Cher lecteur, chère lectrice. La survie de notre site dépend intégralement des recettes publicitaires.
Pour nous soutenir et continuer de profiter à l'avenir des services offerts par notre équipe de bénévoles, merci de désactiver votre bloqueur d'annonces pour le site https://www.histoire-pour-tous.fr en l'ajoutant dans la liste des exceptions ;)


khmer-rougeLe 17 avril 1975, les rebelles du FUNK (Front uni national du Kampuchéa) abattent la république du Cambodge du dictateur Lon Nol en s’emparant de la capitale Phnom Penh. Au sein de la coalition hétéroclite qu’est le FUNK un mouvement se distingue par son activisme et son radicalisme : le Parti du Kampuchéa démocratique, plus connu sous le nom de Khmers Rouges. Son chef Pol Pot va édifier dans les mois qui suivent un état totalitaire en éliminant systématiquement toute opposition. Prenant prétexte des bombardements américains sur les grandes villes, il va organiser la déportation des populations urbaines dans les campagnes afin de mieux les contrôler.

 

Les khmers rouges de Pol Pot

Connu aussi sous le nom d’Angkar Loeu, l’organisation suprême, le parti communiste cambodgien, fondé dans les années cinquante, est demeuré très longtemps un petit parti sans réelle influence (4% des voix aux élections de 1955). Interdit en 1958, il reste clandestin et est réorganisé vers 1961 par Saloth Sar, plus connu sous le pseudonyme de Pol Pot. Qualifiés de « Khmers rouges » par le prince Sihanouk, ils tentent de s’emparer du pouvoir en 1962. Cet échec est suivi, en 1966, par un soulèvement paysan à Samlaut, dans la province de Battambang, brutalement réprimé par le général Lon Nol, le Premier ministre de l’époque. Les leaders de la gauche légale rejoignent alors le parti communiste. Khieu Samphan, Hou Yuon et Hu Nim viennent grossir les rangs d’une organisation qui ne dépasse pas le millier d’adhérents, mais qui a su tirer parti de la situation créée par la guerre du Viêt Nam. En janvier 1968, le parti communiste commence la lutte armée dans les monts des Cardamomes, sans réel succès.

pol potLe coup d’État pro-américain de Lon Nol, en 1970, amène le prince Norodom Sihanouk à former le Front uni national du Kampuchea (FUNK). Hanoï lui apporte immédiatement son soutien et obtient le ralliement des Khmers rouges au FUNK. Le 23 mars 1970, l’appel à la résistance du prince Sihanouk, lancé de Pékin, fait basculer la paysannerie dans le camp du FUNK. Immédiatement, les Khmers rouges, qui n’ont pas plus de 3 000 hommes en armes, recrutent massivement et peuvent contrôler les campagnes. L’intervention américaine, en avril 1970, ne change rien à la situation. Le 17 avril 1975, Phnom-Penh, assiégée depuis des mois par les paysans khmers rouges, tombe.

Une sanglante dictature

Les Khmers rouges se réclamant d’un Maoïsme « créatif » mettent en place un système socio-économique basé sur les principes d’autarcie et de militarisation des communautés. Les élections auxquelles ne participent que les paysans et les membres du Parti sont largement truquées et en réalité le pouvoir est tout entier concentré entre les mains de l’Angkar (l’Organisation en Cambodgien) : le conseil révolutionnaire dirigé par Pol Pot.

L’Angkar révélera vite son véritable visage en ordonnant l’exécution de toute l’élite intellectuelle du pays (professions libérales, universitaires, militaires), puis en collectivisant la production agricole de manière effrénée. Représentants d’une organisation communiste paysanne, les Khmers rouges décident alors de vider les villes et de ruraliser le Cambodge. L’industrie, toutes les villes et les infrastructures sont saccagées au nom de la construction d’un nouveau peuple et d’un nouvel homme entièrement dévoué à la collectivité. La monnaie est abolie, les familles séparées et les individus contraints de travailler à un rythme forcené dans des coopératives agricoles.

genocide khmerLes effets de cette politique de terreur totalitaire furent proprement catastrophiques. Après la déportation, qui fait des centaines de milliers de morts, le travail forcé, la malnutrition et la répression provoquent la mort de 1 à 3 millions de personnes. Cette politique de génocide des populations urbaines et des élites ne sera révélée qu’à la suite de l’intervention vietnamienne. Les Khmers rouges provoqueront leur propre chute en livrant une véritable guerre à la minorité vietnamienne du Cambodge, ce qui mènera à l’invasion de ce pays par l’armée Vietnamienne en décembre 1978. Le Viêt Nam décide en effet de régler la question par la force et, en trois semaines de campagnes, chasse les Khmers rouges qui se réfugient dans leurs zones habituelles de guérilla, les monts des Cardamomes et la chaîne des Dangrek, à la frontière thaïlandaise.

Renversés en janvier 1979, Pol Pot et ses compagnons n’en continueront pas moins de mener une guérilla sans espoir et ce jusque à la fin des années 90.

Bibliographie

- Le procès des Khmers rouges : Trente ans d'enquête sur le génocide du Cambodge de Francis Deron. Gallimard 2009.

- Cambodge : histoire et enjeux : 1945-1985 de Camille Scalabrino. L'Harmattan, 2000.