Le Grand Condé, seigneur de guerre et prince mécène

Histoire de France | D'Henri IV au Grand Siècle

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Louis II de Bourbon (1621-1686), dit le Grand Condé, était un prince du sang et l'un des plus illustres chefs de guerre du Grand Siècle, considéré par Louis XIV comme le plus grand homme de son royaume. Formé dans sa jeunesse à l'art militaire, Condé se distingua durant la guerre de Trente Ans en battant les espagnols à Rocroi (1643), une victoire qui contribua beaucoup à sa gloire militaire. En 1650, il prend la tête de la Fronde des princes qui s'oppose à Anne d'Autriche et Mazarin. Passé du côté de l'armée espagnole, il est vaincu par Turenne au cours de la bataille des Dunes (1658). Il obtient l'année suivante le pardon de Louis XIV après la signature du traité des Pyrénées et se remet au service du roi de France. Victorieux en Franche-Comté et durant les guerres de Hollande, Il est promu commandant en chef des armées françaises en 1675 et livre la même année sa dernière bataille sur le front du Rhin. 

 

La jeunesse du prince de Condé

De cette branche cadette de la maison de Bourbon, nous avons les premiers princes de sang royal. Louis Ier, premier prince de Condé, était le frère d'Antoine de Bourbon, père d' Henri IV. Guerrier et déjà « réactionnaire », il a participé aux guerres de religion et aux révoltes des nobles. Son petit-fils Henri II de Bourbon-Condé combattit et fit beaucoup pour la renommée de la famille. Marié à Charlotte de Montmorency, il reçut la vaste clientèle de cette illustre famille. Leurs trois enfants : le Grand Condé, Armand de Conti et Anne Geneviève de Longeville formaient un vrai clan.

Louis II de Bourbon, reçoit une éducation solide dans le Berry, sous l'autorité de son père Henri II de Bourbon-Condé, à l'écart de la cour et des intrigues. Il s'agissait de porter et d'illustrer le renom de la famille sur les champs de bataille et de garder une parfaite loyauté au souverain. Il poursuit son apprentissage à Dijon entre 1636 et 1639, gouvernement attribué aux princes de Condé depuis 1631, où il gardera de profonds liens avec le parlement. Il apprend la manière de gouverner une province, le maniement des armes, la danse, l'art de l'équitation et tout ce qui est nécessaire pour devenir un gentilhomme.

Son père, en collaborant avec le cardinal Richelieu, réussit le mariage de son fils avec une nièce du cardinal Claire Clémence de Maillé-Brézé, lui permettant d'obtenir des provinces, des abbayes, des bénéfices d'Eglise et la récupération des propriétés confisquées au duc de Montmorency, frère de la princesse de Condé, son épouse.

D'abord engagé volontaire au siège d'Arras, le jeune Condé guerroie trois ans plus tard en tant que commandant de l'armée de Picardie sur une place importante de la route de Paris : Rocroi. En fin stratège, il organise rapidement les bataillons et grâce à sa cavalerie prenant à revers les Espagnols, il gagne cette grande bataille en 1643 : la légende est née.

Louis de Bourbon, seigneur de guerre

Célébré dans tout Paris, il est considéré comme le nouvel Hercule et le nouvel Hannibal. Général du Grand Siècle et habile tacticien, il se voit confier les grandes campagnes telles que Fribourg en 1644, Nördlingen en 1645 ou encore Dunkerque en 1646. De duc d'Enghien, il devient prince de Condé, surnommé le Grand Condé, à cette même date.

Tous les Condé se révoltent contre la politique du cardinal mais lui ne voulait pas « ébranler la couronne » : il va même aider Mazarin pendant le blocus de Paris, après la Fronde parlementaire. Par contre, se sachant grand combattant et vainqueur, Condé réclame toujours plus, dont une place dans le gouvernement auprès de la Régente, et pourquoi pas évincer le cardinal ! Lors de la fronde des Princes, il est arrêté en janvier 1650, captif à Vincennes, Marcoussis et au Havre pendant une année, il est finalement libéré (avec son frère et sa sœur).

Révolté, Condé monte une armée, signe des traités avec l'Espagne, marche sur Paris mais se heurte aux troupes royales commandées par un autre grand commandant (Turenne) qui affaiblit son armée. Après sa défaite à la bataille des Dunes, il renonce et se met au service du roi d'Espagne, principal ennemi de la France : du « jamais vu ! ». En conséquence, il est condamné à mort et déchu de ses titres et biens, alors que dans son esprit, il ne voulait pas du tout s'opposer au roi, mais uniquement au cardinal... Basé à Bruxelles, il mène de nombreux combats et reprend des places qu'il avait gagnées pour le compte de Louis XIV.

Le retour du Grand Condé

Grâce à la signature du traité des Pyrénées, après la défaite des Dunes en 1658, le retour en grâce de Condé est possible, mais cela va prendre du temps. Il n'est pas présent au mariage de Louis XIV et Marie Thérèse d'Autriche, mais il participera au Grand Carrousel de 1662.

Condé, de par ses prouesses au combat et pourvu d'une parentèle et d'alliés fiables, est un soutien non négligeable à l'autorité royale : son épée est nécessaire et presque indispensable au roi. En 1660, il récupère son gouvernement de Bourgogne et sa charge de Grand Maître de la Maison du Roi ; il reçoit une armée pour la guerre de Dévolution, il gagne lors la conquête de la Franche Comté et celle de Hollande où il remporte une dernière victoire en 1674 à Seneffe, mais avec une lourde perte en soldats.

Condé est de « la vieille école ». Depuis Rocroi les guerres ont évolué, les stratégies sont différentes et orchestrées par le roi ; les surnoms « Hannibal et Hercule » sont confisqués par le roi qui veut être l'acteur principal de la guerre ; Condé passe en second plan, à l'ombre du Roi Soleil. Il se retire après sa dernière campagne en Alsace en 1675 mais laisse le soin à son fils et son petit-fils de rehausser le blason de la famille, car lui ne peut plus briller.

L'hôtel de Condé à Paris

Ce prince n'était pas seulement un grand guerrier, il s'intéressait à beaucoup d'autres choses, comme les bâtiments, le théâtre, les sciences, les arts, les fleurs. A la « retraite », il va donc pouvoir aménager son hôtel à Paris, son domaine à Chantilly, s'intéresser aux nouvelles sciences, se collectionner des œuvres d'art et se constituer une bibliothèque de grande valeur. Il n'a pas de mal à créer sa cour, les courtisans étant tous attirés par l'absence de cérémonial et de censure, ils apprécient la liberté d'esprit régnant à Chantilly.

A la fin du XVIe siècle, cet hôtel particulier donné en 1612 à son père Henri II de Bourbon Condé par Marie de Médicis, est un des plus remarquables de la capitale. Condé débute des travaux d'agrandissement pour le mariage de son fils Henri Jules en 1664 : extension d'un grand pavillon, restructuration de l'ancienne orangerie, transformation du jardin du Nord. Cet hôtel est le centre d'un quartier condéen où les officiers et les proches de la famille sont installés non loin. C'est un centre politique (les mazarinades sont imprimées à l'hôtel), mais également le lieu d'une société littéraire où se retrouvent la marquise de Sévigné et Bussy-Rabutin entre autres. L'hôtel de Condé se situait à la place de l'actuel théâtre de l'Odéon à Paris.

Condé entretient aussi le château de Vallery en Bourgogne ; il donne le château de Saint Maur en usufruit à son intendant Gourville afin de le remettre en état ; mais dès que Louis XIV s'installe définitivement à Versailles, Condé transfère son centre politique à Chantilly.

Son domaine de Chantilly

Chantilly est donné à sa mère en 1643 par Anne d'Autriche, la Régente, après la victoire de Rocroi. Confisqué en 1654, il est remis à Condé pour son retour en grâce. Il décide dès 1660 de faire remettre en état tout le site afin qu'il devienne une digne résidence de Premier Prince de sang.

Il confie l'aménagement du parc à André le Nôtre qui œuvre pendant vingt ans et qui réalise des prouesses : les travaux sont extrêmement compliqués dus aux marécages au milieu duquel se trouvait un rocher surmonté d'un château irrégulier, médiéval, entouré de douves et accolé à une terrasse ! Il créé un grand axe de la forêt vers la terrasse, en faisant dévier la route vers Paris qui se trouvait au milieu.

Ainsi de la cour d'honneur, en remontant l'allée on arrive à la terrasse et on est surpris par la vue plongeante sur les jardins en contrebas du Grand Degré. Le Nôtre créé une superficie grandiose de pièces d'eau, le Grand Canal étant plus grand que celui de Versailles, des bosquets, des fontaines, des petites cascades, une Faisanderie, des potagers, des jardins à la française, permettant de somptueuses fêtes. Une partie de ce parc gigantesque est situé sur l'actuelle ville de Chantilly.

Amateur de fleurs, plusieurs arbres majestueux sont plantés vers 1663 ; en 1673, La Quintinie supervise les travaux de l'orangerie dont les plantes viennent d'Italie ; vers 1679, grâce au Père Tixier et au grand collectionneur Henry Caboud, Condé fait planter des pots à tubéreuses, des caisses de jasmin, des œillets de Jérusalem ou des Princesse d'Orange, des tulipes colorées et panachées, des pieds d'anémones (il y en aura 20 000), des narcisses, des lys, des muscaris. Les fleurs courantes se trouvent sur le Grand Parterre alors que les fleurs rares sont réservées au nouveau « Jardin à Fleurs », comme le Jardin de Sylvie. Mais à la mort de Condé, personne ne prend la relève.

Le château de Chantilly

Après Le Nôtre, les architectes s'occupent des deux châteaux : le « Petit Château » où sont logés les services et le « Grand Château » réservé à Condé et sa famille. Dès 1674, son fils Henri-Jules aide Jules Hardouin Mansart à établir les plans de transformation, en conservant au maximum le château de l'aïeul, le connétable de Montmorency.

Le Petit Château devient la résidence principale de Condé, avec adjonctions de pièces intérieures, décoration avec des lambris peints, tapisseries et tentures au fils d'or, alcôves aux chambranles ornés de fleurs de lys, couleur cramoisi, cabinets en vert, mais point de marbre et peu de dorure. Condé ne cherche pas l'ostentation et le décor tapageur. Seule la galerie des Batailles, dite galerie des Actions de M. Le Prince, est dans l'enfilade des appartements privés et ouverte aux invités comme clou de la visite. Il y fait installer onze panneaux correspondant aux batailles allant du siège d'Arras en 1640 à la campagne d'Alsace en 1675 et des portraits représentant toute sa carrière y compris la Fronde.

A partir de 1684, Mansart propose un projet grandiose et trop cher pour le Grand Château. Après la mort de Condé, son fils entreprend la création d'un grand escalier, d'une galerie côté jardins, des façades modifiées avec percement. Le chantier s'arrête en 1690 pour être repris en 1718 par Louis Henri de Bourbon Condé.

Les fêtes à Chantilly

Chantilly est devenu un lieu libre et tolérant, un « anti-Versailles » ! Le domaine étant pourvu de forêts pour la chasse, le jardin et le parc se prêtant aux brillantes fêtes, il y a beaucoup de collations, de réceptions, de comédies. En 1669, Condé reçoit le roi Casimir de Pologne, marquant les retrouvailles de l'ancien roi de Pologne et du prince qui fut pressenti pour lui succéder à l'époque. La fête la plus connue est celle de 1671 (où Vatel se donne la mort), en l'honneur du Roi Soleil, marquant le retour définitif en grâce de Condé, avec feux d'artifice, promenades en gondoles...

En 1679, Condé accueille la duchesse de Hanovre, tante de la princesse Palatine et en 1684, le roi et la Cour s'arrête à nouveau chez lui, à leur retour des Flandres. En 1686 enfin, c'est la réception du mariage de la duchesse de Bourbon, fille illégitime de Louis XIV et de Mme de Montespan qui vient d'épouser le petit-fils de Condé. D'autres visiteurs moins prestigieux sont reçus, comme l'ambassadeur d'Espagne. Son fils reprend le flambeau mais c'est surtout sa petite fille Anne Louise Bénédicte de Bourbon qui est l'héritière à Sceaux, des fêtes que Condé organisait à Chantilly.

Condé, un prince mécène

Homme de conversation, curieux, audacieux, il constitue sa propre troupe de comédiens. Il prend parti pour Louis XIV et laisse jouer le Tartuffe à Chantilly, alors que la pièce est interdite à Paris ; il accorde sa protection à Boileau, Racine et Théophile de Viau ; il invite La Bruyère à Chantilly, qui puise son inspiration pour les « Caractères » et qui devient le précepteur de son petit-fils ; il reçoit fréquemment Bossuet son ami de jeunesse qui fut chargé par le Roi de l'oraison funèbre. Il faut surtout « faire le buzz » comme nous disons actuellement, faire l'évènement en invitant des comédiens, des penseurs, des philosophes.

A Paris, avec l'aide de son médecin l'abbé Bourdelot, Condé accueille le cercle des scientifiques ; dès 1648, ces trente savants réalisent des expériences dans le laboratoire de l'hôtel ; six d'entre eux sont admis à l'Académie royale des Sciences en 1666. Lors des réunions, Condé parle médecine avec Bernardin Martin intéressé par la dentition humaine ou l'usage du lait ; il s'abonne au « Journal des savants » et achète environ 440 manuscrits concernant les sciences et la médecine. A Chantilly, Condé reçoit Paolo Boccone éminent botaniste qui réalise un magnifique herbier ; d'autres physiciens et théologiens arrivés après 1675 font des expériences hydrauliques en faisant monter l'eau de la Nonette vers les jardins ou travaillent sur l'inflammabilité de la poudre à canon mélangée à de l'esprit-de-vin. Condé pousse son médecin à faire publier tous ces travaux et résultats en 1672 qui sont dédiés à Henri-Jules.

Attiré par les belles peintures, Condé est précurseur dans la peinture nordique qui fera un triomphe en France au XVIII è siècle. Il s'intéresse et achète des œuvres de Breughel, Rubens, Van Dyck ; il accueille quelques peintres hollandais qui réalisent des toiles sur le domaine ; il collectionne les peintures des grands maîtres italiens et apprécie Véronèse et Titien ; il fait la connaissance de Pierre Mignard et Charles le Brun qui lui font des toiles, il peut acquérir des « Poussins » et Juste d'Egmont son portraitiste officiel deviendra l'un des douze fondateurs de l'Académie royale de Peinture et Sculpture.

Condé est considéré comme collectionneur reconnu au même titre que Fouquet. Il est aussi amateur de tapisseries d'Aubusson et des Flandres, des outils de prestige ; il apprécie la porcelaine, en particulier celle de Delft et fait partie du cercle des amateurs de porcelaine avec Richelieu, Séguier et M. frère du Roi.

Sa bibliothèque et ses médailles

Il n'existe pas d'inventaire après décès, mais on sait que son père avait constitué une belle bibliothèque de manuscrits rares grecs et latins, recevant en partie celle des Montmorency, réputés pour être de grands bibliophiles. Condé reçoit aussi la bibliothèque de Moulins, l'une des plus riches de France, comportant des manuscrits anciens des Armagnac, du cardinal de Bourbon, du duc de Nemours entre autres, après échange du duché d'Albret pour celui de Bourbon en 1661.

Il achète les dernières nouveautés parues dans la capitale, s'alliant les plus illustres écrivains comme Corneille, Molière, Boileau, La Bruyère. Il envoie ses acheteurs pour obtenir la collection de De Thou en 1680, puis des imprimés de la bibliothèque du chancelier Séguier en 1686. Amateur de beaux ouvrages, il fait relier ses nouveaux livres avec du maroquin rouge, bleu et vert, du veau marbré et fauve.

Condé commence à s'intéresser aux médailles vers 1679. Avec l'aide du Père Claude de Molinet, chargé de classer les collections royales de médailles à l'abbaye Sainte Geneviève de Paris, il en commande dix en argent, très souvent à son effigie. Sur le revers de l'une d'elle, est gravée une illustration signifiant que Condé transmet le flambeau à son fils le duc d'Enghien et son petit-fils le duc de Bourbon.

La fin du Grand Condé

A la fin de sa vie, Condé se convertit à la religion, grâce au père de Champs. Après le mariage de son petit-fils et de la duchesse de Bourbon, il va au chevet de celle-ci qui a contracté la petite vérole. Affaibli lui aussi par cette maladie, il expire à Fontainebleau en décembre 1686, il avait 65 ans.

Embaumé le lendemain, l'autopsie révèle un « poumon flétri, nageant dans l'eau, les deux reins à demi pourris, la rate commençant à se corrompre ». Louis XIV autorise la chambre mortuaire à Fontainebleau et quitte les lieux, car c'est tout de même la première fois qu'un prince de sang meurt chez le Roi. Le cœur de Condé est porté à l'église de Fontainebleau et deux jours plus tard, son corps est transféré à Vallery, nécropole de la maison des Condé. Après la cérémonie, les officiers de sa maison rompent leurs bâtons qu'ils placent sur le cercueil : Condé rejoint son père, sous l'autel de la chapelle.

En décembre 1686, le cœur de Condé est déposé à côté de celui de son père, à Saint Louis des Jésuites en attendant la cérémonie officielle d'avril 1687 au monument « des cœurs des Princes de Condé » rapatrié plus tard à Chantilly dans la chapelle. En mars 1687, Henri-Jules organise à la cathédrale Notre-Dame de Paris des funérailles presque nationales, d'une ampleur inégalée, des pompes funèbres jugées comme les plus glorieuses du siècle de Louis XIV. Le cérémonial et les décors regorgeant d'allégories, d'emblèmes et de devises latines réalisés par les artisans des Menus Plaisirs, payés par le nouveau Prince de Condé sont grandioses,  et Bossuet prononce une oraison funèbre à la mémoire du Grand Condé.

La postérité et l'œuvre du duc d'Aumale

Pendant un siècle, l'image de Condé s'attache à ses faits d'armes, puis personne n'en parle plus pendant la Révolution et l'Empire. Condé a juste un rôle de simple comparse du siècle de Louis XIV.

Il faut attendre la Restauration et Louis XVIII qui cherche un héros parmi les Bourbons, servant à regagner la confiance des français. Condé est remis à l'honneur, les descendants réclament au roi les biens confisqués pendant la Révolution (tableaux de la galerie des Batailles, statue en pied de Condé datant de 1689, monument des cœurs des Condé). La Maison du Roi commande en 1821 une grande toile illustrant la bataille de Rocroi, mais mal réalisée, elle se trouve en 1825 dans la galerie de Diane aux Tuileries.

La famille directe du Grand Condé s'éteint en 1830. Le flambeau est transmis au duc d'Aumale, Henri d'Orléans (1822-1897), le cinquième fils de Louis Philippe, dernier Prince de Condé qui poursuit l'œuvre de son ancêtre. La statue en marbre de Condé est transférée dans la cour d'honneur du nouveau musée de l'Histoire de France en 1837 ; plusieurs toiles apparaissent dans les divers salons jusqu'en 1839. En 1871, le duc d'Aumale rentre en France après avoir émigré en Angleterre et reconstitue Chantilly, qui devient le musée dédié à Condé, le mausolée de Condé, qu'il va léguer en 1884 à l'Institut de France.

Mais avant, il écrit entre autre un manuscrit « Histoire des Princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles », puis recherche tous documents, toutes peintures, toutes gravures, toutes sculptures, tous bustes et portraits afin d'améliorer et d'enrichir le domaine de Chantilly. Lors des soirées, il se plait à conter les faits de batailles de son ancêtre. Son seul regret est de n'avoir pu accrocher la « Réception du Grand Condé par Louis XIV à Versailles en 1674 », le tableau de Gérôme resté aux Etats-Unis et acquis tout récemment par le musée d'Orsay.

Louis II de Bourbon, dit le Grand Condé, fut un des plus grands serviteurs de la couronne, risquant sa vie au combat, tenant son rang à la Cour, mais pas que !

Bibliographie

Le grand Condé: Les secrets d’un héros, de Béatrix de L'Aulnoit. Tallandier, 2023.

Le Grand Condé : Le rival du Roi-Soleil ? de Mathieu Deldicque. Editions Snoek, 2016

Le Grand Condé : Héros des armées de Louis XIV de Dominique Paladilhe. Pygmalion, 2008.

 

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