cernunnos chaudron gundestrupLes Celtes sont des peuples indo-européens originaires de la vallée du Danube, qui se sont installés dans une grande partie de l’Europe de l’Antiquité. Ces peuplades parlent la même langue, avec des variantes, et ont en commun certaines croyances religieuses. Ce sont les diffuseurs de la civilisation du fer en Europe occidentale. La plupart des historiens refusent de parler de civilisation celte, évoquant plutôt un monde celtique présentant des similitudes linguistiques et culturelles. Organisés en d’innombrables tribus et fédérations aux contours mouvants, les celtes de Gaule étaient des cultivateurs laborieux et ingénieux, mais aussi des guerriers farouches et des commerçants avisés, en contact avec le monde méditerranéen antique.

 

Quelles sont les origines des Celtes ?

Les celtes étaient un peuple “indo-européen” originaire d’asie centrale et installés en Russie méridionale vers 2500 avant notre ère. Au début de l'âge du bronze, leur aristocratie militaire effectua de nombreuses expéditions de pillage au Proche-Orient et en Grèce, puis le groupe se dispersa vers 2000 av. J.-C. Une partie des Celtes se dirigea vers la mer du nord, une autre vers l’europe centrale (Bohême), où ils développèrent l’industrie du bronze.

Vers 1250, les celtes en Europe donnèrent naissance à la civilisation dite « des champs d’urnes », en raison du nombre important d'urnes funéraires contenant les cendres des défunts. Ces sépultures révèlent également un grand art dans la fabrication de céramiques et des épées longues et droites. Des champs de ce type apparurent en France à partir de 1200 environ.

L’expansion des Celtes : périodes d'Halsttat et de la Tène

Vers 1000 av. J.-C. se développa dans les Alpes autrichiennes la civilisation celtique dite de Hallstatt, du nom de la bourgade proche de Salzbourg où furent retrouvés environ 20 000 objets disséminés dans de nombreuses tombes. Ceux-ci révèlent la richesse du peuple celte, qui produisait des bijoux raffinés, des vases décorés, et, maîtrisant le travail du fer, des armes redoutables. Ce peuple guerrier poursuivit son expansion vers l’ouest, l’Allemagne du sud, la Suisse, et au début du VIIIe siècle dans la France actuelle.

sites celtes europeVers 500 av. J.-C., début de l’âge du fer en Europe septentrionale, les Celtes occupaient toute la Gaule du Nord et de l'Ouest, de Carcassonne à la Suisse, et avaient fondé la civilisation dite de La Tène (village situé près de Neuchâtel, où furent retrouvées en 1881 de vastes tombes contenant des chars à deux roues). Ce peuple construisait des maisons en bois et en terre regroupées sur des oppidums fortifiés, édifiait des lieux de culte et utilisait pour combattre des chars, des épées en fer et des casques.

Les Celtes de la Tène entreprirent dès le Ve siècle la conquête de nouveaux territoires plus au sud : ils soumirent une partie de la Provence, tandis qu'en -390 Ambicat, roi des Celtes Bituriges, s'empara de l'Italie du Nord (qui sera dénommée « Gaule cisalpine »). Les Senons de Brennus poussèrent l’audace jusqu'à se frotter aux romains et pillèrent la ville de Rome (-390). Seul le Capitole fut épargné grâce aux oies sacrées dont les cris alertèrent les défenseurs.

D’autres Celtes poussèrent plus loin vers l'est : au début du IIe siècle, ils s’installèrent dans les Balkans et saccagèrent la Grèce. Ils fondèrent ensuite un royaume en Thrace et aux abords de la mer noire, puis en Asie Mineure (Galatie, pays des Galates). En effet, ce terme employé désormais par les Grecs pour désigner les Celtes signifierait « ceux d’ailleurs » ou « les envahisseurs ». Caton l'Ancien le traduira par « Galli », qui donnera « Gaulois ». La plupart des Gaulois sont donc, en définitive, des Celtes occupant la partie ouest de l’Europe.

Histoire des celtes en Gaule

Au IVe siècle av. J.-C., les celtes continuent leur conquête de la vallée du Rhône et s’en prennent à Marseille. La ville fait face à l’invasion afin de ne pas perdre son indépendance. Au même moment, les Allobroges s’installent au nord de l’Isère, les Voconces au nord du Ventoux, les Tricastins dans la vallée de la Drôme, les Cavares entre Valence et Avignon, les Arécomices d’Orange à Narbonne et les Tectosages de Narbonne à Toulouse. Selon les sources, un certain Ambigat, roi des Bituriges (Bourges), aurait dominé la plupart des peuples de la Gaule centrale.

Installés dans le sud de la Gaule, les Celtes y développèrent une « civilisation des oppida », comme celui d'Ensérune, près de Béziers, ou d’Entremont (au nord d'Aix-en-Provence). Ils contribuèrent à animer les échanges aussi bien vers le nord, le long du Rhône, que vers l’ouest, le long de la Garonne, vers Carcassonne, Toulouse, et même l'Atlantique, par où était acheminé l'étain venant de la future Angleterre.

L’activité économique

Durant la période qui s’étend de 1000 à 600 environ av.J.-C., soit durant l’essentiel de la « civilisation de Hallstatt », l’économie resta proche du niveau de subsistance, sauf pour l'aristocratie guerrière. Mais celle-ci n'exerçait son pouvoir que sur des communautés sans doute peu nombreuses, et ne régnait que sur des territoires de faible dimension (cinq à dix kilomètres autour du centre). Le commerce était alors surtout présent autour d'un axe est-ouest, qui reliait les zones minières allemandes fournissant le cuivre et l’étain et les régions occidentales utilisatrices de ces minerais pour fabriquer les objets en bronze.

bouclier celteMais à partir du début du VIe siècle avant J.-C., la fondation de Marseille par les Grecs phocéens et la mise en valeur de l’arrière-pays provençal entraînèrent la création d’un nouvel axe commercial nord-sud appelé à prendre une grande importance. De nombreux produits d’origine grecque, marseillaise ou étrusque, ayant emprunté le sillon rhodanien et les cols des Alpes, seront retrouvés en Gaule et en Europe du Nord et de l’Ouest : du vin, de la vaisselle d'or et d'argent, des objets en bronze et en ivoire, des bijoux, des armes .... Du Nord étaient acheminés vers le Sud des matières premières et des objets semi-transformés (bois, métaux, résine, poix, ambre, sel, laine, peaux...) ; le Nord fournissait également des mercenaires et des esclaves.

Ces faits expliquent le déclin de la civilisation de Hallstatt, mais il faut prendre en compte également le déplacement agressif vers le sud des Celtes de La Tène, qui avaient davantage conservé leur tradition guerrière. Le ralentissement des échanges commerciaux s’ajouta en effet à plusieurs autres facteurs : pression démographique, conditions climatiques moins bonnes, diminution des ressources alimentaires.

L'art celte et la tombe de Vix

Quatre styles sont observés durant les périodes de Hallstatt et de La Tène. Durant la première civilisation, le style celte utilise des formes ornementales géométriques et abstraites. La principale source d'inspiration est la nature et plus spécifiquement les végétaux. L'inspiration grecque et étrusque est observable, notamment dans l'utilisation des rinceaux grecs, mais il n'y a aucune figuration. L'art est présent essentiellement sur des objets d'une certaine valeur : fourreaux d'épées, bijoux, coupes, etc.

cratere de vixLe style végétal continu dérive du premier style et n’est plus influencé par le style méditerranéen au IVe siècle av. J.-C. L'utilisation de motifs végétaux en deux dimensions, dont l'allure est moins géométrique, caractérise le nouveau style. L'émaillerie et la verrerie se développent. Au IIIe siècle av. J.-C., le style plastique utilise les volumes géométriques qui leur permettent, par des combinaisons, de faire apparaître des figures. Le style des épées qui se développe en même temps que le style plastique use de motifs végétaux incisés, inspiré du style végétal afin de décorer, entre autres, des pièces d'armement.

La tombe de Vix a été découverte en 1953 en Bourgogne près du Mont Lassois, lieu d’une des grandes résidences princières de la civilisation de Hallstatt. Située au coeur d’un vaste complexe funéraire formé d’une douzaine de nécropoles, la tombe de Vix est la plus riche et témoigne du soin que prenaient les celtes à honorer leurs morts les plus illustres.

Datant du Ve siècle avant notre ère, cette tombe, sans doute celle d’une princesse, est révélatrice de la richesse de l’aristocratie qui contrôlait aussi l’activité marchande : la défunte portait un diadème d’or, un collier de perle d’ambre, un torque en bronze et des bracelets ; la chambre funéraire contenait également un char démonté, un vase grec en bronze haut de 1,65 mètre et d’autres objets de bronze d’origine étrusque. Les courants d’échange reliaient donc bien le cœur de la Gaule et le monde méditerranéen plusieurs siècles avant la conquête romaine.

Une aristocratie guerrière

objets celtes age bronzeEn Gaule, la noblesse celte a pris le pouvoir grâce à la réunion de la propriété foncière, de l’exploitation des mines, de la production artisanale et des échanges commerciaux. Cette élite sociale est composée de chefs guerriers qui excellent dans l’art de la cavalerie. La vie de ces Gaulois est consacrée entièrement à la guerre. Lorsque César parle d’eux, il les nomme équités (chevaliers). Dès leur plus jeune âge, les nobles reçoivent un entraînement très poussé et sont très attentifs à leurs chevaux. Ils atteignent, en effet, un haut degré de cavalerie grâce à la valeur et la rapidité des montures.

Lors des combats, les hommes sont torses nus et poussent des cris destinés à terrifier les ennemis. Un bon guerrier est celui qui combat jusqu’à la mort. La fuite ou la capture par l’ennemi sont interdites et considérées comme des actes humiliants. Vers 100 av. J.-C., mourir au combat n’est plus une obligation pour les guerriers.

Religion des celtes

divinite celte 1À l’origine, les Celtes vouent un culte au soleil, aux montagnes, aux forêts, aux fleuves. Ils vénèrent autant de divinités qu’ils connaissent de sources, de fontaines, de forêts, etc. Selon les tribus, les Celtes peuvent vénérer un même dieu sous divers noms, ou des dieux différents.

On croit souvent que les Celtes possèdent un panthéon. Certes, ils ont bien créé une série de dieux que Jules César a comparés aux divinités romaines. Ainsi, à titre d’exemple, Taranis, dieu gaulois du tonnerre et du ciel, est assimilé à Jupiter. Mais en réalité ces divinités ne forment aucun ensemble. Elles demeurent isolées et sont souvent honorées à une échelle locale. Il existe toutefois de grandes divinités communes à tous les Celtes, tel Taranis.

On peut également citer Epona, déesse protectrice des chevaux et des cavaliers, Cernunnos, dieu aux bois de cerf qui représente le renouvellement des forces de la nature, ou Lug, dieu correspondant à Mercure. Leurs attributs varient selon l'inspiration des artistes, preuve d'un certain détachement à l'égard des canons officiels. En outre, les Gaulois ont perpétué le culte des déesses-mères qui remonte au néolithique.

Le rôle des druides et des bardes

Les dieux celtes sont honorés au moyen de rites, présidés par les druides. Dans cette société où tout est basé sur le sacré, les druides ont un rôle considérable. À cause du peu de sources laissées par les Gaulois, les renseignements réunis à leur propos restent fragmentaires. Ils constituent une classe privilégiée et occupent une fonction sacerdotale. La formation est ouverte à tous. Il faut suivre un enseignement qui peut durer jusqu’à vingt ans. L’éducation s’effectue de manière orale grâce à de longs poèmes déclamés ou chantés.

A côté de leur fonction religieuse, les druides s’intéressent à d’autres études, notamment l’astronomie, le calcul et l’anatomie. Ils ont aussi la charge d’éduquer les jeunes nobles et enseignent la philosophie et les sciences. On leur doit par exemple un calendrier lunaire et des unités de mesure comme la lieue (mesure de longueur) ou l’arpent (mesure agraire).

Les druides sont des sages très influents et les conseillers du roi. Ils sont juges, la loi celtique étant considérée d’origine divine. Chaque année, ils se réunissent dans la forêt des Carnutes pour rendre justice. Les personnes qui ont un différend à régler s’y rendent et doivent accepter les sentences. Pour les druides, rien n’est plus sacré que le gui issu du chêne rouvre. Ils le cueillent une fois par an au mois de novembre. Le sanctuaire druidique est un bois sacré composé de chênes.

Des bardes et des vates se trouvent aux côtés des druides. Les premiers mettent en chanson des poèmes à la gloire de princes. Les seconds préparent les cérémonies religieuses et sont également sacrificateurs et devins.

Après le Ier siècle av. J.-C., les druides sont menacés par Auguste, Tibère et Claude qui invoquent leur barbarie notamment lors de sacrifices humains. Leur influence politique durant la Guerre des Gaules auraient incité les Romains à les éradiquer. Ils vont peu à peu perdre leurs responsabilités politique et judiciaire.

L'agriculture et le sel

A côté de l’aristocratie et des druides, se trouve le peuple, composé d’agriculteurs, d’éleveurs et d’artisans. Selon César, la société est inégalitaire : « Ils [le peuple] ne sont guère traités autrement que des esclaves, ne pouvant se permettre aucune initiative, n’étant consultés sur rien. La plupart, accablés de dettes ou écrasés par l’impôt, ou en butte aux vexations des plus puissants, se donne à des nobles ; ceux-ci ont les mêmes droits que ceux des maîtres sur leurs esclaves. » Ces affirmations paraissent extrêmes car lorsque César étudie la vie en Gaule, le pouvoir de l’aristocratie a reculé et des assemblées populaires ont vu le jour, principalement chez les peuples les plus puissants (Bellovaques, Éduens, Nerviens).

ceramique celte iiieDurant les deux derniers siècles av. J.-C., la Gaule est un véritable grenier à céréales. La terre riche et productive ainsi que le défrichement ont permis aux Gaulois de faire prospérer leur territoire. C’est notamment pour cela que César a conquis la Gaule puisqu’il devait, pour nourrir son armée, trouver soixante tonnes de blé par jour.

En Gaule, les agriculteurs récoltent des céréales comme l’orge, le millet, l'épeautre, l’avoine, le seigle, l’engrain et le blé qui permet de fabriquer du pain. Avec l’orge, ils réalisent la cervoise, à l’origine de la bière. Ils cultivent des choux, des pois, des oignons, de l’ail... Les cultures de la vigne et de l’olivier s’étendent dans le Midi. L’utilisation de l’araire muni d’un soc de fer facilite le travail du labourage. L’élevage de porcs, de chèvres, de moutons, de volailles et de boeufs fait partie de la vie quotidienne.

L’exploitation du sel par les Gaulois est importante. Deux techniques sont utilisées pour le récolter. Sur le littoral atlantique, on le recueille grâce à des récipients appelés « augets », sorte de feuilles d’argile de 2 mm. On installe 200 de ces augets sur un fourneau brûlant. De cette manière, il est possible d’exploiter 20 litres d’eau salée par jour. L’autre méthode réside dans la collecte, après les grandes marées, d’eau de mer que l’on mêle à de l’eau douce. On verse l’eau saumurée obtenue dans des barquettes et l’on force l’évaporation du liquide afin d’obtenir du sel.

L'artisanat celte

Les celtes sont des artisans qui ont réussi à maîtriser de nombreuses techniques pour travailler les matières premières. La découverte du fer, beaucoup plus résistant que le bronze, leur permet de fabriquer toutes sortes d’outils. En effet, si son usage est, au départ, uniquement réservé aux armes, par la suite, un nombre important d’instruments de la vie quotidienne seront également en fer (marteaux, clous, charnières, limes, mèches, serpes, faucilles, couteaux, cuillères, louches...).

char ceremoniel celteL’émaillage, spécialité gauloise puisque les Grecs et les Romains ne connaissent pas cet art, consiste à poser sur du fer une pâte de verre teintée soit par aplats, soit en la coulant dans les creux prévus à cet usage. Par réchauffement, elle devient liquide et le métal est lui aussi chauffé pour que les deux substances soient à température égale. Une fois refroidie, on polit la pièce avec une pierre en grès pour souligner l’émail. Cet art orne les fibules, les torques, les bracelets, les fourreaux d’épée...

La création de poteries fut tout d’abord réservée à l’usage domestique. Le tour pour la vaisselle de table. Peu à peu, des créations sont exploitées, comme des moulures ou des décors peints. Les potiers gaulois connaissent aussi la technique de la cuisson réductrice. La vaisselle quotidienne est en terre grise ou brunâtre et de formes simples.

Les Gaulois se surpassent dans le travail du bois. A tel point que l’origine de certains termes provient des mots gaulois (chariot, char...) et que les Romains, admiratifs, viennent se fournir en chariots gaulois, ou les imitent. Les Gaulois fabriquent un nombre important d’objets en bois dans tous les domaines : coffres, meubles, seaux etc. La création de tonneaux va notamment prendre la place des amphores, peu maniables pour le transport du vin. Le frêne est utilisé pour le charronnage et la vaisselle, le chêne pour les meubles et les tonneaux, et l’if pour la boissellerie.

La Gaule celtique : une mosaïque de tribus

Une évidence s’impose : la Gaule ne possède pas d’unité politique. Elle se compose de tribus aux mains de potentats et de peuples plus puissants dirigés par une noblesse. Les plus importants sont les Éduens, Arvernes, Bituriges, Carnutes, Séquanes, Rèmes, Vénètes, Piétons, Santons, Lémovices, Trévires et Helvètes, tous rassemblés en Gaule centrale. Ils se sont constitués en États réunissant différentes civitas. À partir du IIe siècle av. J.-C., la civitas représente un peuple reconnu par une origine ethnique commune et par une région de surface variable. Ensuite, chaque peuple est divisé en tribus. Dans chacune de ces tribus se trouve un ensemble de familles liées entre elles par une même lignée. La superficie d’une civitas est différente d’un groupe à l’autre.

Jusqu'au Ve siècle, les langues celtiques continentales, dont le gaulois, étaient parlées en Europe occidentale (Gaule, Hispanie, nord de l'Italie), mais leur importance déclina sous l'influence du latin, et l'on ne sait que peu de choses à leur sujet. 

Vers le IIe siècle av. J.-C., les peuples celtes arrêtent leur migration dans différentes contrées d'Europe. En Gaule, ils bâtissent leurs premières villes, les oppidums. Certaines villes résultent de la transformation ou du déplacement d’un village. D'autres sont fondées en un lieu où aucune agglomération n’existait auparavant. On impute généralement la fondation et le développement de ces agglomérations à deux événements : l’invasion des Cimbres et des Teutons en Gaule vers la fin du IIe siècle av. J.-C., d’une part, et la création de la province romaine de Narbonnaise, d’autre part. La première a amplifié le besoin de protection. La seconde a permis aux Gaulois d’observer les villes romaines avant de les reproduire. On sait aujourd’hui, grâce à des fouilles archéologiques approfondies, que la création et le développement de ces villes répondent à de profonds changements dans la société gauloise.

oppidum gauloisLes Romains s’invitent en Gaule

Les Romains sont entrés sur scène dès 125 av. J.-C. en aidant Marseille à se défendre contre la coalition des Gaulois et des Ligures. L’année suivante, le consul Sextius Calvinus s’empare d’Entremont et fonde à proximité la colonie romaine d’Aquæ Sextiæ (Aix-en-Provence), et deux ans plus tard, l’armée romaine bat les Allobroges, le peuple gaulois le plus puissant de la rive gauche du Rhône.

Les Arvernes, venus aider les Allobroges, sont également battus et les Romains annexent un nouveau territoire comprenant la vallée du Rhône jusqu’à Vienne et Genève, tout le versant méridional des Cévennes jusqu’au Tarn et à l’ouest la vallée de la Garonne jusqu’aux abords d’Agen. Cela aboutit à la création de la première province romaine en Gaule : la Provincia, en 120 av. J.- C. Dès cet instant, de nombreuses relations commerciales s'instaurent entre Romains et Gaulois.

L’ingérence romaine en Gaule devient de plus en plus pressante, jusqu’à ce qu’un certain Jules César décide d’en faire la conquête en 58 avant notre ère. Pris en tenaille entre les romains et les peuples germains, le monde celtique s’efface peu à peu, ne subsistant avec sa langue qu’aux confins atlantiques de l’Europe, dans les îles britanniques (Pays de Galles, Ecosse, Irlande) et en Bretagne.

Bibliographie

Les Celtes en Europe, de Maurice Meuleau. Editions Ouest-France, 2018.

Réinventer les Celtes, de Katherine Gruel et Olivier Buchsenschutz. Hermann, 2019.

Les Celtes, La Gaule Celtique: Etude Critique, de Lucien De Valroger. Nabu, 2010.

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