Géorgie (Atlanta), et sont encore bien modestes en comparaison des grandes villes industrielles du Nord.

L’économie du Far West est bien différente, compte tenu de ses particularités d’alors. Hormis dans la fertile vallée de Californie, l’agriculture y repose surtout sur l’élevage extensif. L’industrie y est inexistante, hormis sur la côte californienne, essentiellement à San Francisco. Si le potentiel minier est important, il n’est guère développé faute de transports adéquats, et l’activité d’extraction se limite aux métaux précieux – or et argent – là encore surtout en Californie et dans le futur Nevada.

Ces disparités régionales constituèrent un facteur décisif quant à l’issue de la guerre de Sécession. En effet, la victoire nordiste dut beaucoup à son industrie, et à sa capacité à la mobiliser sur le long terme. À l’inverse, le Sud était dépendant de ses exportations de coton pour importer en retour les biens manufacturés dont il avait besoin pour continuer la lutte, malgré ses efforts tardifs et limités pour se doter d’une industrie digne de ce nom.

Transports et communications

À ce jeu, réseaux de transports et voies de communications jouèrent aussi un rôle prépondérant. Le réseau routier est assez dense et comprend de nombreuses routes empierrées, souvent à péage (ce qui assure un développement sur fonds privés), le long de la côte Est. La densité du maillage routier demeure liée à celle de la population et naturellement, les routes se font plus rares à mesure que l’on va vers l’ouest. Elles sont inexistantes dans le Far West, où seules quelques pistes, sommaires, difficiles, et cartographiées depuis peu, permettent d’atteindre la côte Pacifique – il est globalement plus simple et plus rapide de se rendre en bateau jusqu’au Nicaragua, d’y traverser l’Amérique centrale, puis de reprendre le bateau jusqu’en Californie.

Malgré sa qualité, le réseau routier états-unien allait se montrer inadapté à faire face, à lui seul, aux exigences logistiques de la guerre moderne. Ravitailler des armées en vivres et en munitions, mais également les déplacer sur de longues distances, allait mettre en avant l’importance stratégique nouvelle d’un moyen de transport encore relativement neuf, le chemin de fer. Celui-ci s’est considérablement développé dès les années 1830, surtout dans le Nord, où il était indispensable à l’expansion de l’industrie.

En 1860, le Nord dispose ainsi d’un réseau ferroviaire très étoffé, même si l’absence de normalisation (toutes les compagnies n’emploient pas le même écartement) allait parfois s’avérer problématique. Il n’en allait pas de même dans le Sud, où le chemin de fer n’était pas perçu comme nécessaire à l’économie et desservait des régions moins densément peuplées. Ceci allait s’avérer être une plaie pour les Confédérés, dont le transport de troupes et de ravitaillement allait dépendre de lignes peu nombreuses, disparates, et vulnérables.

Les voies de chemin de fer sont rares à l’ouest du Mississippi, et les lignes transcontinentales n’existent encore qu’à l’état de projets à peine ébauchés. Les Appalaches constituent un autre obstacle de taille : quatre lignes seulement permettent de les traverser en train pour accéder au Midwest. Le contrôle de l’une d’entre elles, le Baltimore and Ohio, s’avérera crucial au début de la guerre ; et tout au long du conflit, de façon générale, les belligérants allaient souvent s’affronter pour le contrôle des voies de chemin de fer.
 

Il en sera de même pour les voies navigables. Canaux et fleuves, en permettant le transport de marchandises pondéreuses, jouent un rôle économique aussi important que le chemin de fer. C’est principalement par voie fluviale que le coton et les autres produits de l’agriculture sudiste rejoignent les ports d’où ils sont ensuite exportés. Le bassin du Mississippi joue ici un rôle prépondérant, et son contrôle sera un des grands enjeux de la guerre. La victoire de l’Union dans cette lutte stratégique, en 1863, s’avérera décisive.

Le contrôle des ports le sera également. Avec un développé de côtes de près de 20.000 kilomètres, les États-Unis ne manquent pas de sites où implanter des ports, et ceux-ci sont nombreux. Ils sont vitaux pour le Sud, car c’est par eux que transitent les exportations de coton et les importations de biens manufacturés en provenance d’Europe. Un des éléments primordiaux de la stratégie nordiste sera donc d’effectuer le blocus de ces ports afin d’étouffer l’économie sudiste – ce qui ne sera pas une mince affaire, et ne sera en fait complètement réalisé que dans les derniers mois de la guerre.


Sources : n’importe quel bon atlas permettra de mettre la main sur une carte physique des Etats-Unis, mais la cartothèque en ligne de l’Université du Texas présente de nombreuses ressources, y compris en matière de cartes historiques. De manière plus spécialisée, le site http://railroads.unl.edu/ regorge de documents sur le développement des chemins de fer aux Etats-Unis au XIXème siècle. Enfin, les nombreuses données du recensement de 1860 sont accessibles en ligne.

 

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