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capet hugues roiDuc, puis roi de France de 987 à 996, Hugues Ier Capet est le fondateur de la dynastie des Capétiens. Lorsqu’il accède au pouvoir en lieu et place du dernier prétendant carolingien, l'autorité royale, réduite à quelques territoires en Ile de France, apparaît bien faible face à la puissance des grands féodaux. Mais le nouveau roi saura faire preuve pour asseoir son autorité d'autant d'adresse qu'il en a mis à supplanter les derniers représentants de la dynastie carolingienne, installant sa lignée sur le trône de France pour huit siècles.

 

Les origines d’Hugues Capet

Le père de Hugues Capet, le duc de France et comte de Paris Hugues le Grand, appartient à l’une des familles de féodaux les plus actives, celle des Robertiens, dont de glorieux représentants ont déjà été élevés à la dignité royale. À l’origine, les racines régionales de cette illustre maison sont à localiser en Anjou. Mais très vite, grâce à un sens politique accru, Hugues fait en sorte de valoriser la réussite familiale, au point que ses propres possessions, d’abord comprises entre la Seine et la Meuse, se voient ensuite complétées, après 943, par la Bourgogne. Familier ou allié des derniers souverains carolingiens, tels l’empereur Otton Ier, les rois Louis IV d’Outremer et Lothaire, Hugues le Grand a exercé, outre des prérogatives locales importantes, une influence considérable sur les institutions de l’État central. C’est pourquoi certains historiens en font parfois le vrai fondateur de la future dynastie des Capétiens.

Surnommé le « faiseur de rois », Hugues intervient en personne à de multiples reprises lors de l’élection ou du maintien en place de plusieurs monarques. L’accession à la royauté n’étant plus héréditaire dès la fin de l’époque carolingienne, seuls les grands barons et les principaux prélats de Francia occidentalis sont amenés à élire leur souverain, au prix de tractations et de concessions parfois lourdes de conséquences pour l’autonomie et le pouvoir de décision du futur roi. À la fm de son existence, la domination du duc de France et comte de Paris est telle que le roi Lothaire, ne faisant que confirmer certaines dispositions successorales, est contraint d’assister, impuissant, à la répartition des territoires d’Hugues entre ses différents fils. L’aîné, le futur Hugues Ier Capet, reçoit le duché de France, alors que le cadet, Eudes, se voit accorder le duché de Bourgogne.

Un trône à conquérir, une couronne à défendre

Hugues Capet n’est pas le premier baron qui, bien que n’étant pas un descendant de la maison carolingienne, accède pourtant au trône de la Francia occidentalis. En 888, par exemple, le grand-oncle de Hugues, le roi Eudes Ier de France, obtient la couronne pour sa conduite héroïque face aux Normands à Paris.

sacre roi de franceAprès la mort inopinée du roi Louis V le Fainéant en 987, Hugues Capet obtient son élection comme roi des Francs grâce à la place décisive que sa famille a occupée au sein de l’administration et de la cour du royaume. La même année, Adalbéron de Laon, archevêque de Reims et prélat le plus influent du royaume parvient à convaincre l’ensemble des laïcs et des ecclésiastiques électeurs, d’élire un prince féodal puissant plutôt qu’un roi d’ascendance carolingienne, Charles de Basse-Lorraine. Aux yeux des grands, élire un roi puissant est aussi un gage de protection face aux éventuelles convoitises des États voisins concurrents. Dès lors, le 3 juillet 987, Hugues Capet reçoit Fonction royale à Noyon, lors d’une cérémonie qui vise à conférer au nouveau souverain le trône royal. La jeune dynastie peut désormais compter sur une autorité et une légitimité d’origine divine.

Le premier des capétiens

Hugues Ier Capet, d’abord duc de France et de bourgogne, suzerain des ducs de Normandie et d’Aquitaine, devient donc le premier roi de la nouvelle dynastie française des capétiens. Pourtant, à l’époque de son élection puis de son sacre et de son couronnement, personne ne peut prévoir que la nouvelle lignée dynastique demeurera jusqu’en 1792 à la tête de la maison royale française.

Au XIIe siècle, lorsqu’il faut dénommer cette dynastie définitivement implantée sur le trône de France, on choisit de l’appeler “capétienne”, en s’inspirant d’un surnom qui dès le XIe siècle avait qualifié le duc Hugues le Grand. Mais ce n’est qu’au XIIe siècle que le roi Hugues Ier, à la suite de son père, reçut à son tour le surnom de Capet, probablement parce que respectant l’usage de ses ancêtres, il était abbé laïc de Tours où un fragment de la cape de Saint Martin était conservé. C’est ce même surnom qui par dérision est accordé à Louis XVI après sa destitution.

L’arrivée au pouvoir de la jeune dynastie serait probablement passée inaperçu si les premiers monarques n’avaient pas eu l’intelligence d’associer leur fils aîné au trône durant leur propre règne. Grâce à cette corégence, une réelle continuité monarchique peut se mettre en place au sein de la famille robertienne devenue souveraine. Les premiers rois capétiens font élire et couronner leurs fils héritier de leur vivant, de sorte que dès 1174, l’hérédité se substitue finalement à l’élection. Dans ce contexte de stabilité et de continuité dynastique, la paix et l’abondance peuvent s’installer durablement. Les campagnes, les villes et les monastères se développent, alors que les échanges commerciaux s’intensifient.

Le règne d’Hugues Capet

Hugues Capet a réussi à s’imposer grâce à une alliance avec le monachisme. Il dispose d’abbayes riches en terres. Lié à Cluny par une très ancienne tradition familiale, Hugues est très influencé par l’esprit de cette abbaye dès sa jeunesse. L’un de ses premiers actes « royaux » est de protéger les monastères et leurs biens, et il gouverne avec les conseils d’Adalbéron, archevêque de Reims, son fidèle jusqu’à sa mort (989).

Il lutte contre Charles de Lorraine, oncle de Louis V et prétendant carolingien légitime à la couronne, qui ne cesse de comploter. Les grands vassaux ne l’aident guère dans cette tâche. Ils sont des princes indépendants. L’intrusion de Charles coupe court à l’expédition contre les Sarrasins qui menacent Barcelone. Charles a pour appui le comte de Vermandois et Arnoul, nouvel évêque de Reims et bâtard du roi Lothaire.

hugues capet seigneurAprès être venu à bout de Charles, Hugues décide de se passer du pape (autorité normalement absolument nécessaire à la destitution d’un évêque) pour éliminer Arnoul. Le 18 juin 991, Arnoul est condamné à la dégradation ecclésiastique par un concile dit « des Gaules » et remplacé par le fidèle Gerbert.

Bien que roi des Francs, Hugues Capet ne possède qu’un petit domaine en Ile-de-France. Il n’est que le premier des seigneurs. Les ducs d’Aquitaine, les comtes de Périgord, de Poitou, d’Anjou, de Champagne, de Flandre, les ducs de Normandie, de Bretagne l’égalent en puissance et lui refusent parfois l’obéissance. Cette situation est illustrée par un mot célèbre. Hugues, écrivant à Aldabert, comte de Périgord, refusant d’obéir : « Qui t’a fait comte ? », s’entendit répondre : » Qui t’a fait roi ? ».

Il faudra du temps et de la patience aux capétiens pour consolider et agrandir le domaine royal, et ainsi affermir leur autorité. Au cours du XIIe siècle la suzeraineté royale finira par s’imposer à tous les seigneurs du royaume, tirant une force particulière du sacre et du soutien de l’Eglise. Le destin du royaume sera indissociablement lié à celui la dynastie capétienne pour huit siècle.

Bibliographie

Hugues Capet : Le Fondateur, de Georges Bordonove. Pygmalion, 2011.

Hugues Capet : Naissance d'une dynastie. Biographie historique d'Yves Sassier. fayard, 1987.

Les Capétiens : Histoire et dictionnaire (987-1328). Ouvrage collectif, Robert laffont, 1999.