Se vêtir au temps des vikings : tenues et costumes

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La tenue des Vikings est essentiellement composé à partir de deux matières, le lin et la laine. La laine, tirée des moutons à longue toison élevés dans les fermes, est tissée au domicile, sur un grand métier vertical. Les fils de chaîne sont tendus par des pierres qui sont de simples pierres trouées, le fil de trame est glissé au moyen d'une navette actionnée à la main et tassé à l'aide d'un fouloir.

 

La fabrication des tenues vikings

Ce travail, qui est plutôt la prérogative des femmes, permet la fabrication d'une toile solide et chaude appelée « vađmal ». Utile pour l'habillement, la fabrication des tentes et des voiles, ce tissu sert aussi de monnaie pour payer les compensations en cas d'amende lors d'un jugement et de marchandises lorsque le Viking s'embarque pour partir en expédition. Ce métier est décrit dans un contexte très macabre de luttes entre clans, au travers du poème Darrađarljóđ, dans la saga de Njáll le Brûlé. Un vendredi matin, après la bataille (...) un homme qui s'appelait Dùorrudr était sorti. (...) Il alla jusqu'au pavillon, regarda à l'intérieur par une ouverture, vit qu'il y avait là des femmes et qu'elles avaient une toile toute montée sur un métier à tisser. Il y avait des têtes d'hommes en guise de poids de tension, des intestins en guise de trame et de chaîne, une épée en guise de fouloir et une flèche en guise de navette. Elles chantèrent alors quelques strophes : (...)

Le tissu est tissé
D'entrailles humaines
Et durement tendu
De têtes d'hommes
De sanglantes lances
Lui servent de lames
De fer sont les montants
De flèches, les navettes.
De l'épée nous foulons
Ce tissu de bataille.
(Sagas Islandaises, textes traduits, présentés et annotés par Régis Boyer, Bibliothèque de la Pléiade)

Le Viking ne dédaigne pas, pour les grandes occasions, se parer et porter de la soie. Celle-ci a été acquise au travers des activités de commerce et de rapine. Elle est notamment importée par les marchands rus' depuis Constantinople et revendue dans les grands comptoirs commerciaux du nord de l'Europe.

Les couleurs naturelles des vêtements de laine vont du brun au noir en passant par le gris. Mais les tissus peuvent aussi être teints, et ceci est alors une marque de prospérité et de richesse.
• Le bleu est l'une des couleurs les plus courantes. Elle est obtenue à partir du pastel cultivé en Scandinavie. C'est une couleur à caractère sacré, faisant allusion à la couleur bleu foncé de la cape d'Odin.
• Le rouge est aussi très fréquent. Cette couleur est obtenue à partir de la Garance, qui est achetée dans les grands comptoirs commerciaux d'Europe.
• Le jaune et le vert sont aussi des couleurs utilisées. Le jaune a pu être obtenu à partir de l'oignon, plante cultivée par les Scandinaves, ou du genêt ou de la Gaude. Le vert est issu d'un mélange de jaune et de pastel.

Le lin, plus difficile à teindre, reste souvent de couleur naturelle. Pour se vêtir, le Viking utilise également de nombreuses fourrures telles que celles de l'ours, du renne, de la zibeline, de la martre qui sont produites localement ou importées.

Le costume civil des vikings

Le Viking est soucieux de son apparence. Le samedi est le jour du bain et de la lessive. Ce jour-là, hommes et femmes se baignent dans de grands baquets d'eau savonneuse, lavent leur corps et leurs cheveux. Les hommes se rasent. Après le bain, ils peuvent passer aux étuves. Les vêtements sont changés pour être nettoyés.

L'homme

Les vêtements de dessous sont composés d'une chemise de lin toute simple et d'un caleçon qui est en laine, utile pour l'hiver scandinave. Par-dessus, le Viking enfile une blouse à manches longues qui tombe à mi-cuisse et qui est resserrée à la taille par une ceinture de cuir, éventuellement rehaussée de plaques de bronze. Puis, il passe un pantalon, qui peut être de différents types, soit long et flottant, soit long et collant ou encore bouffant. Dans ce dernier cas, des chausses maintenues par des agrafes ou des lanières complètent la tenue. La blouse est souvent recouverte d'une longue cape, doublée de fourrure ou de duvet et agrafée sur l'épaule droite à l'aide d'une fibule penannulaire. Elle dégage le bras droit qui peut ainsi aisément dégainer l'épée fixée du côté gauche de la ceinture. Blouses et capes sont décorées avec des galons, des broderies, des fils d'or et d'argent pour les plus fortunés.

Aux pieds, il porte des chaussures en cuir, repliées sur le coup de pied et attachées à la cheville par une lanière, ou encore des bottes.Il prend grand soin de sa barbe et de ses longs cheveux, qu'il aime tresser et démêle avec des peignes en os de cétacé ou en bois d'élan. Il peut arborer différents types de chapeaux en feutre et de bonnets de laine. Ses mains sont protégées par des mitaines et de grosses moufles en laine ou en feutre.

La femme

La femme viking porte une tunique avec ou sans manches par-dessus laquelle elle enfile une robe chasuble, de laine plissée, maintenue à hauteur des épaules par une paire de fibules souvent ovales. Cette robe chasuble est ornée de galons et brodée ; elle y fixe, à hauteur du sein gauche, ses accessoires de couture. Elle peut se couvrir d'un châle, ample ou ajusté, qui se termine en pointe dans le bas du dos et qu'elle attache à l'aide d'une fibule.

Les cheveux sont laissés libres chez la jeune fille, mais ils sont coiffés sous forme de chignon, queue de cheval, tresses chez la femme mariée. Un foulard noué sur la nuque les protège. Elle se pare volontiers de bijoux, bracelets, pendants d'oreille, colliers en perles, en ambre, en or.

Le jour de son mariage, elle porte une voile de lin – pour la protéger du mauvais œil ou parce que son fiancé doit être le premier à dévoiler le visage de sa femme - et une couronne tressée de fleurs et de feuillages. Devenue maîtresse de maison, elle arbore à sa ceinture les clés des coffres de sa demeure, qui recèlent les objets de valeur et le garde-manger.

La tenue militaire des vikings

L'armement type du guerrier viking est composé d'une épée, d'un arc avec ses flèches, une hache, une lance et un couteau. Un bouclier, un casque et une broigne permettent de se protéger. L'épée est à double tranchant ; elle est souvent gravée avec des caractères runiques qui lui confèrent un pouvoir magique. Le fourreau est en bois, doublé de fourrure et recouvert de cuir. La hache est de plusieurs types. Dotée d'un manche court ou long, le fer plus ou moins large, courbe et éventuellement terminé par des pointes, c'est l'arme type du Viking et une arme redoutable entre ses mains. Il s'en sert comme arme de jet ou arme d'assaut.

La lance est soit un javelot, soit un épieu. Dans le premier cas, il constitue une arme de jet ; dans le second cas, il est une arme d'estoc que l'usage des étriers permet d'utiliser avec force. Le fer, en forme de losange, est fixé au manche par des clous qui ont une valeur religieuse et juridique. Le bouclier est rond et mesure environ un mètre de diamètre. Il est fait de bois peint et est cerclé de métal. Au centre, l'umbo de fer protège la poignée.

Le plus souvent, le Viking porte pour se protéger une cuirasse de cuir ou de laine et un bonnet de cuir bouilli. Cependant, le casque peut aussi être en métal. Il est alors conique et prolongé par un nasal. Une cuirasse de cuir peut être remplacée par une broigne ou une cotte de plaques de métal reliées les unes aux autres.

Bibliographie

• Régis Boyer, La vie quotidienne des Vikings, Hachette, 2003.

• La vie privée des hommes, « Au temps des Vikings », Hachette.

• Les Vikings, les Scandinaves et l'Europe 800-1200, catalogue de l'exposition du Grand Palais 1992 : les illustrations d'objets sont issues de ce catalogue.

 

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