La dynastie des Han en Chine

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Des grandes dynasties chinoises, celle des Han est l’une des plus importantes, et paradoxalement l’une des moins connues. Son apogée, sous le règne de l’empereur Wudi, est contemporaine de la République romaine de l’époque des Gracques et de la lutte entre Sylla et Marius. C’est au même moment qu’est ouverte la célèbre route de la soie. La Chine des Han a également produit plusieurs des grandes inventions de l’histoire, qui allaient mettre plusieurs siècles à parvenir en Occident. La période Han connaît par ailleurs un foisonnement artistique et littéraire. C’est aussi au même moment que le bouddhisme s’introduit en Chine.Les Han ont régné pendant quatre cents ans sur la Chine, contribuant de façon considérable à sa déjà riche histoire.

L’empereur Wudi, fondateur de la dynastie de Han

La dynastie des Han est fondée en 206 av. J-C, suite à la chute du premier empereur Qin. Elle est fondée par Han Gaozu, ou Liu Bang, qui parvient à écarter son rival Xian Yu, des Chu, dans la lutte à la succession de l’empereur Qin, dans une période de révoltes incessantes. Conscient quela dynastie des Qin avait causé sa propre perte en abusant de son pouvoir, il réduisit les impôts, accordant des terres aux paysans et initiant de nombreuses réformes.

Le pouvoir des Han se stabilise et atteint son apogée en 140 av. J-C, quand Wudi devient empereur. Son nom signifie « empereur guerrier » et c’est effectivement par la guerre qu’il assoit son pouvoir. Il lutte avant tout contre les nomades du nord, les Xiongnu, et noue des relations diplomatiques avec les peuples d’Asie centrale. Il agrandit le territoire de la Chine au sud et à l’est. À l'issue de ses conquêtes, le territoire de l'empire atteint quasiment la taille de la Chine actuelle, excepté le Tibet. La capitale des Han antérieurs est Chang'an.

L’empereur Wudi n’est pas seulement un combattant. Il impose le confucianisme comme philosophie d’Etat, réorganise l’armée et surtout la fonction publique en mettant en place des concours pour recruter des fonctionnaires. Il règne cinquante-quatre ans.

La route de la soie et les inventions chinoises

C’est sous le règne de Wudi que la route de la soie est véritablement ouverte. Cherchant des alliances contre les Xiongnu, l’empereur envoie à l’ouest son ambassadeur Zhang Qian. Celui-ci conclut des accords avec les peuples d’Asie centrale, ce qui permet d’ouvrir des routes commerciales. Partant de la capitale Han, Chang’an, ce qui va devenir la route de la soie perce jusqu’à la Méditerranée, et mène jusqu’à Rome.

La route de la soie permet à l’Occident, en l’occurrence la République puis l’Empire romain, d’avoir accès, non seulement à la soie, mais à d’autres produits rares et coûteux, comme l’ivoire et les épices. Son rôle de lien entre Orient et Occident dépasse le strict plan commercial, puisqu’elle permet de nouer des relations diplomatiques, mais également la diffusion de religions, comme le nestorianisme et le manichéisme.

Il faut attendre les invasions mongoles, et plus encore l’ouverture des grandes routes maritimes au XVe siècle, pour que la route de la soie soit progressivement abandonnée.

La période Han n’est pas seulement celle de l’expansion territoriale et commerciale. C’est également sous le règne des empereurs Han que sont découvertes nombre d’inventions fondamentales, que l’Occident mettra des siècles à acquérir. Parmi elles, on peut citer le papier, inventé au IIe siècle av. J-C, ou encore la pompe d’irrigation et le gouvernail (Ier siècle ap. J-C), ainsi que la boussole et le sismographe, inventé par Zhang He au IIe siècle ap. J-C.

La chute des Han

Malgré les succès, les Han donnèrent très tôt des signes de déclin. Les guerres continuelles épuisaient le Trésor et obligeaient les empereurs à recourir à des expédients. Un usurpateur, Wang Mang, se maintint quelques années (9-23 apr. J.-C.) au pouvoir et tenta une curieuse expérience collectiviste. Après la jacquerie des Sourcils rouges et une réaction légitimiste, les Han purent se restaurer (25), sans toutefois parvenir à mettre fin à la corruption de la Cour et aux ambitions grandissantes des Lettrés.

Des luttes sanglantes (révolte paysanne des Turbans jaunes, 184; rébellion du général Tong Tcho, 189; dictature du général Ts’ao Ts’ao, 196; retours agressifs des Hiong-nou sur les frontières) préparèrent la chute de la dynastie, qui sombra au milieu de l’anarchie militaire, en 220 de notre ère. Le dernier empereur han, Xiandi, est forcé à abdiquer par Cao Pi. Commence alors la période dite des Trois Royaumes, où Cao Pi doit affronter Liu Bei des Shu, et Sun Quan des Wu… 

Bibliographie

-          Les Dynasties Qin et Han: Histoire générale de la Chine (221 av. J.-C.-220 apr. J.-C.). Les Belles Lettres, 2017.

-          Pirrazzoli - T’Serstevens M., La Chine des Hans. Coll histoire et civilisation, Office du livre et Presses universitaires de France, 1982.

-          Debaine-Francfort C., La redécouverte de la Chine ancienne, Découvertes Gallimard, 2008.

 

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