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Colbert1666Plus illustre des grands commis de l'Etat, Colbert a non seulement marqué son temps sous Louis XIV, mais aussi laissé une empreinte durable sur la politique française, au point de donner son nom à une doctrine : le colbertisme, mélange de protectionnisme et d'intervention de l'Etat dans l'économie.

 

Une carrière fulgurante jusqu'au sommet de l'Etat

Issu d'une famille de banquiers de Reims, le jeune Colbert se sert habilement de ses relations pour se forger une carrière dans l'administration de l'époque, ou il se fait remarquer jusqu'à la cour. Recommandé peu avant sa mort par Mazarin à Louis XIV, Colbert impresionne le jeune roi pour ses capacités de travail et sa compétence. Entré au Conseil d’en Haut dès 1661, il devient, de 1661 à 1683, sans en avoir le titre, le principal ministre de Louis XIV. Il cumule titres et charges. Responsable des Finances après la chute de Foucquet, il est le premier titulaire, en 1665, de la nouvelle charge de contrôleur général des Finances. En 1664, il achète la surin­tendance des Bâtiments. Il est égale­ment secrétaire d’État à la Maison du roi (1668) et à la Marine (1669). A l’exception de la Maison du roi, il conserve toutes ces fonctions jusqu’à sa mort. Seules lui échappent les Affaires étrangères et la Guerre.

Réformateur et protecteur des arts et des lettres

colbert manufactureColbert met en place la puissante machine administrative qui va faire pour long­temps de la monarchie française la plus efficace des monarchies euro­péennes. Il s’attache à simplifier le système fiscal, pour améliorer le ren­dement des impôts, il crée en 1680 la Ferme générale qui est chargée de lever les impôts indirects, gabelles du sel et aides.

Il instaure de nombreuses mesures : protection des paysans (instruments et bétails insaisissables), répression du brigan­dage, arrachage de vignes au profit du blé, protection des forêts, dévelop­pement des haras et des cultures industrielles (chanvre, lin, mûrier). Colbert crée surtout des entreprises nouvelles, les « manufactures », entreprises capitalistes faisant le plus souvent travailler une foule de petits ateliers dispersés. Pour leur procurer de la main-d’œuvre, il mène une poli­tique nataliste. Les importations sont considérablement réduites. Il créé une splendide marine de guerre des­tinée à protéger la flotte de commerce. On lui doit aussi l’Académie des inscrip­tions et belles-lettres (1663), l’Acadé­mie des sciences (1666), l’Obser­vatoire de Paris (1667), les Académies d’architecture (1671) et de musique (1669), le Cabinet des médailles. Lorsqu’il meurt, épuisé de travail, il laisse à Louis XIV un royaume au plus haut de sa puissance.

Bibliographie

- Colbert, biographie d'Inès Murat. Fayard, 1980.

- Colbert, biographie de François d'Aubert. Tempus, 2014.