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cheatham1qVers la mi-journée, le corps d’armée McCook commence à se déployer à gauche de celui de Gilbert. Les combats ont pratiquement cessé depuis que Sheridan a replié ses forces sur Peters Hill. Les hommes de la division Rousseau peuvent voir, à quelques encablures au nord de Perryville, d’énormes nuages de poussière s’élever dans le ciel. Le relief, toutefois, leur en masque la cause. Habitués à voir leur adversaire se retirer sans combattre, la plupart d’entre eux pensent que les Confédérés sont en train d’évacuer la ville. Il n’est toutefois pas question d’attaquer : avant d’aller rejoindre Buell à son quartier général, McCook a ordonné de ne pas bouger. Personne n’imagine, dans les rangs nordistes, que cette poussière est soulevée par la division Cheatham, en train de se positionner pour les attaquer de flanc.

 


Guerre de Sécession : la bataille de Perryville (2/3)

starkweather2rLa brigade Starkweather occupe alors une hauteur située à moins de 500 mètres au sud-ouest d’Open Knob. La position nordiste est encore mieux pourvue en artillerie que la précédente, puisque deux batteries complètes – soit douze canons – y sont installées. Leur emplacement est à peu près aussi élevé que le sommet d’Open Knob, ce qui oblige Maney à continuer son attaque sans tarder, faute de quoi la colline qu’il vient tout juste de conquérir sera intenable. Rousseau, toutefois, a pris la décision de placer un des régiments de la brigade Starkweather, le 21ème Wisconsin, en position avancée. Lui aussi n’a jamais vu le feu. Son positionnement est loin d’être idéal : il est déployé dans une dépression, au milieu d’un champ de maïs dont la hauteur des plants réduit considérablement la visibilité. Les batteries placées derrière tirent, par-dessus la tête de ses soldats, des projectiles dont la trajectoire est parfois dangereusement basse. Pour ne rien arranger, l’unité est désorganisée par les hommes de Terrill, qui se replient de manière plus ou moins ordonnée à travers ses rangs.

 


Guerre de Sécession : la bataille de Perryville (3/3)
Richard-Hawes

Le 4 octobre 1862, alors que les fantassins texans de l’armée de Van Dorn se font tuer par dizaines en tentant de planter leur drapeau sur le parapet de la batterie Robinett, c’est une scène toute différente qui se joue, près de 500 kilomètres au nord-est de Corinth. Frankfort, la capitale du Kentucky, résonne des flonflons de la musique militaire. Une fanfare confédérée y joue des airs patriotiques sudistes populaires, tels que Dixie’s Land et Bonnie Blue Flag.

 


Guerre de Sécession : la bataille de Perryville (1/3)

oliver1aaLe 29 septembre, l’armée confédérée se met en route vers le nord. La progression est rapide, et ses avant-gardes atteignent Pocahontas, dans le Tennessee, le soir même. Van Dorn subit toutefois un premier revers lorsque des patrouilles de cavalerie nordiste, après avoir tenu en respect leurs homologues confédérés, font brûler les ponts sur la rivière Hatchie, que les Sudistes doivent impérativement franchir pour continuer leur progression. Lorsque le génie confédéré commence à les réparer le lendemain, après que les cavaliers gris aient pris le contrôle de la rive orientale, le commandement nordiste réalise que l’objectif de Van Dorn est probablement Corinth.

 


Guerre de Sécession : retour à Corinth

price1qTandis que les armées manœuvraient sans parvenir, ni même chercher réellement, à se livrer un affrontement majeur, la campagne du Kentucky allait connaître des ramifications à l’ampleur inattendue à plusieurs centaines de kilomètres de là, dans le Mississippi. Début septembre, les troupes sudistes basées dans cet État entamèrent les opérations de diversion que leur avaient confiées Bragg dans le cadre de son plan. Sterling Price, qui commandait une force de 8.000 hommes détachée de l’armée de Van Dorn, attaqua le premier en direction de Nashville, afin d’empêcher Grant de faire parvenir des renforts à Buell.

 


Guerre de Sécession : diversion à Iuka

Seal_of_Kentucky_Confederate_shadow_government

L’occupation, le 30 mai 1862, de Corinth, évacuée la veille par les Confédérés, laissait l’Union dans une avantageuse position stratégique. Si l’armée sudiste de Beauregard, forte de 56.000 hommes, barrait aux Fédéraux la route directe du sud en se retranchant à Tupelo, d’autres options demeuraient ouvertes grâce aux voies ferrées qui rayonnaient depuis Corinth. Devenus indéfendables, le Tennessee occidental et la ville de Memphis ne demandaient qu’à tomber comme des fruits mûrs – la seconde, du reste, fut occupée dès le 6 juin par les canonnières nordistes, une fois la flottille fluviale confédérée détruite.

 


Guerre de Sécession : l’invasion sudiste du Kentucky

EmancipationProclamationLe 22 septembre 1862, George McClellan envoie Edwin Sumner réoccuper Harper’s Ferry, à présent complètement évacuée par les Sudistes, avec ce qui reste des IIème et XIIème Corps. L’opération, qui ne rencontre aucune résistance, sera le dernier mouvement sérieux de l’armée du Potomac après les batailles d’Antietam et de Shepherdstown. L’armée confédérée du général Lee allait pouvoir panser tranquillement ses blessures à Martinsburg, puis à Winchester. Toutefois, la Confédération allait, le même jour, se voir porter un coup – non pas militaire, mais politique – aux conséquences terribles. Alors que les hommes de Sumner entreprenaient de fortifier solidement les collines qui entourent Harper’s Ferry pour ne pas risquer une réédition de la capitulation du 15 septembre, le gouvernement fédéral faisait paraître à Washington sa proclamation d’émancipation : un texte qui, ni plus ni moins, affranchissait sans autre forme de procès les esclaves noirs du Sud, à compter du 1er janvier 1863.

 


Guerre de Sécession : la proclamation d'émancipation (1/3)

andersonville-civil-war-prison-lifeDans l’immédiat, la proclamation d’émancipation ne fut pas bien accueillie par tout le monde. À commencer par les Sudistes, qui l’interprétèrent le plus souvent comme l’annonce d’une guerre raciale. Les « mangeurs de feu » voyaient en effet leurs pires peurs se réaliser : pour eux, la mort annoncée de l’esclavage entraînerait l’effondrement de leur économie, la mixité ethnique, et la fin de la civilisation sudiste. Confronté à la présence de soldats noirs dans les rangs nordistes, le gouvernement confédéré ne tarda pas à décréter que ceux qui seraient pris vivants seraient vendus comme esclaves ; quant à leurs officiers blancs, ils seraient tout simplement passés par les armes. Cette dernière mesure ne fut jamais appliquée, essentiellement parce que le gouvernement fédéral menaça d’exécuter des otages, sélectionnés parmi les prisonniers de guerre sudistes, en représailles. Les soldats noirs, eux, n’eurent pas cette chance, et furent effectivement réduits en esclavage, quand ils n’étaient pas mis à mort sans autre forme de procès. Tout ce que le département de la Guerre nordiste put faire pour protester fut d’interrompre les échanges de prisonniers, ce qui à terme eut des conséquences dramatiques sur les captifs des deux camps, eu égard aux conditions souvent déplorables dans lesquelles ils étaient gardés.

 


Guerre de Sécession : la proclamation d'émancipation (3/3)

recruitment-broadsideÀ long terme, les soldats noirs se révélèrent précieux pour l’effort de guerre nordiste. Ils commencèrent à affluer à un moment crucial, où les volontaires commençaient à se faire rares, et où la conscription, finalement instaurée en mars 1863 et appliquée à partir de juillet, peinait à remplir son rôle – la plupart des conscrits tirés au sort parvenant tant bien que mal à payer les 300 dollars permettant d’être exemptés, à tel point qu’il fallut limiter à un an, à partir de 1864, la durée de cette exemption. Les Afro-Américains fournirent environ dix pour cent des effectifs totaux des armées nordistes, et même s’ils ne furent que rarement engagés directement au combat, leur emploi permit de libérer des unités blanches qui, elles, le furent. En émancipant les esclaves sudistes, Abraham Lincoln s’assurait de voir les fugitifs affluer de plus belle vers les positions nordistes, à l’abri desquelles ils auraient la meilleure raison possible pour s’enrôler dans l’armée fédérale : combattre pour leur liberté et celle de leur semblables. Le premier objectif stratégique de la proclamation présidentielle était donc d’alimenter en hommes les armées nordistes.

 


Guerre de Sécession : la proclamation d'émancipation (2/3)

1sturgisPendant que la division Sturgis luttait pour s’emparer du pont, celle de Rodman n’était pas restée inactive. Sa tâche, pourtant, n’avait pas été facilitée. Harcelée par les tireurs embusqués sur l’autre rive, elle avait aussi été ralentie par un terrain tout aussi escarpé et boisé que celui qui commandait l’accès au pont inférieur, mais dépourvu de chemins et de voies carrossables. Pire, le premier gué, situé dans un coude de la rivière, s’était avéré impropre au passage d’une division en raison de la hauteur des rives à cet endroit. Il avait fallu en chercher un autre, qui s’était finalement présenté plus de 500 mètres en aval, à la hauteur de la ferme Snavely.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (14/16)

1Battlefield-MarylandLa seule partie de la ligne nordiste où l’avancée des Fédéraux ne semble pas irrésistible est celle, la plus à gauche, où la brigade Harland fait face aux Géorgiens de Robert Toombs. Déjà amputée du 11ème Connecticut, trop durement étrillé lors de sa tentative matinale contre le pont inférieur et resté sur la rive orientale de l’Antietam, l’unité nordiste se trouve réduite à trois régiments dont deux, le 16ème Connecticut à droite et le 4ème Rhode Island à gauche, participent à leur première grande bataille. Or, ce sont justement ces deux unités qui forment la première ligne de la brigade, Harland ayant gardé en réserve le 8ème Connecticut, plus aguerri.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (15/16)

1burnsideToujours vers 13 heures, la bataille d’Antietam entre dans sa troisième et dernière phase majeure. On se souvient que le plan de McClellan prévoyait une attaque secondaire contre l’aile droite confédérée, à mener par le IXème Corps d’Ambrose Burnside, à travers l’Antietam. Toutefois, la forte résistance rencontrée de l’autre côté du champ de bataille par les Ier, XIIème et IIème Corps, et les sanglants combats qui en ont découlé, ont obligé le général nordiste à modifier son plan.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (13/16)

1CctewEntre 10 heures 30 et 11 heures, deux longues lignes supplémentaires d’infanterie nordiste avancent vers Bloody Lane. La précision de leurs manœuvres et l’ordre impeccable dans lequel elles progressent, comme pour la division French un peu plus tôt, impressionneront durablement les officiers confédérés qui les observent – du moins, ceux qui vivront assez longtemps pour le rapporter ensuite.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (11/16)

1Pile-Dead-BodiesLe soleil naissant du jeudi 18 septembre 1862 darde de ses rayons la scène sordide qui s’étale sans pudeur dans les champs autour de Sharpsburg. Dans l’attente d’une hypothétique reprise des combats, les vivants ont dormi où la nuit les avait trouvés, souvent au milieu des morts. Prisonnier derrière les lignes nordistes, le soldat virginien Alexander Hunter décrit ce qu’il voit alors que ses gardiens lui font traverser le pont inférieur en direction de l’est.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (16/16)

1SharpsburgLee, avec les forces combinées de Longstreet et D.H. Hill, arrive à Sharpsburg dans la matinée du 15 septembre, pendant que les cavaliers sudistes sont chassés de Boonsboro. Sa situation demeure précaire, car les Nordistes l’ont suivi de près : les premiers éléments fédéraux le rejoignent dès l’après-midi et le soir même, le gros de l’armée du Potomac lui fait face. Malgré cela, McClellan conserve sa circonspection habituelle et hésite à attaquer un adversaire qu’il croit, encore et toujours, supérieur en nombre.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (4/16)

1seymourLe mercredi 17 septembre 1862 commence dans la relative quiétude d’une nuit brumeuse. Pour ceux qui se sont déjà battus la veille au soir, elle n’est pas de tout repos, pourtant. Les hommes de Truman Seymour, comme leurs adversaires, ont bivouaqué là où ils se battaient lorsque l’obscurité les a surpris, dans le bois Est. La relève des soldats de Hood par ceux de Lawton n’y a rien changé.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (5/16)

1jameswalkerPendant ce temps, dans le bois Est, la brigade de Truman Seymour est serrée de près par celle de James Walker. La chaîne de commandement nordiste étant désorganisée, Seymour ne reçoit aucun soutien, mais il s’est vu confier par Ricketts les régiments de la brigade Christian, qui s’interposent et couvrent sa retraite. Leur arrivée inopinée, combinée à la retraite de Hays, obligent James Walker à replier sa brigade sur sa position de départ, dans un ordre que l’officier sudiste qualifiera lui-même « d’acceptable ».

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (6/16)

1hookerHooker, en effet, avait déjà demandé des renforts depuis un certain temps. Le XIIème Corps de Joseph Mansfield, qui a campé à un mile en arrière des forces de Hooker, s’est tenu près dès l’aube. La résistance acharnée qu’il a rencontrée a conduit le chef du Ier Corps à largement surestimer les effectifs de l’ennemi, aussi n’a-t-il pas tardé à faire appel à Mansfield.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (7/16)

1ripleyIl est 8 heures 30, et le champ Miller est à nouveau sous contrôle sudiste. Toutefois, Hooker, qui est l’officier nordiste le plus élevé en grade à être toujours en vie dans ce secteur du champ de bataille, a encore des cartes dans sa manche. Ce sont à présent quatre batteries avancées qui sont déployées au nord du champ. En dépit de la déroute prématurée de la brigade Goodrich, le XIIème Corps est à présent convenablement déployé, et ses unités les moins sûres ont été laissées en soutien de batteries, en arrière.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (8/16)

1gtandersonHiggins n’est pas au bout de ses peines. Derrière G.T. Anderson, c’est la division McLaws qui arrive au pas de course. Ses quatre brigades sont déployées en deux lignes : Christopher Sanders à droite, William Barksdale à gauche, Joseph Kershaw et Paul Semmes, respectivement, derrière eux. Cette fois, McLaws obtient l’aide de Hood pour le guider vers la position souhaitée. Malgré cela, la progression ne se fait pas sans accroc.

 


Guerre de Sécession : la bataille d'Antietam, 17 septembre 1862 (9/16)

1davisAlors que l’armée de Virginie septentrionale goûtait un repos bien mérité, mais précaire, dans le comté de Fairfax aux portes de Washington, Robert Lee écrivit à Jefferson Davis, le 3 septembre 1862. Non pour lui demander quelles étaient ses instructions pour la suite des opérations, mais pour lui annoncer ce que lui, Lee, avait décidé de faire, et se disposait à mener à bien sans délai – à moins que le président confédéré y voit une objection.

 

1jrcookeBien que de courte durée, l’alerte qu’a représentée l’entrée en jeu de la brigade Irwin a pourtant été chaude pour les Confédérés. Longstreet, qui n’avait plus aucune réserve à lui opposer, a regardé avec anxiété la ligne bleue avancer vers le sud. Des différentes unités sudistes engagées dans ce secteur, seul le 27ème Caroline du Nord du colonel Cooke – fils du général Philip Cooke resté fidèle à l’Union et, par conséquent, beau-frère de J.E.B. Stuart – s’est retiré en combattant et en bon ordre, mais les Caroliniens n’ont pratiquement plus de munitions.

 

1frederickLe 4 septembre 1862, l’armée de Virginie septentrionale commença à franchir le Potomac par les gués dont la cavalerie sudiste avait pris le contrôle, une cinquantaine de kilomètres en amont de Washington. Deux jours plus tard, les Confédérés atteignirent la ville de Frederick, au pied des Appalaches. Loin de l’enthousiasme et du soulèvement espéré, leur venue ne suscita guère qu’une réserve glaciale dans ce bastion unioniste.

 

1Harpers_Ferry_VirginiaLa chute de Harper’s Ferry résonnait comme une nouvelle humiliation pour l’Union, encore une fois victime d’un choix mal avisé de commandant. Jackson ouvrait ainsi un axe de ravitaillement pour l’armée de Virginie septentrionale et éliminait la dernière menace sérieuse qui pesait sur les arrières confédérés.

 

1frenchPendant que la division Sedgwick se faisait flanquer dans le bois Ouest, la seconde division du IIème Corps, commandée par William French, arrivait derrière elle. Formée de trois brigades sous les ordres respectifs de Max Weber, Dwight Morris et Nathan Kimball, elle avait pour mission de soutenir l’attaque de Sedgwick et, le cas échéant, d’exploiter la percée qui en résulterait. Mais lorsque French arrive à proximité, Sedgwick est déjà en pleine déconfiture, et Sumner est trop loin en avant pour transmettre de nouvelles instructions à French.

 

sigel1hLe général Pope n’apprend la position réelle des troupes de McDowell que le 29 août à 5 heures du matin, lorsque le 3ème Corps arrive à Manassas. Le Vème Corps de Fitz-John Porter s’y trouve également. Il ordonne aussitôt à ces deux corps d’armée de faire demi-tour dès que possible, afin d’aller couper la route de Jackson avant qu’il ne se retire. Le 1er Corps, qui campe non loin de Groveton, est également impliqué : il devra attaquer Jackson pour le fixer. Des renforts importants viendront à son soutien : le IIIème Corps de l’armée du Potomac, ainsi que des éléments du IXème Corps. Pope ignore encore où se trouve Longstreet, mais cela ne le préoccupe guère. Il est convaincu de pouvoir prendre Jackson au piège et le détruire dans la journée. Un an, un mois et huit jours après le premier combat, le champ de bataille de Bull Run était prêt à connaître un nouvel affrontement majeur.

 

fitzhugh_leeLee et le reste de l’armée de Virginie septentrionale arrivent à Gordonsville le 15 août. Sans attendre, le général sudiste décide de manœuvrer pour contourner l’aile gauche de Pope. À ce moment, les deux armées disposent d’effectifs sensiblement équivalents, de l’ordre de 55.000 hommes chacune. L’armée nordiste est solidement retranchée le long de la rivière Cedar Creek. L’idée générale de Lee est de tourner cette position en profitant du couvert fourni par une hauteur, Clark’s Mountain, et de franchir le Rapidan en aval de son confluent avec la Cedar Creek. Pour s’assurer de la faisabilité de la chose, Lee envoie en éclaireur la cavalerie de Stuart. Cette dernière forme à présent une division à part entière, constituée des brigades de Robertson et Fitzhugh Lee – ce dernier étant un neveu de Robert.

 

mcdowell07En début d’après-midi, le 29 août 1862, le champ de bataille de Bull Run est entouré d’un silence précaire, entrecoupé par les coups de feu épars des tirailleurs des deux camps et les décharges intermittentes de canons réglant leurs tirs. Ce calme excessif inquiète et fait enrager Pope, qui estime que Porter et McDowell devraient déjà être en train d’attaquer l’aile droite sudiste. Les communications sur la gauche de l’Union sont mauvaises, et Pope demeure dans l’ignorance de la situation réelle, n’ayant pas reçu d’informations de ses subordonnés. De son côté, Lee veut profiter de la pause que connaît le combat pour lancer l’aile de Longstreet dans la bataille, mais ce dernier s’y montre à nouveau hostile. Il cite cette fois la menace que représentent les puissantes forces nordistes que Stuart vient d’arrêter sur la route de Gainesville. De nouveau, Lee préfère finalement écouter l’avis de son lieutenant, et ses soldats restent l’arme au pied.