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vietnam_helicoLa guerre du Viêt Nam est un conflit armé ayant opposé, entre 1959 et 1975 et en pleine Guerre froide, le Viêt Nam-du-Sud (et son allié les États-Unis) au Viêt Nam-du-Nord, soutenu par l’URSS et la Chine. Après une période de guérilla marquée par l’infiltration progressive des forces nord-vietnamiennes au Sud, le conflit se radicalise et provoque une intervention massive des Etats-Unis. Dans une impasse sur le plan militaire et après de lourdes pertes, les forces américaines seront contraintes de se retirer en 1973, ouvrant la voie à une réunification du Viêt Nam sous la houlette du nord communiste.

 

Origines de la guerre du Viêt Nam

Les accords de Genève, qui avaient mis fin à la guerre d’Indochine, avaient partagé le Viet Nam en deux zones le long du 17eme parallèle. Il avait aussi été convenu que des élections générales devraient être organisées dans une délai de deux ans pour réunifier le pays. En raison du refus du gouvernement sud-vietnamien d’organiser ces élections, le gouvernement communiste d’Hanoi, qui s’était bien gardé de démanteler ses réseaux dans le Sud, entreprit à partir de 1957 de réaliser l’unité du Viêt-nam par la subversion de l’autorité de Saigon. Cette entreprise était favorisée par le mécontentement suscité par le régime de Diem et par la misère des populations rurales du Sud.

moine bouddhiste immoleLes divers groupes d’opposants à Diem, que le gouvernement de Saigon confondit, à partir de 1959, sous le nom de Viêt-cong (« communistes vietnamiens »), formèrent le 20 décembre 1960 au cours d’un congrès clandestin le Front national de libération du Viêt-nam du Sud (F.N.L.). Il comptait d’authentiques nationalistes non marxistes, mais passa cependant de plus en plus sous la direction des communistes. En Février 1961, le F.N.L. se dota d’une armée de libération du Viêt-nam du Sud, et, avec l’aide humaine et matérielle apportée par le Nord, les opérations de guérillas, commencées dès 1957, prirent la forme d’une véritable guerre.

Face à cette situation, L'administration Kennedy apporta une aide accrue au gouvernement sud-vietnamien. Dès la fin de 1961, le nombre des «conseillers» militaires américains au Sud Viêt-nam atteignait 15 000 hommes, et, en février 1962, un commandement militaire américain fut créé dans cette région. L’opposition contre le régime Dam avait pris une telle ampleur ( à partir de mai 1963, vague de suicides spectaculaires de bonzes s immolant publiquement par le feu) que Kennedy décida d'abandonner Diem et laissa s’accomplir ( sinon favorisa) le coup d’État militaire qui coûta la vie au dictateur sud-vietnamien (1er novembre 1963). La chute de Diem devait être suivie pendant deux ans, d’une série de coups d'Etat qui contribuèrent à l'aggravation du désordre dans le Sud Viêt-nam. L'autorité ne fut rétablie à Saigon qu’en juin I965, lorsque le général Thieu devint chef de d’État.

L’escalade américaine

Ce que l’on devait appeler «l’escalade » américaine au Viêt-nam avait commencé à la suite d’un incident naval qui en août 1964 opposa dans le golfe du Tonkin deux destroyers américains à la flotte nord-vietnamienne. En représaille de l’attaque de leurs vaisseaux par les Nord-Vietnamiens (5 août 1964), les Américains lancèrent leur première attaque aérienne au nord du 17e parallèle. A partir de février 1965, l’aviation américaine mena des raids systématiques sur le Nord. en juin 1966 elle attaquait même Hanoi et Haiphong. L’intervention des forces terrestres américaines dans les combats au Sud Viêt-nam commença en mars 1965, et, à partir de ce moment, les effectifs américains ne cessèrent d’augmenter, passant de 23 000 hommes au début de 1965 à 267 000 vers le milieu de 1966 et à 542 000 hommes en 1969.

offensive du tetDes troupes sud-coréennes, australiennes et néo-zélandaises furent également engagées aux côtés des Sud-Vietnamiens. Malgré l’ampleur des moyens engagés, les Américains n’obtinrent aucun résultat décisif, les forces viêt-cong et les troupes nord-vietnamiennes recevant des pays communistes un matériel moderne et bénéficiant en outre de leur longue expérience dans la guérilla. L’offensive du Têt, lancée par les communistes en janvier/février 1968 contre Saigon et plusieurs grands centres du Sud, démontra aux Américains la puissance de leur adversaire. La guerre du Viêt-nam divisait profondément l’opinion américaine, suscitant dés 1965 aux Etats-Unis un mouvement de contestation qui devait aller en s’amplifiant, et altérait le prestige international de l’Amérique.

Les laborieuses négociations de paix

S’orientant vers la recherche d’une solution négociée, le président Johnson décida l’arrêt partiel des bombardements aériens sur le Nord (31 mars 1968). Ouverts à Paris le 13 mai 1968 entre Américains et Nord-Vietnamiens (auxquels se joignent, en janvier 1969, Sud-Vietnamiens et F.N.L.), les pourparlers de paix devaient traîner pendant près de cinq ans. Durant cette période, les États-Unis optèrent pour la «vietnamisation », qui consistait à retirer progressivement leurs forces du Sud Viêt-nam en donnant à l’armée sud-vietnamienne les moyens suffisants pour lutter seule contre les forces communistes.

bombardier americain viet namAprès l’arrêt total des raids américains contre le Nord Viêt-nam, décidé en novembre 1968 par le président Johnson. Nixon, nouvellement élu, commença le rapatriement des forces américaines (juin 1969). En revanche, les communistes ne ralentirent nullement leurs actions offensives, ce qui contraignit les Américains à intervenir au Cambodge (1970)puis à reprendre leurs attaques aériennes contre le Nord, à bloquer les ports du Nord Viêt-nam (mai 1972) et à soumettre Hanoi et Haiphong aux plus violents bombardements qu’elles aient connus de toute la guerre.

Cependant, les négociations secrètes ouvertes dès août 1969 en marge de la conférence de Pans, entre Kissinger et Lê Duc Tho, finirent par aboutir à la signature des accords de Paris (27 janvier 1973), à la suite desquels les soldats américains se retirèrent du Viêt-nam dans un délai de deux mois. Ces accords établissaient aussi le cessez-le-feu entre les diverses forces vietnamiennes en présence et comportaient des clauses politiques en vue d’une réconciliation nationale. Elles ne furent respectés ni par le Nord ni par le Sud, qui s’efforcèrent au contraire d'améliorer leurs positions.

Le F.N.L., qui, dès juin 1969, s’était constitué en Gouvernement révolutionnaire provisoire (G.R.P.), continua à recevoir des renforts de troupes et de matériel en provenance du Nord Viêt-nam. Le régime du sud Viêt Nam, fortement corrompu se révélera par incapable de tenir, et ce malgré le soutien logistique américain, face à la pression conjuguée du Viêt Cong. A la fin 1974, les communistes reprennent l'offensive sur une grande ampleur. Au printemps de 1975, ils s’emparent de Hue (24 mars) et de Da Nang (29 mars), provoquant l’effondrement général de l’armée sud-vietnamienne. Trop tardive, la démission du président Thieu (21 avr.) ne permettait pas l’ouverture de négociations politiques.

La fin de la guerre du Vietnam

depart americain vietnamAlors que les Khmers rouges avaient déjà submergé le Cambodge, les communistes entraient à Saigon le 30 avril 1975. La seconde guerre du Viêt-nam s’achevait par la victoire complète du communisme non seulement au Viêt-nam, mais dans toute l’Indochine. Au-delà des idéologies, cette conclusion confirmait la constante de l’histoire vietnamienne, la domination du Sud par le Nord, plus autoritaire et plus centralisé. Saigon, rebaptisée «Ville Ho Chi Minh», était épurée des traces de la présence occidentale, et des structures socialistes étaient progressivement mises en place dans le Sud Viêt-nam. La réunification du Viêt-nam devait se faire, par des élections prévues pour le premier semestre de 1976, et, d’ores et déjà, il était décidé qu’Hanoi serait la capitale du Viêt-nam réunifié. Le 25 avril 1976, pour la première fois depuis la consultation du 8 janver 1946, Vietnamiens du Nord et Vietnamiens du Sud élisaient une Assemblée nationale unique. Deux mois plus tard, cette Assemblée adoptait une nouvelle Constitution et ratifiait la réunification du pays.

Ce conflit, certainement l'un des plus célèbres du XXème siècle, se singularise par sa médiatisation et le rôle qu'y joua l'opinion publique américaine. D'une grande violence, marqué par de nombreuses exactions il fit plusieurs millions de victimes (dont une grande majorité de civils Vietnamiens), l'armée américaine y subissant ses plus lourdes pertes (58 000 morts) depuis la 2nde guerre mondiale. Ce conflit laissera un profond traumatisme dans les consciences américaines. Dans le Vietnam réunifié et devenu une république socialiste, les camps de “rééducation” se multiplient et rapidement des milliers d’opposants tentent de fuir le pays par la mer (boat people)...

Bibliographie

La guerre du Viêt Nam: Un conflit meurtrier au cœur de la guerre froide, de Mylène Théliol. 50 minutes, 2017.

La guerre du Vietnam et l'opinion publique américaine 1961-1973. Presse de la Sorbonne, 1995.

Pour aller plus loin

La Guerre du Vietnam, documentaire d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle. DVD, 2015.