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La Première croisade a permis la prise de Jérusalem par les Croisés en 1099. Mais le pèlerinage guerrier achevé, beaucoup de combattants s'en sont retournés chez eux. Il fallait pourtant veiller sur les Etats latins, nouvellement créés, et surtout sur les Lieux Saints récupérés pour relancer le pèlerinage vers la Ville Sainte en toute sécurité. Plusieurs ordres sont créés après la Croisade, d’abord par l’initiative de l’Avoué du Saint-Sépulcre Godefroy de Bouillon, qui met en place l’Ordre des chanoines du Saint-Sépulcre. Puis c’est au tour des Hospitaliers en 1113 (même si ses véritables origines datent d’avant la Croisade). Aucun n’est cependant encore ouvertement un ordre religieux militaire.

La naissance des Templiers

L’origine de l’Ordre du Temple est relativement incertaine et provoque encore beaucoup de débats. Il pourrait être issu de l’Ordre des chanoines du Saint-Sépulcre, que certains chevaliers auraient quitté vers 1119-1120. Un chevalier de Champagne, Hugues de Payens, prend leur tête et leur donne le nom de « pauvres chevaliers du Christ » ; ils sont alors soutenus par Baudouin II, le roi de Jérusalem. Leurs débuts sont difficiles, et il faut attendre le concile de Troyes, le 13 janvier 1129, pour qu’ils soient officiellement reconnus comme un Ordre (au passage, les autres, comme les Hospitaliers, deviennent eux aussi des ordres religieux militaires).

Un rôle central et « légendaire »

Les Templiers, moines guerriers, sont nommés ainsi car ils sont logés dans une partie de ce qui est considéré comme l’ancien Temple de Salomon. Leur fonctionnement, décidé suite au concile de Troyes, est inspiré par la règle de Saint-Benoît et leur organisation très hiérarchisée, dominée par un Maître élu par treize dignitaires.

La fortune des Templiers s’accroît en même temps que leur puissance politique et ils deviennent incontournables en Terre Sainte, fer de lance de l’armée croisée contre le réveil musulman. Ils rentrent vite en concurrence avec les autres Ordres, comme les Hospitaliers, et profitent de la faiblesse du pouvoir royal à Jérusalem. Leur histoire s’écrit au fil de grandes victoires comme Montgisard (1177), ou Arsouf (1191), mais aussi de terribles défaites, comme Hattin (1187) où ils sont tous massacrés sur ordre de Saladin…Ils développent aussi des innovations commerciales, comme la lettre de change.

Ils n’empêcheront cependant pas la chute des Etats latins, et ils devront quitter la Terre Sainte. Leur retour sera douloureux, tant leur influence politique et leur richesse auront attisé méfiance et convoitise. La destruction de leur Ordre sur décision de Philippe le Bel et la « disparition » de leur trésor ne fera que renforcer leur légende. Mais c’est une autre histoire…

Pour aller plus loin :

- A. DEMURGER, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Age, Points Seuil Histoire, 2005.

- A. DEMURGER, Les Templiers, éditions JP Gisserot, 2007.

- M. BALARD, Les Latins en Orient, PUF, 2006.

- J. FLORI, Chevaliers et chevalerie au Moyen Age, Hachette, 2004.

- G. TATE, L’Orient des Croisades, Gallimard, 2008.